نخستین 200 خط.
Et puis, il m'a regardée, muet, très longuement.
- Il n'a rien dit? - Il restait silencieux.
Quel cinglé !
C'est toi qui ne disais rien.
Non, moi j’ai parlé. Je lui ai dit:
"à quoi tu pensais, comme ça, tout seul ?"
Il m'a répondu : "Je ne voudrais pas te rendre triste."
Enfin du bon sens !
Elle m'a répondu :
"Ça me semble peu probable."
Je ne voudrais pas te rendre triste.
Ça me semble improbable.
Je pensais à une autre fête, quand j'étais enfant.
J'avais apporté un gâteau.
Ma mère y avait mis tout son cœur.
C'était pour ces gosses de riches.
Je me rappelle m'être trompé d'entrée.
Je me rappelle les longs couloirs, si longs,
remplis...
de gens bizarres.
Au début, je ne comprenais pas.
Ils jouaient au ballon
avec le panettone de ma mère.
Ça te rend triste?
Non.
Tu es peut-être insensible.
Qui sait…
Ton premier mauvais souvenir?
Non, je ne vois pas.
Ça l'inquiétait de ne pas en avoir.
Ça faisait superficielle.
C'est étrange de ne pas avoir de mauvais souvenirs.
Attends, ça me revient.
La mort de mon grand-père.
Il voulait mourir dans un arbre.
Il était...
En fait, c'est pas possible.
Ça devait être
sous un arbre.
Pourquoi j'en ai ce souvenir-là ?
Les souvenirs mentent.
Ils rendent belles des choses qui ne l'étaient pas.
Autrement, la Vie serait
insoutenable.
Je ne suis pas d'accord.
Pour moi, les souvenirs n'embellissent pas les choses.
Elles étaient déjà belles,
mais on ne le comprend qu'avec le recul,
parce qu'avant, on n'y prêtait pas attention.
Tout le monde criait.
La tache qui se colorait...
Sale pisseur !
Je croyais que c'était une légende urbaine,
le coup du pipi qui se colore.
C'est-à-dire ?
Il y avait sûrement des piscines, comme tu les décris,
mais elles ont dû être interdites
pour atteinte à la Vie privée.
Tu sais, ce que tu m'as dit m'a frappé.
Je me rappelle avoir pensé :
"C'est moi qui vois du pipi coloré où il n'y en a pas.
"Le monde n'est peut-être pas aussi affreux.
"Tu es l'ange qui décolore le pipi."
Malgré les apparences, c'est très romantique.
On ne s'est même pas dit nos noms.
Tu sais ce qui me plaît chez toi ?
Tu es heureuse,
sans être stupide.
Je prends ça pour une belle chose.
Pour toi, tout est une belle chose.
Mais c'est une belle chose, non?
Peut-être que moi, je n'ai aucun beau souvenir
parce qu'il ne m'est jamais rien arrivé
d'assez beau.
Dans ce cas,
il faut y remédier.
Ce ne sera plus jamais aussi beau,
tu sais.
Non, je ne sais pas.
Arrêtons avant que la poésie ne tombe en lambeaux.
Avec le temps, tout devient banal.
Comme ça, il ne restera que le merveilleux.
C'est peut-être ça, mon premier mauvais souvenir.
Tu étais vraiment cinglé.
Tu exagères.
Je parlais au passé.
Il ne parle plus de mort, de se pendre.
Arrête.
D'habitude, cette petite est si joyeuse.
Je me demande ce qu'elle a. Qu'est-ce que tu as ?
Rien. Pardon.
Je pensais à mon partiel.
Et arrête de répéter que je suis toujours joyeuse !
- C'est pas trop dur, la physique? - Non, c'est le bonheur...
Il m'avait parlé d'une seule fleur.
À croire que le bouquet s'est étoffe avec le temps.
Madame !
La poésie, les lambeaux...
- De toute façon, on meurt. - Bien sûr…
Il était là.
Quelqu'un qu'on ne connaît pas?
Oui.
Il est entré parla fenêtre.
Par la fenêtre ?
Pas par la fenêtre !
Arrête ça.
C'est la vérité. On n'a pas joué aux échecs, non plus.
C'est normal au début, non ?
Raconte ta théorie sur nous enfants.
Et maintenant?
Maintenant ? Quand?
Maintenant, quand tu as dit ça.
Ah, avant, quand j'ai dit: "Le présent, ça n'existe pas."
Oui, maintenant.
Tu vois ? C'était avant, pas maintenant.
Désolé.
Le présent, ça n'existe pas. C'est une illusion.
Mais c'est terrible.
C'était peut-être toi, non ?
Tu venais en vacances dans le coin !
Cet endroit ne te dit rien ?
Ça serait beau, mais tu parles d'une coïncidence!
D'après moi, c'est faux. Ça sonne juste, mais c'est faux.
On peut avoir des doutes sur le passé et le futur
caron ne les voit pas.
Mais le présent,
peut-être, il n'y a que lui qui existe!
Les Wisigoths de Fritigem, alliés aux Nains,
d'après le témoignage
d'Ammien Marcellin,
ont affronté l'armée impériale du valeureux Valente...
Le premier, c'était à l'école.
Après, l'étudiant en physique?
Oui.
Et aussi le mec pendant un été.
Non, c'était pas sérieux.
Il était juste beau.
Juste beau ?
Il était un peu bêta.
Et toi ?
Moi ?
Quelques-unes.
La première, c'était au collège.
La vraie première était une helléniste.
Et il y a eu une autre...
Bref.
C'était pendant que je sortais
avec l'helléniste.
Puis une artiste.
Elle créait des colliers
avec des tampons.
Des trucs du genre.
C'est tout.
Y a aussi une...
C'était quoi, son nom ?
Qu'est-ce que j'en sais ?
Une autre, quoi.
On a fait le tour ?
Oui.
Et la plus importante?
Aucune.
Allons-y, le brouillard se lèvera jamais.
Je vous emmène…
Toi, tu nous emmènes ?
- Et on peut aussi aller danser. - Hors de question.
Vous faites vraiment un beau couple.
Lui, en deux mois, il ne m'a n'en raconté,
même pas s'il a des grands-parents.
J'ai une grand-mère et il la connaît. Pas vrai ?
Elle est adorable. Tu ne tiens pas d'elle.
Ils s'entendent très bien.
Je t'ai pas dit ça, c'est impossible.
Je préviens mes parents qu'on s'en va.
Au revoir.
Écoute…
Pardon de vous interrompre.
Je suis assez intimidé. Vos sculptures sont…
Laisse tomber. Il n'a jamais accepté que je pose pour lui.
Parce que toi… tu es moche.
C'est pas vrai.
Déshabille-toi.
Le tee-shirt aussi?
Arrête, papa.
Je suis désolée.
En colonie, avec Marco, on faisait des expériences théâtrales.
Du genre?
Par exemple, on se mettait tous en ligne
et on faisait comme le premier de la file.
J'ai aussi une tante, trois cousins...
- Laisse-moi. - Pardon.
Elle va où ?
On se quitte comme ça?
Essaya d'être plus imaginatifs.
Il pisse.
Pourquoi tu fais toujours le con ?
On venait avec ceux de la colo. Il t'a raconté ? C'est à côté.
Oui, plus ou moins.
La nostalgie,
ça ne m'a jamais atteint.
Moi non plus.
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