The Russia House

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Julkaistu: 2011-06-23
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200 ensimmäistä riviä.

Yekaterina Orlova. Katya?

Jamais entendu parler.

Patronyme: Borisovna. Katya Borisovna Orlova.

- Réfléchissez, Barley. - Je connais pas de Katya.

Je n'en ai jamais baisé, dragué,

demandé en mariage, ni même épousé.

C'est qui, cette vieille peau?

Elle était au salon de l'audio du British Council de Moscou il y a une semaine.

Le salon de l'audio?

Des cassettes. Les livres du futur.

- Pourquoi n'y êtes-vous pas allé? - Je peux y aller. Ou non.

Je suis un homme libre. Vous ne comprendriez pas.

Foutaises, Barley. Vous avez loué un stand, réservé l'hôtel et le vol...

Pourquoi ne pas y être allé?

J'ai un conseil d'administration. J'ai des actionnaires.

La maison a des difficultés financières, mais ce ne sont pas vos affaires.

Au contraire.

Dites-moi, vous connaissez Niki Landau?

Vous connaissez M. Bartholomew Scott Blair?

Niki? Un représentant moitié polonais, moitié cockney. Un chaud lapin.

Barley? Oui, je connais Barley.

De la maison Abercrombie et Blair, les éditions de la soif.

Un vrai monsieur. Un chic type.

Je dois parler à M. Scott Blair. C'est três urgent.

Il est pas là, chérie.

Mais il n'était pas là hier.

Il n'est pas venu. Il est absent. Introuvable. Il manque à l'appel. Désolé.

Une tête à claques. Je l'aime bien, dans le fond.

J'ai un manuscrit important pour lui. Exclusivement pour M. Blair.

Écoutez, j'essaye de gagner ma vie ici, et pas pour le compte de M. Blair.

Pourquoi vous demanderait-elle auprès de Niki?

Je ne sais pas. Je ne la connais pas.

Vous connaissez Niki, et pas Katya?

Ça commence à rentrer, mon petit.

- C'est du whisky, là? - Servez-vous.

Une minute.

Bien.

Vous devez être três gentil et m'aider.

Un ami russe a écrit un roman três important

dont le message est capital pour l'humanité.

Sympa.

Malgré la glasnost, le roman de mon ami ne peut pas être publié...

en URSS.

M. Scott Blair s'est engagé à le publier avec discrétion.

Pas de souci: Avec Abercrombie et Blair,

il est certain que ce livre paraîtra dans le plus grand secret:

Si vous aimez la paix, apportez ceci à M. Blair en Angleterre, s'il vous plaît.

- Je vous fais confiance. - C'est mieux si vous souriez.

- Pardon? - Souriez.

C'est un échange anglo-soviétique. On sourit, on échange.

L'air anxieux, c'est autre chose. Pigé?

C'est risqué. Vous devez croire en ce que vous faites.

Souriez.

On sourit, on se fait la bise.

Voilà.

Alors, vous m'avez apporté un cadeau d'adieu officiel des...

éditions Octobre, pour le dernier jour du salon.

Et voici "Les sonnets de Shakespeare" pour le conducteur prudent.

Ça vous dirait qu'on dîne ensemble?

Ce n'est pas commode pour moi.

Merci.

Vous ignorez pourquoi une éditrice répondant au nom de Katya Orlova

risquerait sa peau pour vous envoyer un manuscrit?

Qui a dit "risquerait sa peau"?

Moi.

- Quel livre: - Effectivement.

- Je peux le voir? - D'abord, la lettre.

"Personnel. Pour M. Bartholomew Scott Blair. Urgent. "

Nous aimerions savoir pourquoi une inconnue vous envoie une lettre

commençant par "Barley, mon chéri" et signée "Ta tendre K".

Elle est timbrée. Bonne à enfermer.

Où est ce manuscrit?

- Ça ne vous regarde pas. - Vous rigolez:

C'est à moi qu'elle l'a envoyé.

- Ça me regarde bien plus que vous. - Calmez-vous.

Il est entre de bonnes mains.

Le manuscrit contient trois carnets.

Niki ne vous trouvant pas à Londres, il a eu la bonne idée de nous les apporter.

Le premier carnet est sans valeur scientifique.

Manifestes pacifistes, slogans, poêmes, citations.

Il a un intérêt psychologique, car l'auteur semble...

Totalement marteau.

- Pardon? - Ce n'est pas un terme médical.

Instable, peut-être.

- Et les deux autres carnets? - De la science pure.

Écrite par quelqu'un qui s'y connaît, sans aucun doute.

Trajectoire balistique, charge utile, déviation, taux de combustion, télémétrie.

Mais ils ne décrivent pas forcément la réalité.

Que sont-ils donc censés décrire?

En un mot, la capacité des Soviétiques à livrer une guerre nucléaire.

Adressés à ce poivrot de Barley Blair.

Nous ne pouvons l'évaluer sans les Américains.

Comme ça, ça devient leur problême.

- Donnez-leur Scott Blair. - Hélas, nous ne l'avons pas retrouvé.

LA NOUVELLE RUSSIE

Eurêka: On l'a trouvé.

Un compte en banque à Lisbonne.

