نخستین 200 خط.
On achète
des matelas,
des sommiers,
des réfrigérateurs,
des gazinières,
des machines à laver,
des micro-ondes.
On achète...
des matelas,
des sommiers,
des réfrigérateurs,
des machines à laver,
des micro-ondes.
On achète...
DIPLÔME DE DROIT
- Oui ? - Ça avance ?
J'ai presque fini.
Le gardien ne veut plus témoigner.
Pardon ?
Le gardien de l'immeuble ne veut plus témoigner.
Le jury va gober ça ?
Ça, c'est mon problème.
Je m'en charge.
On va plaider le suicide.
Suicidaire.
C'est ça.
Bien sûr, monsieur.
- Je compte sur toi. - Oui, je m'en occupe.
Bonne soirée.
Ce salopard tue sa femme
et on plaide le suicide.
AFFAIRE GABRIEL MENDOZA PLAIDOIRIE
Une affaire quelconque.
Monsieur le Président,
monsieur le Juge,
honorables défenseurs de la famille de la défunte,
honorables collègues de la partie civile,
estimés membres du jury, etc.
Je suis d'accord
avec mes collègues de l'accusation.
Cette affaire est une affaire bien trop...
banale.
C'est une affaire de violence.
Merci.
De qui parlons-nous aujourd'hui ?
Nous parlons d'un couple
Du couple que formait mon client avec son épouse
Dont on prétend qu'il est l'assassin
S'élever
Se soumettre
S'élever
Se soumettre
De quoi parlons-nous aujourd'hui ?
Nous parlons de violence
De violence
D'amour De mort
D'un pays
Qui souffre
De qui parlons-nous aujourd'hui ?
Nous parlons d'un couple
Du couple que formait mon client avec son épouse
Qu'il n'a pu sauver du suicide
Un couple prospère, envié
Un couple prodigue aussi
Dites-moi qui à Mexico ne les appréciait pas
Ce n'est pas un conte de fées
C'est une histoire d'amour
Revenons aux faits
De quoi parlons-nous aujourd'hui ?
D'une justice qui s'achète ?
De verdicts faussés qui engraissent les tabloïds
Des têtes coupées à droite, des bimbos à gauche
Et la rumeur en cavale dans les rues
Encore du café ?
Oui, s'il te plaît.
Allez ! Ouvrez les portes
Du tribunal de votre conscience
Répondez à ma question
Accorderez-vous à mon client
Monsieur Gabriel Mendoza
Le droit d'aimer son épouse ?
Votre Honneur
Je demande le triomphe de l'amour
De l'innocence
La déroute de la mauvaise foi
Quand on parle de violence
Parlons de compassion
Parlons de nos morts
Parlons de nos ombres
Accueillons notre monde
Quand on parle de violence
Ouvrons notre cœur
Aimons les femmes
Pardonnons aux hommes
Embrassons la Misère
La Misère
La Misère
"Homme au grand cœur, pourtant victime de ces mêmes médias
qui se sont chargés de le calomnier..."
Pardon ?
C'est l'heure, tu vas être en retard.
C'est vrai, merde !
Gabriel Mendoza
n'a pas tué sa femme.
Elle a mis fin à ses jours.
Ceci est un procès des médias,
qui s'obstinent à le calomnier.
Ils ont soumis mon client et sa femme à l'opinion publique
et chacun se sent le droit de le pointer du doigt
et d'avoir un avis accusateur à son égard.
Aujourd'hui, j'aimerais...
donc...
"J'aimerais..." Ce con oublie tout !
"J'aimerais faire appel
à votre conscience, mesdames et messieurs."
J'aimerais faire appel à votre conscience, mesdames et messieurs.
Croyez-vous que mon client, Gabriel Mendoza...
Celui-là a une gueule de criminel pas possible !
...ait pu agresser une femme ou qui que ce soit ?
Je crois avoir démonté non pas une,
mais toutes les preuves de l'accusation.
Je demande la relaxe de mon client...
Monsieur Gabriel Mendoza.
Merci beaucoup.
Quelle bouffonnerie !
Mon client et moi n'avons jamais douté de la justice de ce pays.
Allô, maman ?
Oui, on a gagné.
On a gagné.
Je suis contente, oui.
J'ai un petit goût de merde dans la bouche mais...
Que j'ai...
Laisse tomber.
Ce dimanche ?
Oui, sauf que j'ai un boulot de dingue.
Je te rappelle, maman.
Souhaite-moi bonne chance.
Excuse-moi.
- T'aurais pas un tampon ? - Si.
- C'est n'importe quoi, en ce moment. - T'inquiète pas.
- Merci. - T'inquiète pas.
Pardon.
Les affaires comme celle-ci sortent du lot.
Bordel !
Maman, je peux te rappeler ?
Madame Rita Mora Castro ?
Oui. Quoi ?
Qu'est-ce que vous faites aux chiottes ?
C'est vous qu'on devrait applaudir, maître.
Qui est-ce ?
Vous voulez devenir très riche ?
J'ai une proposition à vous faire.
Dans dix minutes devant le kiosque à journaux.
Excusez-moi, je ne sais pas qui...
Allô ?
Après tout...
Combien de temps encore
À baisser la tête ?
Combien de temps encore
À leur lécher les bottes ?
Combien de temps encore
À brader mon talent ?
Combien de temps encore
À trimer pour rien ?
Qu'est-ce que tu as à gagner ?
Qu'est-ce que j'ai à gagner ?
Qu'est-ce que tu as à perdre ?
Qu'est-ce que j'ai à perdre ?
Moi et mon doctorat
Extra, extra, extra large
Moi et mon putain de salaire
Extra, extra, extra small
Moi et mon cœur de pierre
Extra, extra, extra dur
Moi et mon cul bien gras !
Extra, extra, extra
Combien de temps encore ?
Qu'est-ce qu'on a à gagner ?
Combien de temps encore ?
Qu'est-ce qu'on a à perdre ?
Et la bande de mes "amis" dit :
"Quand vas-tu te marier ? Avoir des enfants ?"
Je n'ai pas le temps de les faire
Et les pétasses au bureau me disent :
"Quand ouvriras-tu ton cabinet, chérie ?"
Qui sait ?
Quand je ne serai plus noire !
Pourquoi m'a-t-il appelée ?
Pourquoi moi ?
Pourquoi le kiosque à journaux ?
Pourquoi m'a-t-il appelée ?
Pourquoi moi ?
Pourquoi le kiosque à journaux ?
Je n'ai rien à perdre
Tu n'as rien à perdre
J'ai tout à gagner
Tu as tout à gagner
Rien...
Madame ?
Putain !
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