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Bah alors ?
Quoi ?
Désolé… C’est vrai que t’es un mec, toi aussi.
Tu me charries ?
La douche avant le rencard, ça te donne un air si innocent…
Je t’envie, mon gars.
Je le savais, tu te moques.
Mais non, mais non !
Tu la kiffes ?
J’ai jamais dit ça.
Oh, t’es trop meugnon !
Tu vois, tu recommences !
Mais non, je te dis.
Fuyutsuki m’a juste demandé de l’accompagner.
Tu veux venir avec moi ?
Ouah, la poule mouillée.
La ferme…
Poule mouillée ! Poule mouillée !
La ferme ! La ferme !
Et puis, je peux pas. Je bosse.
Mais c’est le soir.
Tu veux pas tenter ta chance avec Fuyutsuki, toi ?
J’y aurais mis ma main à couper.
On fait que discuter… Ça m’a jamais traversé l’esprit.
T’es sûr ?
Encore aujourd’hui, j’ai du mal à gérer son handicap.
Et puis, je suis pas sûr de m’en sortir aussi bien que toi.
Comment ça, gérer son handicap ?
Pardon, je me suis mal exprimé.
Comment dire… Je crois pas y faire assez gaffe.
T’as qu’à rester naturel.
Justement, je sais pas ce qui l’est.
Est-ce que je dois éviter de parler de sa cécité
et choisir des chemins peu susceptibles de lui poser problème ?
Est-ce qu’il faut que je la guide
ou que je lui pose des questions au cas par cas ?
Demande-lui cash.
Je veux pas la mettre mal à l’aise.
En vrai, j’ai déjà connu ça…
Si tu la ménages, c’est encore pire pour elle.
UN AMOUR INVISIBLE
À force d’être traité de poule mouillée,
j’ai eu une envie de poulet.
Fuyutsuki.
C’est Sorano. Je vois que t’es déjà là.
Ça fait un moment ?
Oui, deux longues heures.
Ce serait ta faute, dans ce cas.
Non, c’est la tienne.
Je plaisante.
On y va ?
Ouais, la gare de Tsukishima est par là.
Où ça, là ?
Ah, pardon. C’est sur ta gauche.
D’accord.
D’ordinaire, il suffit de montrer la direction,
mais ça fonctionne pas avec elle.
Même si je la regarde de profil,
elle s’en rend pas compte.
Tu veux tenter ta chance, non ?
Je pensais que sortir avec une non-voyante,
ça demanderait trop d’efforts.
C’est pour ça que je la voyais pas comme une petite amie potentielle.
Et je sais que c’était insultant envers elle.
Enfin,
c’est pas comme si mon affection valait grand-chose, de toute façon…
Tu connais le chemin ?
Oui.
J’ai hâte.
– Euh… – Oui ?
Tu peux sautiller comme ça ?
Tu en es capable aussi en fermant les yeux, non ?
Qu’est-ce qu’il y a de drôle ?
Rien, pardon.
Non, moi, j’y arriverais pas…
Pour faciliter les correspondances,
j’ai choisi le métro.
Même si elle a une canne blanche, personne lui laisse de place.
Les gens ont aucun respect…
Fuyutsuki.
C’est plus dégagé sur la droite.
Merci.
Quoi ?
Je me disais que tu étais un vrai gentleman.
Pourquoi ?
Tu m’as guidée là où il y avait moins de monde.
C’est normal…
Il fait chaud, d’un coup.
Au fait, pourquoi tu veux tirer des feux d’artifice ?
J’adore ça depuis toute petite.
Mais tu peux plus les voir… Donc ça m’intrigue.
Ça ne se limite pas au plaisir des yeux, tu sais.
Ouais, mais encore ?
J’aime leur détonation, l’odeur de la poudre
et la foule qui s’extasie.
La prochaine fois, essaie d’en profiter en fermant les yeux.
Ils résonneront dans tout ton corps !
Je préfère regarder des cierges magiques accroupi dans mon coin.
C’est sympa aussi, ça ! On en achète, s’il y en a ?
T’es une vraie mordue.
Petite, j’allais souvent en observer avec mes parents.
LES 25 ET 26 JUILLET
Des feux d’artifice ?
Je voyais encore, à l’époque.
J’étais avec ma mère et mon père.
Les feux ravivent tes souvenirs d’enfance, alors.
Ah, non… Désolée, ce n’est pas ce que je voulais dire.
En réalité, cette forte envie de tirer des feux d’artifice
m’est venue après avoir perdu la vue.
Pourquoi ça ?
Bonne question…
Disons que j’ai envie de donner mon maximum.
Marrant, dit comme ça.
Le train s’est rempli ?
Pourquoi ?
J’ai l’impression que tu t’es rapproché.
Non, pas plus que ça…
Merci d’avoir bloqué les gens avec ton corps.
Tu es fatiguée ?
Non, pas du tout.
Moi, ça m’a épuisé…
Tu as dit quelque chose ?
Non, on y va ? C’est sur ta gauche.
Il la bouscule et il la regarde de travers ?
Elle ne voit…
– Laisse tomber. – Mais quand même…
C’est rien. Ça m’arrive souvent.
C’est pas une raison !
Cette personne regardait son téléphone ?
Elle devait parler à quelqu’un d’important.
Ta voix est un peu trop ferme.
Ne t’énerve pas pour si peu.
Bon, d’accord.
On se pose dans un café ?
Bonjour !
Vous avez choisi ?
Hayase ?
Hein ? Qu’est-ce qui t’amène ?
C’est Yûko !
Oh, Koharu !
Salut.
Sorano et Koharu en tête à tête ?
Un café glacé, formule C.
Pas besoin de passer ta commande si vite.
– Tu taffes, non ? – Pas faux.
Pourquoi vous êtes ici ?
Pour des feux d’artifice.
Comment ça ?
Tu veux aussi en tirer avec nous, Yûko ?
Carrément ! Vous avez prévu ça pour quand ?
Oui, pour quand ?
C’est à moi de décider ?
Aujourd’hui, on va acheter le plus gros feu d’artifice du magasin.
Budget : un million de yens.
Le groupe Fuyutsuki est très fortuné.
Sérieux ?
D’ailleurs,
depuis quand vous vous entendez si bien ?
C’est l’impression qu’on donne ?
Je croyais que Kakeru faisait toujours la tête.
Pas du tout. Il a un sourire niais, là.
Vraiment ?
Laisse-moi toucher ton visage !
Arrête… Pour quoi faire ?
Ça suffit, commande plutôt ta boisson.
Désolée, mais je ne peux pas lire le menu.
Il y a du café, chaud ou glacé, mais aussi du thé…
Notre thé glacé au lait a du succès.
NATURE OU AU CITRON, NORMAL OU MAXI
Tu penses finir une tasse comme ça ?
Pardon.
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