Night of the Dark Full Moon
Ang unang 200 linya.
J'ai voulu voir ce terrain une dernière fois.
C'est devenu superbe, comme si rien ne s'était passé.
Quand ils détruiront la maison, rien n'en restera.
Rien...
sauf mes souvenirs.
J'ai grandi dans une ville voisine dont mon père était le maire
et où cette maison attendait ma venue.
Wilfred Butler l'a construite.
Nous ne l'avons jamais vu. Il n'était jamais chez lui
avant la veille de Noël 1950,
où il a fini par revenir
pour la dernière fois.
Nous avons tous cru sa mort accidentelle.
Nul ne savait que quelqu'un d'autre était venu ce Noël-là.
En tant que coroner adjoint du comté d'Arlington,
dans l'état du Massachusetts,
je conclu, d'après l'examen du légiste du comté,
que le défunt Wilfred Butler
a succombé aux brûlures accidentelles
qu'il s'est infligé chez lui en ce 24 décembre 1950.
Ce décès ne nécessite aucune autre enquête
et l'affaire est officiellement classée sans suite.
SILENT NIGHT, BLOODY NIGHT
Après l'enquête officielle, le jour de l'an,
Wilfred Butler fut enterré.
Personne ne vint le pleurer,
comme si on enterrait un inconnu.
Moi, Wilfred Butler,
sain de corps et d'esprit,
du moins aux yeux de ce monde,
lègue ma maison, son terrain et les effets contenus en ce lieu
à mon dernier parent vivant,
mon petit-fils, Jeffrey Butler.
Je n'exigerai de lui qu’une seule condition :
qu'il laisse la maison telle que je l'ai laissée,
soumise à aucune modification
pour rappeler au monde son inhumanité
et sa cruauté.
20 ans durant, la maison resta vide,
exactement telle que Wilfred l'avait laissée.
Puis, l'année dernière,
la rumeur courut qu'on l'avait enfin mise en vente.
La nouvelle se répandit dans tout le comté,
jusqu'à l'hôpital pénitentiaire des aliénés criminels.
DÉFENSE D’ENTRER -
L'homme chargé de vendre la maison ne l'avait jamais vue.
C'était un homme de loi venu de la ville
pour faire son travail en y prenant plaisir.
Stop !
Prends l'air sérieux, s'il te plaît.
Tu es désespérant !
Regarde !
Attends ! Où tu vas ? Il y a des réparations à faire.
Une dernière photo...
Allez...
Ne bouge plus. J'en veux une de nous deux.
Souris !
Pour connaître toutes les nouvelles, restez branchés sur WLIX,
la voix du Nord-Est.
Ici Roger Fowler qui vous transmet les nouvelles locales.
En voici le sommaire :
un incendie d’entrepôt suspecté d'être d'origine criminelle,
l'évadé de l'hôpital pénitentiaire toujours en cavale,
et une loi controversée sur l'immobilier vient d'être votée...
Ne te l'avais-je pas dit..?
C'est superbe.
Peut-on visiter le reste ?
Il n'y a rien d'autre à voir.
Je crois que le maire m'attend.
Mon amour est un homme si important.
Ouais... Ma femme le dit toujours.
- Chéri... - Quoi ?
Ne t'attarde pas.
Chérie, si tu t'ennuies, admire la vue.
Tôt ou tard, ce pont nous ramènera chez nous.
HÔTEL DE VILLE D'EAST WILLARD -
M. Carter...
Monsieur le maire...
Faisons les présentations...
Voici Charlie Towman, rédacteur de l'hebdomadaire "The Patriot".
Voici Tess Howard, notre standardiste.
Elle opère nos raccordements téléphoniques.
Et voici Bill Mason, notre shérif.
Veuillez vous asseoir,
en bout de table.
Merci.
Je... ne m’attendais pas à tous vous rencontrer...
Quel accueil !
Alors, commençons.
Comme vous le savez, Jeffrey Butler m'a engagé
pour m'occuper de cette maison héritée de son grand-père,
Wilfred Butler.
Continuez, M. Carter.
On m'a dit que vous aviez demandé à mon client de vous la vendre.
Pas demandé... supplié.
- En envoyant maintes lettres... - C'est bon, Tess.
C'est pourtant vrai.
