نخستین 200 خط.
Sous le patronage de
en collaboration avec
Ce film n'aurait pas pu être réalisé sans les œuvres de Ferruccio Castronuovo
tournées sur le plateau de "La Cité des femmes" "Et vogue le navire" et "Ginger et Fred".
Ces films, appelés "Specials", visaient à promouvoir le film à sa sortie.
Ils ont été récupérés et numérisés, après plus de 40 ans de conservation
à la Cinémathèque Nationale italienne.
Mille mercis à Ferruccio pour ce témoignage unique et extraordinaire
à conserver précieusement.
Agenouille-toi pour mieux voir.
Il n'y a rien de drôle.
Tiens-la comme ça, on mettra quelque chose plus tard.
Allez ! Vite !
Tous les réalisateurs font le champ, le contrechamp, le plan large,
mais avec lui, quand tu as fait ça, tu n'as même pas commencé.
Asseyez-vous, Madame.
Comment allez-vous ?
Regarde la caméra.
La Rosina, la Rosina de Verrucchio,
est la première à surgir du lot !
Ils m'ont engagée comme sosie de Bette Davis.
Moi, je suis le sosie de Lucio Dalla.
Attention ! Personne ne bouge !
Freine, freine ! Doucement, doucement !
On est ici du matin au soir, enfermés ensemble pour créer un monde à part.
C'est une "Fellinopolis".
Scène 33/5/5.
Le Studio 5 de Cinecittà est le lieu idéal, l'émotion absolue
un frisson, une extase,
celle que j'éprouve face au studio vide.
Un espace à remplir, un monde à créer.
Je vous en prie, gardez les positions qu'on vous a données, grosso modo.
Moteur ! On sort du champ !
Trop de fumée, ça suffit !
Moteur !
Action, Marcello !
Avancez !
Dehors ! Dehors !
Plus fort ! Criez plus fort !
Avancez ! Venez !
Va par là ! Vas-y !
Soyez féroces ! Féroces !
Stop ! Merci !
Flora Mastroianni, la femme de Marcello,
était mon amie depuis l'école,
et c'est chez elle que j'ai connu Fellini.
Tu t'agenouilles pour mieux le voir,
tu le reconnais, tu hurles.
Levez-vous ! Lève-toi ! Le voilà !
J'ai rencontré Fellini la première fois pour le film Satyricon,
où j'assistais Luigi Schiaccianoce.
Je l'ai connu dans son royaume, à Cinecittà.
J'ai rencontré Federico en 63.
J'allais à la télévision, à la Rai,
pour demander si je pouvais
y faire un stage.
Je croise Federico Fellini :
"Pardon, vous qui faites tant de films,
est-ce que je pourrais vous suivre ?
Et à partir de cette rencontre
j'ai travaillé avec lui de 63 à 93.
Vous vous levez tous et vous venez à peu-près où vous êtes.
Dans ma vie, à un moment, j'ai décidé de me consacrer au cinéma.
J'ai eu un coup de chance,
parce que j'ai rencontré Maurizio Mein.
S'il-vous-plaît, gardez les positions qu'on vous a données.
Maurizio était l'assistant de Fellini.
Je l'ai presque supplié : "Tu pourrais me présenter Fellini ?"
Un vendredi après-midi, je reçois un coup de fil :
"Ferruccio, tu es libre lundi matin ?"
“Oui.”
"Alors viens à Cinecittà, Fellini veut te rencontrer“.
"Fellini veut me rencontrer ? Et ta sœur !", je lui ai répondu,
parce que je pensais qu'un ami se payait ma tête.
"Non, c'est Norman, le directeur de production de Casanova."
"Casanova ?!" Nom d'un chien !
Je n'ai pas dormi pendant deux nuits.
Un après-midi, je ne l'ai jamais oublié,
mon téléphone sonne et une voix me dit :
”Bonjour, je suis l'assistant réalisateur du maestro Fellini.
Le maestro voudrait vous rencontrer demain matin
dans les bureaux du studio 5 de Cinecittà."
Et j'ai cru que c'était une blague.
J'ai dit : " Bien sûr, je serai là demain matin."
Puis heureusement, j'ai eu un doute et le lendemain matin
je suis allé dans les bureaux du studio 5 de Cinecittà.
On s'est parlé dans son bureau.
PPuis depuis ce jour là, avec ce grand naturel
dont il était capable dans ses rapports avec les autres,
j'ai travaillé avec lui, on s'est parlé
presque tous les jours pendant onze ans.
Je travaillais dans l'atelier, au laboratoire,
je vieillissais les costumes, etc.
Je suivais les couturières, leur travail.
Et j'assistais Gabriella Pescucci sur "La Cité des femmes".
Aboie ! Tu dois aboyer !
On pourrait mettre plutôt du jaune ?
Doré ?
