نخستین 200 خط.
En 1855, l'Angleterre et la France étaient en guerre contre la Russie en Crimée.
Les troupes anglaises étaient payées en or.
Une fois par mois, 25 000 £ d'or étaient placées dans des coffres-forts
dans la banque Huddleston et Bradford à Londres
et amenées à la gare sous la surveillance de gardes armés.
Le convoi n'avait pas d'itinéraire ni d'horaire établis.
L'or était placé dans le wagon à bagages du train de Folkestone
pour être transporté par bateau jusqu'au continent puis en Crimée.
Les coffres-forts étaient mis dans deux coffres Chubb
fabriqués en acier trempé d'une épaisseur de 2 cm.
Chaque coffre pesait 250 kg.
Chaque coffre possédait deux verrous nécessitant deux clés chacun,
soit quatre clés au total.
Par mesure de sécurité, chaque clé était gardée séparément.
Deux clés étaient confiées au chef de gare, qui les gardait dans son bureau.
Une troisième était à la garde de M. Edgar Trent,
président de la banque Huddleston et Bradford.
Et la quatrième était entre les mains de M. Henry Fowler,
directeur de la banque Huddleston et Bradford.
La présence d'une telle quantité d'or en un seul endroit
suscitait l'intérêt de tous les bandits anglais,
mais en 1855 il n'y avait jamais eu d'attaque contre un train en marche.
Il est mort?
Un vol? On ne peut pas vraiment dire ça. Un pauvre gars agissant seul.
Il n'avait aucune chance de réussir.
Je parle ici au nom de la banque,
et je dois vous dire que cette affaire est totalement insignifiante.
Je peux l'affirmer sans peur d'être contredit.
Le bandit est mort?
Oui. Le garde l'a jeté hors du train à vive allure.
Il est mort sur le champ. Pauvre bougre.
- Il n'a pas été identifié? - Je ne pense pas.
La façon dont il a trouvé la mort a fait qu'il était en piteux état.
Il était manifestement là pour l'or de Crimée.
- Apparemment. Parlant... - Cette fichue guerre
- causera la perte de notre nation. - Il est reparti.
Le Nord qui s'agite, et à présent cette guerre absurde contre le tsar.
Qu'attendre d'autre, lorsqu'un homme sur sept a le droit de vote?
Même les marchands votent maintenant.
Bientôt ce sera les femmes. Si elles y arrivent.
Des femmes aux urnes. Vraiment!
- Ce vol a eu d'intéressants... - Elles n'ont pas de logique.
- Trop émotives. C'est absurde. - Ce n'est pas leur logique que j'apprécie.
- Même une femme sensée peut nuire. - Allons, Arthur, elles ont leur utilité.
Edward a été le plus sage en restant célibataire.
Il se fera piéger un jour.
- J'en connais qui ont des vues sur lui. - Personne ne piégera Edward.
Dieu sait comment un homme célibataire peut se faire piéger à Londres.
Et ce voleur dans le train, Henry, pouvait-il réussir à voler l'or?
- Non. C'est impossible. - Rien n'est impossible.
Vraiment impossible. Deux coffres Chubb, quatre clés gardées séparément.
- Pourtant, j'imagine que c'est possible. - Je ne vois pas comment.
Le voleur devrait se procurer les quatre clés. Deux sont gardées dans la gare.
Notre président, M. Edgar Trent, en a une et il est digne de confiance.
Je ne sais pas où M. Trent garde sa clé mais je sais où est la quatrième,
car c'est moi qui suis chargé de la garder.
Bon sang, Henry, quand allez-vous nous dire où vous cachez votre clé?
Je la garde autour de mon cou. Je la porte tout le temps.
Même en prenant votre bain?
Même pendant mon bain. Elle ne me quitte jamais.
- Futé. - Très ingénieux.
Donc vous voyez qu'il est vraiment impossible d'avoir les quatre clés.
L'or de Crimée ainsi que les transactions de la banque sont entre de bonnes mains.
Dieu merci.
Vous pouvez en être sûr, Edward. N'ayez crainte.
- Pour qui te fais-tu passer? - Edward Pierce, homme d'affaires malin.
Homme d'affaires malin? Cela englobe une multitude de péchés.
C'est le cas dans ce groupe.
Et quelle est ton occupation?
Ce n'est pas clair. Je me suis enrichi grâce au charbon, dans le Nord.
- Ah bon? - Oui, c'est vrai. Je suis assez aisé.
Vraiment?
Je pense. J'ai... fait quelque chose de ma vie.
Ils ont cru à tout ça?
Entre hommes d'affaires malins on ne pose pas trop de questions.
Ils savent que tu apprécies le théâtre?
Un homme célibataire doit aussi se divertir.
- Vraiment? - Oh, oui, bien sûr.
Ils ont parlé du train?
Qu'ont-ils dit?
Ils ont tous dit que c'était impossible.
Absolument impossible.
Tu aimes ça?
Je vois que cela te stimule.
Tout va bien?
Joli coup.
Pas mal, en effet. Tu as l'air en forme.
Oui. Comment tu as procédé?
Tu as vu, n'est-ce pas?
Ou ai-je été si rapide que tu n'as pas pu voir?
J'ai vu.
- T'es-tu servi d'un fil? - Non, seulement de mes mains.
Doigts de fée.
- Tu as une mission en tête? - J'ai peut-être une ou deux choses.
Ces petites choses... Seraient-elles liées à un vol?
C'est possible.
- Risqué, non? - Très risqué.
- Pickpocket ou clés? - Clés.
- Cire ou simple vol? - Cire.
