Las primeras 200 líneas.
Être une fille honnête, c'est déjà difficile...
Mais être pauvre et honnête de nos jours...
c'est bien l'une des choses les plus difficiles qui soient.
Donatella Guiscardi...
Elle était vendeuse dans un dépôt de porcelaine.
Au chômage, elle apprend la sténo pour gagner davantage...
et améliorer un peu sa condition.
Elle rentre à pied pour économiser le tram.
Le chemin est long, plein de tentations, de désirs et de rêves.
- Salut. Qu'est-ce que tu faisais ? - Je t'attends depuis une demi-heure.
Je regardais les vitrines.
Mieux vaut ne pas les regarder. Ça fait moins de tentations.
T'as acheté quoi ?
Rien. Ce sont des livres pour papa.
T'as trouvé quelque chose ?
Peut-être. J'ai rendez-vous à 16 h chez un vétérinaire.
On devient infirmière pour soigner chiens et singes.
C'est toujours mieux que rien. Et moi, alors ?
J'en ai marre. Un jour, je plante tout : maison, famille, boulot.
- Et tu iras où ? - Y en a un qui me fait la cour.
Mais lequel ? Celui-là...
Non, celui-ci est mieux. Il a une 1100.
T'as vu le magasin qu'ils ont ouvert ?
Et moi, je dois prendre le tram quatre fois par jour !
Avec les bousculades, les coups de coude...
et les pincements de ces messieurs qui regardent ailleurs.
- C'est notre destin. - Beau destin !
C'est juste, nous dans ces conditions et eux dans leurs belles voitures ?
- Eux, ils ont de l'argent ! - Et pourquoi pas moi ?
- Parce que tu n'en gagnes pas. - Merci bien !
Si certains gagnent assez pour s'acheter ces voitures...
et moi, je ne peux même pas prendre le bus. C'est qu'il y a quelque chose qui cloche.
Je file chez le vétérinaire, sinon on prendra ma place.
- À plus tard. - Ciao.
- Où est Guido ? - Au bar.
Bonjour. Deux litres de mélange.
Venez par ici, s'il vous plaît.
Salut ! Je prenais un café.
- Qu'est-ce qu'il y a ? - Écoute-moi bien, Guido !
Si tu veux rester avec moi, tu ne dois aimer que moi. Compris ?
Personne d'autre. Même pas Marilyn Monroe !
Compris. Mais où tu vas ?
Je te préfère à Marilyn Monroe, tu le sais bien.
Ma fiancée, c'est toi, pas Marilyn Monroe.
Alors, toutes ces photos d'Abbe Lane, c'est quoi ?
Quoi ?
Fais pas l'innocent. T'as très bien compris.
Abbe Lane ? Mais... c'est qui ? Je ne la connais même pas.
Ah oui ? Et cette photo découpée dans le journal ?
« Abbe La... »
Ah ! Mais ce n'est pas pour elle que j'ai découpé la page !
Ah bon ?
Non, c'était pour... pour cette nouvelle-là.
J'ai découpé la page, sa photo était derrière par hasard.
- Voyons cette nouvelle si passionnante. - Regarde.
LE MEILLEUR REMÈDE CONTRE LA COQUELUCHE LE SIROP MIRACLE
C'est ça qui t'intéressait ? Alors tu as la coqueluche.
Oui, surtout la nuit. Presque jamais le jour.
Et c'est affreux, tu sais ? Je n'arrive plus à respirer.
Mon pauvre chéri, il faut te soigner.
J'ai tout essayé, sans résultat. Je vais tenter ce sirop.
Ça va passer. Maintenant que je sais, je vais m'occuper de toi.
Merci.
- Il est une heure, je rentre. - Au revoir, mon amour.
- Hé ! Mais t'es folle ? - Qu'est-ce qu'il y a ?
Tu as la coqueluche ! Je ne veux pas l'attraper.
Ciao.