- Nous n'avons eu que des ennuis. - Je compatis.
20 ans que je m'efforce à empêcher les gens de l'approcher.
Rôdeurs, cambrioleurs... Les gosses, ce sont les pires !
Tout ça à cause de ce testament...
Cette ineptie à propos de l'humanité...
Non, non... "L'inhumanité"... Si ce mot existe !
Certes, un homme.... aigri.
- Haineux. - Le mot est fort !
Je ne vois que ça.
La haine seule l'animait. Certains naissent comme ça.
À ce propos...
cette maison vous intéresse-t-elle toujours ?
- Nous offrez-vous de l'acquérir ? - Exactement.
Pourquoi maintenant ?
Disons que... M. Butler a ses raisons...
Nous ne sommes pas riches, vous le savez.
Beaucoup d'entre nous ont migré ici durant la dépression.
Mais nous aimons cette ville.
C'est notre chez nous.
Bien sûr, vous y apporterez des améliorations.
Exactement.
Mon client partage tout à fait votre sentiment...
Il est prêt à sacrifier cette maison
en échange de $50'000
en liquide... demain midi.
- C'est une somme énorme. - Mais une excellente affaire !
Vous pourriez aller à Wilton.
Pour vous rendre à la banque.
Me suis-je bien fait comprendre ?
Tout cet argent..!
Parfait.
Je vous accorde jusqu'à demain pour me répondre.
Passerez-vous la nuit ici ?
- Oui. - Puis-je savoir où ?
À la maison de M. Butler.
Laissez-nous vous réserver une chambre au motel
- à titre gracieux. - Non, non. La maison me convient.
Le motel Paradise...
Trop aimable, mais je dois y rencontrer M. Butler.
S'il vous faut un téléphone, je peux vous reconnecter.
Ne vous donnez pas cette peine.
Ce sera très facile. Il vous faut bien un téléphone.
L'isolement est vite pesant.
Me voici... convaincu. Merci.
À propos...
Connaissez-vous M. Butler depuis longtemps ?
Je ne l'ai jamais vu. Il m'a contacté par téléphone.
J'ai accepté puis reçu la clé à mon bureau.
Monsieur le maire... Shérif... M. Towman... Mlle Howard...
Voyons-nous demain.
Il me... tarde même d'y être.
Ce type joue au malin.
- Normal, pour un grand avocat... - Trêve de lieu commun !
Il nous a regardé de haut ?
- Et sa tenue ? - Il ne fait que son travail.
On ne me la fait pas.
Moi, j'aimerais bien voir deux avocats qui parlementent.
Aucun ne saurait quoi penser.
Moi aussi, je t'aime.
Chérie, à mon retour, je te promets une belle surprise.
Allons, si je te le dis, ce ne sera plus une surprise !
Non, je ne peux pas rentrer maintenant, mais très bientôt.
Très bientôt...
Mais... Chérie... Bien sûr que tu me manques !
Oui... Oui... Maman me manque aussi.
Laura, comment ça va ?
J'appellerai demain.
Non, j'insiste, pour parler à Jenny.
À dire la vérité, je...
Je passe un assez bon moment.
À toi aussi, chérie...
Comment ça, "hostile" ?
Je m'interroge...
Une fois à nous...
Qu'en faisons-nous ?
Rasons-la !
D'accord... D'accord...
Je ferais bien d'y aller.
Tess, rendez-moi un service.
Prévenez Diane que je serais à Wilton
et que je rentrerai tard.
DÉFENSE D'ENTRER -
C'est fantastique, tu ne trouves pas ?
Si...
Si, Butler n'a pas exagéré.
L'endroit est longtemps resté inhabité.
Quel gâchis !
C'était le "monument" de son grand-père.
En fait...
Le gardien l'a entretenu dans son état original.
Quel genre de monument ?
C'est tout le problème...
Plus personne ne s'en souvient.
En Amérique, c'est une habitude.
Ça, je m'en souviens.
"Et il m'accompagne en me parlant, en me disant que je suis à lui."
Tu n'es pas sérieux.
C'est un chant funéraire.
- Funéraire ? - Oui.
Quand j'étais gosse, à Pétaouchnok.
Et à Pétaouchville...
Deux bourgades qu'on a ensuite rasées de la carte.
Seul le traiteur était ouvert.
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