Ang unang 200 linya.
Que voulez-vous ?
Rien, je regarde.
Ces costumes soldés sont très mode.
Je ne veux pas de costumes.
Mais vous les regardiez.
J'avais envie. Ça pose problème ?
Et un pull ?
Un pull ? Je ne vois que des costumes.
Fermez-la.
Celui-là coûte combien ?
ll est soldé.
Je le sais.
C'est une ''occase''.
Une ''occase'' ?
C'est super cher.
A côté, il est à moitié prix.
ll doit être moins bien.
Nul ! Vraiment nul !
Ne le ramasse pas ! Et ne doute jamais.
''Moins cher, moins bien !''
Tu le sais, il le sait, on le sait tous.
- Oui, mais... - Tu as peur du client !
- Pas du tout. - Si. Tu as peur.
Toujours avoir l'initiative. Tu as tout raté.
Quelles sont ses erreurs ?
Ses habits sont mal repassés.
ll a dit : ''Que voulez-vous ?''
Exact ! C'est nul. ll faut dire :
''Puis-je vous aider ?'' ou ''On s'occupe de vous ?''
''Que voulez-vous ?'', c'est stupide.
En plus,
il a contredit le client.
Le client a toujours raison. Même les enfants le savent.
Et s'agenouiller, c'est perdre son autorité.
Et on ne dit pas ''occase''. C'est horrible.
Total : zéro sur cent.
Jeunes gens,
votre meilleure note est 1 2.
On a du pain sur la planche.
Quelqu'un a déjà réussi à avoir 1 00 ?
Oui.
Une fois.
ll était parfait.
ll nous a convaincus d'acheter les habits pour de vrai.
J'ai acheté un tee-shirt de basket, et je déteste le basket.
Je l'ai encadré dans mon bureau.
C'était une machine. ll lisait dans nos pensées.
C'était un magicien, une bête,
un animal né pour vendre.
Je n'ai jamais rien vu de pareil.
Ne faites pas attention à ça.
C'est provisoire.
C'est juste pour dormir,
ce n'est pas mon vrai chez moi.
Je suis un homme élégant,
qui désire vivre dans un monde élégant.
C'est trop demander ?
En attendant, je préfère la sobriété plutôt qu'une déco minable.
Un jour, je partirai d'ici et j'aurai la vie que je mérite.
Les gens ont un vrai problème.
lls n'ont pas de goût.
Regardez ces habits. C'est affreux !
Vous allez me dire qu'ils sont pauvres.
Mais quel rapport avec cette veste ?
Plutôt mourir que d'avoir une vie médiocre,
comme la majorité des gens.
Je sais quelle maison je veux, quelle voiture,
et même où l'acheter et son prix.
40 000 euros, plus la TVA.
lntérieur cuir, tableau de bord en bois et GPS incorporé.
Rien ne sert de penser, il faut agir.
Rien ne sert d'attendre, la chance n'existe pas.
ll faut la provoquer, tous les jours.
Les opportunités sont à notre portée.
ll faut oser les saisir.
Moi, je n'ai pas peur.
Si une chose me plaît, je la prends.
Les gens sont malheureux
parce qu'ils n'osent pas prendre les choses qu'ils aiment.
LE CRlME PARFAlT
LE CRlME FARPAlT
Sans but, on n'arrive à rien dans la vie.
Moi, j'ai un but, et je suis sur le point de l'atteindre.
Bienvenue dans mon monde où tout est parfait.
La lumière, la musique,
les couleurs,
l'arôme.
- Que fais-tu ? - Pour que tu penses à moi.
- Ça va ? - Un peu nerveuse.
C'est bon pour ce soir ?
À 22h, aux cabines d'essayage.
C'est une folie !
J'aime les femmes, toutes les femmes.
Enfin, presque.
Rien ne les attire plus qu'un célibataire.
Elles le sentent. Je l'ai vu à la télé.
Leurs gènes les obligent à nous pousser au mariage.
La femelle veut contrôler, dominer,
et procréer.
Elle doit maintenir le cycle vital.
