نخستین 200 خط.
- Il y a t-il des nouvelles ? - Aucune, Votre Sainteté.
Frères, fils.
Et vous surtout, chers jeunes.
La Semaine Sainte commence
au cours de laquelle s'accompliera l'œuvre de la rédemption humaine
et de la parfaite glorification divine.
Prions ensemble
pour tous ceux qui souffrent en ces jours.
Prions pour l'honorable Aldo Moro…
enlevé au cours d'un lâche guet-apens.
Avec l'espoir sincère
qu'il soit rendu à ses proches.
La position du groupe dirigeant prévaut.
Ni avec l'Etat ni avec la BR.
- C'est toujours la même histoire. - Ils ont compris.
Entrée de la Cour.
Bien, l'audience est ouverte.
"Je reconnais par ces propos avoir reçu
un manuscrit intitulé "Communiqué n° 11".
"Considérant qu'il ne contient aucune déclaration
en lien avec le procès en cours,
mais des élucubrations idéologiques et des interprétations politiques,
il est ordonné qu'il soit joint au procès-verbal."
Non !
Je demande à pouvoir le lire au nom de mes 15 camarades !
Ferrari, le communiqué est un manifeste politique
qui ne concerne pas le procès.
Cela concerne bien l'affaire en cours.
Il s'agit de nous, vous, de tous les démocrates-chrétiens
et des trente ans d'occupation de cet état !
De son corollaire d'atrocités, de crimes, de massacres, de scandales
qui ont entaché ce pays !
Suffit !
Nous ne tolérerons plus de déclarations ! Plus jamais !
Président, je demande à nouveau de pouvoir lire le communiqué.
Je vous répète qu'il n'y a aucun lien avec le procès.
L'accusé aura la parole pour se disculper de ses crimes.
Cette décision donne la mesure
de votre faiblesse et de votre myopie politique !
C'est vrai !
Continuez le procès ! Un autre procès se déroule dans ce pays !
Un autre !
Contrairement à vous, nous suivrons un processus normal.
Un procès légal.
C'est un procès politique.
Nous serons tous condamnés pour crimes politiques comme sous le fascisme !
- Fascistes ! - C'est fondamentalement illégal !
Je demande une expulsion, pour apologie du crime.
Ne vous inquiétez pas, pas besoin de crier.
Nous quittons la salle d'audience, de nous-même.
Nous ne laissons que trois observateurs
pour surveiller votre activité contre-révolutionnaire.
- Laissez-nous sortir. - Nous sommes des militants révolutionnaires.
- Ouvrez les grilles. - Les Brigades Rouges existent.
- Elles sont ici, dehors, et partout. - Oui !
C'est pourquoi vous avez si peur de nous au point de nous tenir en cage.
- Vous êtes juste des bandits ! - Oui, c'est bien ça, des bandits !
Mais qui détient Aldo Moro et qui, au nom du peuple, fera le procès
de toute la Démocratie chrétienne et de toute la classe politique italienne !
Bravo !
Assez. Faisons une courte pause.
Que les esprits de chacun se calment.
- L'audience reprendra dans une demi-heure. - Allez, camarades !
- Avocat Guiso. - Oui ?
Je peux vous parler ?
Je suis Cesare Curioni, nous nous sommes rencontrés à San Vittore.
- Je peux m'asseoir ? - Bien sûr.
Merci.
Maître, le président Moro doit être sauvé.
Je suis certain que vous pensez la même chose.
Laissant de côté ce qui nous divise
puissions-nous trouver ensemble un moyen de le sauver.
Si les BR ne l'ont pas encore tué, il y a place à la négociation.
Vous devez parler à vos clients,
les faire raisonner, les convaincre,
pour savoir ce qu'ils réclament en retour.
J'ai également été récusé.
Je reste parce que je défends Giambattista Lazagna qui ne m'a pas récusé.
C'est un communiste de la vieille garde.
Vous les connaissez bien.
Personnellement.
Ils ont gagné, ils ont prouvé leur force.
Ils peuvent être satisfaits.
Vous pourriez leur dire qu'il y a beaucoup d'argent à la clé.
Beaucoup plus que pour l'enlèvement de Costa.
(Pietro Costa, fils de Giacomino Costa, propriétaire de Costa Croisière)
Je ne pense pas qu'ils veulent de l'argent, ce n'est pas la priorité.
Ils veulent être reconnus. Vous comprenez ?
C'est une armée en guerre.
Mais ils ne sont quatre chats pelés !
Castro a commencé comme ça, ce sont des points de vue différents.
Avocat, je vous en prie…
puis-je compter sur votre aide ?
Je vais demander, mais il y a d'autres interlocuteurs que moi.
Excusez-moi, mais pour qui traitez-vous ?
Votre Sainteté, monseigneur Curioni.
Approchez.
Approchez.
Prenez place, Monseigneur.
La vérité est que les BR détenus ne savent rien.