- Voilà comment tu me couvres ! - Qu'est-ce que j'ai fait ?
Pourquoi tu l'as laissée fouiller là-dedans ?
Comment savoir que tu cachais des photos de femmes ?
Quoi ? Des femmes ?
- Salut. - Salut, Nicola.
Une heure et quart.
Ta montre avance. Il est une heure moins deux.
Je parle d'une heure et quart bloqué sur le boulevard !
- Ah oui ? Quel boulevard ? - Le boulevard San Carlo ?
Non, la petite place qu'ils appellent Largo Goldoni.
Ah, oui. Cette petite place...
Coincé dans un fouillis de trolleybus, Vespa, taxis...
Et au milieu de tout ça, devine qui l'agent a verbalisé ?
- Toi. - Eh oui ! Comment t'as deviné ?
Tu prends bien cinq ou six PV par jour.
C'est ma faute ? C'est la faute du progrès mécanique.
Quel progrès mécanique ? Tu n'as même pas un taxi !
Tu as une épave du temps des tramways à chevaux.
Mais l'été, elle marche bien, hein ?
L'hiver, au moindre petit coup de vent...
le moteur prend froid et s'arrête aussitôt.
Et où s'arrête-t-il, à ton avis ?
Devant les feux et les interdictions d'arrêt.
À propos, d'un feu à l'autre... Qui a gagné ?
Alors... On a perdu la première.
- Je le savais. Et la deuxième ? - Je l'ai gagnée. - Oui...
Explique-moi ce mystère : ensemble on perd...
et quand tu joues seul, tu gagnes ?
Quel mystère ? C'est ma faute si tu refuses de m'écouter ?
Tu ne voulais pas jouer Dormiglione, mais Lampo.
Tu juges les chevaux à leur nom. Et les noms trompent.
Dormiglione est arrivé. Lampo, non.
Comment parier sur un cheval qui s'appelle Dormiglione ?
Un jour, il ne dort pas... et il gagne.
Donne-moi le journal, il est à moi !
Les enfants, les chaussures coûtent cher, vous savez !
Papa ! Dis-lui que le journal est à moi !
- C'est faux, il est à moi ! - Pas du tout !
Ni à lui ni à toi. Le journal est à moi !
Fin de la discussion !
Regarde si ta sœur arrive. Et toi, mets ça.
Hé ! Le sac !
Donatella ! Dépêche-toi !
Allez, lavez-vous les mains.
J'ai peut-être un cheval sûr. On le joue ensemble ?
Il s'appelle comment ?
- Le nom n'a aucune importance. - Si le nom me plaît pas, je joue pas.
On ne lit pas à table !
Elle a raison. On ne lit pas à table. Donne. Mets-le dessous.
- Salut, papa. - Bonjour.
Dis-moi, pourquoi tu rentres un peu tard aujourd'hui ?
- Je suis passée chez le libraire. - Ah oui ?
Il m'a parlé du Marocain.
On ne mange pas le pain avant la soupe ! Donne-moi ton assiette.
Alors, ce Marocain...
Pas le tien, le sien ! C'est lui qui ramasse les PV.
Et les chaussures de Romoletto ? Tu les as oubliées.
Elles sont trop vieilles maintenant. Il ne peut plus les réparer.
Ne t'en fais pas. Je t'avais dit de prendre celles de Romoletto...
Tu me donnes ton assiette, oui ou non ? Et tu les prends chez Romoletto ?
Des chaussures comme ça, on n'en fait plus. D'avant-guerre !
- Je vais bien, je marche bien. Papa... - Oui ?
- Si on trouvait un sac... - Un sac ? Qu'est-ce qu'on devrait faire ?
- Tu as trouvé un sac ? - Je demande, c'est tout.
- Donatella, ne nous fais pas peur. - Alors ?
Tu demandes par curiosité ou tu l'as vraiment trouvé ?
