نخستین 200 خط.
"Chapitre un."
"Il adorait New York. Il l'idolâtrait démesurément."
Non, ça ne va pas. "Il l'idéalisait démesurément. "
"Pour lui, quelle que soit la saison,
New York était une ville en noir et blanc
qui palpitait au rythme des airs de George Gershwin."
Euh... non. Recommençons.
"Chapitre un."
"Sa vision de Manhattan était trop romantique, comme tout le reste."
"L'effervescence de la ville le faisait vibrer."
"New York regorgeait de belles femmes
et de types qui semblaient connaître toutes les ficelles de la ville."
Ah, trop guimauve pour un homme de mon goût.
Essayons... quelque chose de plus profond.
"Chapitre un. Il adorait New York."
"Pour lui, c'était une métaphore de la décadence de la culture contemporaine."
"Ce manque d'intégrité qui faisait fuir certains...
...transformait New York, la ville de ses rêves, en..."
Non, trop évangélisateur. Soyons franc, je veux vendre mes bouquins.
"Chapitre un. Il adorait New York,
quoique, pour lui, elle incarnât la décadence de la culture contemporaine.
Difficile de vivre dans une société désensibilisée par la drogue, le bruit,
la télévision, le crime, la saleté..."
Trop hargneux. Évitons la hargne.
"Chapitre un."
"Il était dur et romantique, à l'instar de la ville qu'il aimait."
"Derrière ses lunettes à monture noire, sommeillait la lascivité d'un félin."
Excellent !
"New York était sa ville et le resterait toujours."
L'essence de l'art est d'offrir une interaction permettant aux gens
de ressentir des émotions dont ils ne soupçonnaient pas l'existence.
Le talent relève de la chance. Ce qui compte dans la vie, c'est le courage.
- Ça fait 20 ans que ce débat dure. - Prenons cet exemple:
on marche tous les 4 sur un pont et, tout à coup, on assiste à une noyade.
Aurait-on le cran...
Qui d'entre nous aurait le cran de plonger dans l'eau glaciale ?
Voilà la question-clé.
Je ne sais pas nager. Je suis donc hors-jeu.
Lequel d'entre nous ?
- Tu en veux encore ? - Non.
Ouah ! Quel pied !
Tu ne fumes pas.
Je sais. Je n'inhale pas la fumée parce qu'elle est cancérigène, mais
j'ai l'air tellement cool avec une cigarette
que je ne peux pas ne pas fumer.
Tu aimes mon look ?
Provocant.
- Je me fais comprendre ? - Oui. Excusez-moi.
Super mignonne !
Mais elle a 17 ans.
J'en ai 42 et elle en a 17.
Je suis... Je suis plus vieux que son père. Vous y croyez ?
Je sors avec une fille dont je peux battre le père.
C'est la première fois que ça m'arrive.
- Il est ivre. - Tu es ivre. Tu ne devrais pas boire.
Vous ai-je dit... que mon ex-femme...
- Qui, Tina ? - Ma seconde ex-femme...
...écrit un livre sur notre mariage et la séparation.
- C'est vraiment trivial ! - C'est surtout déprimant.
Elle va étaler tous les détails, toutes mes petites manies,
mes excentricités, mes marottes et...
Je n'ai rien à cacher mais... bon...
Il y a eu quelques épisodes pas très reluisants que je regrette.
C'est du cancan. La nouvelle forme de pornographie.
- Tu ne devrais pas me laisser boire. - Je sais.
Tu ne devrais pas te laisser boire.
Allons-y, j'ai un examen demain.
Ah, bon ? La môme doit se lever...
Elle a des devoirs. Je sors avec une fille qui a des devoirs.
Que... Que se passe-t-il ?
Tu... Es-tu avec nous ? Tu as l'air d'être sur une autre planète.
J'ai quelque chose à te dire.
Je-je ne sais pas trop par quel bout commencer.
Il y a sept ou huit semaines, je suis allé à une soirée
et j'ai rencontré une femme.
Et...
Et j'ai une sorte de liaison avec elle.
Tu plaisantes ?
Ça a commencé de façon amicale. On a déjeuné ensemble.
Et maintenant, ça a pris des proportions énormes, je ne sais pas quoi faire.
C'est... flippant.
Qui est-ce ? Donne-moi plus de détails.
Elle est journaliste.
Elle est très...
- Est-elle également mariée ? - Non, non.
Elle est très belle.
Elle est très nerveuse, tendue, insaisissable.
Génial ! Ça a l'air prometteur !
Elle est merveilleuse ! Je pense à elle constamment.
Qu'est-ce que ça veut dire ? Que ton mariage est... C'est du sérieux ?
Je ne sais pas, mais ça a l'air sérieux.
- Tu n'as rien dit à Emily ? - Non ! Bien sûr que non !
Je suis surpris parce que de tous les couples que je connais,
j'ai toujours pensé que votre mariage était le plus solide.
C'est vrai. Et je l'aime.
- Mais tu vois cette autre... - Je sais.
Pendant toutes ces années de mariage,
j'ai eu, quoi... une ou deux aventures sans importance.
Et ça me révolte. Je me déteste quand je fais ce genre de choses.
Mais cette fois-ci... ce n'est pas pareil.
C'est terrible. Je suis mal placé pour te donner des conseils.
En amour, je remporte le prix August Strindberg.
17 ans n'est pas trop jeune. En plus, elle est intelligente.
Ce n'est pas moi qui vais te contredire. Elle est superbe.
Il aurait pu faire pire. Il a déjà fait pire.
