Ang unang 200 linya.
VIVRE LIBRE
Quelque part en Europe...
À la mémoire de ceux qui sont morts pour la paix dans le monde
HITLER ENVAHIT
Citoyens, faites confiance au soldat allemand
Nos écoles et tribunaux garderont leur liberté.
Les jugements auront lieu dans nos tribunaux
avec un jury et sans intervention allemande.
Cependant, tout incident visant les forces armées
relèvera de la juridiction du Major von Keller en charge du secteur.
Veuillez obéir aux règlements afin de garder nos libertés.
HITLER PARLE POUR L'EUROPE UNIE
Albert, tu vas être en retard.
Assieds-toi mon chéri, ton petit déjeuner va refroidir.
Bonjour, mère, vos rhumatismes vont mieux ?
J'ai à peine fermé l'œil.
Je suis sûre qu'il va pleuvoir. Voilà le journal.
Des mensonges oui !
Il pourrait t'intéresser aujourd'hui.
Du lait ! Comment l'avez-vous eu, mère ?
J'ai eu une ordonnance.
Êtes-vous malade ?
Je ne me porte pas bien depuis ta naissance.
Mais je ne t'en veux pas.
Non, non, non. Tu sais que je déteste le lait.
Je ne vois pas pourquoi tu ne profiterais pas de mon état.
Enfant, tu étais si fragile.
J'ai pu te sauver la vie en te donnant beaucoup de lait.
C'est scandaleux, tant de vaches et pas de lait.
Regarde ton veston. Ce sale chat !
Viens là, enlève-le, que je le brosse.
Si cette fille pouvait retenir son chat !
C'est à cause de ses miaulements que je n'ai pas pu dormir.
- Pas à cause de vos rhumatismes ? - Ça et le chat.
Finis ton lait. Vilain !
Il y a des gens qui obtiennent du lait sans ordonnance...
J'ai entendu dire que chez le maire, ils avaient tout un pot de crème.
Notre maire se porte bien... De même que nos commerçants.
À cause du marché noir... Ils n'ont rien à nous vendre.
Ni viande, ni beurre. Vendus au noir.
10 fois plus chers.
Et on ne pense pas à augmenter ton salaire.
L'instituteur doit mourir de faim,
alors que des hommes qui ne savent pas écrire leur nom s'enrichissent.
Enfin, au moins l'ordre est rétabli.
La ville est paisible, Dieu merci, il n'y a pas lieu de se plaindre.
Finis ton lait !
Qu'est-ce que c'est ?
"Liberté".
"Méfiez-vous de la générosité des conquérants.
"Si nous ne les chassons pas de notre pays,
"notre peuple connaîtra des siècles d'esclavage.
"Nous devons résister.
"Et que chacun de nous se dise : 'Cette terre est la mienne'."
Provocateurs !
Ceci est dangereux, mère, je vais le brûler.
Non, pas ici, ils pourraient te voir.
Je surveille. De nos jours il faut même se méfier des voisins.
LIBERTÉ
Ce chat... File !
Albert, dépêche-toi, tu vas être en retard.
- Au revoir, mère. - Au revoir, mon chéri.
Edmond ! Dépêche-toi.
- Bonjour, M. Lory. - Bonjour, Mme Renoir.
Bonjour, M. Lory. Ma sœur a cherché ce chat partout.
Voilà le fugitif. Ne vas-tu jamais rester à la maison ?
A-t-il ennuyé votre mère ?
Non, pas du tout.
Mon frère a crevé un pneu. C'est réparé, Paul ?
Il tiendra jusqu'à la gare.
J'attends Edmond Lorraine.
Il arrive, monsieur Lory.
- Vous voulez bien attendre ? - Si vous marchez vite !
Tu ne l'invites pas pour le festin de ce soir ?
Si, venez. Georges Lambert sera là !
C'est lui qui apporte le dîner !
Il chasse le pigeon.
Tu es stupide !
Est-ce stupide d'avoir à manger ?
Je n'arrivais pas à comprendre ce qu'il faisait sur le toit du bureau.
J'ai compris hier, quand il a apporté un pigeon. Il a des pièges.
Viendrez-vous ?
Merci. Ma mère n'aime pas rester seule. Elle ne va pas très bien.
Vous avez vu ça, M. Lory ?
Paul ! Tu es fou.
Fais attention.
- Pourquoi ? - Des soldats !
Hans ! Tu veux lire quelque chose ?
Essaierait-on de rivaliser avec le journal ?
- Où as-tu eu ça, Paul ? - Sous ma porte.
Nous en avons beaucoup trouvé. Dans toute la ville.
Tu nous diras si tu en as d'autres.
Il y en a eu chez vous ?
Tu es très malin, n'est-ce pas ?
Écoute, je ne veux pas avoir d'ennuis.
Ces gars font juste leur boulot.
- Et tu fais le tien ? - Dès que j'y serai.
