نخستین 200 خط.
Le 30 octobre 2015, un incendie éclate au Colectiv club, à Bucarest.
Le bilan est de 27 morts et 180 blessés.
Outrés par le fait que le club ne disposait pas d'issues de secours,
les gens ont manifesté contre les autorités corrompues.
Le gouvernement social-démocrate a été contraint de démissionner.
Pour apaiser la colère des gens,
un gouvernement de technocrates indépendants a été nommé.
Il dispose d'un mandat d'un an, jusqu'aux prochaines élections.
37 autres victimes sont décédées à l'hôpital,
dans les 4 mois qui ont suivi l'incendie du Colectiv.
J'ai perdu un être cher, Madalina.
C'est tragique et horrible pour nous tous.
Malheureusement, notre système de santé
est pourri.
Comment se peut-il que des gens qui ont échappé à un incendie
meurent à l'hôpital 12 jours plus tard ?
Bonjour.
Mon fils...
L'hôpital général de Vienne a accepté d'admettre mon fils
le 4.
Ils ont refusé de signer.
L'hôpital de Bucarest a refusé de signer pour son transfert.
La direction de l'hôpital.
Quand il est enfin arrivé à Vienne, le 7 au soir,
des bactéries avaient infecté tout son corps.
Nous avons demandé pourquoi son transfert avait été retardé
et ils ont répondu :
"Erreur de communication."
Une erreur de communication a tué mon fils.
Je m'appelle Laurentiu Istrate.
Je suis le père d'un des jeunes
qui est décédé après 13 jours d'agonie
à l'hôpital de Bucarest.
Les autorités nous ont menti et n'ont pas réussi à les transférer
à l'étranger à temps, là où on aurait pu les sauver.
Tous n'auraient pas survécu.
Mais nous n'aurions clairement pas eu
37 victimes supplémentaires après l'incendie.
Je suis Catalin Tolontan, de la Gazeta Sportirulor.
On a dit aux médias et au public
que les autorités géraient la situation de main de maître
et fournissaient les meilleurs soins médicaux possibles.
- C'est aussi ce qu'on vous a dit ? - Oui.
Vous étiez donc aussi confiants que nous ?
Tous les hôpitaux ont donné la même réponse standard.
"Nous avons tout ce qu'il faut.
"Vos enfants sont traités ici mieux qu'en Allemagne."
- C'était une déclaration publique. - Oui.
On a reçu personnellement la même réponse
du ministre de la Santé à ce moment-là.
J'emmerde votre putain de corruption !
Elle existe depuis toujours
Mais on l'ignorait
On se sentait dépouillés quand nos espoirs étaient sacrifiés
Si longtemps on nous a enfermés sans qu'on puisse broncher
Mais là, c'est terminé !
Merci !
À chacun d'entre nous !
Merci beaucoup d'être ici ce soir.
Il y a un truc qui brûle là.
C'est pas dans le spectacle.
Il y a un extincteur ?
Du calme, du calme !
Sortez !
Le gouvernement roumain présente ses condoléances
aux familles des victimes.
Nous faisons tout ce qui est possible
pour sauver ceux qui sont hospitalisés.
Actuellement, tous les besoins médicaux
sont couverts.
Je vous garantis que tout ce qu'on pourrait faire en Allemagne
est fait ici pour chacune des victimes.
Entre 80 et 90 patients sont dans un état grave ou critique.
Nous sommes en mesure de fournir les meilleurs soins médicaux
selon les normes européennes.
L'AFFAIRE COLLECTIVE
L'identité de nos sources est sacrée pour nous.
On ne veut mettre personne en danger.
Bien...
Que puis-je vous dire...
Ils sont tous morts à cause d'infections bactériologiques.
Les bacilles pyocyaniques sont les plus agressifs.
Voilà ce qu'ils cachent.
- Des infections nosocomiales ? - Oui.
- Les infections les ont tués ? - Oui.
Les bactéries ont aussi causé des morts dans d'autres hôpitaux ?
Oui. Nos hôpitaux ne sont pas équipés pour les grands brûlés.
Une fois infectés, ils n'avaient pas la moindre chance.
Vraiment ?
En 48 heures, un de mes patients
a contracté deux bactéries.
Si on ne dit rien, nous sommes complices.
En tant que médecins, on ne peut pas vous obliger
à agir contre votre conscience, pas vrai ?
Les faits sont là : les patients brûlés
étaient dans un environnement que l'on savait septique,
exposés aux bactéries nosocomiales les plus résistantes d'Europe.
C'est un fait.
Des hôpitaux incapables de traiter des grands brûlés
ont été obligés de le faire
et les médecins ont dû improviser pour leur traitement.
Avez-vous entendu parler de problèmes
liés aux désinfectants utilisés dans les hôpitaux ?
Au fait qu'ils étaient de mauvaise qualité ?
