Las primeras 181 líneas.
Il était là, ton pull.
Les gens les rangent n'importe comment.
Je vais vous aider.
Ils ont joué ensemble hier.
Je m'appelle Eva.
J'habite au troisième étage du bâtiment B.
Merci.
Venez, on va acheter un goûter.
Hé.
Alors, on prend le soleil ?
Tu crois qu'on te reconnaît pas ?
Réponds.
- T'es pas très polie. - C'est ta gueule de salope.
Espèce d'ordure.
Regarde ça, salope.
Qu'est-ce que vous faites ? Stop !
Au secours !
Arrêtez maintenant !
- Ordure ! - ¡Basta!
Ferme-la !
Madame, ça va ?
Arrêtez !
Madame, venez vous asseoir.
Vous voulez que je prévienne quelqu'un ?
Ça va aller, madame ?
Ils sont partis, j'ai rien pu faire.
Ça va, madame ?
- Vous la connaissez ? - C'est ma voisine.
Faut aller porter plainte.
- Faut aller à la police. - Oui.
Ça va mieux ?
Oui, merci.
- Il y a quelqu'un chez vous ? - Non.
Vous allez pas rester toute seule.
Allons chez moi. On préviendra après la police.
Non, pas la police.
- Pourquoi ? - Parce que pas la police.
Brigitte, va jouer avec eux.
- Venez. - Je veux pas vous déranger.
Vous me dérangez pas, venez.
Vous voulez boire quelque chose ?
Je me sens pas très bien.
Vous voulez vous reposer un peu ? Je m'occupe de la petite.
Vous inquiétez pas.
C'est pas la première fois qu'on m'agresse.
Pourquoi on vous agresse ?
Parce que les gens ne savent rien.
Comment vous vous appelez ?
Corinne.
- Elle vit dans notre immeuble ? - Oui.
- Elle dort depuis combien de temps ? - Ça fait 4 h.
Elle ne veut pas aller à la police.
Et elle m'a dit que ça lui était déjà arrivé.
Elle s'appelle Luchaire.
Corinne Luchaire.
Je suis désolée.
Ça va mieux ?
Je prends des médicaments, alors je...
La petite va bien. Je l'ai fait dîner.
C'est mon mari.
Bonsoir.
Je vais rentrer. Merci beaucoup. Corinne.
Lorenzo.
On est arrivés de Santiago l'année dernière. Chili.
Vous travaillez avec les enfants ?
Oui.
Je suis orthophoniste à l'hôpital Saint-Joseph.
Je soigne les enfants qui ont été...
exposés aux bombardements pendant la guerre.
On enregistre.
On dessine.
Merci.
C'est celui que j'avais avant.
Il marche très bien.
Tu le branches.
Parle pas trop près du micro, sinon ça sature.
T'as 2 h de bandes. Je pourrais t'en donner d'autres.
Tu penses récupérer la petite vers quelle heure ?
Je peux la faire dîner.
Oui, d'accord.
Il y a quelques jours,
on a tué mon père.
Il y a eu un procès. Un jugement.
Et on l'a exécuté.
Je voudrais raconter comment on en est arrivé là.
Je vais essayer de trouver les mots.
Je vais pas réussir à tout écrire. On m'a pas appris.
Je vais me tromper sur les dates. Je le sais.
Pourtant, c'est important pour comprendre ce qui s'est passé.
Ça explique tout, les dates.
Même si ça explique rien, ça explique tout.
Je me souviens que l'eau était noire.
Et j'avais peur.
Il y avait un lac,
des montagnes, une forêt.
C'était à la frontière entre la France et l'Allemagne.
Juste après la Grande Guerre.
Je vous demande d'accueillir
notre ami Jean Luchaire.
Bonjour à tous. Guten Morgen.
Il y a quelques années, on a sonné chez moi, un matin.
Et j'ai ouvert sur un homme
qui m'a tendu une main franche et amicale.
Il parlait un français impeccable, presque sans accent.
Lui, le professeur de dessin de Karlsruhe,
et moi, le journaliste parisien.
Merci d'applaudir l'ami Otto Abetz !
Merci à lui.
Il avait aimé nos textes sur la réconciliation franco-allemande
et défendait les mêmes idées que nous dans son pays.
Nous n'appartenions à aucun parti politique
et partageons encore aujourd'hui le même idéalisme.
Préserver la paix dans une Europe tournée vers l'humanisme
et le progrès.
Le progrès, oui !
J'en parle avec autant d'émotion et d'humilité
car il y a ici d'anciens combattants des deux pays.
Ils ont vécu l'enfer des tranchées. La barbarie.
Et je me suis juré alors quelque chose.
Plus jamais ça.
Plus jamais ça !
Car la guerre ne résout rien.
Elle ne fait que préparer la prochaine.
À la table, il y a ma petite fille, Corinne.
Je lui en fais le serment,
elle ne grandira pas dans une Europe encore et toujours déchirée
par les conflits armés entre les peuples.
Je voudrais remercier les représentants des associations
qui nous soutiennent, comme les Wandervogel .
Salut, mes amis.
Les Jeunesses Socialistes.
Et nos amis de la L.I.C.A,
la Ligue Internationale Contre l'Antisémitisme,
qui nous honorent de leur présence.
Bon.
La fête continue.
Merci.
Voilà le fameux Otto !
Mes respects.
Tosia, ma belle-mère. Mon père, Julien.
- Enchanté, Otto. - Très heureux.
Merci.
Vous êtes amoureux de littérature ?
Otto veut lancer des traductions de grands romans français.
- Tes amis éditeurs pourraient l'aider. - Ah oui.
Il faudrait venir dîner à la maison.
J'ai parlé de vous à mon ami Baronet, au ministère.
Il distribue les subventions.
Ah, oui. Mais avec plaisir.
- On fera ça. - Hmm.
Mon père a présenté beaucoup de gens à Otto.
Tout un réseau d'écrivains, de journalistes,
d'universitaires ou de politiques.
C'était un amoureux sincère de la France.
Il voulait réconcilier les deux pays, coûte que coûte.
Dans les années 1930, même un journal américain respecté
comme Time Magazine a fait sa couverture avec Hitler.
Il se présentait comme un homme de paix
qui voulait relever l'Allemagne.
On s'aveuglait.
- Willkommen. - Ah !
- Finalement. - Tu vas bien ?
- Très bien et toi ? - Ça va, oui.
- On a rendez-vous au ministère. - Ah.
- Pour les subventions ? - Ça, je sais pas.
Ils t'ont dit combien ?
50 000 idéalement, ça nous sauverait.
Et Corinne va bien ?
Elle est ravie de te voir.
- J'aime bien le format. - C'est vrai ?
- C'est un nouveau papier. - Ça sort bien avec les photos.
Il y a aussi l'atelier typo. Je te montrerai.
Vous êtes bien ici, c'est impressionnant.
Faut que ça tienne.
- Oui ? - Bonjour.
Ils veulent ta signature.
D'accord.
- Suzanne travaille au journal. - Enchantée.
On peut pas la payer, mais elle travaille.
Bonjour.
Ravie de vous rencontrer.
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