Pourquoi t'en prendre à moi ? Tu ne dis rien à Georges.
Fais attention, ne file pas mes bas.
Toutes les mêmes. Vous ne pensez qu'à vos jambes.
Vite, nous sommes en retard.
Ces livres doivent être brûlés, Professeur Sorel.
Sur votre ordre ou sur l'ordre de l'ennemi ?
Juvénal...
Voltaire...
Platon, "La République"...
Mon cher ami, nous devons nous méfier de ce mot "République".
Voulez-vous ma démission ?
Il n'en est pas question, mon cher Sorel.
Nous avons besoin de vous. Toute la ville vous respecte.
Il est dans votre intérêt de bien comprendre nos problèmes.
Excusez-moi, M. Le maire...
Entrez, entrez donc, Lory. Je m'en vais.
Bonjour, Mlle Martin.
- Quelque chose ne va pas ? - Oui Louise, venez ici.
Venez ici M. Lory.
C'est une opération chirurgicale très délicate.
Extraire le cœur sans tuer le malade.
Mais l'histoire de notre pays est celle d'une vieille malade tenace.
Nous commencerons par Charlemagne.
Pourquoi n'amènent-ils pas des Allemands faire ce sale travail ?
Ne vous fâchez pas. Ce ne sont que quelques pages.
Vincent Graf, ferme la porte.
LE MAÎTRE AIME LA MAÎTRESSE
En attendant les nouveaux livres,
nous allons faire des corrections.
Edmond, tu ramasseras les pages
et tu les mettras dans le poêle.
Pages 7 et 8.
Pages 15 et 16.
Pages 21 et 22.
Arrachez-les soigneusement.
Page 30.
Ce sont les Anglais !
Allons, Emilie, n'aie pas peur, nous avons tout notre temps.
Nous devons nous abriter.
Même de nos amis dans le ciel.
En sortant,
vous me donnerez les pages que vous avez déjà enlevées.
Le jour viendra où nous les remettrons à leur place.
Du calme, jeunes gens !
Les filles seraient-elles de meilleurs soldats que vous ?
Puis-je aller voir ma mère ? Les raids l'effraient.
Il y a de la place ici, Mme Lory.
Mets-toi là, mon chéri. Il y a un courant d'air.
Il attrape froid facilement. Il a les poumons fragiles.
- Ils sont au-dessus. - Quatre appareils.
Des Américains. Écoutez-les !
C'est scandaleux. Bombarder des innocents !
Qu'ils restent chez eux ! Tout va déjà assez mal.
J'aimerais que le ciel en soit rempli, Mme Lory.
Ils devraient bombarder l'Allemagne !
Les usines et les chemins de fer de l'Europe sont allemands
tant qu'on est occupés.
Allons, Emilie, n'aie pas peur.
Il n'y a pas de quoi s'inquiéter. Nous sommes en sécurité ici.
Dans quelques instants, tout sera fini.
Regardez M. Lory !
Jeunes gens !
Chantons tous.
Si nous chantons fort, nous n'entendrons plus les canons.
Et je sais que Julian Lamont a une voix puissante.
Ne laissons pas les garçons chanter plus fort que nous.
Vous êtes prêts ?
Sonnent, sonnent, dans le clocher les cloches de l'école.
Voyez comme elles se balancent, entendez-les appeler les gens.
Il est temps de s'arrêter de jouer. Nous travaillerons un autre jour.
Entrez.
Vous avez demandé à me voir ?
Je sais ce que vous allez dire. Je suis ridicule.
Je suis stupide, je suis faible.
Je n'y peux rien, monsieur. Je suis un lâche.
Je ne peux pas supporter la violence, elle me terrorise.
Le bruit, les explosions, ça me fait quelque chose.
Je suis un lâche. Je ne peux plus le cacher aux garçons.
Ils s'en sont rendu compte ce matin. Vous aussi.
Même Mlle Martin.
Asseyez-vous, M. Lory.
Maintenant, elle sait que je suis un lâche.
Aimeriez-vous être transféré dans une région non bombardée ?
Non, monsieur.
À cause de Mlle Martin ?
Oui, monsieur.
Connaît-elle vos sentiments ?
Je croyais que vous étiez un célibataire endurci comme moi.
Comme tous les jeunes, je suis tombé amoureux.
Mais elle est morte.
Mon travail m'a consolé. Notre travail.
Ma famille, c'est cette école, mes professeurs, vous, Mlle Martin.
Mes élèves... Qui ont grandi.
C'est merveilleux d'être professeur. C'est l'œuvre d'une vie.
Le sacrifice en vaut la peine.
Notre rôle est plus important que jamais.
Le moment de se sacrifier est venu.
Notre bonheur se trouve dans notre travail.
Notre maire, qui était ici ce matin, parlait de "devoir"
mais je préfère le mot "travail".
Ces livres doivent être brûlés. Nous les détruirons.
Il nous est impossible de résister physiquement
mais nous le pouvons moralement.
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