نخستین 200 خط.
Vous venez traverser le ruisseau ?
Vous avez peur de quoi ? Si je vous ai entendue venir.
C'est moi qui aurais eu peur. Je pêche à la main, et c’est défendu
Approchez, je suis pas sauvage ! - Moi non plus.
Vous savez, vous m’effrayez pas.
J'ai rien fait, je vous ai demandé, si vous vouliez traverser le ruisseau.
Il est à vous ?
Justement, il traverse des champs à mon père.
Les pierres et le sable sont peut-être à vous.
Un ruisseau c’est de l’eau qui passe.
Et l’eau qui passe, à qui est-elle ?
À moi quand elle passe chez moi.
Vous n’êtes pas chez vous sur cette terre.
Même si vous l’avez payée cher.
Mais, pourquoi ?
Vous ne la cultivez pas.
Mon grand-père l'a cultivée pendant longtemps.
Mon père n’était pas paysan.
Il a gardé la ferme de la famille.
Et a interdit qu’on y travaille.
Il voulait faire une chasse gardée.
Ne défais pas ce nœud, vous voyez qu'il est trop serré.
Je porte le déjeuner à mon père. Faut que je traverse.
Ce sera facile, si vous permettez.
Levez-vous.
Prenez votre panier.
Merci !
Maintenant, vous allez me dire qui vous êtes.
Bonjour, Patricia !
Ne vous approchez pas, les mines vont partir !
Bonjour, Patricia !
Ne vous approchez pas.
Les mines vont sauter !
Il y en a beaucoup.
Il y en a quatre.
Pas grand danger.
Le puits a 12 mètres
Et les mines sont au fond.
Elles sautent pas de côté.
Seulement, des fois...
Il y a deux ou trois folles.
Qui montent à 50 mètres en l’air.
Puis va savoir où elles retombent !
Houlala !
Celle-là est très bonne.
Elle a bien travaillé.
Oh !
Celle-là, elle a foiré.
Houlala !
Celle-là, elle est bonne, elle est bonne.
Elle a fait au moins six brouettes !
C’est fini.
Oh ! pascal - Oh !
La troisième mine ?
Elle a cagué.
C’est de ma faute.
Oui...
C'est ma faute.
Je crois que j’ai fait un trou à la pierre.
Et derrière, je croyais qu’il y a encore de la pierre.
Alors la poudre, s’appuyant dessus, ça aurait fait sauter le monde.
Seulement, il y avait du mou, alors la mine, elle a cagué.
Oh ! Tu as mis la nappe ?
Et vous avez mis un couvert pour moi ?
Oui, c’est ma fête aujourd’hui.
C’est vos 18 ans ?
Tout juste.
Alors, j’ai fait une surprise au père.
La polenta ! Oh ! Sainte Vierge !
Pour descendre dans le puits, ça ira…
Mais pour remonter, alors...
Avec le treuil et la poulie, on remonterait les morts, alors...
Vé, Vé la daube !
Ça vaut la peine de se tailler les cure-dents !
Alors fille, c’est ta fête aujourd’hui ?
Oui, père, le 21 avril.
Je me rappelle plus.
C’est pas gentil alors. Si j’avais su, moi.
Ces choses, je me rappelle pas ça.
Oh ben, les hommes ont d’autres soucis !
Tu manges avec nous ? - Non, j’ai pas le temps.
C’est votre fête et vous faites les cadeaux ?
Si mon père ne m’avait pas donné la vie.
C'est pas ma fête, puisque je serais pas née.
Si j’avais su, je portais une bouteille de vin bouché.
Non, j'aime pas le vin vieux.
Moi, j'aime que celui-là. C'est celui-là, le meilleur.
Il avance votre puits ?
Tu sais, doucement, doucement...
Nous avons trouvé la pierre bleue.
Tu crois qu’il y aura beaucoup d’eau ?
Je sais pas, c’est une source.
Encore deux mètres et nous aurons les pieds mouillés.
Tu sais, l’eau arrive grosse comme mon doigt.
C’est la montre qui me l’a dit, la montre, ça se trompe jamais.
Moi, il me semble que nous allons passer à côté.
Il te semble, il te semble quoi, toi ?
Il me semble que l’eau coule plus fort que ce que vous dites.
Nous allons passer à côté.
Parce qu’elle est à deux mètres sur la gauche.
Et qui te l’a dit ?
