The Meyerowitz Stories (New and Selected)

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Publikigita je: 2017-10-17
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La unuaj 200 linioj.

DANNY MEYEROWITZ ESSAIE DE SE GARER.

Eliza ?

J'arrête la viande.

- Eliza. - La viande nuit

plus que la pollution.

J'entre, là ?

Je me gare, enfoiré !

- Incroyable. - Mais vrai, Papa.

Je t'enverrai le lien.

Je n'entre pas.

On doit le faire pour l'environnement.

Je regarderai ça.

Mais pas pendant que je me gare.

- C'est trop petit. - Merde.

Quoi ?

Mets le match.

On a les chaînes satellites.

Cool, monte le son.

Je passais cette chanson quand tu avais 12 ans.

Cool.

Merde ! C'était une place, ça ?

- Il la prend. - Je l'ai ratée.

- Et merde. - Fais le tour.

Déjà fait. Je vais chercher à l'est.

Je me suis planté.

- Va dans un parking. - Tu sais combien ça coûte, par ici ?

Tu pourras oublier la fac.

- Je paie la moitié. - Pas question.

J'hallucine. D'habitude, je suis doué pour ça.

- Pas grave. - Je me gare très bien.

Je sais.

C'est parce que je réfléchis trop.

- Papa. - Bon.

- Arrête-toi d'abord ! - Ma veste me gêne.

- Je t'aide. - On nous suit, là ?

- Je sais pas. - Tiens-la droite.

Il y a mon argent.

- La musique me distrait. - Mais elle est bien.

C'est vrai.

Ils construisent partout, à Manhattan.

C'est sans fin.

Avec ton oncle Matthew, on venait souvent danser ici.

- C'est devenu une banque. - Ensemble ?

Non, on ne dansait pas ensemble.

Mais on sortait souvent, à l'époque.

J'étais bon danseur.

C'est un musée, ça ? Il est tout en verre.

Tu aimes la photographe Cindy Sherman ?

On est allés à son exposition, avec Marcus.

Oui, j'aime Cindy Sherman.

Quoi ?

Je t'avais déjà parlé d'elle.

J'ai oublié.

- Si, mais ça ne t'intéressait pas. - Ah bon ?

Marcus, tu l'écoutes, lui.

J'ai de bons tuyaux, figure-toi.

J'ai quelques années d'avance.

C'est une place, ça ? Que dit le panneau ?

J'essaie de lire.

- Vite ! - C'est pas clair.

- On est quel jour ? - Il me colle.

- C'est libre. - Je recule ?

- Impossible. - Merde, il me colle.

- Je fais le tour ? - Allons au parking.

- Enfoiré ! - Arrête de crier !

Il ne t'entend pas.

- Il n'y a que moi. - Quels connards !

Tu gueule, toi !

Ohé !

La porte est ouverte

et le verrou est mis pour l'empêcher de se fermer.

Drôle d'odeur.

- Salut, toi. - Couché, Bruno.

- Un chien ? - Bruno !

Maureen et moi l'avons acheté chez un éleveur à la campagne.

La porte est ouverte,

le verrou est mis pour l'empêcher de se fermer.

Maureen devait attendre quelqu'un.

- Fais plus attention. - Maureen !

Chut. Maureen !

Même dans une petite maison, elle n'entend rien. Maureen !

- Ce n'est pas la campagne. - Quoi ?

Tu as laissé la porte ouverte ?

- Pour le livreur. - Il y a trois jours !

Désolé, on n'a pas trouvé de place.

Papa a dû me vendre pour payer le parking.

- Presque. - Tu as fait le tour ?

- Deux fois. - Oui.

Bruno sait faire la pirouette.

Qu'est-ce que tu as au visage ? Tu t'es bagarré ?

Je promenais Bruno

quand il s'est jeté sur un chien et m'a projeté au sol.

Ah, merde. Tu as vu un médecin ?

Ce n'est rien. Tu aurais vu l'autre chien...

Très drôle.

Même Maureen ne se promène plus.

- Elle s'est fait attaquer. - Quoi ?

Par un daim.

- Vraiment ? - Ou un chien. Ou un gamin.

Mais tu la connais,

elle s'en est tirée avec une égratignure mais sans portefeuille.

- Les Mets sont en train de perdre. - Merde.

