نخستین 200 خط.
Ça a beaucoup changé depuis mon époque.
De mon temps...
Quand j'avais l'âge de ces enfants,
on faisait du travail d'esclave
pour les blancs. On n'avait pas le choix
Parce qu'on vivait chez eux,
ils faisaient de nous ce qu'ils voulaient.
Parce qu'on vivait dans leurs maisons.
Quand les noirs se sont réveillés
et ont commencé À se prendre en main,
ils ne pouvaient plus nous traiter comme avant.
Ils sont revenus à la raison.
Le soir, on était assis dehors, comme ça,
chez eux, pour bavarder ou quoi.
L'un d'eux arrivait en disant : "Va me couper du foin, toi."
Un dimanche soir.
C'était comme ça. Mais plus maintenant.
Ils ne peuvent plus dire:
‘Monte dans le camion et va au champ".
On est chez nous, maintenant.
Je me souviens qu'en 1966,
chez les Jones, prés de l'église où vous êtes allés,
il n'y avait que des baraquements
où vivaient les noirs.
Mais c'était les plantations des blancs
et ils devaient faire ce que les blancs leur disaient.
Mais...
Avec l'arrivée du mouvement pour les droits civiques,
les choses ont drôlement changé.
Ils n'avaient plus le culot de venir nous dire en face
de déguerpir de chez eux.
Ils rentraient chez eux et vous écrivaient :
'Vous avez tant de jours pour partir
"J'ai besoin de la maison pour le foin.
"On n'a plus besoin de vous."
C'était comme ça. L'eau des puits qui est gratuite,
on ne pouvait même pas en prendre !
On devait aller dans les bois,
dans les fossés pour trouver une source
et boire à cette source.
Ils étaient comme ça, les blancs, par ici.
Aujourd'hui, c'est mieux.
On allait traire les vaches avant l'aube
pour avoir de quoi nourrir
les enfants, les familles.
Avant le lever du jour On gelait.
On n'avait pas envie d'y aller, mais il le fallait bien.
On a nos maisons à nous, même si elles sont modestes.
Vous ne verrez plus un seul panneau "À vendre",
ce qui nous obligeait à partir
Ça fait du bien.
Il devait être dans les 2 ou 3 heures du matin, je crois.
Je regardais une chaine qui passe des westerns.
J'entends du bruit. Je dis à mon fils d'aller jeter un oeil,
pour voir. Après, il s'est rendormi.
Par la fenêtre, j'ai vu un camion sur la route.
Il n'arrêtait pas de zigzaguer J'ai cru qu'il avait crevé.
Je me suis recouché. J'ai vu la fin du western avant.
Le lendemain, je me lève,
il y avait des policiers partout.
Ils avaient trouvé le corps.
Le 7 juin de cette année,
nous avons appris, ici au journal,
qu'un noir avait été trainé à mort par trois blancs.
Apparemment,
c'était un crime raciste.
On en a vite eu confirmation par le bureau du shérif.
Le lundi matin, le 7 était un dimanche,
le lundi matin, la police...
avait mis les trois suspects en garde à vue.
Peu de temps après,
on a su l'identité de la victime.
James Byrd Jr, un habitant de Jasper.
Les gens d'ici le connaissaient bien
parce qu'il allait partout à pied.
Il n'avait pas de voiture et se déplaçait toujours à pied.
D'après ce qu'a dit le shérif plus tard,
les trois hommes ont pris M. Byrd
sur la route 96 prés du Ramada Inn.
Non, prés de l'Holiday Inn Express.
Ils l'ont emmené dans un endroit isolé,
l'ont fait descendre du camion,
l'ont frappé avant de l'enchainer au camion.
Ensuite, ils l'ont trainé sur environ 4,5 kilomètres,
sur une petite route
d'une zone majoritairement noire du comté.
Sur la route de Huff Creek, 219 km à l'est de Jasper,
région majoritairement noire.
Ils ont détaché M. Byrd...
devant le cimetière noir de Huff Creek.
Pendant tout ce parcours,
il semble qu'il ait heurté une bordure de caniveau,
ce qui lui a arraché la tête et le bras droit du torse.
On a retrouvé des morceaux du corps tout le long de la route.
Le lendemain de la découverte du corps,
la police a émis un mandat de perquisition
qui a donné lieu à une déposition d'un des accusés,
Sean Berry,
âgé de 22 ans, je crois.