Tu n'es pas à l'origine du coup de Berkeley Hills?
Berkeley Hills? Un coup minable.
Un coup minable? En tout cas, ils sont partis avec 2 000 guinées.
Non. Je pensais à une plus grosse affaire.
Cette cire. De l'improvisation?
Alors je suis ton homme.
- Le plus véloce des cambrioleurs. - C'est ce qu'on dit.
- De quoi s'agit-il? - D'abord espionner un gentilhomme.
Bonne nuit.
M. Edgar Trent,
président de la banque Huddleston et Bradford,
suit toujours la même routine,
et part chaque soir de la banque à 19hOO précises.
M. Trent habite au numéro sept Belgrave Square.
C'est une maison de 23 pièces, sans compter les quartiers des domestiques.
Sa seconde épouse, Emily, est de 30 ans sa cadette,
et dirige la maison d'une main de fer avec l'aide de sa belle-fille non mariée.
Il y a dix domestiques au total.
Un cocher, un jardinier, un portier, un majordome, un cuisinier, 2 servantes.
Ils sont satisfaits et ne peuvent être soudoyés.
- Des chiens? - Deux terriers. Deux sorties par jour.
Sept heures le matin et 8 h 15 le soir.
- Des enfants? - Cinq.
Trois à la maison. Le plus jeune est somnambule.
Ce qui crée de l'agitation.
Inutile de pénétrer dans une maison de 23 pièces sans savoir où est la clé.
La seule personne à savoir où se trouve la clé est M. Trent.
Vraiment?
Il a bien une faiblesse. Le jeu, la boisson. Les femmes?
Tiens, bonjour.
Non, non, non.
Aucun gentilhomme respectable ne peut être aussi respectable.
- Il aime les chasses aux rats. - En effet.
Merci, messieurs, s'il vous plaît. Dégagez, messieurs.
Merci. Excusez-moi, messieurs.
Voici les plus raffinés, messieurs.
Tous nés et élevés à la campagne, pas un rat d'égout parmi eux.
Qui veut essayer un rat? Allez, messieurs. Qui veut essayer?
15 de vos meilleurs pour mon chien.
Pesez le chien de Monsieur T. Un gentilhomme très beau joueur.
Laissez passer le chien de Monsieur T. Allons-y.
- 6,5 kilos. - 6,5 kilos pour le chien de Monsieur T.
Et il est sur le point d'essayer 15 rats.
- Trois minutes vous conviennent, M. T? - Oui.
Allons-y pour trois minutes. Pariez quand vous êtes prêts.
Donne-lui ses 15 rats, Tom.
Parfois on gagne, parfois on perd.
- Vous êtes prêt? - Prêt.
Et... partez!
Terminé, messieurs. Trois minutes.
Sortez le chien. Merci messieurs.
Payez vos dettes. À qui le tour?
Allez! Qui pense pouvoir gagner?
Un très beau joueur. Parfois on gagne, parfois on perd.
Qui sera le prochain à essayer les rats les mieux élevés et les plus recherchés?
Puis-je m'asseoir avec vous?
Si vous voulez.
Lover n'était pas au mieux. Pas assez nerveux. Mais il s'en est bien sorti.
- Mon Lover retournera dans l'arène. - Bien sûr.
Et je parierai encore sur lui quand il le fera.
- Vous avez beaucoup perdu? - Dix guinées. Une bagatelle.
Dix guinées.
Je suis content de voir que ça ne vous gêne pas trop.
J'admire les hommes qui ont un chien et le font jouer.
C'est ce que je ferais si je n'étais pas aussi souvent à l'étranger.
Lorsque je m'absente, ma femme s'occupe des chiens.
Je crains d'avoir été trop occupé par les affaires ces dernières années.
Je ne suis pas marié.
- Bien entendu, j'aimerais l'être. - Bien entendu.
C'est si difficile de trouver la femme qui convient.
- Que construisez-vous exactement? - Un moulin à eau. Ce sera ravissant.
Surtout avec le contour rouillé de la roue. Ne pensez-vous pas?
Nous faisons construire la roue rouillée à grands frais.
Elle est faite à partir de métal déjà rouillé. Les artisans sont ingénieux.
Nous devrons attendre que les herbes poussent pour que cela prenne forme.
Je suis certain que cela fera une jolie ruine.
Où est Elizabeth?
J'ai passé beaucoup d'heures agréables
à regarder les travailleurs assembler chaque pièce une à une.
Quelle habileté.
Ils se servent de vis?
Non, des boulons, en fait, de longs boulons. Bien ajustés.
Oui. De longs boulons, bien ajustés.
Je reviens d'Amérique, un pays où il y a de nombreuses érections proéminentes.
C'est assez excitant de voir les choses prendre forme.
Tant que la qualité n'en est pas affectée.
Des joints bien ajustés. C'est le secret.
C'est si rare de nos jours.
Tout dépend bien entendu de l'habileté de l'ouvrier.
Et il doit être bien équipé.
Ma chère fille.
Puis-je vous présenter M. Edward Pierce? Ma fille Elizabeth.
Mlle Trent, vous m'avez pris entièrement au dépourvu.
Je ne sais pas si c'est à mon avantage.
Je peux vous assurer que c'est le cas.
- Voulez-vous un biscuit, M. Pierce? - Avec plaisir.
Nous parlions des ruines, Elizabeth.
- Cela prend forme joliment. - Cette horrible ruine. Je ne l'aime pas.
Ils ont enlevé tant de fleurs.
Vous aimez les fleurs?
- Du thé, M. Pierce? - Oui.
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