نخستین 200 خط.
Vive la république du Vietnam !
Aux dernières nouvelles,
les communistes ont envoyé mes proches
nettoyer les marais,
leur crime étant d'être de ma famille.
Et les tiens ?
Ils sont morts.
Le général a demandé des volontaires.
Des hommes qui ont combattu.
Volontaires pour quoi ?
Une patrouille d'éclaireurs.
En reconnaissance en Thaïlande.
Pour rejoindre le Vietnam par le Laos.
Par voie terrestre ?
Quand ça ?
Bientôt.
Tu ne comptes pas revenir ?
Pour quoi faire ?
Pourquoi elle vient le week-end ?
Le restaurant doit tourner
si on veut avoir plus d'une grenade.
Plein de gens font la queue. Revenez plus tard.
Sers-les moins.
Tiens, te voilà.
Ça dure depuis quand ?
Environ 30 minutes.
Je parle de cette hystérie collective.
Tu te souviens qu'on m'a nommé
dans la Garde d'honneur à mes débuts ?
Me dis pas que tu es volontaire pour la mission de reconnaissance.
Pas encore.
Tu le feras pas ?
C'est une mission suicide.
La vie est une mission suicide.
Promets-moi que tu n'accepteras pas
de te faire tuer pour une guerre perdue.
Au général de dire quand la guerre est finie.
Ça me rappelle le bon vieux temps, voilà tout.
Tu me connais.
J'ai toujours aimé les petites armes.
Armes blanches,
armes à feu.
Ma chère tante, ces hommes veulent récupérer leur patrie,
mais ils ont besoin d'être reconnus,
gardés en mémoire tels qu'ils ont été.
Et toi, mon vieil ami ?
De quoi as-tu besoin ?
J'ai besoin...
On a besoin de sauver Bon
de nous, des pistolets et des épées de notre camp.
Prêts !
Un !
Deux !
Le peuple a soif de liberté !
Les communistes ont promis la liberté.
Mais ils n'ont apporté
que la pauvreté et l'esclavage.
Notre patrie
est devenue une prison géante.
Feu !
Détention, torture,
violence incroyable.
Tout cela au nom de la rééducation.
Dites,
comment savoir si un Viet-Cong fait le mort ?
S'il est mort, il ne bougera pas.
S'il fait semblant...
T'es taré ou quoi ?
À bas le communisme !
Nous libérerons notre patrie
de la sphère soviétique !
À bas le communisme !
À bas le communisme !
À bas le communisme !
À la république nous serons toujours loyaux !
Discours galvanisant, mon général.
J'ai réfléchi à notre problème avec ce journaliste gênant.
En effet, c'est un problème.
Donnez aux hommes une version à raconter.
Si cet opposant vient fouiner pour son torchon de propagande,
nos hommes diront la vérité.
Quelle vérité, au juste ?
C'est une œuvre de bienfaisance.
Et...
un programme légal à but non lucratif.
"La Fraternité bénévole
"des anciens soldats de la république du Vietnam."
Ah bon ?
Quelle est notre cause caritative ?
L'aide humanitaire pour les pauvres Vietnamiens
opprimés par les communistes.
Tout est légal.
Dans les règles.
On reçoit donc des dons déductibles des impôts
de certains amis généreux.
Quels que soient ces amis,
ils sont en effet très généreux.
TOUJOURS LOYAL ! NED GODWIN AU CONGRÈS
La laverie chinoise est à côté.
Ça alors !
Je vous croyais mort.
Bien entendu, moi-même, je ne consomme pas, mais...
j'aime offrir un verre mes électeurs.
Comment un modeste député peut-il vous aider ?
C'est moi qui aimerais vous aider, monsieur.
Votre discours à la fête m'a touché...
Chaque mot était sincère.
J'investis à long terme dans votre communauté.
Vous ne votez pas,
mais vos enfants, leurs enfants...
Voyez-vous,
j'apprécie énormément votre peuple.
J'apprécie que vous appréciiez.
Si je peux me faire apprécier
dans le cadre de la campagne...
Bonne idée, une minorité dans mon équipe.
Vous avez des compétences, outre le fait d'être vietnamien ?
Je sais quand parler,
et quand me taire.
Savez-vous faire la sourde oreille ?
Cet enfoiré refuse d'écouter.
Un poil plus haut !
Bouseux à la con !
Zut !
Ça ne me ressemble pas.
Je n'ai rien entendu.
Ned vous envoie ?
Oui, en effet.
Laissez-moi deviner.
Vietnamien ?
Seulement ma bonne moitié.
J'ai appris une chose :
en Amérique, la race, c'est tout ou rien.
Maria !
Que les enfants arrêtent cette musique de hippie.
Pas de ça chez moi.
C'est la porte ouverte au socialisme.
Un Tom Collins ?
Moi-même, je ne consomme pas.
- Volontiers. - Servez-vous.
J'ai des choses à régler.
Tous ces donateurs...
J'essaie de retenir leurs noms, en vain.
Je pourrais vous les souffler, à leur arrivée.
Je le faisais pour le général, à Saïgon.
Je sais être discret.
Impossible. Ned refuse que je montre ça à quiconque.
Bien sûr.
J'ai du mal à saisir ce que les politiciens
peuvent faire ou non de leur argent ici.
Ce qu'on appelle une campagne à Cuba
est considéré comme de la fraude ici.
Nos lois électorales restrictives
n'empêchent pas les citoyens concernés comme vous
de financer une noble cause.
Vous parlez de la Fraternité du général ?
Vous êtes au courant.
Pour Ned, tout est dans les règles.
Mais quelles règles ?
Vous le savez bien.
Et merde !
Juste une goutte.
J'ai de la compagnie, après tout.
De quoi parlions-nous, déjà ?
Tu débarques bourré alors qu'il fait encore jour ?
La nuit va tomber.
Et qui dit je suis bourré ?
Juste là.
On voit sa piaule d'ici.
Tu rêvais de tuer Nicos,
pas vrai ?
Reconnais-le.
Et maintenant ?
On rêve tous de tuer des gens.
On y pense en passant.
Du genre :
"Et si...
"je renversais ce con avec ma voiture ?"
Ou on rêve de savoir ce que ça fait de tuer.
Par exemple, un salaud qui me méprise et me vole ma copine.
On dirait que tu as quelqu'un en tête.
Sérieusement, tu y as cru ?
Ça m'a l'air très précis.
Arrête !
Pourquoi raconter ton flirt avec la fille de ce réactionnaire ?
Je suis censé noter chaque détail.
Ça dure depuis près d'un an.
Chaque détail pertinent !
Il faut que j'explique tout ?
Écoutez,
le général avait insinué que je devais éliminer Sonny,
sans jamais le dire vraiment.
Mais une fois que j'ai admis
que je rêvais de tuer le con qui m'avait pris ma copine,
j'ai compris que ce n'était pas une raison de le tuer.
Si je devais tuer à nouveau,
ce serait pour obéir au général.
Et lui obéir serait obéir à Man
pour entretenir la confiance du général.
Soit.
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