Il habite aussi Jasper
Sa déclaration est semblable à ce que je viens de vous dire.
Il a indiqué que c'était un crime raciste,
au nom de la suprématie blanche.
Il a dit que le chef du groupe, William King
voulait, je cite, "foutre la trouille à ce nègre".
C'est une tragédie qui n'aurait jamais dû arriver.
Pour moi, ce n'est pas
une chose que Dieu a permis
pour mettre Jasper à l'épreuve.
Ça n'aurait jamais dû arriver ici.
Ni nulle part ailleurs. Se faire tuer comme ça !
Ils veulent rappeler leur présence.
Ils veulent rétablir la fierté blanche à Jasper.
Ces salauds veulent finir leur boulot :
supprimer et faire taire les noirs.
Parce qu'après l'émancipation des esclaves,
ils progressaient trop vite, alors ils se sont organisés
pour freiner les noirs et les tuer,
pour les empêcher de devenir
de vrais hommes.
Il y avait moins de lynchages
après ma naissance qu'avant, parait-il.
Les branches de certains arbres surplombaient la route.
On disait qu'on y avait pendu des gens.
On disait que les branches poussaient différemment
À l'endroit des pendaisons.
Il y avait des grosses branches le long des petites routes
du coté de Woodstock et puis aussi prés de Vance
où des gens ont été pendus.
On les arrosait de kérosène
ou de carburant avant de les trainer dans la rue.
Ça, je ne l'ai pas vu. Mais ce que je sais,
c'est qu'un samedi soir,
mon frère et un homme qui travaillait avec lui,
enfin, son fils... Ils étaient chez moi,
chez mon père, en train de sortir les chevaux,
après leur journée de travail.
Et puis, un homme arrive,
la tête entourée de cordes rouges,
torse nu, sans chemise.
Quand il est venu chez mon père,
on disait qu'il avait tué deux noirs,
exécutés à coups de fusil.
Il croyait que c'était mon frère et son fils.
Mais en s'approchant d'eux,
il a vu qu'il s'était trompé.
Il est venu chez mon père emprunter des cartouches,
parce qu'il avait tiré toutes les siennes.
Dire qu'il venait ici
emprunter des cartouches pour les tuer !
Quand il est arrivé, il a compris que mon frère
l'avait reconnu malgré son déguisement.
Il a fait demi-tour et il est reparti.
Ils avaient brûlé des églises
et fait plein de choses affreuses.
Ils allaient dans les champs
et prenaient tout ce qu'ils voulaient : du blé,
des petits pois, des pastèques, des patates.
Ils abattaient les clôtures
pour que les vaches sortent des bois
et mangent nos récoltes.
C'est le genre de choses qu'ils faisaient.
Ils montaient des alambics chez les autres.
Ça fumait drôlement quand ils faisaient
de l'alcool de contrebande.
Mais dans ma famille, personne n'a été blessé
À la suite de leurs agissements.
Ma mère est de Tuscaloosa.
Elle m'a parlé de ce genre de choses.
Ils ont vécu les assassinats,
les lynchages.
Je me souviens, quand j'étais petit...
À Birmingham, il y avait eu...
Ils avaient châtré un homme.
Je crois qu'il s'appelait Judge Aaron.
Je me souviens...
que lorsque Nat King Cole est venu en 1956
jouer à Birmingham,
trois hommes - J'ignore s'ils étaient du Ku Klux Klan
sont montés sur scène et l'ont battu à coups de chaines.
Il est allé nettoyer le sang et il a fini son spectacle.
Je me souviens des 4 fillettes tuées par une bombe
À l'église de la 16ème Rue.
Souviens-toi des brebis égarées.
Viens avant qu'il ne soit trop tard.
Seigneur, aie pitié.
Souviens-toi de ceux qui sont perdus,
qui ne trouvent pas leur chemin.
Ouvre-leur les yeux afin qu'ils voient.
Que faire d'autre à part fuir et pleurer pour avoir le salut?
Souviens-toi des familles des défunts.
Seigneur, donne-leur la force.
Aide-les en ces temps de douleur.
Seigneur, aie pitié.
Seigneur, c'est à Toi d'appeler
et à nous de répondre.
Accepte-nous en Ton royaume.
Et nous louerons Ton nom à jamais. Amen.
Sur le chemin...
Seigneur, si Tu guides mes pas...
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