The Vanquished

The Vanquished (I Vinti)

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Ang unang 200 linya.

Les vaincus.

Peu importe que ces histoires soient vraies ou non.

Considérez-les inventées puisque vues sur écran.

Considérez-les vraies puisqu'elles arrivent tous les jours.

Parce qu'elles font l'actualité tous les jours.

Ces histoires sont le lot de la "génération burn-out".

La génération qui était enfant pendant la guerre

et qui, quand elle ouvrit les yeux ne vit qu'une chose au monde :

la mobilisation générale de la violence.

Le spectacle était si impressionnant,

si invasif, qu'il cachait tout le reste.

Même la bonté, la générosité, le sacrifice

qui fleurirent cependant ces années-là aussi.

La violence était triomphante. Elle avait une allure jeune et sportive.

Parvenant à simuler une sorte de juvénile innocence.

Sa loi primait sur tout autre.

Sa caractéristique sociale

était le mépris de toute société dans le triomphe de l'audace individuelle,

cynique, dénuée de remords.

Quand la "burnt-out generation"

fit la une avec une série de délits,

il était évident que ce n'était pas une délinquance

due à la pauvreté et aux inégalités sociales.

Les nouveaux héros des journaux étaient des jeunes de familles aisées.

Ils n'étaient poussés au crime ni par nécessité,

ni par l'infériorité sociale,

mais par le besoin d'accomplir des gestes exceptionnels,

d'émerger, de se prendre pour une vedette de thriller,

de BD, de films de gangsters.

Guerre, faits divers, BD et cinema, formaient un idéal :

la célébration de la violence comme triomphe personnel.

Leur unique raison de verser le sang étant d'affirmer,

par un geste cruel, la victoire du culte de soi.

Quand le héros des journaux réalise sa misère

et sa perte d'une bataille inutile,

il est trop tard.

Pendant que d'autres admirent son geste, magnifié par les journaux,

et veulent l'imiter. Ainsi le cercle vicieux recommence.

Dans un but opposé, voici nos histoires.

Trois histoires différentes, de trois pays différents.

Mais toutes semblables, dans leur tristes motifs.

Nous ne les embellissons pas,

avec un charme qu'elles n'ont pas.

Nous les raconterons sans ajout, sans emphase,

ainsi vous verrez leur réalité, regarderez sans fioriture

une sordide réalité, inapte à séduire quiconque.

FRANCE

ITALIE

Qu'est-ce que c'est ?

Un incendie.

Oui, un incendie. Tant que l'assurance paye.

Je venais de m'endormir, pourquoi ces sirènes la nuit ?

Quelle chaleur !

L'eau est chaude.

Giulio, Claudio n'est pas là. Il t'a dit où il allait ?

- Qui ? - Claudio !

- Il avait dit qu'il restait là. - Il a dû changer d'avis.

Mais il est 4 h du matin !

- Oui. - Où peut-il être à cette heure-ci ?

Il lui est peut-être arrivé quelque chose ? Il est si fragile !

Il n'est pas fragile, c'est un hypocrite ! Je ne me fais plus d'illusion.

Je commence à le comprendre. Et lui croit que je ne le connais pas.

Quel désordre ! Je ne tolère pas de voir ses livres ainsi.

Il lui faudra une autre bibliothèque.

Voilà !

Tu veux savoir où il est ?

Tu la connais ? L'a-t-il invitée à la maison ?

Claudio n'invite jamais personne, il est toujours invité partout.

Exact, il doit être à une fête, le veinard.

Eh bien, il est photogénique.

Je me recouche.

Cet incendie va sans doute m'occuper demain au bureau.

Je suis inquiète, il n'a jamais fait ça. Je lui dirai demain.

Tu devras t'y faire, ce n'est plus un gosse.

Avec toutes ces poules autour ! Espérons-le sauf !

Jeep 35-95, reçu.

- La barque arrive. - Nous partons tout de suite !

Nous arrivons. Terminé.

Attrape !

Les voilà.

Je descends.

Depuis que je deale des cigarettes ma femme ne fume plus !

La Douane !

Halte ! Halte !

La Douane, partez !

- Laissez-moi passer. - Non.

- Laissez-moi passer. - Non.

Allez !

Eugenio, Eugenio.

Voilà, Madame.

Mon fils a dit où il allait ? Quequ'un l'a appelé ?

- Oui, M. Olivieri. - Qui est-ce ?

- Je l'ignore, mais il appelle souvent. - Quel est son prénom ?

Restez calme, ce n'est pas la première fois qu'il rentre tard.

- Tant de malheurs arrivent ! - Qu'allez-vous penser !

Si vous voulez on peut aller au commissariat, voir les hopitaux.

- Ca n'est jamais arrivé ! - C'est arrivé aujourd'hui.

Sais-tu quelque chose de la fille sur la photo ?

Non. Un certain M. Olivieri l'a appelé. Comment le joindre ?

Tu ne connais pas les amis de ton fils ?

- Sans doute des copains de fac. - Je vois, je vais au commissariat.

- Je viens aussi. - Non,

je t'appellerai après avoir vu l'inspecteur.