- Après, on avisera. - Et toi, ça te regarde ?
Pourquoi ? Je suis pas de la famille ?
Pour tes enfants, je suis leur oncle de lait.
Pour une goutte de lait prise à la même nourrice...
il est devenu mon père, mon frère, ma mère...
Bref, papa, si je le trouvais, je devrais faire quoi ?
Ma fille, quand ta pauvre mère a perdu son alliance en or...
personne ne la lui a jamais rapportée.
Depuis ce jour, je me suis dit...
Si je trouve une vieille chaussette, même trouée...
j'en ferai un bonnet de nuit, mais je ne la rendrai à personne.
Et puis, à la maison, il faut chaussures, vêtements, médicaments...
Ton père n'y arrive plus, tes frères ont faim...
On vit dans la misère noire !
Depuis quand sommes-nous une famille de miséreux ?
On n'a pas de fourrures, on ne roule pas en voiture...
on n'aura pas la télévision, mais on vit honnêtement.
Pas tant que ça, papa, si on garde les affaires des autres.
Ça ne fait que deux heures qu'on a porté plainte !
Mais je dois partir ce soir !
Le sac, je m'en fiche. Ce sont les papiers qui comptent !
Vous comprenez que je risque 350 000 dollars ?
Le plus pratique, à mon avis, serait une annonce dans le journal.
Ne parlez pas si calmement, ça m'énerve encore plus !
Enfin, faites quelque chose ! Appelez l'avocat !
Et ce télégramme, quand est-ce qu'il arrive ?
Ma chère, on a appelé New York, pas Frascati...
Pasquale, que faites-vous là ?
Je déteste qu'on écoute aux portes. Je vous l'ai dit cent fois !
Je n'écoutais pas, madame. Une jeune fille demande à vous parler.
Je ne suis pas là.
Je crois qu'il serait dans votre intérêt de la recevoir.
Pourquoi ?
Parce qu'elle a, je crois, retrouvé votre sac.
Mon sac ?! Et vous dites ça comme ça ?
Où est-elle ? Où est cette jeune fille ?
- Bonjour, madame. - Bonjour.
Je suis ravie de vous rencontrer !
- C'est celui-ci ? - Je crois.
Oh oui ! C'est bien mon sac !
Je voulais vous le rapporter plus tôt, mais je n'ai pas pu.
Les lettres, les papiers... Tout est là !
Giorgio ! Giorgio !
Pas mal, comme remerciement.
- Pour la récompense, il faudra attendre. - Quelle récompense ?
Vous avez droit à 10 % de la valeur de l'objet trouvé.
Madame ne peut pas l'ignorer. - Vraiment ?
Quelle chance ! J'étais désespérée !
Vous voyez ? Même ces Italiens sont honnêtes.
Merci, mademoiselle.
Vous ignorez quel poids vous m'enlevez des épaules.
À vous ?
J'aurais eu de gros ennuis si le sac n'avait pas été retrouvé.
Désolée, j'ai dû l'ouvrir pour trouver votre adresse.
Mais bien sûr... Vous entendez ?
Elle s'excuse encore. N'est-elle pas adorable ?
- Où l'avez-vous trouvé ? - Près de l'arc de Janus.
Vous voyez ? Qu'est-ce que je disais ?
Vous aviez parfaitement raison. Tout est de ma faute.
Il vaut mieux prévenir la police. Excusez-moi.
N'oubliez pas d'annuler les annonces et de rassurer l'avocat à New York !
Tu ne peux pas le faire, chéri ? Moi, je m'occupe du reste.
Comment veux-tu ? Je dois m'occuper de cette jeune fille.
Si vous êtes occupée, je peux récompenser mademoiselle.
La récompenser ? Évidemment ! Elle le mérite, la pauvre.
Mais pourquoi vous ? Cela me regarde.
Vous vous mêlez trop de ce qui ne vous regarde pas, Pasquale.
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