La baguette !
La baguette ?
Tu m’as l’air baguette, toi, va ?
La baguette c’est une femme !
Même dans la main d’un vieux.
Elle bouge, elle se remue...
Se tortille, tremble.
Elle danse comme une pute.
Moi, j’en ai honte de la baguette !
La montre, ça, c’est quelque chose.
Parce que les capitaines de la mer...
Ils pouvaient rien faire, sans la montre.
Ils pouvaient pas faire avancer les bateaux.
La montre c’est une personne.
Quand tu veux savoir l’heure, c’est la montre qui te le dit.
Parce qu’elle sait l’heure.
Elle sait où il y a l’eau, aussi.
La montre, c’est bon.
Et ça ne ment jamais.
Ça, c'est vrai !
Au revoir !
Tu t’en vas, alors ?
Oui, les petites sœurs m’attendent.
L'école commence à une heure et demie.
Tu as laissé quelque chose de bon pour la maison ?
J’ai fait la polenta pour tout le monde.
Au revoir, Félipe. - Au revoir, Patricia.
Merci, merci encore.
Et bonne fête !
Merci ! - Adieu, chérie.
Pascal.
Vous voulez que je vous le dise ?
Votre fille, elle est aussi brave que ce qu’elle est belle.
Ah ! Tu peux le dire, va.
Et personne a pensé à lui souhaiter la fête !
Moi, la date , je la connais pas.
Mais vous, vous la saviez !
Oui, mais moi ?
Moi, j’ai oublié ?
Qu’aujourd’hui elle a dix-huit ans !
Moi, j’ai oublié ?
Que le 21 avril, c’était un dimanche !
Que le matin à la pointe du jour, sa mère m’a réveillé et m’a dit :
« Pascal, je crois que je vais faire le petit. »
J’ai dit, ben...
J’ai dit, « va... ne t’émotionnes pas.»
« Et puis fais-le.»
« Plus vite ça sera fait, plus vite ça sera fini.»
Et je me suis levé.
Et je lui ai laissé le lit pour elle toute seule.
Et puis, nous avons fait une petite prière à la Sainte Vierge.
Et je suis allé réveiller les voisines.
Et puis, je suis allé me promener dans le jardin.
Et j’entendais ma femme qui criait.
Alors, je suis allé voir un peu mes lapins.
Justement, il y avait une grosse mère qui faisait ses petits.
Pendant que ma femme faisait le mien.
Et puis, on m’a appelé.
Parce que l’enfant venait de naître.
Et tout à coup...
Le coq, il s'est mis à chanter.
Et voilà, pourquoi j'ai oublié qu'elle a 18 ans ?
Que j’ai oublié qu'aujourd’hui c'est sa fête ?
C’était une finesse ?
Hé oui, c’est une finesse.
Tu parles si je le savais ?
Je l'ai pas oublié le jour où elle est née.
Seulement, il faut bien sûr une surprise !
Alors, vous lui avez acheté un cadeau ?
Un très beau cadeau !
J’ai donné 40 francs à sa sœur Amanda.
Pour qu'elle achète un chapeau.
Un chapeau à Paris-Chapeaux.
Pas ces chapeaux dans le carton plein de poussière.
Qui sont démodés depuis dix ans, non...
Un beau chapeau de la vitrine avec une belle fleur.
Il parait qu’il y a un oiseau.
C’est Amanda qui me l’a dit.
Parce que moi, les chapeaux, je suis pas fort.
Surtout les chapeaux de femme.
On va le lui donner après dîner… C’est la surprise.
Et c’est pour ça que j'ai joué la comédie.
Un chapeau, c’est un joli cadeau pour une jeune fille.
Surtout que demain, c’est dimanche…
Quand l’enfant est né.
On m'a appelé.
Je suis arrivé en courant.
Et on m’a fait voir le bébé.
Il était rouge comme une écrevisse qu'on va manger.
Et j’étais content et puis malheur…
J’ai vu qu’il avait pas de quéquette, alors, j’étais pas content, tu sais.
Pourtant, une fille, c’est joli aussi.
Hé oui, c’est joli !
Seulement on sait pas son nom tant qu’elle est pas mariée.
Et puis voilà la mère...
Elle m’a fait d’autres filles et puis encore des filles…
Un jour, elle m’a dit.
La dame qui vient de Paris, pour se reposer.
Qui voudrait emmener Patricia.
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