Elle sélectionne le mâle, exhibe ses plumes...
et au final, on est endetté
et il faut nourrir une ribambelle de chiards.
ll est trop tard.
J'en ai la chair de poule.
C'est ça, mon destin ?
lci, j'ai trouvé ma place, mon refuge.
Je suis le prêtre d'un temple païen
qui vit entouré de ses fidèles.
Roxanne, sauvage et passionnée.
Aime baiser dans les vestiaires.
Son instinct animal ressurgit dans les lieux insolites.
Le bon vieux Alonso.
Prêt à tout pour me faire plaisir.
C'est un lèche-cul, mais il me plaît.
- Tu bosses ou quoi ? - Oui, Rafael.
Susana, mariée, deux enfants.
Envoûtante et fascinante.
La routine familiale a fait d'elle une bombe sexuelle.
Jaime, pauvre homme.
A mis sa copine en cloque et a dû l'épouser.
Parle sans arrêt de ses enfants pour se rassurer.
Mais c'est un bon gars.
Helena, innocente et simple.
Mais un corps parfait, et quelle poitrine...
Et elle cuisine de ces beignets...
Voici la frontière.
C'est la fin du rayon Femmes, mon royaume.
Après, c'est le côté obscur.
L'effrayant rayon Hommes.
Ça va ?
Bonjour.
Don Antonio est un pro. Plus de 20 ans d'ancienneté.
ll aime habiller les hommes.
Mais je crois qu'il préfère les déshabiller.
Malgré sa répugnante moumoute,
c'est mon seul rival pour le poste de R.D.E.
Responsable D'Exploitation. Ça signifie :
être le roi, posséder un bout de ce paradis.
Actions de l'entreprise, pourcentages sur les ventes,
et avec le temps, accès au Conseil de la Direction.
Avant...
ll y avait M. Emilio.
ll était comme un Dieu immortel déambulant parmi nous.
Son sang était différent du nôtre.
Et en effet, il est mort de leucémie à Noël.
Tiens, prends ça ! Et ça !
Le poste reste vacant.
La direction choisira l'un de nous deux.
Ça les amuse de nous voir nous étriper.
Le meilleur chiffre d'affaires gagne.
Lui,
ou moi. C'est la seule issue.
Alors, champion, on est prêt ?
C'est le dernier jour du mois. Tu vas cartonner. Je le vois déjà.
Tu as les chiffres ?
Avec hier, 90 000 euros.
Et Don Antonio ?
95 000 euros.
Merde.
ll vend les cravates comme des petits pains.
ll me reste 8h.
8h à partir de...
à partir de...
encore un peu,
maintenant.
Bonjour, ça va ?
- Vous êtes radieuses ! - Merci.
Tout le plaisir est pour moi.
Quel homme charmant.
Eva, un paquet-cadeau.
À bientôt, Madame. Vous serez divine.
- Quel flatteur ! - ll est irrésistible.
- J'en suis où ? - Ça va bien.
- Qu'est-ce qu'il y a ? - Devine.
ll a vendu un truc cher.
Tu n'imagines même pas. Un smoking.
- Ceux du Nouvel An ? - Non, un bon.
Un super cher.
Celui-là ira mieux avec vos yeux.
Un smoking, l'enfoiré. ll est quelle heure ?
- 21 h30. - Encore 30 minutes.
lmpossible, il faudrait vendre 7 robes ou 4 manteaux.
- Ou un truc cher. - Je sais.
Une télé à écran plasma.
C'est quoi le plasma?
C'est... un truc qu'on met dans la télé.
Mais, ce n'est pas à cet étage.
Je dois trouver une idée et vite.
Et alors, je l'ai vue.
C'était elle.
- Laissez-moi. - Mais...
Ferme-la, tu vas l'effrayer.
Elle était là, devant moi,
dans le rayon Lingerie, telle une biche dans les bois.
Ce type de femmes est rare dans ce climat.
Elle est venue flâner.
Sa façon de tenir son sac. Regardez, elle le balance.
Elle s'est jurée de ne rien acheter,
mais au fond d'elle-même, elle le désire.
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