Ang unang 200 linya.
Grandir, c'est plein de choses.
Grandir, c'est imprévisible.
Grandir, c'est l'occasion de sauver le monde.
STOP À LA PRÉCARITÉ MENSTRUELLE
Grandir, c'était...
Nous avons le pouvoir et la responsabilité...
Nous méritons d'être entendus.
Grandir, c'est...
- Tumultueux. - Gênant.
- Perturbant. - Chaotique.
- Beau. - Obligatoire.
On a réussi !
DIX HISTOIRES
SUR LE COURAGE
D'ÊTRE SOI-MÊME
MON ADOLESCENCE
Je me souviens quand tu m'as décrite comme ta meilleure amie.
Et c'était vrai. C'est seulement là que je m'en suis rendu compte.
On a grandi ensemble et on découvrait la vie.
On découvrait nos passions, ce dont on était capables.
Savoir que quelqu'un est là pour moi me rend plus heureuse.
Notre amitié a toujours permis de m'ancrer.
Oui, je ressens la même chose.
Première.
Je vois mon reflet dans la caméra.
C'est vrai ? Ah oui.
Si je parle trop vite, faites-moi un signe
et je ralentirai.
Bonjour, je m'appelle Clare.
J'ai 19 ans, je suis originaire de Clarks Summit, en Pennsylvanie
où j'ai rencontré Isabel.
Bonjour, je suis Isabel. J'ai 19 ans aussi.
Et je viens aussi de Pennsylvanie.
On a traversé beaucoup de choses. Grandir, c'est difficile,
et c'est embêtant.
- C'est bizarre... - Perturbant.
Tous ces clichés, en fait.
On a créé tant d'expériences et de souvenirs communs.
Et je crois que ça a beaucoup solidifié notre amitié.
Dans les films, quand on voit des meilleurs amis,
ils peuvent débarquer chez l'un, chez l'autre, s'installer comme ça,
se faire à manger, et personne ne dit rien.
Et je crois que c'est vrai de notre relation.
Mais beaucoup ne comprenaient pas pourquoi on était si proches.
Oui, parce que Clare fait beaucoup de bruit,
et moi je suis plus calme.
J'étais... Désolée, Clare !
- Mais elle est d'accord. - C'est vrai.
C'est la grande différence, mais on a des points de vue similaires
et des idées sur ce qui nous arrive.
Vous craigniez de ne pas être comme les autres ?
- Oh, oui. - Tellement.
Toutes les deux, je crois. Moi, ça a commencé très jeune.
Grandir en tant qu'Asio-Américaine dans un milieu blanc
a été très dur pour moi et je me suis toujours sentie isolée.
En arrivant en maternelle, mes parents me déposaient,
ils me parlaient mandarin et cantonais,
me disaient qu'ils m'aimaient, me souhaitaient une bonne journée...
Et dès le début, les enfants et les parents,
tout le monde s'arrêtait net pour nous regarder.
Presque scandalisés,
je crois, d’entendre parler une langue étrangère.
Ça n'a pas aidé que je sois la seule Asio-Américaine de ma classe.
Je voulais me faire tous ces amis dont me parlaient mes parents.
Et eux me regardaient d'une façon tellement bizarre.
Je détestais cette sensation.
À la maison, ils m'ont demandé : "Comment était ta journée ?"
Et moi : "Pourquoi vous m'avez parlé en chinois ?
"Tous les enfants me regardaient.
"Ne me parlez plus chinois. Seulement anglais."
Nous lui avons laissé un choix. Sans pour autant lui tenir la main.
Je parle cantonais, et ma femme mandarin.
VINNY PÈRE D'ISABEL
MICHELLE MÈRE D'ISABEL
Quand elle était petite, je lui parlais toujours chinois.
C'était une façon de lui transmettre notre culture.
Mais dans notre petite ville, tout le monde parle anglais.
Elle se sentait perdue.
Alors on l'a laissée faire ce qu'elle voulait.
Nos parents ne pouvaient pas nous préparer à cela.
Ils ne savaient pas.
Ils n'ont pas grandi ici. Ils ne savaient pas quoi faire.
On élève des enfants dans un monde blanc
et on n'y connaît rien du tout.
À l'extérieur, j'étais simplement
une enfant asio-américaine qui allait à l'école.
Mais à l'intérieur, je me sentais seule et incomprise.
Les enfants me regardaient différemment, alors ma solution
était d'essayer de tout faire comme les autres.
Je demandais donc à mes parents de se débarrasser
de la culture dans laquelle j'étais censée baigner.
Je ne voulais pas vivre ma culture en dehors de la maison.
J'aurais aimé savoir combien je finirais par le regretter.
Je n'avais presque aucun ami.
Je ne me sentais proche de personne, tandis que Clare...
Je suis fille unique.
Je suis très proche de mes parents pour cette raison.
