Ang unang 200 linya.
S'il vous plaît ! Ouvrez !
Au secours !
Aidez-moi !
INSPIRÉ D'UNE HISTOIRE VRAIE...
On l'a poussée, tu crois ?
Ouais. Ou elle a sauté ou elle est tombée.
Mais je vois pas de sang, alors elle a pas été abattue ici.
Poussée, un saut ou une chute. Tuée par balle dans la nuque.
Elle s'est traînée sur quelques mètres.
Mon Dieu, c'est affreux.
J'espère qu'on t'a pas arraché des bras de la belle Rita.
Ça va devenir une habitude ?
Rita va surgir dans toutes les conversations maintenant ?
Mais non.
Ou plutôt, oui.
Mais c'est bon signe.
À quoi on t'arrachait, la semaine dernière ?
Soupe en conserve et Jeopardy ?
Je vois pas où est le mal. Ça va très bien ensemble.
Le véhicule est au nom de Maggie Moore.
Elle habite à quelques kilomètres d'ici.
- T'as dit Maggie Moore ? - Bizarre, n'est-ce pas ?
QUI A TUÉ MAGGIE MOORE(S) ?
DIX JOURS PLUS TÔT
Elle a rapporté la bague, ta femme ?
Tu parles.
J'ai le malheur d'avoir signé un contrat de mariage sans le savoir
et à cause de ça, elle bénéficie de "certaines gracieusetés".
Des gracieusetés ? Merde, d'où tu sors ce mot ?
C'est quoi cette merde ?
Oh, c'est bon ! T'as qu'à couper le bout.
Non, c'est pas bon. C'est moisi, donc immangeable.
Tu me paies que 20 cents sur chaque dollar.
C'est assez consommable.
On dit pas "consommable". On dit "comestible".
Un contrat de mariage, ça existe, ça ?
Ouais. Son psy dit que j'avais promis à Maggie
que je gagnerais bien ma vie et là, j'ai pris un sacré retard.
Elle arrête pas de chialer que je suis pingre.
C'est moi qu'elle accuse d'être pingre ?
Je lui achète des bagues hors de prix et j'en chie après.
Le calcul est vite fait.
Tout à fait.
Et moi, je me retrouve ici, à servir des aliments périmés
pour faire plus d'argent et payer son psy qui lui dit
que son mari est un foutu pingre !
Où est mon enveloppe ?
On est en train de parler, là.
Ouais, et je t'ai écouté. Mais où est mon enveloppe ?
Me dis pas que tu l'as perdue. C'était hyper confidentiel.
Oh non, merde.
Mag ?
Maggie ?
Merde.
Merde.
Mag ?
Hé, Maggie, est-ce que ça va ?
Mais quel genre de monstre es-tu ?
Je sais pas ce que t'as entre les mains,
mais ça m'appartient pas.
- Tu mens. - Je mens pas.
C'est un truc pour Tommy, je jure devant Dieu.
Ne jure pas devant Dieu.
Je t'interdis de jurer devant Dieu.
Seigneur, Maggie, y a quoi là-dedans ?
Des photos. Des photos d'enfants.
De tout petits enfants.
Bordel de merde.
J'ai rien à voir avec ça, vraiment !
Je fais juste le coursier, rien de plus.
T'as apporté ces saletés à la maison !
Pourquoi tu traînes avec ce cinglé ?
OK, c'est un malad, je sais. Mais ça, c'est pas à moi !
C'est toi qui lui fournis cette merde !
C'est un délit grave, ça fait de toi un complice !
Et ça, c'est dans le cas où je gobe ton histoire.
Tu veux dire quoi ?
Tu crois que ce genre de trucs m'excite ?
Je le sais pas ce qui t'excite, Jay.
Ça fait juste partie du contrat : je lui remets des enveloppes
et il me refile des aliments pas chers.
T'es pas fichu de gagner ta vie, OK. Mais ça...
- Tu sors d'ici tout de suite. - Que je sorte ?
Je suis chez moi ici !
Et je partirai pas de ma foutue maison !
J'appelle la police.
Non, n'appelle pas la police !
Dégage de là !
Va te faire foutre, Mag !
T'es malade ou quoi ? T'as de la bouillie dans le crâne ?
Maggie est tombée sur les photos.
On a passé un accord. Mes affaires te regardent pas.
Fallait pas ouvrir.
J'ai rien ouvert. Maggie a ouvert l'enveloppe.
Et elle m'a mis à la porte.
Ou alors c'est un prétexte, car elle baise quelqu'un d'autre.
Quoi ? Non !
