Ang unang 200 linya.
En son temps, Malraux affirmait que la tâche du XXIe siècle
sera de réintroduire les dieux dans l'homme.
Aussi, c'est avec cet agnostique éclairé
que je conclus que seul un renouveau des religions,
celles des dieux qui sont des torches allumées pour éclairer l'homme
sur la voie qui l'arrache à la bête,
peut donner à notre république ce supplément d'âme
qui lui permettra d'accepter le visage métissé de la France.
Merci, mademoiselle Aitoudi.
Allons voir Mme Pietri.
- Tu as sa radio ? - Oui.
- Son bilan hépatique ? - J'en ai fait un, mais je l'avais...
Il me faut le TP-TCK, surtout. Attends.
- Je vais chercher le bilan. - Oui.
Allô ? Oui. Alors, comment ça s'est passé ?
Ils m'ont interrogée sur l'identité française.
J'ai fait un truc assez perso.
- À quelle heure sont les résultats ? - Ils les affichent vers 17 h.
- Tu m'appelles ? - Non.
C'est promis ?
Mais oui. Salut.
- À tout à l'heure. - Bisous.
- Alors ? - C'est bon, on s'en fout.
Putain, tu vas avoir Sciences po.
Tu fais la pire connerie de ta vie.
Tiens, mets ça.
Sérieusement ?
Aide-moi.
Tu disparais, quoi.
Tu es sûre de toi ?
Allez.
- Ça va ? Alors, tu es heureuse ? - Oui.
Ça fait des jours que j'attends ce moment.
Tu veilles sur lui, Omar ?
Aussi précieusement que sur ma femme et mon fils.
Bon. Vous êtes prêts ?
Moi, Abderrahmane, j'accepte ce mariage.
Ça y est, on est mariés ?
Par la volonté d'Allah le Miséricordieux,
vous êtes maintenant mari et femme.
C'est ton alliance.
Imane l'a choisie pour moi. Elle te plaît ?
J'arrive.
Je suis trop fière d'être ta femme.
Mais là, je veux juste être avec toi.
Benji, tu t'occupes de son billet.
Les frères s'en sont occupés. Elle te rejoindra vite.
J'arrive.
Je suis trop fière d'être ta femme.
Mais là, je veux juste être avec toi.
Benji, tu t'occupes de son billet.
Les frères s'en sont occupés. Elle te rejoindra vite.
Mais arrête, maman.
10e. Non seulement tu réussis le concours,
mais tu arrives 10e.
Si tu continues, tu vas me faire chialer.
Va ouvrir, ma puce.
- Chama ! - Mes amours !
J'ai mis la robe que tu m'as offerte.
Ma chérie. Oh là là, je suis trop fier de toi.
Félicitations.
Incroyable.
Tu comptes fêter ton entrée à Sciences po sans moi ?
Mamie...
Ça porte bonheur !
Il fallait ça, ma chérie.
Tiens, Djemila.
Et voilà.
Tiens.
"Si tu as soif, bois mes paroles", aurait dit le Prophète.
Si tu veux fêter ton jeûne, préfère les bulles. C'est de moi.
Maintenant, Chama,
je crois que ton père t'imagine un plus grand destin qu'avocate.
Ils vont se battre pour t'avoir.
La Cour des droits de l'homme, les Nations unies...
Tu la laisses partir en vacances avec moi, en Grèce.
Oui, j'en rêve.
- On donne le cadeau ? - Oui, donne-le.
On s'est dit que ça pouvait te servir. C'était le plus beau.
Tu dis rien. Ça te plaît pas ?
Si. Mais c'est trop beau, c'est tout.
- Oui ? - Bonjour, madame.
Désolé de vous déranger. Adrien Saugier.
C'est votre fille, sur cette photo ?
- Que voulez-vous ? - Mon fils s'appelle Louis.
Mon fils et votre fille se sont mariés sur Internet.
Pardon ?
Mon fils s'est converti à l'islam radical.
Il est à présent en Syrie.
Votre fille va essayer de le rejoindre au plus vite.
- Il faut l'en empêcher. - Ça suffit.
Madame ! Parlez-lui.
Elle va vous mentir, croyez-moi.
Prenez la photo. Mon numéro est sur l'enveloppe.
Allez-vous-en.
Vous savez, maintenant.
Alors, qu'est-ce que tu fous ?
Ne me dis pas que tu as encore une urgence.
Non. Ma seule urgence, c'est ma fille.
Attends, tu as l'air bizarre. Qu'est-ce que tu as ?
C'était qui ?
Rien. Une erreur.
Il faut que tu insistes plus sur le "a".
