200 ensimmäistä riviä.
Il y a quelqu'un ?
C'etait vous, M. Lacourt ? Je me demandais ce qui se passait.
- On arrive juste. - Je n'ai pas entendu votre nom.
Ben, 1 seconde. On n'est pas encore rentres.
Bonsoir, monsieur dame.
Lacourt.
Ils pourraient quand meme fermer la porte.
Bulletin d'information...
Qui est-ce ?
- Ne vous derangez pas. C'est moi. - Ah, c'est vous, M. Decrey.
C'etait fini.
Le plus dur etait fait.
Maintenant, j'avais hate de rejoindre Gloria.
J'avais besoin d'elle.
Tout cela avait commence il y avait deja plus de 3 mois.
Ce jour-la, je revenais de la chasse 24 heures plus tot que prevu,
heureux de passer ce dimanche avec elle.
- Non. Ce n'est pas possible. - Rentre a Paris avec moi.
Ca non plus, c'est pas possible.
Allez, va. Sois sage.
- Je t'appelle demain a 11 h. - D'accord. Je t'embrasse.
C'est curieux.
Ce n'etait pas de la peine que j'eprouvais,
mais une etrange sensation de vide,
un peu comme quand l'ascenseur descend trop vite.
Vous etes seul ?
Vous etes seul ?
Oui.
- C'est triste, d'etre seul. - Comme vous dites.
- Vous m'offrez un verre ? - Si ca peut vous faire plaisir.
Une coupe.
Vous venez souvent, ici ? Il me semble vous connaitre.
Comme le disait cette idiote, c'est vrai, c'etait triste.
Gloria etait ma femme depuis 8 ans.
Je croyais lui avoir tout donne.
Une rose pour Mademoiselle ?
He ! On vous parle.
C'est 300 francs, monsieur.
Merci.
- Merci. Tu es un amour. - Ecoutez, soyez gentille.
Laissez-moi.
Depuis combien de temps Gloria couchait-elle avec lui ?
Je savais maintenant ce que je ressentais :
le besoin de leur faire du mal.
Et des le 1er soir,
dans cette chambre d'hotel ou j'allais passer la nuit,
je n'etais plus seul :
j'avais avec moi une idee,
une petite idee qui me tenait compagnie.
Entrez.
- Tenez, Gisele. - Madame dejeune ici ?
- Non, je ne crois pas. - Bien, madame.
Dites a Louise de preparer quelque chose de froid.
- J'ignore quand Monsieur rentrera. - Bien, madame.
- Bonjour. Monsieur est deja la ? - Oui, Gisele. Bonjour.
- Madame est dans sa chambre ? - Oui, monsieur.
Allo ?
- Bonjour, toi. - Comment ? Te voila ?
- Qu'y a-t-il ? - Berger a recu du plomb.
- C'est grave ? - Non.
Dans la fesse, mais ca a jete un froid.
On a decide de rentrer.
- Comment tu vas ? - Ca va.
Tu passes ton dimanche avec moi ?
- Oui. Tu es contente ? - Bien sur.
Je vais dire a Jerome de prendre mes affaires dans la voiture.
A tout de suite.
C'est dimanche. Naturellement, l'interurbain ne repond pas.
Je voudrais avoir des nouvelles de Berger.
Eh bien, quoi, tu ne t'habilles pas ?
Non. Je vais voir Louise, pour le dejeuner.
Bon. Alors moi, je vais me changer.
Passe-moi la ligne. Je vais encore essayer d'avoir l'inter.
- Allo ? - Enfin !
- Quel numero demandez-vous ? - Gambetta 24 26.
Ah, c'est une erreur. Ici, c'est Gambetta 24 26.
Ah. Excusez-moi.
C'etait amusant, deja. Et ca ne faisait que commencer.
"Oui, prince.
"Je languis, je brule pour Thesee.
"Je l'aime non point tel que l'ont vu les Enfers..."
Bon. Je passe.
"...mais fidele,
"mais fier, et meme un peu farouche."
T'aurais bien joue Phedre.
Tu as ete idiote de lacher le conservatoire.
Peut-etre, mais moi, je n'avais pas le feu sacre.
Depeche-toi d'apprendre ton role.
Tu sais, le feu sacre, tu vois ou ca mene :
la vache enragee,
le piano chez Ghislaine pour survivre.
Dis-moi... Et l'engagement de Lajarie ?
Tu y crois, a une tournee de Berenice dans les stations de sports d'hiver ?
Il faut etre Lajarie pour y croire.
Mais l'autre soir, il etait sur, a La Coupole.
Oui. Dans les bistrots, on est toujours sur.
C'est apres, pour que ca reste vrai, que c'est difficile.
Qu'est-ce que c'est ?
Non, laisse. Je l'ai confisque a un copain avec des idees noires.
Tu es fou ! Il est pres de 20 h. Je dois rentrer.
Finissons la scene.
"Il avait votre port, vos yeux, votre langage..."
Non, mon cheri. Je suis en retard.
- Madame a un grand diner ? - Oui, il y a un ministre chez moi.
