Las primeras 200 líneas.
D'après une histoire vraie
Mon père les a prises. C'était un maniaque de la photo.
C'est moi.
Ça, c'est Felipe et Nando.
Lui, c'est Alex Morales. Il est mort sur le coup.
Ça c'est Antonio, le capitaine de l'équipe.
Au bout de 20 ans, on analyse beaucoup.
On se souvient des gens. De l'héroïsme.
"Le Miracle des Andes". Ils l'ont appelé comme ça.
Beaucoup de gens viennent me dire que s'ils avaient été là-bas,
ils seraient sûrement morts. Mais ça ne veut rien dire.
Tant qu'on n'est pas dans une telle situation,
on ne sait pas comment on réagirait.
Mais connaître la solitude sans déchoir
ou sans rien avoir de matériel à prostituer,
vous élève à un niveau spirituel
où j'ai senti la présence de Dieu.
Il y a le Dieu qu'on apprend à l'école.
Et il y a le Dieu caché
par ce qui nous entoure dans cette civilisation.
Celui que j'ai rencontré dans la montagne.
Une équipe de rugby d'Amérique du Sud, avec des amis et de la famille,
survole la Cordillère des Andes pour aller jouer au Chili.
ÉQUIPAGE UNIQUEMENT
- Je peux avoir du thé ? - Oui, monsieur.
- Tu veux du thé ? - Non, merci.
C'est tout.
- Allez ! Donne-moi la balle ! - Ici !
Attention !
Où habitais-tu à Paris ?
- Excusez-moi, s'il vous plaît. - Paris n'est pas pour toi.
- Pourquoi ? - T'es trop sérieux pour Paris.
Comment le justifier ? Il a raté l'entraînement chaque semaine.
- C'est un type bien. - Il a aussi raté l'avion.
Je suis le capitaine. Je dis ce qui est bon.
Quand on joue dans une équipe de rugby, on doit se donner à 100%.
Tous à droite de l'appareil ! On va la prendre.
- Laisse-moi passer. - Vas-y.
- Maman, regarde ! - Quoi ?
- Les montagnes sont si belles. - Je veux pas les regarder.
- On dirait des dents. - On va atterrir dans 20 minutes.
Bien. Parlons d'autre chose. Un chocolat ?
Merci.
Ça devient nuageux.
- Reste au-dessus des nuages. - Pas de problème.
Tu préfères le rugby ou les nanas ?
- Les nanas. Et toi ? - Les nanas.
- Mais quand je joue, c'est le rugby. - Sauf si les nanas regardent ?
Exact.
Changeons. Je veux voir les montagnes.
Ne marchez pas sur les sièges.
Faites attention.
Uruguay 571, autorisé à 10 000 pieds. Merci.
- Votre thé. - Merci.
Je mets le signal de la ceinture. Faites asseoir ces jeunes.
On va traverser une zone de perturbations.
Nous allons atterrir. Veuillez vous asseoir.
Vous croyez qu'ils vous entendent ?
Allons, asseyez-vous.
- Vous voyez ? Assis ! - Si ça peut vous calmer.
Que se passe-t-il ?
- Regarde Alonso. - Mesdames et messieurs,
mettez vos parachutes. On saute sur la Cordillère des Andes.
- Posez ça. Asseyez-vous. - D'accord, d'accord.
Éteignez cette cigarette.
- Mon Dieu ! - Ça va ?
- Nando, tout va bien ? - Oui. C'est juste un trou d'air.
Maman, j'ai peur aussi.
REMONTEZ
Sainte Mère de Dieu, non !
- Merde ! - Pleins gaz. Allez !
Que se passe-t-il ?
C'est normal qu'on vole si près des montagnes ?
Je vous salue Marie pleine de grâce, le Seigneur est...
REMONTER
Plus de puissance ! Il faut de la puissance !
Je peux pas...
- Nom de Dieu ! - On bouge plus.
Mon Dieu !
Je crois que je n'ai rien. Alex ?
- Il est mort ! - Zerbino, ça va ?
Y a des blessés. Je fais médecine que depuis 6 mois !
- Aide-moi. - Eduardo ! Où il va ?
- Canessa s'en est sorti ? - Oui...
- Où est Eduardo ? - Il est sorti.
- Eduardo, reviens. - Va aider Canessa.
Liliana...
Je vais bien.
Je peux pas respirer.
C'est l'altitude. Ça va aller. Détendez-vous et respirez.
- Je peux aider ? - Oui, va voir là-bas.
Canessa ! Aide Federico.
- Il a la jambe ouverte. - C'est rien. Aide les blessés.
- Mon "Je vous salue" nous a sauvés. - Pousse-toi.
Que puis-je faire ?
- Sors. Va prendre l'air. - D'accord.
Assieds-toi ici.
Je vais nettoyer ton nez avec un mouchoir.
