Ang unang 200 linya.
...
Elle se souvient d'une femme qui rit.
Viens, tu vas voir.
-Non, écoute. -Mais si...
Elles éclatent de rire.
Et si on se fait prendre ?
Et si on se fait prendre ?
Quel scandale, hein ?
La République m'emmerde !
Mussolini, c'est autre chose. -Parlons-en.
Deux gin-fizz.
Il détruit la franc-maçonnerie,
mais il demande à un rouge de représenter la France à Rome.
-Tout fout le camp ! -Toujours les mêmes têtes.
-Les faillites, les bénéfices fictifs,
on vit la mort de l'Occident.
-Il nous faut un Hitler. -Non, il est cinglé.
-Daladier a proposé en douce des portefeuilles aux socialistes.
Le père Lebrun peut mouiller son froc.
Avec les Bolchos, on fait pas joujou longtemps !
S'il y a du pétard, il fera quoi pour la France,
ton Breton ?
-Ce qu'ils peuvent être casse-pieds.
L'enfant prodigue de la gloire
Napoléon, Napoléon
-Tu nous soûles avec Napoléon.
*-Parlez-moi d'amour
Oh, dites-moi des choses tendres
J'aime mieux ça.
*-Par vos beaux discours
-Trop foncés, on dirait des doigts de sang.
Je voudrais qu'on me parle avec des mots qui me fassent rêver.
-Oh, tu ne vas pas recommencer.
-Elle est bien, ta bague.
Tu me la prêtes ? -Fais attention, elle est en or.
C'est Paul qui me l'a donnée.
-Tu as de la chance qu'on t'offre des bagues.
Ca viendra.
-Oui, mais un type vraiment bien, tu vois.
Qui m'emmènerait en Bugatti aux Sables-d'Olonne.
Oh, excusez-moi.
Les hommes,
c'est de l'autre côté. -Merci.
De rien.
-Rêve pas debout, l'âme soeur, c'est du roman.
Bon, je passerai te reprendre tout à l'heure.
*Chanson inintelligible au transistor
...
-Je vous dérange ? -Mais non, pas du tout.
...
-C'est quoi ? -"Le Soulier de satin".
Ah ouais ?
Je peux ?
Euh... oui.
Non.
J'ai pas vraiment faim.
Vous avez du beurre, là.
...
Tu veux coucher avec moi ? -Espèce de putain !
-T'es pas vraiment fait pour comprendre, hein ?
Merci pour le casse-croûte.
Oh, le café brûle !
-Et si on se tirait de chez nos parents ?
En Amérique, plein de filles le font.
Elles quittent leur maison le matin, l'air d'aller à l'école,
et à peine tourné le coin de la rue, elles filent en Californie.
C'est loin, la Californie.
Des cloches sonnent.
...
Sept heures.
-Qu'est-ce que je vais dire à ma mère ?
Et moi ?
...
Elle frappe.
C'est toi, Violette ?
Tu as encore oublié tes clés ?
Violette, où es-tu ?
Oui !
Que se passe-t-il ?
-Je cherche ma clé, elle est tombée de mon sac.
-Dépêche-toi, papa t'attend pour sa belote.
Bonsoir.
Alors, et ma petite belote ?
Bonsoir. -Bonsoir.
Bonsoir.
Va mettre la table.
Qu'est-ce que c'est que ça ?
-Oh, j'ai oublié de te dire. -Quoi ?
-Je l'ai trouvée. -Mais où ?
Dans la rue.
C'est de l'or, ça.
Qu'est-ce qui se passe ?
-Elle a trouvé une bague en or, je la porte aux objets trouvés.
Une bague en or ?
-Une petite fille n'a pas besoin de bague
et doit d'abord sentir bon la savonnette.
-J'ai trouvé des lettres dans ton tiroir.
-Des lettres ? -Chut.
Tu n'as pas honte ?
Honte de quoi ?
Heureusement, j'en ai pas parlé à ton père :
"Mon Paul, mon roi.