Ca ne va pas ?

Vous voulez que j'appelle quelqu'un ?

Rien à l'hôpital, bonne nouvelle, non ?

Ne t'inquiète pas, l'inspecteur pense comme moi.

Il envoie quelqu'un à la maison. Oui, deux officiers.

Non, juste une formalité.

Tu pourras t'expliquer et donner tous les noms.

La fille, la fille.

L'inspecteur demande

si Claudio a eu des ennuis.

Oui, s'il s'est disputé avec cette fille.

Non, inspecteur, je l'ai déjà dit,

mon fils ne ferait rien de stupide pour une déception.

On n'a jamais rencontré cette jeune fille, mais c'est pareil.

Je passe au bureau un moment et je rentre à la maison, d'accord.

- Merci de votre gentillesse. - De rien.

Heureux d'avoir pu aider un ami de l'honorable Valeri.

Garde !

Fusillade sanglante à Sao Paulo contre la Police et les douanes.

D'habitude on attend un jour ou deux, il a pu quitter Rome.

Mon fils nous aurait prévenus.

Pas de querelle avec son père ?

Mon mari l'a dit à l'inspecteur, il n'y a rien eu.

- De qui sont ces lettres ? - De copains d'école, d'amis.

Je ne comprends pas pourquoi vous regardez ces papiers.

Claudio a peut-être eu un accident.

- Votre fils fait du trafic ? - C'est absurde !

C'est juste un garçon en première année de fac.

Merci, madame.

Toi, viens ici.

- Où étais-tu quand tu as entendu les tirs ? - A l'usine.

- Qui était avec toi ? - Les autres.

- Quelle heure était-il ? - Environ 5 h.

- Je reviens de la maison Valmauro. - Plus tard.

Pardon, ce jeune, Claudio Valmauro... regardez ce que j'ai trouvé.

Joue quelque chose de plus pathétique, Marina a besoin d'atmosphère.

Les gars, appelons Claudio, sinon on est ruinés.

- Crétins ! - Pourquoi, ce n'est pas vrai ?

C'est spirituel !

- Réellement, pourquoi il n'est pas là ? - Il a dû trouver une blonde.

Tant pis pour lui. Je m'en moque.

- Qu'as-tu ? - Si tu veux que je te console, je suis là.

- Le voilà, du calme. - Il joue les existentialistes !

Claudio !

Depuis ce matin ta mère me harcèle au téléphone !

Elle a commencé à 8 h..

- Qu'a-t-elle dit ? - Tes parents sont allés au commissariat.

Où étais-tu cette nuit ?

Pourquoi cette tête ?

- On peut sortir un moment ? - Tu veux que je laisse tout le monde ?

Les gars, faites comme chez vous.

- Qu'est-ce qu'il y a ? - Rien.

- Partons. - Passons par là.

Marina Locatelli, au 3ème étage.

- Elle est là ? - Oui, elle reçoit.

Je vous accompagne.

Ce sont des excuses, qu'est-ce que tu crois ?

Je suis furieuse !

Tu pourrais avoir le bon goût de ne pas m'impliquer.

Quand j'ai parlé à ta mère, elle avait une voix !

Tu crois que j'ai tort ? Dis-le !

Tu dis que tu viens me voir, et tu cherches l'aventure.

Tu vas mal, et tu es saoûl.

- Arrête, Marina. - Arrête toi ! J'en ai assez !

Je m'en fiche que tu ailles avec d'autres filles ! Fais ce que tu veux !

Mais sans drame et scènes pathétiques.

- Dis les choses en face. - Je t'en prie, Marina !

Il n'y a personne d'autre.

Personne.

Je ne pensais pas tenir autant à toi.

Je ne t'ai pas trompée. Je te l'aurais dit. Mais tu ignores une chose.

Une ? Je ne sais rien de toi, même pas si tu tiens à moi.

C'est la première fois que tu me le dis.

Je dois partir. Ce serait bien de partir ensemble.

De voir des pays lointains,

de partir quand on veut et revenir quand ça nous chante.

La vie serait belle. C'est la seule façon d'être heureux.

On a besoin d'argent, beaucoup et tout de suite.

Parce que je veux vivre cette vie jeune. A 20 ans !

Pas quand je serai vieux.

- Tu comprends ? - Que dis-tu ?

Qu'est ce qui t'arrive ?

Tu t'es disputé avec tes parents ? ça arrive, vous ferez la paix.

Ils te donnent tout ce que tu veux.

Tu crois que mon argent vient de mon père ?

Je l'ai gagné moi-même ! Ce n'est pas difficile, tu sais.

Ca marche bien.

Très bien !

Encore quelques mois et je serais venu te chercher.

Je veux me sauver moi-même, tu vois ? Je ne me sens pas coupable !

Personne n'a le droit de prendre ma liberté !

Que faire, me livrer ?

Passer des années en prison.

Pourquoi renoncer à tout ? Je ne m'y résignerai pas.

Ca me rend fou rien que d'y penser.

Renoncer à ma jeunesse ! J'ai tout fait pour en profiter !

Je crois avoir encore ce droit.

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