Qu'est-ce que tu veux que ca me foute ?
Dire que le lendemain du concours,
on s'etait jure de vivre ensemble, toi et moi,
d'amour et d'eau fraiche.
Mais tu es parti 15 jours apres.
On m'offrait une tournee en Afrique du Nord.
Une tournee... Et une maitresse.
Je l'aimais pas.
Je me suis imagine...
J'ai rencontre Jacques. C'est le passe, n'en parlons plus.
Oui... Le fric, la grande vie, la securite...
Les femmes adorent ca, la securite.
Tu recommences.
Gloria...
Je ne le dirai plus, Gloria.
Pardonne-moi. C'est plus fort que moi.
Je t'aime.
Si j'avais de l'argent, je te garderais.
Si tu avais de l'argent, tu le jouerais, tu le boirais,
mais tu ne me garderais pas.
Allez. Sois sage et travaille ton role.
"Il avait votre port, vos yeux, votre langage..."
Mais c'etait un vrai homme, lui.
Merci.
Mon cher, la conjoncture presente est absolument tragique.
Citez-moi un moment de l'histoire de France ou elle ne l'a pas ete.
Peut-etre au Second Empire, a la veille de Sedan.
- On n'est pas a la veille de Sedan. - Non. Au lendemain.
Vous qui etes un des industriels les plus dynamiques de ce pays...
J'etais un des jeunes industriels les plus dynamiques de ce pays.
J'ecoutais poliment, mais je me foutais de la conjoncture presente.
Gloria etait en retard. Honteusement en retard.
Elle avait passe l'apres-midi avec lui.
Une seule chose me donnait le courage
de ne pas leur hurler a tous qu'ils m'ennuyaient :
une lueur blanche, dans la boite aux lettres au bout du jardin.
Elle ne songeait meme pas a s'excuser de son retard.
Elle avait la lettre.
Elle riait encore, mais je savais qu'elle ne rirait plus.
Mon cher ministre, je suis confus du retard de ma femme.
Mon cher, vous aurez remarque que les femmes ont horreur d'attendre.
Elles nous reservent ce supplice.
Mais a une jolie femme comme la votre, on pardonne tout.
Oui. Presque tout.
Cette partie de chasse s'est terminee tragiquement ?
N'exagerons rien : quelques grains de plomb dans les fesses.
C'est tout de meme une partie de chasse memorable.
On nous avait curieusement places. Quand j'etais a l'affut...
Je faisais le drole.
Je racontais cela pour les faire rire.
Aucun d'eux ne savait encore mais le saurait car tout se sait :
a cette partie de chasse, c'etait moi qui avais ete tue.
M. le ministre, je ne trouve aucune excuse a ce retard.
Votre robe ravissante en est deja une, madame.
Merci.
Elle tenait le coup. Mieux que je ne l'aurais cru.
Moi qui la connaissais bien, je voyais qu'elle etait marquee.
La machine etait en marche.
Restait a laisser le ressort se derouler tout seul.
- Bonjour. - Bonjour, monsieur.
Avons-nous toujours le passeport de ce pauvre Berthier ?
Oui, monsieur.
Verifiez a quelle date il a fait son dernier voyage.
Ca devait etre 2 mois avant sa mort. Attendez...
- Apportez-moi le passeport. - Oui, monsieur.
Envoyez-moi Lombard.
- Bonjour, Lombard. - Bonjour, M. Decrey.
J'ai etudie le dossier.
Comment ca, 3,4 millions pour le mur du batiment B ?
Les cailloux coutent cher, mis les uns sur les autres.
- Moi, ca me parait correct. - Tachez de revoir ca.
Je compte sur vous, Lombard.
Merci, Madeleine.
Merci.
- T'aurais pas de la monnaie ? - Je regarde.
- Ils refusent de changer ma date. - Evidemment.
- Ils ont du culot. - C'est le reglement.
Le directeur m'a dit ca. Voila ce que j'ai dit :
"Le reglement, il est ballot.
"Alors, mon mari travaille la nuit, moi, le jour.
"Si j'ai mes vacances en septembre,
"et lui en octobre, finie la vie conjugale."
On s'en fout, de votre vie conjugale. On a la notre.
Raymond me dit : "T'emballe pas." Je m'emballe pas...
- "Berthier, Louis" ? - C'est ca.
Il n'y a rien a ce nom, monsieur.
Rien. Il n'y avait rien. Ils n'avaient pas encore eu peur.
"Je pourrais reveler a votre mari que vous le trompez avec M. Normand.
"C'est un homme emporte : il serait sage de nous adresser 200 000 F
"au nom de 'Louis Berthier', poste restante de la rue de l'Ouest.
"Un ami qui n'a aucun interet a vous vouloir du bien."
T'en fais pas. On a tous recu des lettres anonymes.
Ca, c'est une bonne renvoyee. Tu as renvoye une bonne ?
Oui, il y a quelques mois.
C'est leur billet d'adieu, a ces filles. Laisse tomber.
18 h 15. Encore en retard.
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