نخستین 200 خط.
- Il faisait encore nuit lorsque la voiture de police a quitté Grenoble.
Le village est à 23 kilomètres.
On a également appelé une ambulance qui doit déjà être sur place,
car elle vient par la route de Chambéry.
Je m'appelle Odile Jouve et si vous me prenez pour une joueuse de tennis,
vous êtes complètement dans l'erreur.
Je crois que la caméra prend mon visage, mais si elle voulait bien s'éloigner,
vous comprendriez immédiatement la situation.
Allez! Reculez!
Hein? Vous voyez?
Allons no us asseoir là-bas.
Ou plutôt ici.
Je suis la gérante de ce club de tennis où viennent se détendre les Grenoblois.
Pas seulement les Grenoblois.
Tout le monde se connaît ici et je connais tout le monde.
Cette affaire a commencé il y a six mois.
On pourrait dire qu'elle a commencé il y a 10 ans.
Et puis non, elle a commencé il y a six mois.
Il arrive qu'une maison soit le personnage principal d'une histoire,
mais cette fois, il s'agit de deux maisons séparées par une rue de village.
La première maison est habitée par Bernard Coudray, 32 ans,
sa femme Arlette, 28 ans, et leur petit garçon Thomas.
Nous les voyons ici poser pour un photographe
qu'on a recherché vainement.
La seconde maison, pour l'instant, il y a pas grand-chose à en dire.
Comme vous pouvez le remarquer vous-même,
cette maison était inhabitée quand tout a commencé.
Bonjour. Ça va?
Ça va, Thomas? Hein?
Bonhomme.
Ah, bonjour. - Bonjour.
- Je peux vous aider? - Non, merci.
- Alors, vous avez loué la maison?
- Non, non, je suis de L'Agence dauphinoise de Grenoble.
C'est M. Bauchard qui est le nouveau locataire.
- Philippe Bauchard. - Bernard Coudray, enchanté.
- Enchanté. Il faudrait que je passe un coup de téléphone.
Non, le téléphone est là,
mais ils installent la ligne seulement la semaine prochaine.
Je suis désolé. - Écoutez, venez à la maison.
- Je veux pas vous déranger. - Mais je vous en prie, venez.
- Je vous attends, monsieur Bauchard.
- Quand on s'installe dans une maison, il manque toujours des choses.
Surtout, n'hésitez pas.
Voilà.
Si vous voulez entrer.
Merci, madame.
- Alors, c'est lui, notre nouveau voisin?
- Oui, oui. Chut. Il viendra s'installer dans dix jours à peu près.
Avec sa femme?
- Peut-être tout seul. Je sais pas s'il est marié.
- Si, il est marié, il porte une alliance.
- Alors, on aura des nouveaux voisins.
Tiens, justement,
il faudra faire attention.
Plus question de faire l'amour dans le jardin.
- Ou alors, il faudra être silencieux.
- Non, plus l'amour dans le jardin. Non,non,non.
De toute façon, ça tombe bien parce qu'à chaque fois,
j'avais les fesses sur l'herbe et j'attrapais un rhume.
Ça, j'ai horreur de ça. Terminé, ça.
Attends-moi, Thomas!
- Monsieur, je peux prendre la valise?
Oui, Thomas, si tu veux.
Ah bon, tu vas par là.
- Est-ce que je peux poser la valise? - Oui, tu la poses là.
Thomas! Thomas Coudray!
- Je crois qu'il est passé chez le voisin. Thomas!
Thomas! Thomas!
Bonjour, monsieur. - Bonjour, madame.
-Il vous gêne? - Pas du tout, il s'amuse.
- Thomas, viens. Il y a ton copain qui t'attend pour aller à l'école.
C'est drôle, ils s'appellent tous les deux Thomas.
C'était la série des Thomas. -Ah bon. C'est le chantier. Entrez.
Vous connaissez peut-être la maison? - Non.
- Je la connaissais un peu de l'extérieur.
- Il faut que vous connaissiez ma femme. Viens.
C'est le problème des maisons de location.
Il faut mélanger les choses qu'on trouve sur place avec celles qu'on apporte.
Mathilde, ma femme.
Monsieur et madame Coudray? - Coudray, c'est ça.
- Bonjour. - Bonjour.
- Bernard. Bonjour. - Bonjour.
Passe devant.
- Tu vois, on peut suivre Thomas à la trace, comme les Indiens de L'Arizona.
- Tu parles d'un Indien, dis donc! - Tiens.
Nom de Dieu!
Chut.
Non, non, il ronfle.
Il dort?
Tiens, il n'y a plus de lumière chez les voisins.
Ils se couchent encore plus tôt que nous.
Tu trouves pas qu'elle est belle, la femme de l'aviateur?
- Non, il est pas aviateur. Il est aiguilleur du ciel.
- Aiguilleur du ciel? - Oui, tu sais, il en faut.
Il travaille à la tour de contrôle de Grenoble.