Bobby ! Bobby François !
- Eh, Carlitos ! Une clope ? - Oui.
Reste avec moi.
Y a deux morts dans la soute.
- S'il te plaît ! - Reste avec Felipe.
- Doucement, madame. - Mes jambes !
Oui. Je suis désolé pour vos jambes.
- T'es blessé ? - Je sais pas.
Alors viens m'aider. Allez.
Tire de l'autre côté. Prêt ? Un, deux, trois !
- Alberto. - Mort.
Je suis pas mort. Je me suis jamais senti si mal mais je suis pas mort.
Bougeons ça.
Attention ! J'ai les deux jambes cassées.
Nando va mieux ?
Je crois pas.
C'est peut-être aussi bien. Sa mère est morte.
- S'il vous plaît. - Il y a d'autres blessés.
- Je vais rester avec vous. - Merci.
- T'as une minute ? - Qu'est-ce qu'y a ?
Ça ! C'est grave ?
- Oublie. C'est rien. - Tu crois ?
T'inquiète ! Donne-moi un coup de main avec ce siège. Allez.
Tiens. Entoure-toi de cette chemise, je regarderai plus tard.
De l'eau !
Maman ! Maman, je veux rentrer à la maison.
Pose-la ici.
- Canessa, va voir le pilote ! - Occupe-toi d'elle.
- Bon, on essaie encore une fois. - Non ! Vous allez me tuer !
Laissez-les faire. Il faut vous dégager.
Faut peut-être pas.
Un, deux, trois... Tirez !
- Non ! Arrêtez ! Arrêtez ! - On va la tuer.
- Je peux plus. - C'est horrible !
- D'accord. - Ne le touchez pas !
- Sortons ces sièges. - Attention à sa jambe.
De l'eau. De l'eau.
- Donne-moi de la neige. - Tiens.
Où est la radio ? On devrait appeler Santiago.
On a passé Curico. On a passé Curico.
- Mon ami, la radio... - Mon sac.
- Comment on joint Santiago ? - 11 300.
J'ai le cadran. 11 300.
Voilà.
- Elle est morte. Plus de jus. - Mon sac.
- Il veut son sac. - Y a rien. Je le vois pas.
On le cherche. Y a quoi dedans ?
Mon pistolet. Mon pistolet.
Non, on peut pas faire ça.
Empilez ça de ce côté.
J'ai les mains gelées !
Il est trop tard. Les secours nous trouveront pas aujourd'hui.
- On va passer la nuit là. - Comment vont-ils nous trouver ?
Ils nous trouveront.
La température tombe à la nuit. De 20 à 25 degrés.
T'inquiète pas. On tiendra le coup.
- Il fait froid. - Ces housses feront des couvertures.
Bonne idée. Déhoussez ces sièges pour en faire des couvertures.
- Comment va ton ventre ? - Ça va.
Bon.
- Qui c'est, ça ? - Canessa, viens.
J'ai cru que c'était un manteau. Il était dedans.
- Vous êtes blessé ? - Votre identité !
Roberto Canessa, je suis étudiant en médecine.
Mon équipe de rugby a affrété l'avion.
Vous faites partie de l'équipage, n'est-ce pas ?
N'est-ce pas ?
- Oui. Je suis le mécanicien. - Vous réparez les radios ?
Non.
- Vous avez volé ce manteau ? - Non.
- C'est le manteau d'Anna Parrado. - Va lui rendre.
Vous recommencez, je vous tue.
- Excuse-moi. - Comment ça va ?
- Je vais dormir. - Par là ?
Allons, Eduardo. Il s'est cogné la tête.
Eh, Roberto !
- Tu veux du vin ? - Merci.
D'où tu le sors ?
Fito a trouvé plein de bouteilles. Il pense que c'est au pilote.
Ça expliquerait sa manière de piloter.
- On est vraiment foutus ! - Je sais pas.
Va aider les autres.
On va s'en sortir.
Qui essaies-tu de convaincre ?
Je n'ai pas eu de prémonition.
Tu parles d'un médium !
Bonne idée, les housses de sièges.
Merci.
- Bois un coup. - Merci.
- On a toutes les housses. - Mets-les à l'intérieur, à l'avant.
Je meurs. Doux Seigneur, qui êtes au ciel, j'ai mal.
- J'ai tellement mal. - C'est horrible.
Calmez-vous. Dieu prendra soin de vous.
Mes jambes.
Que Dieu vous pardonne de ne pas m'avoir aidée. J'agonise.
Ferme-la, grosse vache, ou je t'en mets une dans la gueule !
Je jure que je le ferai ! Ferme-la !
- Il fait trop froid, trop froid. - Antonio !
Il fait trop froid. On va geler !
Viens, Roy, il faut qu'on bouche ce trou.
Ou on va mourir de froid.
- Avec quoi ? - Avec les bagages.
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