نخستین 200 خط.
Brouhaha de la rue
...
- Nom, prénom, date et lieu de naissance ?
- Albert Maillard, 16 mai 1872, né rue Ordener, Paris 18e.
- De ? - Yvette Maillard, lingère.
Et de ?
Inconnu.
Profession ?
- Aide-comptable. - États de service ?
- Mobilisé en juin 16, réserve territoriale.
- À votre âge, vous avez combattu ?
- Sur la Somme en juillet 16, Chemin des Dames en 17.
Et en août 18, on a été versés dans l'active.
Je me suis retrouvé à la Côte 113 avec les gamins.
La Côte 113?
Notre position à l'armistice.
- Quand avez-vous rencontré Édouard Péricourt ?
À la Côte 113 justement.
- C'est durant les combats que vous avez envisagé...
une collaboration ?
- C'est une longue histoire... compliquée.
On a tout notre temps.
Orchestre Royal de Chambre de Wallonie :
"Le Fer et le Feu"
...
- Tout a commencé le 9 novembre 18. Les rumeurs d'armistice
étaient de plus en plus insistantes.
Alors on avait tous tendance à se calmer.
Tous, y compris les Allemands.
Plus personne n'avait envie de tirer sur personne.
Mourir le dernier, c'est encore plus con que de mourir le premier.
Mon lieutenant !
- Y en avait qu'un à qui ça plaisait pas, notre lieutenant, Pradelle.
La guerre, il aimait ça. C'était son truc.
Il nous faisait encore plus peur que les Allemands.
Musique intrigante
...
Sergent.
Lieutenant !
Mission de reconnaissance.
Mon lieutenant...
Les Allemands attendent la fin, comme nous.
Pas de quoi s'inquiéter, alors.
Thérieux et Grisonnier.
Thérieux ! Grisonnier !
- Il a choisi le plus vieux, Grisonnier,
et un gamin terrorisé qui venait d'arriver, Thérieux.
Reconnaissance, premiers abords.
Exécution !
Vous avez entendu le lieutenant !
- Une reconnaissance de jour dans la tranchée d'en face !
Un ordre complètement absurde.
Et alors ?
Alors ? Un ordre, c'est un ordre.
Musique intrigante
...
Deux coups de feu
Brouhaha des soldats
...
Grisonnier et Thérieux se sont fait tirer comme des lapins.
Et puis, comme s'ils avaient été avertis,
nos canons de 75 ont fait un tir de barrage.
Tirs de canons
...
Et les Allemands ont riposté.
Tirs d'obus
...
- Baïonnette au canon ! Aux échelles !
- On y est allés. Faut dire qu'on avait la colère.
Tirs
...
Pradelle siffle.
...
À l'assaut ! À l'assaut !
Cris des soldats À l'assaut ! À l'assaut !
Tirs, explosions et cris
...
Bouge plus ! Bouge plus !
...
En avant !
En avant, soldats ! En avant ! Allez !
...
Assourdissement
...
Sifflement
...
Tirs, explosions et cris
...
Thérieux... Grisonnier...
Ils avaient été tués dans le dos. Vous comprenez ?
Dans le dos ! C'était Pradelle.
...
C'est lui qui les avait tués.
Musique inquiétante
Pradelle tire.
Tirs, explosions et cris
...
Sifflement d'obus qui se rapproche
...
Et là, je suis mort.
Vous êtes mort ?
Explosions
Façon de parler.
Tirs et explosions étouffés
Je me suis retrouvé dans un trou avec un cheval qui lui était mort.
...
Quand je suis plus arrivé à respirer, il m'a sauvé.
Il respire dans la gueule du cheval.
...
La bataille fait toujours rage.
...
Quelqu'un creuse.
...
Tirs, explosions et cris
...
Souffle d'obus
La bataille continue.
...
Musique triste
...
Brancardier !
...
Brancardier !
...
Bitte ! Bitte !
... Bitte ! Bitte !
...
S'il vous plaît, s'il vous plaît.
La guerre n'est pas encore finie.
...
Vous lui donnez pas de morphine ?
- Les conséquences seraient terribles.
Plus terribles que ça ?
Un peu de courage !
Lui aussi a souffert.
Musique intrigante
...
Flash photo
Le téléphone sonne. - M. Péricourt,
c'est pour vous. C'est très urgent.
Musique légère
...
Musique triste
...
Musique légère
...
Musique solennelle
...
Édouard gémit. - Ben, dis donc,
t'as drôlement dormi, mon salaud !
Ça marche bien ce truc.
Tu m'en veux pas, mais...
je me suis permis de regarder tes dessins.
C'est chouette !
J'aime bien. Ils sont bizarres mais ils font vrais.
C'est bizarre ça, non ?
Qu'est-ce que tu veux ?
Montre-moi. Montre-moi.
La fenêtre ?
Musique angoissante
...
Moulinette
Hé !
À table !
- Il a l'air très endormi votre ami. - Je trouve pas.
Il se repose. Il se repose un peu, c'est tout.
Il étouffe. Doucement.
Je repasse dans une heure.
- Comme si c'était une bonne nouvelle.
J'ai déposé ta demande de transfert. Tu pars demain matin.
T'inquiète pas. T'inquiète pas.
Tu vas dans un hôpital spécialisé.
Ils mettent des prothèses. Après,
on voit quasiment plus rien.
Non ? Tu veux pas de prothèse ? Édouard !
Tu vas pas rentrer chez toi comme ça.
Tu veux pas rentrer chez toi ?
Qu'est-ce que tu veux ?
Les dessins ?
Il t'aimera quand même.
Petit cri
Il sera content que tu rentres de la guerre même esquinté.
Édouard hurle.
Édouard pleure.
Il balance les objets.
Arrête !
Arrête ! Tu m'as fait mal.
Tu veux que je te tue ?
Édouard...
Édouard pleure.
Depuis 4 ans, tu fais tout pour survivre.
La guerre est finie et tu veux disparaître ?
Musique intrigante
... Le caporal ferme une porte.
Beaucoup sont jamais rentrés après la guerre. On les pensait morts.
Simplement, ils s'étaient fait tuer aux archives.
Édouard voulait que je le tue aux archives.
Dans le cahier novembre 18, j'étais sûr
de trouver des noms dont les familles
étaient pas encore informées. Des morts récents, tout neufs,
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