- On l'a retrouvé. - Lisbonne.

- Pourquoi avoir fui? - Je possède un appartement, ici.

Pourquoi Lisbonne, Barley?

Pourquoi Langley, Bob?

Vous avez amené une femme?

Ça change quoi, que ce soit une femme, un homme ou un canard de Barbarie?

Que faites-vous à Lisbonne, Barley?

Je buvais un verre.

Jusqu'à ce qu'on m'interrompe.

M. Blair?

Je m'adresse bien à M. Bartholomew Scott Blair?

- Oui. - Je suis Merrydew, de l'ambassade.

Nous avons reçu un message urgent pour vous.

Vous m'annoncez la mort de quelqu'un?

Ça serait le consulat. Je suis au service commercial.

Mes dettes peuvent bien attendre lundi.

Détendez-vous: Venez boire avec la racaille.

Voyons, Blair: Ce type est l'émissaire de la reine.

L'ambassade a changé d'adresse ou c'est un détournement?

- Je ne suis qu'au service commercial. - M. Blair?

Je m'appelle Ned.

Changement de programme.

Il n'y a ni message urgent, ni problêmes financiers. Pas plus que d'habitude.

J'œuvre pour les services secrets.

Venez rencontrer les autres.

Voici Clive. Voilà Walter.

Et là-bas, c'est Bob. Messieurs, je vous présente Barley.

- Bonjour, Barley. - Ravi de vous rencontrer.

Je suis l'intrus, ici. Je travaille pour la CIA

qui, comme vous le savez, se trouve à Langley, en Virginie.

Il est temps de passer aux choses amusantes.

N'est-ce pas formidable?

Où allons-nous? Au Nicaragua? Au Chili? En lran?

Ou on assassine seulement un gêneur local?

Assez de grands discours. Asseyez-vous.

Vous pouvez peut-être nous expliquer cette lettre.

- Vous reconnaissez l'écriture? - Lisez lentement.

Prenez tout votre temps, Barley.

Elle est siphonnée.

Qui est-ce?

- Jamais entendu parler. - Patronyme: Borisovna.

Katya Borisovna Orlova. Réfléchissez, Barley.

Je connais pas de Katya. J'en ai jamais baisé,

dragué, demandé en mariage, ni même épousé.

C'est qui, cette vieille peau?

Elle signe sa lettre "Ta tendre K"

- et vous dites ne pas la connaître? - J'ai jamais rencontré cette mégêre.

Elle débloque complêtement.

Elle n'y était même pas.

- Où ça? - À Peredelkino.

Un village pour écrivains soviétiques.

Ils les soignent. Ceux qui sont sages ont une datcha.

J'ai eu la chance d'y être invité.

Quand était-ce?

II y a trois ou quatre mois.

Mais il n'y avait aucune Katya.

- Que s'est-il passé? - J'étais très inspiré.

Comment sauver le monde en quelques heures. Je m'enflammais.

Vous ne croyez peut-être pas en la nouvelle Russie. Moi, si.

Il y a 20 ans, c'était une utopie. Aujourd'hui, c'est notre seul espoir.

On a cru pouvoir vous ruiner en accélérant la course à l'armement,

en jouant avec notre destin.

Vous avez gagné la paix nucléaire pour 40 ans.

Foutaises. Quelle paix?

Demandez aux Tchêques, aux Coréens, aux Vietnamiens, aux Afghans:

Non. Pour qu'il y ait un espoir, nous devons tous trahir notre pays.

Il faut s'entraider, car toutes les victimes sont égales.

Et aucune ne l'est plus que les autres.

C'est notre devoir de déclencher l'avalanche.

Quel héroisme, Barley:

Aujourd'hui, il faut penser en héros

pour tout juste se comporter en homme bien.

Vous croyiez à ces inepties?

Je ne sais pas. Je le crois quand je le dis.

Mais il faut aller là-bas.

On se soulage dans une pissotiêre immonde

et le type d'à côté vous pose des questions sur Dieu, ou Kafka,

ou la liberté et la responsabilité.

Alors, on lui dit. Car on sait. Car on vient de l'Ouest.

Et avant de finir de s'égoutter, on se dit: "Quel pays fantastique:"

C'est pour ça que je les aime.

Et ils ont de l'affection pour moi.

Ensuite, on a parlé de jazz, et j'en ai joué.

Quelqu'un avait un saxophone?

Quoi d'autre? Une batterie? Une section rythmique?

Combien de femmes y avait-il?

Trois ou quatre. Mais pas de Katya.

Mais il y avait quelqu'un, non?

Oui, il y avait quelqu'un.

C'est pour cette personne qu'on est ici, hein?

- Homme ou femme? - Son nom?

Mon Dieu. Vous vous animez quand vous sentez le sang.

Ils l'appelaient Dante.

Comme dans "L'Enfer".

Les autres disaient qu'il était en vacances. Pour boire.

Là où il travaillait, c'était interdit.

Ils le respectaient.

Il ne parlait pas. Il se soûlait et regardait.

- Quoi donc? - Moi.

Dante est-il arrivé seul ou accompagné?

Je ne sais pas.

Continuez.

Ensuite, j'ai décidé de leur donner des vacances,

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