C'est toi qui devrais consulter un psy, pervers !
C'est quoi ton problème ?
On avait un accord.
Je te rends service, tu me rends la pareille.
Et là, tu prends sa défense ? C'est le syndrome de Stockholm.
Ça n'a rien à voir avec le syndrome de Stockholm.
Non, c'est pas le syndrome de Stockholm.
Ça, c'est quand on t'enlève et qu'on te lave le cerveau.
Tu réfléchis deux secondes ?
Elle va se débarrasser de moi.
Tu l'emmerdes, non ? Installe-toi ici.
Conserves, cuisine bien équipée,
- fromage, plein de viande... - Ouais, génial.
Bravo. C'est mon rêve.
On fait quoi si elle va voir les flics avec les photos ?
Ça fait de moi un complice de ta perversion.
Ah, merde !
J'ai un casier, tu te rappelles ?
T'as plutôt intérêt à m'éviter les emmerdes !
Si tu veux de l'aide pour récupérer ces photos,
ce que je te conseille vivement de faire,
je connais un gars.
C'est compris ?
Ouais, ouais ! Je m'en occupe.
Je vais faire ce qu'il faut.
Je veux mes photos, merde.
"Sa vie avait pris une tournure inattendue.
Chaque soir, il mangeait de la soupe en conserve devant la TV.
Il regardait le Jeopardy sauf quand il y avait un match.
Ses amis l'appelaient, mais il ne voulait pas les voir.
Il ne voulait pas de leur pitié bien intentionnée.
Mais c'était pas la seule raison.
Pendant des années, sa vie avait été parfaite.
Et il avait un peu de mal à admettre que c'était fini."
Merci.
Votre récit était autobiographique ?
J'ai puisé dans mon imagination.
J'ai trouvé ça très émouvant. Vous écrivez depuis longtemps ?
J'appelle pas ça "écrire".
Disons que je gribouille des trucs depuis le secondaire.
Dans cette école, d'ailleurs.
La preuve.
Dégradation de bien public.
Un vrai vandale.
Je me suis assagi depuis.
Heureuse de l'entendre.
Je comptais aller prendre un café dans le quartier.
Ça vous tenterait ?
Dites oui.
Vous ne souffrirez que 20 minutes max.
Je vous le promets.
Vous savez, parfois, pour faire la conversation,
un auteur pourrait demander à l'autre
depuis combien de temps il ou elle écrit, par exemple.
Justement, vous me coupez l'herbe sous le pied.
J'allais vous le demander.
Ça fait combien de temps que vous écrivez ?
On m'a offert mon tout premier journal intime
le jour de mes 10 ans,
et j'en ai rempli un par mois jusqu'à mes 23 ans.
Et après 23 ans ?
Je me suis mariée.
J'ai accouché deux mois plus tard,
mes parents n'ont pas bien pris la nouvelle.
12 ans ont passé à toute vitesse, et voilà !
Alors vous êtes mariée et avez un enfant ?
Séparée, deux enfants.
Et vous, alors ?
Quelle est votre situation ?
Pas d'enfants.
Et ma femme est morte.
Toutes mes condoléances.
La vie...
C'est ce qui se passe quand on est trop occupé.
Ce n'est pas une citation de John Lennon,
soit dit en passant.
Je l'ai lu dans le journal du dimanche...
Hé ! Maggie !
Je t'ai dit de pas m'approcher !
Je nettoie les feuilles, comme t'aimes !
Faut qu'on discute. Tu réponds pas au téléphone.
Parce que j'ai pas envie de discuter. Et t'avise pas de débarquer au resto.
Hé, Mag. Écoute-moi.
Hé, écoute.
Je sais que t'es fâchée, mais va pas voir la police.
Ce gars-là, Tommy, c'est un vrai psychopathe.
Si tu parles à la police, je sais pas ce qu'il risque de faire.
À toi ou à moi ?
À toi, à moi ou même à nous deux. C'est surtout toi qui m'inquiètes.
Va te faire foutre, Jay !
Mon avocate va t'appeler.
Garde tes conneries pour elle.
T'as appelé une avocate ?
Mag, je t'en prie !
Mag, t'es pas sérieuse ?
C'est ton psy qui t'a dit de faire ça ?
Si ça ne vous ennuie pas,
j'ai un peu mal aux épaules et à toute la zone autour du cou.
Il faut un début à tout, n'est-ce pas ?
Je vis dans le stress, là.
J'ai un tas de décisions à prendre
qui auront un impact sur mon train de vie.
Mes revenus disponibles.
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