- Voilà ta sœur. - Ils étaient à égalité.

Papa voulait vous accueillir en premier.

- Tu es arrivée quand ? - Tout à l'heure.

- Merci du retard. - Euh...

J'ai fait des cookies mais je pue. Joli, ton pull.

Merci. Sympa, ta broche.

- Tu commences la fac demain ? - Oui, j'ai hâte.

Papa regrette d'être parti,

il aurait aimé t'enseigner.

- Tant pis. - J'ai du mal

- à l'accepter. - C'est stressant.

Une transition, c'est dur.

Tu es à la maison, rien n'a changé.

Maureen est bourrée.

Maureen, tout le monde est là !

Elle a fait du requin.

- Je n'en ai jamais mangé. - C'est bon.

- Réjouissez-vous. - Elle a arrêté de boire.

D'accord.

Quand elle boit, elle change de personnalité. Je n'aime pas ça.

Je lui ai promis un chien si elle arrêtait.

Quel beau coquillage, Maureen.

Tu vas étudier le cinéma, à la fac ?

Oui.

C'est ce que tout le monde fait, de nos jours.

Harold voulait que tu étudies la sculpture,

comme lui.

C'est bien qu'elle suive sa propre voie.

Depuis la mort de Clarence et ma retraite,

la faculté des arts a beaucoup souffert.

Elle est douée.

On aura un sculpteur et une cinéaste, dans la famille.

Et un musicien.

Et un comptable. Ça paraît ennuyeux

mais c'est Matthew qui gagne le plus, dans la famille.

C'est typique.

Il préfère qu'on dise "gestionnaire".

Ça nous fait peu d'artistes.

- Et Papa ? - Je suis artistique.

Matthew aime l'art et Danny est doué en musique

mais Matthew avait aussi du talent comme imitateur.

Et Jean, tu fais de la photo.

Occasionnellement.

Au bureau, chez Xerox, je suis l'artiste de service.

Je fais des vidéos.

- Pour mes collègues. - Elles sont bien.

Qu'est-ce que tu fais au juste, chez Xerox ?

- Je suis responsable du... - À quand remonte ton dernier job ?

- Aux leçons de piano. - Et sinon ?

Il a joué dans un resto.

Sinon, rien, depuis...

- la naissance d'Eliza. - Un père au foyer.

Mais avec la rupture, il lui faut un job.

Laisse tomber la pension alimentaire.

De quoi comptes-tu vivre ?

On a vendu l'appart, j'aurai la moitié.

Et je vais rester ici, jusqu'à ce que je trouve quelque chose.

- Merci. - Tant qu'à faire,

tu veux bien enlever les posters

et les affaires qui datent de ton enfance ?

Maureen part en voyage, lundi.

À mon retour, je jetterai pas mal de choses.

- On n'était jamais là. - On vivait chez Maman.

C'est surtout les affaires de Matt.

Matthew sera là dans quelques semaines.

- Il veut qu'on déjeune. - Qui ça, Matt ?

Il a des clients friqués qui viendront voir

les œuvres de votre père, dimanche.

- Ah bon ? - Des admirateurs, apparemment.

Alors qu'il ne donne jamais de nouvelles.

C'est faux, il m'écrit régulièrement.

Il m'envoie des textos.

Des textos ? À quel sujet ?

De tout et de rien. De la vie.

J'essaierai de le voir.

Il ne passera qu'une journée mais il aimerait me voir.

Il reste du requin.

Maureen, ressers ma petite-fille.

Vous ne mangez rien.

Les clients de Matthew sont pleins aux as,

surtout comparé à ce que gagne un enseignant.

J'aurais eu plus de succès en essayant de suivre la mode.

Tu étais toujours décalé.

J'étais avant-gardiste. L.J. Shapiro l'a dit.

L.J. fait une expo rétrospective au MoMA.

Ah bon ?

Il a toujours été très politique.

Son talent, c'est de savoir se vendre.

Contrairement à toi.

J'envoie un e-mail à Matt ?

Pourquoi pas ?

Je ne veux pas le forcer.

C'est ton frère, Dan.

Demi-frère.

Le Whitney t'avait acheté une œuvre, non ?

Ils en voulaient d'autres

mais Bernie, mon ancien agent, a refusé.

Je n'aurais pas dû l'écouter.

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