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Delicious (Délicieux)

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ناشر Barel
French - (1:52:33)

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تاریخ انتشار: 2022-01-29
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نخستین 200 خط.

Du beurre, voyons !

Du travail, de l'énergie

et du beurre.

Allons, messieurs, soyez généreux.

De la glace pour la marée et des flammes pour le gibier.

Et vous, où en sont ces cuissons ?

Saignant, le pigeon, saignant !

Les légumes croquants, le pigeon saignant.

Suffit pas de faire, il faut faire bien.

Faire grand ! Faire savoureux !

Il faut faire jouir.

Qu'est-ce que tu fais, toi ?

Je... Je saupoudre de cannelle.

Tu te crois au Moyen-Âge ?

Tu assassines la viande avec tes épices !

Il faut faire vivre le goût et non le maquiller. Benjamin !

Benjamin !

Viens m'arranger ça, là.

Et toi, la cannelle...

va donc à la vaisselle !

À la vaisselle !

Dépêchons-nous, messieurs.

C'est un jour important !

Place, place !

Écartez-vous !

Les tourtes d'écrevisses marcheront devant.

Le duc a l'humeur aux écrevisses.

On réclame le second service.

Ça leur plaît ?

Les commentaires ont été pour la porcelaine de Chine.

C'est une création à proposer

en préambule et à laisser à disposition gourmande.

Ce n'était pas au menu.

Vous connaissez la consigne : Jamais de nouveauté.

Votre fils était encore dans la bibliothèque.

Ce n'est pas sa place !

Combien de fois faudra-t-il le dire ? Emportez-moi tout ça !

Voilà une table qui comptera plus de chaises que de convives.

Quand on ne sait pas recevoir, on s'abstient.

N'est pas un hôte qui veut.

-Cela réclame de rares qualités. -Certes.

De la fortune, mais aussi de la munificence.

-Bien sûr. -Du goût, de l'aménité...

-Et de l'esprit. -Ah !

Regardons les faits en face, les vrais Amphitryons se font rares.

En vérité, mon cher Chamfort,

il n'y a pas dix tables comme la vôtre.

Allons, allons...

Mon ami,

vous êtes le nouveau Luculus !

C'est nouveau, ça.

T'appelles ça comment ?

Délicieux !

C'est délicieux.

Ne t'en fais pas !

Le duc va adorer.

Il adore toujours.

Aujourd'hui, c'est différent.

Ses hôtes fréquentent Versailles, ce repas peut le mener à la cour.

Il parle de m'emmener à Paris.

Et tu feras à manger au roi ?

Ah, tu m'emmèneras avec toi !

Si vous avez le temps,

le duc aimerait faire son commentaire.

Convenons qu'un homme sans cuisinier est un homme sans ami.

Le vrai secret est de le former soi-même.

Mon père a repéré le nôtre dans un relais de postes,

au fin fond de nos terres.

L'apprenti boulanger est devenu marmiton

et le marmiton, maître-queux.

Messieurs, n'oubliez jamais

que la gourmandise est un péché capital.

La bonne chère est permise,

mais il faut combattre cette tendance du moment

pour la bombance et le gros appétit.

L'appétit vient en mangeant !

Et puis la table mène au lit.

Avez-vous des nouvelles de votre ami de la Varenne ?

On le dit en fâcheuse posture.

-Il ne l'est plus, il s'est pendu. -OH ?

Je croyais qu'il avait du goût.

Oubliez donc ces conversations qui coupent l'appétit

et daignez adresser un commentaire à mon officier de bouche.

Vous voyez bien qu'il se languit.

J'ai goûté de belles choses.

Le lustre du potage était éblouissant !

L'enjolivement de la salade mérite mention.

Vos cailles en crapaudine valaient d'être aperçues.

Je n'ai qu'un mot : Brillant.

Disons-le ! C'était beau.

Non, messieurs, cela mérite vocabulaire :

C'était chatoyant, gourmand et lumineux.

Ce n'était pas un repas. C'était un ballet.

Eh bien, nous sommes contents que cela vous ait plu.

Manceron, vos cuissons étaient parfaites.

