Les 200 premières lignes.
Portons la voiture va arriver...
Antônio est là-bas. Suivez-moi !
Antônio vient d'un lieu incroyablement éloigné,
incroyablement éloigné dans le temps,
incroyablement éloigné dans l'espace.
Car venir de loin dans l'espace
n'est pas un exploit,
n'importe quel bête ailée fait mieux.
Mais venir de loin dans le temps,
est une entreprise hasardeuse.
Une distance qui pour ne pas être impossible pouvait durer.
Mais au temps de Antônio,
le monde était déjà devenu dingue...
Mais pour bien comprendre la folie de l'époque,
il faut partir du début,
des milliards d'années en arrière, lors de la création.
Tout n'était que sécheresse.
Point de terre, de ciel, d'animaux, ni d'humains.
Il n'y avait rien, sinon les ténèbres.
Alors, Dieu en a eu un peu marre
et a décidé de créer le monde. Il se dit :
"Suis-je bête !"
"Pourquoi rester dans le néant alors que je peux tout inventer ?"
- Et alors, il se mit à inventer. - D'abord il inventa...
Le temps, pour avoir le temps d'inventer le reste.
- Ensuite... - Le ciel,
pour avoir où habiter.
Et comme le ciel devait être au dessus de quelque chose...
- Dieu a inventé... - La terre, pour être en dessous.
Mais alors Dieu se dit :
"Ne devrait-il pas y avoir aussi quelque chose sous terre ?"
Alors, il...
Il mit l'enfer sous la terre.
- Je voudrais dire quelque chose ! - Au début,
la terre ne servait qu'à ça :
être sous le ciel et au-dessus de l'enfer.
C'est alors que Dieu dit :
"Maintenant que la terre existe,
je dois inventer des gens pour y habiter...
Et c'est ainsi qu'il créa la vie.
Et la mort aussi, car tous les vivants doivent mourir.
"C'est raté" pensa-t-il...
" Si chaque créature a un nez, une bouche,
des oreilles, et des yeux, elle doit avoir une fonction. "
Les yeux avaient la leur, celle de regarder le ciel, de même le nez qui
permet de respirer toute une vie, et arrêter de respirer pour mourir en paix.
Mais, et la bouche et les oreilles ?
N'est-ce pas pour ça que Dieu créa le Verbe ?
Le nom que Dieu donna aux mots.
Et Dieu se mit à inventer les mots.
- Montagne. - Rivière.
- Ruisseau. - Éléphant.
- Mulet. - Herbe.
Avocat, "sapoti", mandarine.
Mais à chaque mot il fallait un objet,
Dieu a donc dû inventer un tas de choses...
pour que chacune d'elles corresponde à un mot.
Avocat, "sapoti", mandarine, herbe, éléphant, mulet,
- montagne, rivière, ruisseau. - Et comme cela ne suffisait pas,
les hommes inventèrent encore d'autres choses.
Clou, vis, pudding...
De la Création à l'époque de Antônio,
bien des mots ont été inventés,
bien des choses se sont passées, et beaucoup de temps s'est écoulé
avant d'arriver à celui de Antônio.
Mais le temps d'Antônio tel qu'on le connut pas la suite...
ce temps là commença le jour où il vint au monde.
Ces crétins demandaient si j'aurais une équipe de foot.
Pas question ! Je n'ai jamais aimé le chiffre 11.
Tu as bien dit "chiffre", Valdene ? Aucune importance.
Je préfère le 7. Le nombre des merveilles du monde.
Et le 13, pour défier le hasard.
"13 enfants ? Tous des garçons ? C'est impossible."
Ce n'est pas la loi des probabilités, Valdene ?
Je n'ai rien à faire des lois.
Je voudrais que vous preniez cette photo, M. Jaime,
ça clouera le bec à ces cons, 13 enfants...
Valdene, Martoni, Marcondes, Marcos, Marvin, Maciel,
Cristiano, Santiago, Zé Geraldo,
Savio, Saulo, Stéfano et Antônio.
Tiens-toi tranquille, mon petit !
Je tiens beaucoup à cette photo. Je m'adresse à tous les deux !
Au nouvel arrivant et à celui qui va partir.
Je ne veux pas gâcher la seule photo réunissant toute la famille...
à cause d'un muet qui a envie de se tirer et de l'autre qui hurle...
de cette manière ! Tais-toi, Antônio !
Tu as envie de pleurer ?
Alors vas-y...
hurle plus fort.
Allez !
Mais tant que tu n'arrêteras pas, il n'y aura pas de photo.
Vous aller m'excuser, M. Jaime, comme ça, ça n'ira pas.
Allez jouer dehors ! Tout le monde dehors. Il n'y aura pas de photo.
- Et moi, maman ? - Tu ne partiras...
- qu'après la photo. - Mais tu m'as dit...
- qu'il n'y aura plus de photo. - Pas tant que le gamin hurlera.
Je ne veux pas d'une photo triste ou bruyante. Arrête de stresser
et attends que ton frère arrête de pleurer. Alors on prendra la photo,
ensuite, que Dieu te bénisse.