C'est super. C'est très bien.
- Tu lui apprends l'arabe ? - C'est bien.
Elle n'a pas besoin de moi. Elle fait des progrès dans son coin.
Elle a ça dans le sang.
- Tu prends des cours ? - Comme ça, sur Internet.
Pour parler avec qui ?
Avec qui veux-tu qu'elle parle, si ce n'est avec moi ?
Plus je parle de langues, mieux c'est, non ?
Oui, oui.
Je suis surprise de l'apprendre.
Tu serais pas un peu possessive, comme mère, par hasard ?
- C'est foutu, pour la soirée. - Elle l'a mal pris.
- C'était cool, hein ? - Très.
- Tu me parlerais, en cas de souci ? - Oui. Pourquoi ?
Je sais pas. Avec ton concours, on a pas pris le temps de se parler.
Et ça me manque.
Ça va te manquer encore un peu. Je vais me coucher. Bonne nuit.
- Tu as dormi là ? - Oui.
Le champagne m'empêche de dormir.
Ça, l'alcool, c'est du poison.
Tu as pas mangé de brochettes, hier.
- J'ai décidé d'être végétarienne. - C'est nouveau ?
Ben oui.
Pourquoi tu m'en as pas parlé, hier ?
Je sais pas. J'étais choquée.
Dis plutôt que tu voulais régler ça toute seule.
Tu fais mon procès, maintenant ?
J'ai fait des recherches. Tout concorde.
Elle devient végétarienne pour cacher qu'elle mange halal.
Son apprentissage de l'arabe qu'elle m'a caché.
Elle adorait la natation, elle va plus à la piscine.
Elle passe des heures enfermée dans sa chambre.
Il faut en avoir le coeur net. Il y a un mot de passe.
Tu as trouvé quelque chose ?
Elle a créé un deuxième profil.
"Moudjahidah Sourya."
- C'est son pseudo ? - Oui.
"Sourya la combattante." Tu imagines ?
Oh, putain...
Papa ?
Qu'est-ce que tu fais là ?
Qu'est-ce que c'est, ça ?
- Vous avez fouillé ? - On t'appelle Moudjahidah Sourya ?
Heureusement que j'ai rien à cacher.
Qu'est-ce que c'est ?
- Mes recherches. - Tes recherches ?
Pour Sciences po. Le djihad.
Les jeunes qui partent. Les médias en parlent tous les jours.
Je pouvais tomber dessus à l'oral.
Tu prépares ton concours en contactant des terroristes ?
Si on n'entre pas dans leur jeu, ils refusent le contact.
Comment vous pouvez vous faire un film pareil ?
Vous me connaissez, quand même.
Et cet Abderrahmane ?
Lui, je l'ai vu 2 ou 3 fois à des soirées.
Un jour, je découvre qu'il est parti en Syrie, avec Omar, du lycée.
Un jour, ils sont ici. Le lendemain, là-bas. J'ai voulu comprendre.
Alors, s'il te plaît, tu vas arrêter ton baratin.
Je suis moche, là-dessus.
Ça te fait rire ?
Qu'est-ce qui pourrait m'arriver derrière un écran ?
Que tu te maries avec un converti et qu'il veuille te ramener là-bas.
C'est quoi, ça ?
Une nouvelle bague. Tu aimes ?
Ça, c'est une alliance, Chama ! Putain !
De toute façon, c'est mieux comme ça.
Je pouvais plus vous supporter, sales mécréants.
Comment ?
Toi, tu te prétends croyant,
tu vis même pas dans la vraie foi !
- Tu entends ce que tu dis ? - Tu es pire !
Tu es divorcée, tu fumes, tu bois !
Vous m'écoeurez ! Mais là, c'est fini.
Je vais partir vivre dans la pureté du califat.
Chama, mais tu es malade ou quoi ?
Non. C'est vous, les malades.
Chama !
Sonne.
J'espérais que vous viendriez.
Je vous en prie.
Pardon.
Je cherche mon fils 24 heures sur 24, sur les réseaux sociaux,
dans la presse, à travers les associations de parents...
Je fais des recoupements.
Vous l'avez trouvé ?
Parfois j'ai réussi à isoler son groupe, mais...
toujours trop tard.
Votre fils a embringué Chama ?
Lequel a entraîné l'autre le premier, je sais pas.
Mon fils adorait la musique.
Il venait ici avec des copains pour écouter des morceaux.
Chama était souvent là.
Il vous l'avait présentée ?
Je la croyais son amie. Jusqu'au mariage.
Tu savais qu'elle avait un copain ?
Non.
J'arrive pas à le croire.
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