J'ai l'impression qu'il gâche sa vie.
Il écrit ces conneries pour la télévision.
Yale, as-tu repensé à l'idée d'avoir des enfants ?
Nous y revoilà !
Écoute, je dois finir ce bouquin, autrement, je n'y arriverai jamais.
Je dois trouver l'argent pour lancer cette revue, hein ?
Ah, les gosses...
On parle toujours de déménager. Tu pourrais le faire de là-bas.
- Dans le Connecticut. - Oui.
Non, le Connecticut, ce n'est pas pratique.
Toutes mes affaires sont ici.
Mon travail est ici. Ce n'est pas le bon moment.
Et Isaac dans tout ça ? On ne peut pas l'abandonner !
Il ne peut fonctionner qu'à New-York, tu le sais très bien.
Très freudien.
- Écris-tu un livre sur notre mariage ? - Laisse-moi tranquille.
- Écris-tu sur notre séparation ? - On s'est tout dit.
Je le sais. J'ai un ami qui travaille à Random House.
- Je peux faire ce que je veux. - Oui, mais ça me regarde aussi.
Tu vas tout déballer au grand jour ? Notre vie, notre vie sexuelle ?
Tu m'espionnes ?
Non, un type à une soirée m'a dit qu'il avait lu un chapitre
du livre que ma femme écrivait, et que c'était plutôt chaud ! Dixit !
- J'en ai renversé mon vin. - Je ne tiens pas à en discuter.
- Soit. Comment va Willie ? - Bien.
Donne-moi un peu plus de détails !
Joue-t-il au baseball ? Porte-t-il des robes ?
Il ne porte pas de robes.
Tu en sauras plus quand ce sera à ton tour de le voir.
N'écris pas ce livre. C'est humiliant !
C'est le récit honnête de notre séparation.
Tous ceux qui nous connaissent vont tout savoir.
Tu te sens menacé, on dirait.
Pas du tout. Ce n'était pas moi qui étais immoral, psychotique et volage.
J'espère que je n'ai rien oublié.
Tu es en train de me dire... que... tu as eu trois amants avant moi ?
C'est difficile à croire. C'est stupéfiant !
À ton âge, mes grands-parents me bordaient encore dans mon lit.
Ils étaient immatures. Rien à voir avec toi.
Ah ? Et qu'est-ce que ça veut dire ?
Je te l'ai déjà dit. Je crois que je suis amoureuse de toi.
Hé, ne t'emballe pas trop, OK ?
C'est... c'est vrai qu'on est bien ensemble. Pousse-toi un peu.
On s'entend à merveille, mais tu es une gamine, ne l'oublie jamais.
Tu rencontreras un tas d'hommes formidables.
Bien sûr, j'ai envie que tu m'apprécies.
Mon côté pince-sans-rire, mon incroyable dextérité sexuelle,
mais n'oublie jamais que... tu as toute la vie devant toi.
N'as-tu donc aucun sentiment pour moi ?
Quelle question ! Je déborde de sentiments à ton égard
mais, à ton âge, il ne faut pas s'accrocher à quelqu'un.
Tout cela est... charmant.
Érotique. Ça ne fait pas l'ombre d'un doute.
Tant que les flics ne font pas irruption,
on risque de battre quelques records.
Mais tu ne peux pas... Ce n'est pas une bonne idée.
Vois ça plutôt comme un détour sur l'autoroute de la vie.
- Habille-toi, tu dois y aller. - Tu ne veux pas que je reste ?
Je ne veux pas que tu en prennes l'habitude,
parce que tu commences par passer une nuit, puis deux, et puis tu emménages.
- Plutôt pas mal. - Ce n'est pas une bonne idée.
Ça ne te plairait pas, crois-moi. Je ne suis pas facile à vivre.
Demain, nous irons au cinéma voir le film avec Veronica Lake. D'accord ?
OK. Veronica Lake, c'est la pin-up aux cheveux roux ?
Non, ça c'est Rita Hayworth. On en a déjà parlé dix fois !
Rita qui ?
Rita Hayworth. Tu me fais marcher, pas vrai ?
Bien entendu ! Tu crois que pour moi tout commence avec Paul McCartney.
- Je trouve ces photos intéressantes. - Oui, moi aussi.
Te sers-tu de l'appareil que je t'ai acheté ?
Oui, tout le temps.
J'ai pris des photos au cours de théâtre. C'était chouette.
Quand tu parles, on dirait la souris de Tom et Jerry .
C'est une blague ?
- Tu peux parler avec ta voix geignarde ! - La souris tout craché.
Merci.
Je sais, je suis un geignard.
- Qu'est-ce que tu fais là ? - Salut.
- Ça fait longtemps que tu es là ? - On parlait de toi.
C'est hilarant. Que... Tu marchais juste derrière nous ou quoi ?
- Comment ça va ? Salut. - Bien. C'est marrant. On parlait...
On va aller voir le spectacle Shakespeare In The Park .
Ah, oui ! Ça me tente bien aussi.
Oh ! Je vous présente une amie Mary Wilke. Isaac Davis et Tracy.
- Comment allez-vous ? - Bonjour. Enchantée.
Enchanté.
On vient de voir l'exposition de photos en bas.
- Absolument incroyable. - Excellent.
Vraiment ?
- Les photos d'en bas ? - Oui.
Géniales. Formidables, non ?
Non, je les ai trouvées peu originales.
Ça ressemble un peu trop à du Diane Arbus, mais sans l'à-propos.
Oui, la sculpture en plexiglas était bien plus intéressante.
Vous avez aimé ce plexiglas ?
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