La unuaj 200 linioj.
Ludwig van Beethoven, qui reçut en héritage et accrut encore...
la renommée immortelle de Haendel, Bach...
Haydn et Mozart...
n'est plus.
C'était un artiste.
Qui lui succédera?
C'était un artiste.
Et ce qu'il fut, il le fut uniquement à travers la musique.
Les épreuves de la vie le blessèrent profondément.
Mais il resta attaché à son art...
même quand la porte qui y donnait accès se ferma devant lui.
La musique lui parlait à l'oreille...
alors qu'il ne pouvait plus l'entendre.
Il portait la musique dans son cœur.
Parce qu'il s'était retranché du monde, on l'avait jugé hostile.
On a dit qu'il était insensible, dur comme la pierre.
Mais il avait du cœur.
Les lames les plus fines sont celles qui s'émoussent...
plient et se rompent le plus facilement.
Il s'était éloigné de ses semblables après leur avoir tout donné...
et n'avoir rien reçu en retour.
Il a vécu seul, faute d'avoir trouvé l'âme sœur.
C'est ainsi qu'il était. C'est ainsi qu'il est mort.
Et c'est ainsi qu'il vivra pour toujours.
Lequel de vous est le voleur?
VIENNE - 1827
Rendez l'argent, ou je vous fais arrêter!
Ne vous gênez pas!
Je l'ai recueilli quand plus personne ne supportait sa compagnie.
Et vous voulez être payé...
- Des actions bancaires. - Donnez-moi ça!
Cet argent est le mien!
Voici son testament.
"Je déclare mes frères, Caspar et Johann...
héritiers de ma fortune, si je puis m'exprimer ainsi."
Caspar étant mort depuis longtemps, il ne reste que moi!
Donnez-moi mon argent!
Répondez!
Voici son dernier testament.
"Toute ma musique et tous mes biens en succession...
reviennent à mon héritière universelle, mon amour immortel."
Signé, Ludwig van Beethoven.
Il y a aussi une lettre.
Ce suspense est insoutenable! Qui est-ce?
- Personne. - Ce n'est pas vrai!
Il n'y a pas de nom.
"A mon amour immortel."
" Mon ange, mon tout, mon autre moi-même."
Le maestro avait une passion secrète.
Je ne l'ai jamais entendu parler ainsi.
Qui cela peut-il être?
Il n'aimait que lui-même.
J'ai souffert de ses insultes, de son caractère.
J'ai souffert en silence quand il recrachait ma nourriture.
- Cet argent nous appartient! - Certainement pas.
Cela n'a plus d'importance. Il n'est plus Ià.
Il nous reste sa musique.
Détruisez cette lettre.
Elle montre au monde sa vie désordonnée.
C'est son dernier souhait.
Nous lui devons au moins ça.
Vous n'avez aucun pouvoir.
Je suis son mandataire.
Toujours le chien fidèle?
C'était mon ami.
Un ami si cruel!
Et un frère si dur!
Vous ne connaissez rien de mon frère!
Emmenez-moi à Karlsbad.
"Mon ange, mon tout, mon autre moi-même...
Quelques mots aujourd'hui, er ceci au crayon. Le vôtre.
HÔTEL DU CYGNE - KARLSBAD
Je ne saurai que demain où m'installer.
Quelle perte de temps!
Pourquoi cette profonde tristesse?
Si nous pouvions être ensemble, cette douleur disparaîtrait. "
Bonjour, monsieur.
- Bonjour, madame...? - Streicher.
Je suis M. Schindler.
Voyons votre réservation.
Désolé, je n'en ai pas.
Ce n'est pas grave. Il y a toujours de la place pour un gentleman comme vous.
Est-ce bien l'adresse de cet hôtel?
Un moment.
Oui, bien sûr.
Connaissez-vous Ludwig van Beethoven?
Le compositeur?
Je le connaissais.
Est-il descendu ici?
Êtes-vous policier?
Non!
Alors, je ne répondrai pas.
S'il vous plaît, j'essaie de liquider ses affaires.
Van Beethoven est mort?
Hélas, oui.
C'est mieux pour lui. Il était épouvantable!
Il est donc descendu ici?
Il y a longtemps, je ne me rappelle pas bien.
Je ne me souviens que des dégâts.
Les dégâts?
Il ne m'a jamais remboursée.