Moi, je fais circuler les bateaux, lui, c'est les avions.
- Tu trouves pas qu'elle est belle, sa femme?
Je trouve qu'elle a un côté tout à fait inhabituel.
- Si tu veux savoir, je trouve qu'elle détonne dans le paysage.
- Je comprends pas du tout ce que tu veux dire.
- Regarde, nous, on est venus habiter ici.
Il y a de la terre, des arbres, des pierres, rien que des choses vraies.
Qu'est-ce qu'elle vient faire ici, cette femme-là?
Oui? - Bernard?
Je sais que t'es seul. On peut se parler?
- On peut se parler n'importe quand.
- Bien sûr, mais je voulais pas risquer de te mettre dans l'embarras.
Tu vois ce que je veux dire?
D'abord, qu'est-ce que t'as dit à ta femme?
Tu lui as dit qu'on s'était connus?
- Et toi? T'as dit la vérité à ton mari?
- Pas encore, mais je lui dirai. Il a confiance en moi, il comprend tout.
C'est un homme formidable.
- J'en suis content pour toi. Alors, à bientôt.
- Ne raccroche pas tout de suite, attends. Attends.
J'attends.
- Tu as dû me trouver terriblement changée.
- Au contraire, t'es bien la même qu'avant.
Tu as dit cela méchamment.
J'ai pas fait exprès de venir habiter en face de chez toi.
Philippe voulait me faire la surprise d'une maison déjà installée.
Si je l'avais visitée avant, j'aurais peut-être réussi à le dissuader,
à trouver un prétexte. Maintenant que le hasard a décidé pour nous,
je suis bien contente de ce hasard.
- Il faut que je pane au travail maintenant.
- Écoute, Bernard, tu as pas parlé de toi.
- Il y a rien à dire. -Au cas où tu voudrais me joindre,
je te donne mon numéro. T'as un crayon?
- J'ai pas de crayon, j'ai besoin de rien.
Bernard?
Bernard?
Qu'est-ce qui se passe? Tu ne dors pas?
J'avais faim.
Il y avait pas assez à dîner?
- Si, si. -Alors?
- J'avais encore faim. - Et en plus, t'es dans le noir.
Je vais allumer.
Qu'est-ce qui se passe, Bernard?
T'as l'air soucieux. - Non, non.
Non, non. Mais je vais te proposer quelque chose.
Dis, tu veux pas qu'on pane en voyage, une semaine ou deux,
avec Thomas, tous les trois, vers le huit?
C'est vraiment pas possible.
Je peux pas faire manquer Thomas en ce moment.
Attends, je vais chercher une pomme.
En plus, j'ai un contrôle fiscal au laboratoire bientôt.
J'ai un travail fou, moi.
Non, c'est pas possible, Bernard.
Tiens, au lieu de manger le saumon, mange une pomme.
Je garde le saumon demain soir pour les invités.
Les invités?
- J'ai oublié de te dire. J'ai invité les voisins à dîner demain soir.
- Attends. Qu'est-ce que c'est que cette histoire?
Bien oui!
La femme est très sympathique, tu sais.
Oh là là.
Oh là là là là!
- Je croyais te faire plaisir, moi.
Enfin...
Tu veux que je choisisse une autre date?
On peut peut-être changer, je sais pas.
- Non, c'est trop tard maintenant pour changer.
Enfin.
Écoute.
- Ce sont des chats. Ils se battent.
Non, non.
Ils font l'amour, comme des sauvages.
- Allez, au revoir, mon petit. Au revoir.
- Bernard! - Oui?
- Tu rentres à quelle heure ce soir? - 8 h.
Bon... Tiens, bonjour.
C'est à cette heure que vous vous levez? - Oui.
Ah.
- Bernard, tu oublies pas de passer aux nouvelles galeries.
Normalement, ils ont tout mis de côté, mais...
- Oui, ne t'en fais pas. -T'oublies pas, hein?
- Non, ne t'en fais pas. - Et ton sac.
- Je suis en retard! - Bernard, ton sac!
Oh là là là là.
Tu pars au travail?
- C'est pas vrai, la fermeture est bloquée.
Les portes sont bloquées.
Elle est fermée de l'intérieur?
Le hayon! Ouvre le hayon.
Tu veux que je t'aide?
Attends, fais voir.
Thomas, va là-bas. Va me débloquer la porte.
Dépêche-toi. T'appuies sur le petit bouton rouge.
Merci. Vite, sors, sors.
Je suis en retard.
Dépêche-toi.
- N'oublie pas les nouvelles galeries. - Oui, j'ai la liste, j'ai tout.
Vous n'oubliez pas?
Vous venez dîner ce soir? - Oui, à ce soir.
Quai numéro cinq.
- Pourquoi le soleil se balade, comme ça?
- Je me demande vraiment ce que fait Bernard.
Tenez. - Ah, merci.
- Thomas, attends. Il vous dérange pas? - Pas du tout.
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