نخستین 200 خط.
Je suis à Santa Lucia depuis toujours.
On raconte tellement d'histoires sur cet endroit.
J'ai entendu tellement d'histoires
qu'il est difficile de différencier
le mythe de la réalité.
Mais je sais qu'une de ces histoires est vraie.
Chaque soir, à minuit,
au bout du troisième couloir,
près de l'escalier,
il y a des toilettes.
Plus personne n'ose y entrer.
Car si vous y entrez...
TOILETTES
à l'intérieur...
devant la dernière cabine,
c'est là qu'elle s'est pendue,
Elle s'appelait...
Erika.
Me fais-tu confiance ?
Sais-tu ce que c'est ?
Je vais compter jusqu'à trois,
je te demande de taper ici avec la main, d'accord ?
Un...
deux...
trois !
J'ai dit d'éteindre les lumières il y a des heures.
Vous devez méditer sur vos péchés en silence.
La confession commence demain à 6 h pile.
Soyez à l'heure.
Couchez-vous !
Fermez les yeux !
Si vous ne dormez pas, priez.
Soyez prêtes pour la confession, demain.
Avez-vous compris ?
Oui, Sœur Alice.
Jo.
Hé, Jo. Viens avec moi. Je dois faire pipi.
Mich ?
Suis-moi, s'il te plaît. Je dois faire pipi.
Hé.
Encore.
Prêt...
Mademoiselle ?
Souriez.
Bien, les filles,
rapprochez-vous.
C'est bon ?
Prêtes ?
Pat, regarde ça.
Quel gâchis.
Pourquoi ne souris-tu pas ?
Ce n'est rien.
J'avais sans doute la tête ailleurs.
Après ce qui est arrivé à Anna.
Sœur Alice l'aurait trouvée ? C'est vrai ?
J'ai entendu les sœurs Luz et Costanza le dire.
Pourquoi ne me laisse-t-elle pas parler à la fille...
Sœur Alice s'en occupe.
Mais...
Pat, tu y penses trop.
Joyce.
CE QUI SE DIT ICI RESTE ICI.
On t'a encore surprise sur le toit ?
Donne-le-moi.
Il est vide.
Pourquoi fais-tu cela ?
Pour rester éveillée.
Pourquoi ne pas dormir, plutôt ?
Dors-tu un peu, au moins ?
J'aurais dû accompagner Anna.
Elle serait encore à Santa Lucia.
Joyce,
ce qui lui est arrivé n'est pas ta faute.
Qu'est-il arrivé, selon vous ?
Elle a vu quelque chose ?
Personne n'en parle. On ne nous dit rien.
Seule Anna pourrait l'expliquer.
J'ignorais qu'on pouvait partir si vite.
J'aimerais être partie depuis longtemps.
Pourquoi ?
Chaque jour, c'est la même chose.
C'est pour ça que je vais sur le toit, pour me changer les idées.
On dirait que tout est inutile, rien n'a de sens.
Joyce...
tu te fais encore du mal ?
Sœur Alice va me tuer.
- Joyce ? - Je suis en retard.
Tu peux venir me voir si tu as besoin de parler, d'accord ?
C'est pour vous, Mlle Pat.
Pourquoi as-tu l'air triste ?
Ce n'est pas moi.
ACADÉMIE DE FILLES SANTA LUCIA
CEUX QUI CROIENT SANS VOIR SERONT BÉNIS.
La Cour Suprême a condamné à mort Ramon Pascual.
Pascual a été surpris
en train de décapiter sa mère.
Il fait partie du nombre croissant de criminels condamnés à mort
depuis la restauration de la peine de mort en 1993.
M. Fidel.
- Bonsoir, Mlle Consolacion. - Bonsoir.
Encore au travail si tard ?
Comme toujours.
Personne ne m'attend à la maison, vous savez.
Vous devriez peut-être commencer à chercher...
quelqu'un qui vous attendrait.
Pour faire autre chose que travailler.
D'accord, prenez soin de vous.
Vous aussi.
Bonsoir, Eri.
Comment vas-tu ?
J'ai lu le dernier livre de la bibliothèque.
J'ai tout lu.
Sortons d'ici, Mlle Pat.
Pour aller où ?
N'importe où.
Si seulement je pouvais partir d'ici.
Qu'est-ce qui t'en empêche ?
C'est ce qui arrive aux personnes...
comme toi ?
Peut-être.
Voulez-vous que je vous accompagne ?
Eri...
qu'est-il arrivé à Anna ?
T'a-t-elle vue ?
Ce n'était pas mon intention.
Je suis désolée.
Elles ont toutes peur de moi.
Pourquoi pas vous ?
Le devrais-je ?
Mon père...
n'avait pas peur non plus.
Je le vois encore parfois.
Là, dans le coin...
il me regarde.
Nous regarde.
Où ça ?
TOILETTES
Eri ?
Eri...
Où vas-tu ?
Qu'est-ce qui t'en empêche ?
C'est ce qui arrive aux personnes...
À notre sixième rencontre, Eri refuse toujours de me raconter son histoire.
Elle doit parler à quelqu'un,
mais elle refuse de me raconter sa vraie histoire.
Pourquoi s'est-elle suicidée ?
Si je le savais, je comprendrais mieux mes étudiantes.
Je peux les protéger.
Nous l'avons forcée à rester tard, pour la punir.
Après l'histoire d'Anna, nous aurions dû prévoir.
Nous connaissons tous M. Fidel.
Il a passé sa vie au service de Santa Lucia.
Pensez-vous vraiment qu'il aurait pu faire cela ?
D'après vous, que s'est-il passé, mon enfant ?
Je ne sais pas.
Je vais parler aux filles.
Elles le savent peut-être.
Que devrions-nous faire, Sœur Alice ?
Nous avons annulé les cours pour la journée.
Aujourd'hui, nous prions et pleurons la disparue.
Demain,
les cours reprendront à Santa Lucia.
Sœur Alice, n'est-ce pas un peu tôt ?
- Les parents appellent... - Nous ne pouvons pas
les retenir.
Pensons à celles qui restent.
C'est tout ce qui compte.
Mes sœurs...
Mlle Pat.
Ce n'est pas la première fois que nous perdons une étudiante sur le campus.
C'est... c'est déjà arrivé.
Certains s'en souviennent, nous étions tous présents.
Nous avons tenu bon,
sans perdre la foi.
Dieu peut expliquer tout cela.
Mais pour le moment,
nous devrions demander conseil en priant.
Santa Lucia conservera sa place
de première école catholique du pays.
- Nous tiendrons le coup. - Désolée, mon père.
Comment pouvez-vous parler ainsi en ce moment ?
Mlle Consolacion,
puis-je vous parler ?
Un instant.
Donne-le-moi.
Tu vas encore t'attirer des ennuis.
Les allumettes aussi.
La séance n'est pas encore terminée, d'accord ?
Entrez.
Je m'appelle Julian.
On m'a confié cette affaire.
En quoi puis-je vous être utile ?
Vous connaissez Fidel, n'est-ce pas ?
Il travaillait ici quand je suis arrivée.
Je me suis interrogée...
S'il a pu faire une telle chose, pourquoi maintenant ?
Je me suis posé la même question.
Est-ce vrai que vous l'emmenez à Muntinlupa ?
Oui.
Condamnation à mort ?
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