نخستین 177 خط.
THOSE SNOW
WHITE NOTES
Je me demande
pourquoi je joue de cette façon.
J’aspirais au son de papy,
et c’est lui que je recherche à mon premier concours.
Qui est-ce que tu copies ?
Est-ce que c’est vraiment ton son, Setsu ?
Ton son…
Empare-t’en avec ton propre son.
Je sais, papy.
Pendant un instant, je suis retourné à la source de mon son.
Son style…
… a changé !
Ce son…
Rien à voir avec la première partie.
Terrible !
Sa mélodie enveloppe peu à peu la salle,
doucement et paisiblement, tel le chant cristallin d’une clochette.
Comme c’est beau !
Il remet ça. Exactement comme en groupe.
D’où sort cette quiétude soudaine ?
La pluie…
s’est arrêtée.
Je veux pas d’un son fade !
Ce que je désire, là, c’est faire résonner les trois cordes !
Ce que je veux jouer, ce que je veux qu’on entende,
c’est le son enfoui en moi.
Qui qu’on soit, on a des souvenirs.
Des émotions.
J’espère transmettre ça
à tout le monde.
J’espère toucher les gens.
Que se passe-t-il ?
Pourquoi, après tant de temps,
mon passé me revient-il en mémoire ?
Je reconnais maintenant ce sentiment.
C’est de la nostalgie.
Setsu, qu’est-ce que tu me joues, là ?
C’est bien !
À force de jouer avec toi, je te connais par cœur.
Tu t’éclates.
C’est ça, ton style.
Sawamura !
C’est le son de Setsu !
Depuis le début,
je te vois comme un être d’une autre dimension.
Pour moi, ton son… c’est le battement d’un cœur !
Je m’étais pas trompée !
Quel brio !
C’est fantastique, Setsu !
Finis-les !
C’est déjà presque terminé.
Ça y est…
Sawamura, t’es le meilleur !
Je vais te faire le câlin du siècle !
Sérieux, mon cœur a failli lâcher !
C’était vraiment à tomber !
Magnifique !
Le public l’acclame !
C’était génial !
Pas vrai ?
Oui, il a bien joué.
Je suis ravi d’avoir entendu son son.
Voilà donc le véritable Setsu Sawamura.
J’avoue que ton mystérieux talent m’intriguait.
À présent, je brûle d’envie de jouer du shamisen.
J’étais complètement dedans.
La résonance des trois cordes,
les vibrations transmises de la caisse à mon ventre…
J’ai produit un beau son.
Papy…
Il n’y a pas meilleur maître que la réaction du public.
Tu avais raison !
L’ambiance est bizarre.
Elle est tendue, mais plutôt froide.
Même lui, il joue avec raideur.
La musique de Sawamura habite encore le public.
C’est marrant !
Il est doué, mon ami.
Bravo, c’était cool.
Bien joué !
Merci.
C’est enfin au tour du dernier, Sôichi Tanuma, de monter sur scène.
Nº 40,
Sôichi Tanuma, du lycée Aoba 1 d’Aomori.
Tanuma ?
Il a été 2e au niveau A à Hirosaki.
C’est quelqu’un de connu ?
Dans ce milieu, oui.
Son excentricité l’est tout autant.
Je l’ai pas vu depuis Hirosaki, il y a 4 mois.
Bien que pour l’instant, tu ne puisses pas battre Sôichi.
J’ai fait repolir le bois du manche.
La peau a été changée.
Les cordes sont neuves.
J’ai choisi un plectre dont la rigidité colle au morceau.
On est au sommet de notre forme.
Mon instrument est une partie de moi.
Ses gestes sont amples, sans la moindre erreur.
Il touche la peau avec son pouce,
modulant le son avec une rare virtuosité.
C’est ce qui donne ces nuances à la mélodie.
Il a mis le public de son côté.
Sôichi commence par inspirer un grand coup.
Ensuite…
Il bloque sa respiration et gratte de toutes ses forces
avec ses muscles bandés,
tel un véritable sprinter.
Sa musique passionnée captive et exalte tous ceux qui l’entendent.
Voilà le style de Sôichi Tanuma.
Hé, une petite minute !
C’est terrifiant !
Le son est passé d’un coup d’agressif à léger !
Ça lui va si bien, cette insouciance !
Il a progressé en seulement 4 mois, depuis Hirosaki ?
Comment c’est possible ?
Oh non, j’en suis tout tremblant !
En live, il est complètement différent !
Il fait vibrer toute la salle !
J’ai l’impression qu’il frappe un énorme tambour sous mes yeux.
Moi, je sais.
Quoi qu’il arrive, il joue comme à son habitude.
Sinon…
eh bien, il joue encore mieux qu’à son habitude, voilà tout.
L’école Kamiki se distingue par ses grattements puissants.
Néanmoins, ça n’est qu’un élément parmi d’autres.
Sôichi façonne son style à partir de là.
Il ne cesse d’évoluer.
Dans toute la salle, le son se réverbère et tourbillonne.
Ça diffère de la résonance de Mai.
C’est plus sophistiqué et déroutant.
Qu’est-ce que c’est que ce son ?
Sôichi, tu m’agaces.
C’est trop frustrant !
Je retourne à l’hôtel.
J’ai envie de jouer du shamisen !
Voilà mon objectif.
Le surpasser !
Le palmarès des individuels va être dévoilé,
suivi de la remise des prix.
Tous les participants sont priés d’y assister.
J’ai fait du bon boulot !
Sawamura !
T’as super bien joué ! Pas étonnant qu’on soit amis !
Comment tu connais mon nom ?
Mai me l’a dit.
T’es le petit-fils de ce Matsugorô.
Et donc ?
Quelle moitié de ta prestation je dois garder en mémoire ?
J’y crois pas…
Enfin, peu importe.
Les deux étaient cool. N’empêche que…
moi, je fais mieux.
Salut.
Son assurance est hallucinante.
Sawamura !
Vraiment hallucinante.
La firme Umemaru a l’honneur de vous présenter
le premier championnat lycéen de tsugaru shamisen, la coupe Matsugorô.
C’est l’heure H.
Ça va sûrement se jouer entre lui et le dernier à passer, Tanuma.
À présent, voici les lauréats.
En 6e place,
Shôji Tachikawa, du lycée Kôgakkan d’Ibaraki.
En 5e place,
Nobuto Takada, du lycée Fujiyama d’Aichi.
Wakana…
Je veux m’améliorer. Comment je peux faire ?
Setsu, t’es sérieux ?
Il n’y a pas meilleur maître que la réaction du public.
Papy, explique-moi.
En 3e place,
Setsu Sawamura, de l’académie Umezono de Tokyo.
Pourquoi le résultat contredit la réaction du public ?
Il est 3e, c’est super !
Je pige pas !
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