Il a tout détruit. Tout!
Il y avait une chaise: trois florins.
Une fenêtre: cinq. J'ai dû tout faire repeindre.
Madame Streicher...
cela vous convient-il?
Il y avait une femme.
Nous attendions M. van Beethoven depuis des jours.
Elle arriva à sa place.
Elle a dit qu'il devait la rejoindre.
Elle s'est faire enregistrer sur son numéro de chambre.
Sous quel nom?
Illisible.
Ensuite, il y eut ce terrible orage. Un déluge.
La femme resta dans sa chambre...
à attendre...
trop honteuse pour montrer son visage, je crois.
Et puis, la lettre est arrivée.
Vous avez ouvert la lettre?
Il fallait regarder à qui elle s'adressait.
J'ai seulement vu sa signature.
"Mon ange, mon tout, mon autre moi-même.
Quelques mots...
et ceci au crayon... "
Je lui ai immédiatement livré la lettre.
Elle n'a pas dû aimer ce qu'elle a lu.
Elle est partie sur-le-champ.
Sans rien dire à personne.
Et bien sûr, M. van Beethoven est arrivé.
Quand il a vu qu'elle était partie, il est devenu fou.
Il était fou furieux!
Il a jeté une chaise par la fenêtre.
J'ai appelé la police. J'avais peur de lui.
M. van Beethoven!
Ouvrez!
Voici sa signature.
Est-ce un "J" ou un "G"?
Cela m'a l'air d'être un "A".
Elle était hautaine, un peu comme une comtesse.
A quoi ressemblait-elle?
- RESIDENCE VON GALLENBURG - VIENNE - Je n'ai pas pu la voir.
Je ne pense pas qu'elle voulait être reconnue.
M. Schindler.
Fermez la porte à clé.
Mais, comtesse...
Verrouillez la porte!
On ne nous dérangera pas.
On dit à mon sujet des choses qui ne sont pas vraies.
Holz était ici... avec l'autre fouine.
Johann.
Luigi avait vraiment un frère ignoble.
J'espère qu'ils se portent bien.
Ils disent que vous avez volé l'argent de Luigi.
Ils pensaient que vous viendriez ici.
Pourquoi? Je ne leur ai rien dit.
Je garderai le silence, si vous me dites tout.
Cela me paraît impossible.
C'est à moi de vous interroger.
Et pourquoi devrais-je m'y soumettre?
- C'est ce qu'il voulait. - Qui?
Le maestro.
Ce que je vais vous dire doit rester entre ces murs.
Ma parole d'honneur, comtesse.
Ces rumeurs sont fondées.
J'étais le grand amour de Luigi.
Quand j'ai entendu le nom de Beethoven, j'avais 17 ans.
On disait que sa musique réveillait une telle passion...
que cela en était dangereux.
Certains la jugeaient obscène et inconvenante pour la jeunesse.
J'écrivis à mes cousines, Thérèse et Joséphine.
Elles vivaient à Vienne...
la grande capitale mondiale de la musique.
Elles devaient en savoir plus.
C'était le cas.
Elles le connaissaient intimement.
Plus intimement qu'elles ne l'avaient admis.
La nuit, je rêvais de lui...
puis Père fut envoyé en poste à Vienne.
Nous fûmes invités chez le Prince Lichnowsky pour une représentation.
Beethoven devait être Ià.
Je l'imaginais si noble, si raffiné, réellement cultivé.
Je ne pouvais plus attendre. Je voulais l'entendre jouer.
Cette musique m'atteignait comme encore aucune auparavant.
Pour ce qui est de Beethoven...
il me bouleversait. Je craignais de m'évanouir.
Je ne vous avais pas vu.
Je dois y retourner.
Vous me quittez pour aller écouter cet imbécile...
qui joue comme une bonniche, tout de piqué et de staccato?
Cette musique est sublime.
On m'avait dit que les Viennois avaient du goût.
Cela n'est pas votre cas.
Vous devez être Julia Guicciardi.
Il paraît qu'on se dispute vos charmes.
Monsieur, vous êtes grossier et insultant. Je m'en vais.
- Vous jouez du piano? - Pardon?
Je veux vous donner des leçons.
Je serai chez vous, demain à 10 heures.
L'entrée vous sera interdite.
Quel outrage!
No comments yet. Be the first to leave one.