200 ensimmäistä riviä.
Fais ta prière, mon frère.
Dis qu'Allah est le seul Dieu qui existe
et qu'il est le plus grand.
Chers présents !
Depuis avril 2003, le Kurdistan est libre.
Saddam Hussein nous a laissé un pays en ruine.
Nous devons reconstruire ce pays.
Établir des institutions fortes,
une police et une armée,
pour protéger notre peuple.
Il n'y a pas de justice sans sécurité.
Et il n'y a ni justice ni sécurité, sans châtiment.
Monsieur le juge,
Monsieur le docteur,
Monsieur le mullah estimé,
aujourd'hui je me sens honoré,
pour la première fois dans l'histoire kurde,
sous notre démocratie,
nous allons appliquer la peine de mort.
Le coupable,
Anwar Ahmad Gefur,
a commis meurtres et vols.
Il sera pendu.
- Monsieur, on fait comment ? - Vous n'avez rien préparé ?
- Préparé quoi ? - La corde de la potence !
Ah oui, la corde.
Espèce d'idiot !
Ne me tuez pas, je suis innocent.
C'est illégal. Il faut arrêter ça.
Il n'est pas mort. Que dit la loi ?
La loi est formelle. Il doit être pendu.
Pas deux fois. Condamnez-le à perpétuité.
On n'a pas encore de prison, il doit mourir.
Alors, tirez-lui une balle dans la nuque.
Non, la pendaison est la seule voie.
J'ai une solution : le condamné est petit.
Si je m'accroche à lui, il crèvera plus vite.
Alors, qu'est-ce qu'on fait ?
La bénédiction est tombée.
La pendaison ne t'a pas plu ?
Je te comprends,
mais il faut bien sortir de cette situation.
Je suis un combattant, pas un flic.
La guerre est finie, Saddam est tombé.
Les Kurdes sont libres. Je démissionne.
On a besoin de toi maintenant.
J'ai fait mon travail. Je vous laisse les honneurs.
Maintenant, je rentre chez moi.
Ce pays a besoin de lois, de sécurité et de stabilité.
Sinon nous perdrons tout ce que nous avons entrepris.
Un résistant ne devient pas flic.
Tu es trop idéaliste, Baran.
Notre situation s'est améliorée. On possède tout.
Nous dormons sur du pétrole.
Ne passe pas à côté de ta chance.
On a pas la même notion de chance, je crois.
Bien, rends-moi ton arme.
Cette arme, c'est la mienne.
Maman !
- Mon fils, tu m'as manqué. - Toi aussi.
Allons nous abriter.
Ma fille, je t'ai dit non.
Tu ne retourneras pas dans ce village.
Je travaille avec des enfants,
je dors dans l'école,
tu n'as pas à t'inquiéter.
Ça suffit, Govend ! Le père a dit non.
Tu n'y retourneras pas.
On travaille, on n'a pas besoin de ton salaire.
Si t'avais épousé Taqyaddin,
on n'en serait pas là.
Je ne suis pas faite pour Taqyaddin.
Mais tu es une fille, ma fille.
Tu as bien confiance en mes frères ?
Oui.
Et en ta fille ?
J'ai confiance en toi aussi.
Comment vas-tu ?
Comment tu trouves mon fils ?
Il a l'air sérieux...
Il a l'air bien...
Il est beau.
Baran, tu es revenu pour te marier et tu nous le caches !
Kader... C'est quoi cette histoire de mariage, d'où tu sors ça ?
Viens dans le jardin, mon fils, j'ai besoin de toi.
Laisse-moi tranquille maman.
Viens voir, mon fils.
J'ai décidé de reprendre du service.
Cette fois,
tu travailleras auprès de moi.
Non.
Envoie-moi où on a besoin de moi.
Très bien.
Alors je t'enverrai là.
Qamarian.
Un poste de police tout neuf t'attend.
Je ne peux pas aller plus loin. L'armée turque a détruit le pont.
Comment je vais à Qamarian ?
2 heures à pied.
Le pont est détruit, on continue à cheval.
Tu es Baran ?
- Et toi, Reber ? - Oui, c'est moi, ton adjoint.
Tu as été puni ?
Personne ne veut venir ici.
C'est mon choix.
En ville il y a du pétrole, du business, de l'argent.
Pourquoi venir ici ?
Je fuis ma mère.
Je ne peux pas laisser le pays aux pourris.
Tu faisais quoi avant ?
Combattant. Depuis l'âge de quinze ans.
Dans notre village, il ne se passe rien.
Rien, c'est déjà quelque chose.
On fait de la contrebande ici ?
Ici, c'est "le Triangle des Bermudes".
Nos kurdes d'Iraq font du trafic d'alcool
avec l'Iran.
Nos kurdes de Turquie se fournissent en armes ici.
C'est des avions turcs ?
Ils cherchent des résistants.
C'est l'institutrice.
Je peux pas vous laisser marcher.
Je suis habituée à marcher.
Montez avec moi.
Je m'appelle Govend.
Baran.
Que faites-vous à Qamarian ?
Je suis le nouveau commandant.
Merci.
Je préfère descendre ici.
Merci.
Une femme avec deux hommes, les gens vont parler...
Merci.
C'est encore en travaux, mais tu auras un bel endroit.
Entre, je t'en prie.
Il n'y a que deux téléphones dans le village.
Un ici, l'autre au restaurant.
Les villageois viennent ici pour téléphoner.
T'es obligé d'écouter leurs histoires d'amour,
de poules et de coqs.
C'est ennuyeux...
mais quelques fois, ça peut servir.
Tous ces gens en photo sont tes prédécesseurs.
C'est toujours le même photographe ?
Oui. Pourquoi ?
Bonsoir.
- M. Zirek ! - Comment vas-tu ?
Bonsoir.
On a changé la serrure.
Je sais, ils l'ont fait quand je n'étais pas là.
- Tu n'as pas la nouvelle clé ? - Je vais voir.
Sinon tu viendras dormir chez nous.
Chez vous ?
Ou bien à l'auberge.
Ça coupe souvent ?
L'électricité ?
Dieu seul le sait.
Il y a aussi deux chambres avec une petite prison.
C'est le fusil du dernier commandant.
Ça, c'était aux précédents.
Maudite soit votre électricité !
Bonsoir.
Sois le bienvenu !
Merci.
De l'alcool ? J'ai du très bon alcool.
Pour la nuit, deux bouteilles, trois ?
Depuis la mort de Simko,
ça n'a pas été chauffé chez toi.
Bonsoir.
Bonsoir.
M. Saman.
Je n'ai pas les clés, tu n'as pas une chambre ?
Il reste une chambre ?
Non.
Non, je n'ai plus de chambre.
Je vois.
Ils ne veulent pas d'une institutrice.
C'est l'école ou la femme seule qu'ils ne veulent pas ?
Depuis quand tu travailles ici ?
Trois mois.
Ta famille en pense quoi ?
Ils ne sont pas tous d'accord.
Je respecte ce que dit mon père.
Et il a accepté ?
Oui.
C'est sûrement quelqu'un de bien.
Merci.
Merci.
Bonjour.
C'est vous, le nouveau ?
Le nouveau commandant.
Aziz Aga m'envoie. Vous êtes son invité ce soir.
Je ne le connais pas.
C'est le seigneur de la région.
Il invite chaque nouveau venu le soir de son arrivée.
Une invitation, ça ne se refuse pas Reber, n'est-ce pas ?
Alors, d'accord.
Mais pour le déjeuner.
Tu sais ce que tu fais ?
Je vais trop vite ?
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