Regarde !
J'approcherai la voiture quand il apportera le prochain sac.
En voilà un autre !
Hexio-B.
C'est Hexio-B. Je vérifierai les étiquettes pour les identifier.
- Regarde, elles sont différentes. - L'une est noire, l'autre blanche...
C'est quoi ?
L'usine de Hexi Pharma.
- Là où travaille notre source ? - Oui.
Où ils produisent les désinfectants pour 350 hôpitaux ?
C'est bien là, oui.
Vas-y.
- On a photographié ce type... - Oublie.
- Ils transportent des désinfectants ? - Oui.
Ils sont dans la voiture.
- Vous avez eu le proprio ? - Oui, on a attendu des heures.
- Voilà le propriétaire de la voiture. - Une Porsche.
C'est lui, à l'intérieur ?
C'est lui.
Un médecin. Voyons son visage.
Après avoir pris les premières photos,
j'ai demandé à nos sources : "C'est bien lui ?"
Elles ont confirmé. Il s'appelle Dan Condrea.
C'est notre type.
Voilà l'idée :
un producteur roumain
fournit des désinfectants aux hôpitaux
qui sont dilués.
Dilués à différents degrés, selon le produit.
Que vous a dit précisément votre première source ?
Que les ingrédients actifs des désinfectants étaient dilués.
Ils ne correspondent pas...
C'est la première chose qu'elle a dit ?
Elle m'a montré ces formules de production
et a dit : "Regardez les ingrédients actifs."
"Nous utilisons 60 kg pour 600 kg de désinfectant."
Soit 10 %.
Regardez l'étiquette du produit.
Il est écrit qu'il en contient 15 %.
C'est pareil pour celui-ci.
Votre source dit que la formule n'a pas été modifiée,
même après l'incendie au Colectiv ?
Oui, elle a dit :
"Ça ne tue pas les bactéries, mais des personnes."
La seconde source a ajouté : "Je ne suis pas un assassin.
"J'ai des morts sur la conscience."
C'est pour ça qu'il a démissionné.
Que disait Hexi Pharma dans ses publicités ?
1 000 clients, 2 000 salles d'opération, 140 000 mains...
- 2 000 salles d'opération ? - Oui.
Donc, 2 000 salles d'opération...
utilisent des désinfectants dilués.
Se pourrait-il qu'ils soient
diaboliques au point de nous fournir de faux documents ?
Je vais vous dire comment réagiront vos lecteurs :
"Apportez les produits à un labo pour les analyser."
LABORATOIRE ICECHIM DÉPARTEMENT DES ANALYSES
Je ne peux pas commenter. Je ne suis pas en mesure...
Je comprends, mais c'est effrayant.
... de vous dire si, à eux seuls, ces désinfectants ont contribué...
Bien.
- Devrait-elle signer ces résultats ? - Non.
LA CHIMIE ET LA VIE
Je ne comprends pas. Comment peuvent-ils le diluer 10 fois ?
D'un côté, je voulais que ce soit confirmé...
Tu réalises qu'on a tous été exposés, à l'hôpital ?
Dans les hôpitaux,
ils les diluent de nouveau et ne l'utilisent peut-être pas comme il faut.
C'est ça, ils le diluent plus que ce qui est recommandé.
Et le bacille pyocyanique était dans la cuve de stérilisation.
Je comprends.
Pour le chirurgien, désinfecter le bistouri prend 30 minutes,
mais les bistouris nettoyés sont porteurs du bacille pyocyanique.
Les gars, on les a !
Le Suprasept, par exemple, est dilué 10 fois.
Voici les substances utilisées dans les salles d'opération.
Les hôpitaux les ont utilisées pour les brûlés du Colectiv.
L'hôpital St-Jean, le Pantelimon et celui des grands brûlés...
Et Hexi Pharma en a offert à ceux qui ne l'utilisaient pas.
L'État roumain n'a pas réussi à garantir la sécurité des citoyens,
au point qu'on a laissé ce fou, ou cet assassin...
- C'était évident de les analyser ! - Exactement !
C'est la première chose qui vient à l'esprit !
Exact, pour voir si l'étiquette correspond au contenu.
Et l'État n'a jamais eu l'idée de vérifier, pas une fois !
Pour contrôler ce dingue, qui est entré dans tous les hôpitaux.
Pour vérifier ce produit que tous les hôpitaux utilisent !
Répartissons-nous les pages.
- Tu as mal à la tête ? - Non.
Appelons le ministre de la Santé.
- Il est presque 18 h. - Déjà ?
Les remords d'un employé de l'usine
Étant donné ce que nous allons publier,
c'est un problème si le ministre ne réagit pas.
Hexi Pharma a signé 796 contrats avec divers hôpitaux depuis 9 ans.
Cher M. le ministre, je suis Catalin Tolontan, journaliste.
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