Mon amour."
Qui c'est ce Paul ? -Personne, maman.
-Mais c'est écrit noir sur blanc ! -Ne crie pas, j'en sais pas plus.
-Enfin, c'est ton écriture, ça !
Ah ! ça me revient maintenant.
C'est le...
Le brouillon d'une rédaction que j'ai envoyée la semaine dernière.
Une rédaction sur l'amour, tiens.
-Une rédaction sur l'amour...
-Qu'est-ce qu'elle fait, la petite ?
-Elle se lave, papa. -Elle en met un temps.
-Violette aura peut-être un jour une salle de bains.
Alors, il faut lui donner une éducation hygiénique.
Oui...
-T'inquiète pas, j'en ferai une demoiselle comme il faut.
Evidemment.
Au lieu d'être mécanicien, t'aurais aimé que je sois ingénieur.
-Mais non... -Mais si, mais si, je sais.
-Tu as quand même conduit le train du président Lebrun.
Oui, parfaitement.
-Combien de sucres ? -Rebelote.
Ben, Violette ?
Excusez-moi.
-Ma parole, tu veux me rendre diabétique ?
Excusez-moi.
C'est pas grave.
Qu'est-ce qu'elle a ?
Ben, va lui parler, toi.
-Ca va, ma petite Violette ? -Oui.
Tu serais mignon avec la raie au milieu.
Attends, j'ai une idée, viens.
On va te déguiser en millionnaire.
-Oh oui. -Avec la raie au milieu, voilà.
Comme ça, tu lui fais deux crans.
On mettra un peu de gomina. -Je suis pas une poupée.
Je vais chercher le costume.
Tu devais être beau avec ton costume de mariage.
Il était superbe.
-Les billets étaient tombés du portefeuille de papa.
Ce portefeuille est si usé que les billets fichent le camp.
T'as coiffé papa comme je te l'avais dit ?
-Je crois qu'on a assez joué pour aujourd'hui.
-C'est à l'envers. -Mais celle-là est à l'endroit.
-Mais c'est tout... -Mais non.
Mais regarde ce qu'il fait.
Il a un sérieux coup de crayon, mon cousin, quand même.
Qu'est-ce qu'ils font là ?
-Ben, il est en train de la machiner.
Ah, il a un beau coup de crayon.
-Je vais jamais finir mon bouton, moi.
Chuchotements, rires
...
Oh, j'ai froid, moi.
-Mais retire ta chemise. -On va réveiller la petite.
Mais non.
Ah, j'ai froid.
-Va chercher le chiffon, tu vas salir les draps...
-Dis donc, va chercher le chiffon, tu vas salir les draps.
Il est là ?
Oui.
Attends.
Gémissements
...
Hm... -Chut, pas si fort.
...
Attention, attention.
Violette, tu dors ?
-Tu penses, à peine la tête sur l'oreiller, pouf.
L'immeuble pourrait s'écrouler.
Ben oui, mais écoute,
suppose qu'un jour, elle se réveille.
-Elle doit bien penser qu'entre mari et femme...
...
Je vous emmène quelque part ?
-Je voudrais aller à la mer. -Non, mais ça va pas ?
Et à quelle heure je vais rentrer chez moi ?
Et si on faisait une petite causette à l'intérieur ?
Laissez-moi, j'ai chaud.
Ca m'étonne pas.
Allez...
Ben quoi, on est bien, là ? -Non, laissez-moi, j'ai chaud.
Je voudrais aller à la mer.
Il s'arrête.
Oh, mais écoutez, mais laissez-moi.
-Espèce de petite allumeuse, va.
Elle le mord. Salope !
Casse-toi, pucelle, connasse !
Petite pucelle allumeuse et conne !
...
Au revoir, papa.
Bon.
Oh...
Violette, on ne laisse pas traîner des secrets.
Violette.
Si papa savait ce qu'il y a dans ces lettres, il nous tuerait.
Tu as son élégance.
Tu crois, tu crois ?
Ouh, la, la, la !
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