Il y avait beaucoup à faire, il fallait créer les costumes des féministes, etc.
On a dû beaucoup inventer.
Joue, tourne-toi vers moi ! Voilà !
De l'autre côté !
Voilà, parfait ! Jusqu'au bout !
Voilà, et joue comme ça !
Ensuite, je gérais le plateau, j'étais toujours en contact avec lui.
On s'est tout de suite bien entendus.
Asseyez-vous, je vous placerai après.
D'accord, et après ?
Merci. À plus tard. Au revoir.
Je voulais tout raconter, le travail,
le tournage des films de Fellini.
Plus bas, la trompe !
Et j'ai cherché à faire les plus beaux plans possibles.
Remontez les trompes !
Remontez les trompes !
Moteur !
Scène 33/3/1.
Allez. On ne bouge plus !
Raconter "La Cité des femmes"
n'a pas été facile, parce que je ne connaissais même pas le scénario.
Je ne savais pas vraiment ce que Fellini voulait raconter.
Plus vous donnez d'argent, plus vous verrez de tours !
Dans cette baraque, vous verrez les exercices les plus dangereux...
J'ai choisi de raconter le film
de façon beaucoup plus explicite
qu'en faisant des interviews ici et là.
En effet, il n'y a pas de voix off.
Tout est en son direct.
Après on le branchera ici.
Ramenez la poulie ici !
Samedi, c'est le jour J,
Fellini veut voir ce que j'ai tourné.
Gianni, tu vas mettre sur les côtés deux murs d'ampoules.
J'avais vu que Fellini contrôlait tout.
Il déchirait toutes les photos : "C'est nul... C'est nul !"
Et moi, je tremblais.
L'épreuve de Fellini,
qui vient vérifier ce que tu as tourné, à la table de montage,
c'est un moment terrible.
Alors il arrive, commence à regarder...
Parfois il se tournait et me regardait.
Je souriais, timidement.
Puis il reprenait la Moviola,
il s'arrêtait et me disait : "Mais là, tu étais où ?"
Scène 2-6.
Puis on voyait ce qui se passait devant Fellini.
Allez, on est prêts !
Personne ne bouge!
On va tourner ! C'est parti !
Il descend.
Freine ! Doucement !
La corde est trop lâche, laissez-la !
- Tu t'es fait mal ? - Plus lentement.
"Dorénavant, tu seras le seul à filmer le tournage de mes films."
Et il a tenu parole, parce que j'ai continué :
"La Cité des femmes", "Et vogue le navire...", "Ginger et Fred".
Je ne dois pas vous regarder ?
Vous n'aimez pas comment je vous regarde ? - Je ne vous regarde plus !
C'est bon.
Prêts !
Vous n'aimez pas comment je vous regarde ? Je ne vous regarde plus ! C'est bon ?
Sans bouger. Tu dois rester...
Tu vois la caméra ?
Faites ça, comme lui, puis riez.
Prêts !
J'étais assistante réalisatrice, je faisais tout et n'importe quoi,
comme tous les assistants réalisateurs.
Musique, Maestro !
Ce film est un peu particulier, il ne m'a coûté aucun effort,
il s'est fait presque à mon insu, et aujourd'hui il est fini.
J'étais dans un taxi avec Federico, on a croisé une autre voiture,
et dans cette voiture, il y avait un "visage".
Un visage qui avait frappé Federico.
Il m'a dit : "Suis cette voiture."
C'était un ordre bien connu.
Et je l'ai fait.
Elle est descendue, j'ai pris un autre taxi et je l'ai suivie.
Il aurait voulu avoir autour de lui tous les visages du monde.
Quel est votre rôle dans ce film ?
Le rôle de Saraghina.
- C'est le nom d'un poisson. - Oui, je sais.
Et c'est un poisson plutôt maigre !
Le charme de Federico et de son monde :
ces visages extraordinaires
qu'on ne voyait que dans ses films.
Une arche de Noé, ni plus ni moins.
Regarde ses personnages : ils ressemblent plus à des animaux,
nous sommes tous des animaux, moi-même je suis une bête.
Il a tous ces personnages incroyables, comme dans un musée de cire.
Quand quelqu'un lui demandait : "Mais où est-ce que tu les trouves ?"
"Ah ! Il y a une boutique où je vais les chercher."
Avec les acteurs, professionnels ou non,
je ressens une sorte de gratitude, simplement parce qu'ils me permettent
d'assister à l'incarnation, à la matérialisation de personnages
qui, un mois avant, habitaient seulement dans mon imagination.
Ils étaient impalpables, fluctuaient comme les images d'un rêve.
Et maintenant ils sont là, c'est vraiment eux.
Il y a un personnage qui m'amuse énormément
parce qu'il est toujours très arrogant.
Il a toujours quelque chose à redire.
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