J'ai goûté votre poule d'Inde. Charnue, joyeuse,

délicate.

Un régal.

Et vos brioches d'éperlans fondaient en bouche.

Je les ai trouvées...

coquines et courtoises.

Coquine et courtoise... Comme la baronne de la Courtade.

La baronne est donc une brioche.

Mon cher Chamfort, vous nous avez bien traités.

Avec de tels délices,

Paris vous est ouvert.

Et comment appelez-vous ces petits chaussons

servis en préambule ?

Le Délicieux.

C'est là votre seule

fausse note.

Je partage votre avis.

Je vous l'ai dit, mon ami, évitez les initiatives.

Et contentez-vous des menus requis.

Il y avait là quelque champignon qui n'a rien à faire à votre table.

Et qu'était-ce que ce légume tout pâle ?

Pas du radis,

j'espère.

De la pomme de terre.

Des tubercules ?

Mais pour qui nous prenez-vous ?

-Des Allemands ? -Ça transmet la lèpre.

La pomme de terre est dangereuse, mais aussi fade et vilaine.

En vrai, vos plats manquent de couleurs.

Et de plumes.

Votre cuisine se mange peut-être, mais elle est...

provinciale.

Et qu'est-ce que c'est que cette barbe ?

Nous ne sommes plus au XVile siècle.

Tout ce qui est sous terre est ignoble.

Un bon cuisinier doit savoir ça.

À Paris, vous auriez perdu votre place.

Truffe et pomme de terre, c'est bon pour les cochons.

Des cochons...

Des cochons !

Il nous prend pour des gorets !

Des petits porcs !

Des marcassins !

Ai-je l'air d'un jambon ?

Excusez-vous.

Manceron !

Excusez-vous, Manceron !

J'étais venu le chercher pour aller poser des collets...

il était là, allongé par terre.

C'est le flux de ventre qui l'a tué.

Pourtant il était solide, ton père.

Les villageois ont envahi la maison dans les deux jours qui ont suivi.

Avec cette disette, tous les gens crevaient de faim.

Ils étaient venus chercher du pain.

Ils ont tout détruit.

Bon bah, maintenant que t'es là,

je vais retourner dans mes ruines.

Il y a de la place pour trois.

Mais si tu restes, tu te laves, parce que tu pues.

C'est ton fils ?

Oui.

Sa mère est morte quand il avait trois ans.

Je te montrerai la forêt, si tu veux.

Comme je faisais avec ton père quand il était mouflet.

Ah, foutre !

Il aimait ça !

Ça m'étonnerait qu'il t'accompagne.

Lui, il aime les livres.

Les livres et ses crayons.

C'est à peine s'il accepte de m'aider en cuisine.

Rousseau dit qu'il nous faut tous retourner à la vie simple.

Au plein air.

J'aurai plaisir à aller en forêt.

Alors, vous allez rester ?

C'est une soupe aux légumes du jardin.

Il y a quoi comme légumes ?

Il n'y a rien de plus restaurant qu'un bouillon.

J'ai nourri votre cheval.

Le gars dehors, c'est le fils du vieux Manceron ?

C'est mon père.

Il était vraiment cuisinier ?

Oui, mais c'est moi qui fais la soupe.

C'est bien que vous ayez rouvert. Des relais de postes, il en faut.

Vous venez d'où ?

Paris.

Paris ?

Qu'est-ce qui se passe, là-haut ?

Ici, on sait rien.

Un jour, moi aussi, j'irai à Paris.

Tiens.

C'est le journal d'avant-hier.

Je l'ai lu, tu peux le garder.

Merci.

La semaine dernière, à l'opéra, j'ai pu apprécier

le texte de...

Et le peuple ? Que fait le peuple ?

Un postillon m'a parlé d'agitation.

Quand on a faim, on fait du bruit.

Ça gueule dans les rues, ça pille,

mais ça rentre chez soi dès qu'on donne la garde.

Le peuple aime obéir.

Il quémande des coups de bâton pour se le rappeler,

mais c'est une bête docile. Il ne se passera jamais rien.

Crois-moi, t'es mieux ici.

C'est un bon coin que vous avez là. Et je m'y connais,

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