Tu veux que je rate le fourgon demain ?
Tu veux que j'attende une semaine de plus, le prochain fourgon ?
Je vais passer 7 jours de plus dans ce trou perdu de Nordestina ?!
Ô Temps divin, ce gamin n'arrête pas de pleurer...
Père Éternel qui chaque jour, met de l'ordre...
déterminant le début et la fin de chaque chose...
et nous mène tous à Notre Dame l'Éternité.
Je vous offre ce petit Antônio, qui a aujourd'hui 5 ans de vie...
et de pleurs. Irokô mon père, sacré Kala ,
maître des horloges, mon Saint, prends mon Antônio et sèche ses larmes,
et guide-le sur les sentiers de la joie, maintenant et à jamais.
Au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit
et de la Vierge Marie, amen.
Antonio a cessé de pleurer.
Et si le temps a fait pleurer le ciel à la place de Antônio,
visiblement, il a pris ce dernier sous son aile.
Antônio connaissait cette histoire depuis l'enfance
et était persuadé d'être le fils du temps...
Antônio...
Vois-tu à partir d'où on ne peut plus rien voir ?
La ligne de partage.
Tu ne vois pas cette ligne ?
On l'appelle la ligne d'horizon,
mais je préfère l'appeler "la croix".
En croisant cette ligne
je voudrais vérifier, si elle est vraiment marquée sur le sol...
entre Nordestina et le village voisin.
Mais ce que je tiens à voir
c'est comment sont les choses au-delà de la ligne,
dans ce "monde",
voir s'il mérite vraiment sa réputation.
Et toi ?
Demain, après mon départ, tu seras le premier en ligne.
Mais tu ne partiras jamais vraiment, je le sais...
Tu seras éternellement "le prochain à partir",
et pour finir : "celui qui n'est jamais parti".
Je ne vois pas ce que tu trouves de spécial à cet endroit.
Il y avait une fille à Nordestina qui habitait la rue Basse.
La fille avait une façon de froncer les sourcils
en regardant les choses, et Antônio en était follement amoureux.
Qui sait ?
Que cela soit le début d'une histoire qui vient de commencer.
À VENDRE
Qui sait ?
Je pourrais être l'héroïne de cette histoire.
HÔTEL DE VILLE FRANCHISE DISPONIBLE Qui sait ?
C'est peut-être pourquoi
Chacune de mes pensées devient chanson.
APPRENEZ À PARLER L'ARGOT DE RIO DE JANEIRO La chanson qui représente
l'héroïne, La chanson du commencement.
- Qui sait ? - Karina !
Salut, Jessica.
Prazeres t'attend... Tout le monde a essayé son costume
- et choisi son masque. - Tout le monde, Jessica ?
Toi et les filles vous êtes tout le monde ?
Les mêmes que chaque année...
L'année dernière, ça m'a mise hors de moi.
Cette année, il y aura des gens d'ailleurs !
Qui a envie de venir à Nordestina ?
Les endroits étranges d'où ces gens viennent doivent être pires qu'ici.
Mais Prazeres dit que ton costume est déjà prêt
et il n'est pas question qu'elle le reprenne.
Et qui lui a dit de me confectionner un costume...
- sans que je le commande ? - Elle ne m'a pas dit ça.
COSTUMIÈRE POUR LE BAL MASQUÉ
Que font tous ces gens devant l'église ?
- C'est le jour du fourgon. - On est donc lundi.
Et si on est lundi, demain ce sera mardi.
Mme Ernestina est partie un mardi, non ?
Probablement un lundi, le jour du fourgon.
Elle confondait bocal et bouteille...
Voilà encore une bande de crétins.
Je n'ai jamais vu des gens aussi aptes à la connerie.
Ils pensent qu'en partant d'ici ils trouveront mieux ailleurs,
mais ils finiront comme toute le monde :
quelques âmes perdues de plus.
Comme ta mère, une femme pathétique.
Ils oublieront leurs familles,
leurs amis et même leurs enfants.
Tu sais comment on appelle ça ?
De l'ingratitude, voilà !
Comment cette ville peut-elle aller de l'avant,
si chacun s'en va ?
Les gens s'en vont faute de ressources.
Et pourquoi ne nous envoient-ils pas d'argent ?
À quoi bon, si tout le monde s'en va ?
- Ils n'ont qu'à rester. - Mais il n'y a pas d'argent !
Karina, Karina !
Méfie-toi de tes pensées.
Salut...
Combien ça fait ?
- C'est un cadeau. - Alors, je n'en veux pas.
19,99 R$.
- Je n'ai pas de monnaie. - C'est un cadeau.
Le seul cadeau qui m'importe, c'est l'honneur...
d'ouvrir le monde à ces yeux couleur d'océan. As-tu pris ta décision ?
Quand j'aurai décidé je prendrai mon billet moi-même,
sans avoir besoin de te prévenir.
Il faudra attendre que tu sois majeure...
ça me rend malade rien que d'y penser.
Il ne me reste que 147 jours avant d'avoir 18 ans.
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