- Quel âge as-tu ? - Huit ans.
Tu as un message pour toi plus tard ?
Ne fume jamais !
L'accent était mis sur l'apprentissage, le développement,
l'indépendance, le bien-être personnel.
Clare est quelqu'un d'extraverti.
PATRICK PÈRE DE CLARE
Elle voulait toujours participer. Elle était déterminée.
MARILYN MÈRE DE CLARE
Elle organise les choses, elle rassemble les gens.
Tout en étant très déterminée.
C'est vrai que j'ai une personnalité assez exubérante,
et plus jeune je ne savais pas comment la tempérer.
Je suis maintenant plus réfléchie.
Mes parents m'intégraient toujours dans leur conversation.
Ils me parlaient comme à une petite adulte.
Dites-moi le premier souvenir que vous avez l'une de l'autre.
Mon premier souvenir, c'est Isabel qui vient me voir en disant: "Salut".
Je venais d'arriver à l'école.
J'avais changé en sixième.
Je cherchais à me faire des amis.
Elle était assez gentille pour venir me parler.
C'est une jolie histoire.
Tu n'avais pas peur de répondre aux profs.
Et j'étais impressionnée. "Cette fille est super cool."
En 5e, on était dans la même classe,
mais on ne se voyait pas en dehors.
Au début de la 4e,
je prévoyais d'aller à Comic-Con à New York.
Isabel et moi parlions de films de super-héros.
Allô, Isabel ?
C'est dingue, mais tu veux venir à Comic-Con ?
"J'ai une place en plus."
Et bizarrement, mes parents ont accepté.
Elle a dormi à la maison la veille.
Mon père est fan de philosophie orientale.
Isabel est arrivée et s'est dit :
"C'est quoi ce délire ? Pourquoi il y a un énorme tableau de Bouddha
"chez cette fille blanche ?"
Je ne comprenais pas du tout.
Je n'avais vu ce genre de choses chez aucune autre copine.
J'arrive chez Clare et il y a des mini Bouddhas partout.
C'était un petit choc culturel pour moi
parce qu'on avait plus en commun que je pensais.
C'était la première fois qu'on traînait ensemble,
et on s'entendait bien.
Nos pères ont été élevés aux comics,
donc c'est aussi quelque chose qui nous a beaucoup liées.
Mon père est fan de BD.
On a environ 3 000 comics.
J'ai une grosse collection.
J'adore les bandes dessinées.
Je les collectionnais. Je rêvais d'être Spider-Man.
C'est un lien très fort entre ma fille et moi.
Clare s'y est intéressée, et Comic-Con
a rapproché les filles.
On a pu rencontrer Carrie Fisher avant sa mort.
C'était super. On a vu Mark Hamill.
J'étais heureuse de pouvoir partager ça avec ma nouvelle amie.
On s'est vraiment éclatées.
Donc à la fin du collège on était meilleures amies,
et ça a continué pendant le lycée.
Notre lycée était typiquement américain.
Il y des clans, tout le monde veut être bien vu.
Il faut se faire accepter par les populaires.
J'ai caché des éléments de ma personnalité pour m'intégrer
parce que je voulais être populaire.
On faisait plein d'activités.
J'étais rédactrice en chef de l'album scolaire.
- Dans l'asso étudiante. - Présidente du sénat étudiant.
- Les Olympiades scientifiques. - Capitaine du tribunal étudiant.
L'équipe de tennis féminine.
J'étais dans l'équipe de tennis.
- L'orchestre symphonique. - La fanfare.
Le club d'espagnol.
Elle a toujours participé à une tonne d'activités.
La société les pousse à en faire de plus en plus.
Je crois qu'elle a été dépassée.
Elle est très impliquée dans toutes ces organisations.
Comment trouvait-elle le temps de dormir ?
Je m'éparpillais trop, sans réellement être moi-même.
À 13 ans, on veut juste savoir qui on est.
Et j'en ai fait trop.
Je me mettais toute cette pression.
Avoir toutes ces choses à faire m'a permis
de canaliser l'immense anxiété que je ressentais.
Et pendant tout le lycée, je faisais de terribles crises d'angoisse,
au point d'en vomir. Et je ne le disais à personne.
J'ignorais que je souffrais d'anxiété.
Elle faisait toutes ces choses
donc on avait l'impression que cette pression venait
de ces activités.
QUAND EST-CE QUE C'EST TROP ?
J'ai fini par me demander pour qui je faisais tout ça.
"Pourquoi je m'implique là-dedans ?"
Ça m'a poussée à réexaminer les choses
qui ne m'apportaient aucune joie.
Je ne vivais pas ma vie à fond.
Vers la seconde,
j'étais sur les réseaux sociaux
et j'ai vu le message d'un magazine pour les jeunes
sur la précarité menstruelle.
Je n'en avais jamais entendu parler.
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