Les 200 premières lignes.
RETOUR CLANDESTIN
Elle a un don rare et considérable.
Je me souviens de la première fois où j'ai entendu Robin jouer.
C'était vraiment prodigieux.
- Désolée, mon Père. - Pas de souci.
Elle est prête pour le conservatoire.
Oui, bien sûr.
Demain, elle a un entretien.
Un entretien ?
- Ciao. - Ciao.
Oui.
Très informel.
Une amie du service des admissions
- aimerait entendre Robin jouer. - Quand ?
Elle a un créneau de libre demain après-midi.
Robin pourra quitter mon cours plus tôt.
C'est super.
La voilà !
Tu as été formidable !
Je ne trouve pas.
Non, c'était ta meilleure performance à ce jour.
Merci...
Je suis très fier de toi, ma puce. Bravo.
- Bonjour, Robin ! - C'était merveilleux. Bien joué.
- Marco a adoré également. - Merci.
Maman, j'ai faim...
Félicitations pour ce soir, Robin.
- On mange quand ? - Désolé, je dois filer.
- Au revoir. - Au revoir, Giacomo.
On peut y aller !
Une petite pizza pour célébrer, ça vous dit ?
Une pizza ?
Mais Marco déteste...
J'adore les pizzas !
Bravo ! T'aimes les pizzas !
Va pour une pizza, alors ! Allons-y...
Claire, tu peux volontiers
- te joindre à nous. - Non, je vais rentrer chez moi.
Merci.
D'accord.
Je dois réviser pour un contrôle d'algèbre.
Dois-je décliner ?
Elle a un test d'algèbre.
Je devrais réviser.
Je comprends, mais on rentrera tôt. Promis.
T'en penses quoi ?
Bien sûr, vas-y ! Et amuse-toi bien !
Je suis si fière de toi.
Merci.
Au revoir.
Tu as vu, Marco ? Elle est vraiment douée.
Elle a donné un récital ce soir.
Renato, tu aurais adoré !
Qui ?
Ta petite-fille.
Elle joue divinement bien.
Laquelle ?
Robin !
Tu es mariée ?
Tu avais remplacé mon père...
Tu te souviens ?
Tu étais fou de joie.
Ah bon ?
Tu veux me tuer ? Tu veux me tuer, c'est ça ?
C'est empoisonné. Je le sens !
Elle était là ?
- Je refuse d'en manger ! - Qui ?
Je n'en veux pas !
Je m'en charge.
Accorde-toi un peu de répit.
Ne fais pas semblant pour lui. Ça doit être épuisant.
Tu es là. Son propre fils n'en fait pas autant.
Merci.
Quelle douce mélodie, Claire !
Merci !
- Bonsoir. - Bonsoir.
Robin ?
Que fait ton vélo dans le couloir ?
Je l'emmène à l'école demain pour me rendre à l'audition à vélo.
L'audition ?
C'est ce que M. Sagravas t'a dit ?
Que ce serait une audition ?
Il n'a pas employé ce terme précisément.
Oui, il m'a dit que c'était informel.
Quand ils te proposent de venir jouer, ça signifie que c'est une audition.
Entrer au conservatoire, c'est une grande étape !
Je suis prête.
Je sais, mais tout s'enchaîne tellement vite.
C'est juste une audition, maman. Je ne vais pas m'envoler d'ici.
- Bonjour, Mme Marino. - Bonjour, Maya.
J'ignore comment tu supportes ça. Ta mère est une bonne prof,
mais je suffoquerais si ma mère était partout où j'allais.
Ça m'est égal. C'est aussi une bonne mère...
Une pleureuse s'avançait avec les enfants
Je passai mon chemin
Comme un Prince pleure
Le Domaine dont il a été évincé
Plus âgée, plus sage aujourd'hui,
Plus estompée aussi, comme l'est la Sagesse
Je recherche encore doucement
Mes Palais Fautifs
Pressentant, une Main
Passe sur mon Front de temps à autre
Que je recherche à l'opposé
Le site du Royaume des Cieux
Magnifique.
Beaucoup de choses ont été écrites sur la mélancolie latente de ce poème.
Selon vous, qu'est-ce qui rend Emily Dickinson si triste ?
- Elle a perdu quelque chose. - Oui.
À quoi fait-elle référence quand elle dit :
"Je cherche encore doucement mes palais fautifs" ?
Elle aspire à la vie qu'elle avait.
Oui, elle est à la recherche du mystère,
et de l'enchantement d'un monde qui ne lui est plus accessible.
Très bien. Vos poèmes sont à rendre vendredi.
Continuez de les peaufiner, savourez le processus créatif.
Si l'une de vous veut que je lise
votre poème avant vendredi, donnez-le-moi.
Au revoir, Mme Marino.
Bonne chance.
Il est venu flanqué de sa lolita ?
Bien entendu.
Elle te ressemble toujours ?
Bien sûr que oui. Quand j'étais adolescente.
Certains hommes sont de vrais porcs !
Surtout les ex-maris. Hé !
Attendez ! Attendez !
Donne-moi la main !
Claire !
Claire.
Non, non, non !
Vous ne pouvez pas entrer.
Mais ma fille est là...
N'entrez pas !
Non, non, non...
- Défibrillateur, 200 joules ! - Prêt !
Écartez-vous !
Faites-la sortir ! Partez, madame !
Vous ne pouvez pas rester ici !
Pitié, Seigneur, ne me l'enlevez pas.
Claire...
Je suis venue aussi vite que possible.
Oh, mon Dieu.
Claire, je suis vraiment désolée.
Aucun pouls. Massage. Défibrillateur !
Son doigt a bougé.
Sa main a bougé.
Claire !
Il y a un pouls. Masque à oxygène, vite.
Robin.
Elle a été cliniquement morte pendant 20 minutes.
Il se peut qu'il y ait des lésions cérébrales.
La question est de quelle ampleur ?
On ne le saura qu'à son réveil.
Elle se réveillera quand ?
Difficile à dire.
Bordel, il nous laisse dans le flou total !
Je sais que c'est dur, désolé. Mais il faut attendre.
Je vous laisse tranquilles.
Tu devrais...
Je les ramène à la maison, et je reviens, OK ?
Claire.
Je suis désolé, mais je...
Ne t'en fais pas.
D'accord, à plus tard.
Mon Dieu !
Tu t'es réveillée.
Bonjour, Mamma.
Ta voix.
Oui.
Tu peux parler.
Tu es revenue.
Oui, je suis de retour.
Regarde tout droit.
Ferme les yeux à nouveau.
Ouvre-les.
Très bien.
Bien.
Viens, Robin.
Les yeux fermés. Lentement.
Lentement, voilà.
Très bien.
Très bien, Robin.
C'est vraiment peu commun.
Robin semble fonctionner normalement à tous niveaux.
Si on omet les cicatrices et les hématomes,
elle semble s'en sortir indemne.
Étant donné qu'elle parlait il y a dix ans,
je peux seulement présumer que son traumatisme cérébral
l'a amenée à oublier qu'elle ne voulait pas parler.
Elle va rentrer chez elle aujourd'hui,
mais elle doit y aller doucement.
Les séquelles se manifestent parfois avec le temps.
OK...
Donne-les-moi, je vais les mettre dans la cuisine.
Je prends ton manteau ?
OK.
Tu veux boire un café ou...
Non, je vais...
Je vais y aller. Merci.
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