Ils revendiquent, font des proclamations, mais ils sont dans l'obscurité totale.
Ils savent ce que nous savons.
Le responsable c'est celui qui a organisé le kidnapping, c'est aussi simple que ça.
J'ai parlé à d'autres individus.
Comdamnés à perpétuité, mafiosi, camorristes,
en étant prudent et à titre personnel.
Ils ont confiance en moi.
Il n'y a aucune relation entre eux et les brigades, en fait ils se méprisent mutuellement.
Les mafiosi sont des meurtriers, des criminels, mais ils sont aussi croyants et pratiquants.
Ils vont à la messe, communient, se marient à l'église
et baptisent leurs enfants.
On peut se comprendre, la langue est la même.
Seulement ils ont d'autres priorités.
Mais pas les Brigades rouges.
Ce sont des athées matérialistes, des révolutionnaires fanatiques.
Ne nous décourageons pas.
Il existe souvent un maillon faible, une exception.
Un repentir inattendu, une conversion soudaine.
Ne désespérons pas.
Faites-moi savoir s'il y a des nouvelles, mais ne m'appelez pas directement.
Ma ligne téléphonique pourrait être sur écoute.
Vous mettre sur écoute, vous, le Vicaire du Christ ?
La prudence est la première des vertus cardinales.
Ce n'est pas un hasard.
Vous résidez toujours à la prison ?
À San Vittore, oui.
- Pour être au plus proche des prisonniers. - C'est vrai.
Disposez, disposez.
Aldo est un ami.
C'est un ami cher, nous devons le sauver.
Nous devons convaincre le gouvernement de le sauver.
Sainteté…
vous devez manger de la viande.
Pour le sang.
Je veux absolument participer au chemin de croix.
Saint-Père, c'est impossible dans votre état.
Ce pourrait être la dernière fois.
Pour beaucoup d'ailleurs, ce pourrait être la dernière fois.
Essayons celle-ci.
Non, une plus petite.
Encore plus petite.
Je te salue Marie, pleine de grâce le Seigneur est avec vous.
Tu es bénie entre les femmes
et béni est le fruit de tes entrailles, Jésus.
Sainte Marie, mère de Dieu
priez pour nous pauvres pêcheurs
maintenant et à l'heure de notre mort, amen.
Septième station, Jésus tombe pour la deuxième fois.
Il n'a commis aucun péché et aucune tromperie n'a été trouvée dans sa bouche.
Il a porté nos péchés dans son corps sur la croix.
Il a racheté le monde sur la Sainte Croix.
Je te salue Marie, pleine de grâce, le Seigneur est avec toi.
Tu es bénie entre toutes les femmes
et béni est le fruit de tes entrailles, Jésus.
Sainte Marie, mère de Dieu, priez pour nous pécheurs
maintenant et à l'heure de notre mort, amen.
Que vous arrive-t-il votre Sainteté ?
Qu'avez-vous ?
Vous êtes souffrant ?
Oh mon Dieu ! Sœur Caterina, il doit être soigné immédiatement.
De suite.
Je vous salue, Marie, pleine de grâce, le Seigneur est avec vous.
Tu es bénie entre les femmes
et béni soit le fruit de tes entrailles, Jésus.
Samedi saint
« Nous ne nous laisserons pas vaincre par le chantage des terroristes »
J'ai vu que vous portiez la croix avec une certaine vigueur.
Elle n'était pas si lourde, Votre Sainteté.
Et les politiques ?
Ils sont restés chez eux, par précaution.
Vu les temps…
En effet, je ne les ai pas vus.
Madame Moro est arrivée, Votre Sainteté.
Chère Noretta.
Laissez-nous seuls, s'il vous plaît.
Viens Noretta, assieds-toi.
Chère Noretta, ta douleur est la nôtre.
Comme ta ténacité à vouloir ramener à la maison ce cher Aldo.
Votre Sainteté, je ne cesserai de vous remercier.
C'est important pour nous…
Mais…
Mais là je ne peux pas !
ALDO MORO EST FOU
L'ISOLEMENT ET LES PSYCHOTROPES ONT AFFAIBLI SA PERSONNALITÉ
Il aura lu ce qu'écrivent les journaux.
Qu'il n'est pas lui-même, qu'il est fou.
Ces amis les plus chers,
- "L'Osservatore Romano". - Du calme.
C'est la position publique officielle et c'est aussi la nôtre.
Nous devons penser au milliard de catholiques,
de fidèles dispersés dans le monde qui sont notre Église.
Sans eux, nous n'existerions pas.
L'humanité à laquelle Aldo a toujours pensé en faisant référence à son parti
s'applique également à nous.
Que va penser Aldo ?
Il va se sentir abandonné de tous.
Si jamais il le lit…
…il comprendra que ce n'est pas ce que L'Église pense, et moi non plus personnellement.
Il ne s'arrêtera pas aux mots mais en comprendra aussitôt le sens profond.
Personne ne l'abandonne.
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