Les 200 premières lignes.
LE PRESTIGE
Vous regardez bien ?
Tout numéro de magie est en trois parties, ou actes.
L'acte l s'appelle la Promesse.
Le magicien vous montre une chose ordinaire :
jeu de cartes, oiseau
ou homme.
Il vous montre cet objet.
Vous demande de l'inspecter
pour voir s'il est bien authentique, inaltéré,
normal.
Mais, bien sûr, il risque peu de l'être.
Où vous allez ?
Je suis de la troupe, pauvre cloche !
L'acte II s'appelle le Tour.
Le magicien tire de l'objet ordinaire
une chose extraordinaire.
Vous cherchez le secret,
en vain.
Car, bien sûr, vous ne regardez pas si bien.
Vous rechignez à savoir.
Vous voulez être...
bernés !
Mais l'ovation attendra.
Car faire disparaître ne suffit pas.
Il faut faire...
réapparaître !
Voilà pourquoi tout numéro de magie a un acte III,
le plus ardu.
Celui que l'on nomme
le Prestige.
Le Prestige ? Robert Angier,
le Grand Danton, votre employeur,
a-t-il atteint l'acte final, ce soir-là ?
Quelque chose a mal tourné.
Quoi ?
J'ai vu quelqu'un se diriger sous la scène.
Je l'ai suivi.
C'était Borden, qui regardait M. Angier se noyer.
Décrivez votre profession aux jurés, M. Cutter.
Je suis ingénieur. J'élabore des illusions
et construis l'appareillage nécessaire.
Donc,
la cuve d'eau était sous la scène pour l'illusion de M. Angier ?
Non, elle a été mise sur scène pour le premier numéro,
puis remportée dans les coulisses.
Borden l'aura mise sous la trappe après.
Quelle contenance avait-elle ?
Normale pour une "Évasion de l'eau". 2 000 litres environ.
Comment l'aurait-il mise sous la trappe,
sans éveiller l'attention ?
Demandez donc au magicien.
Allez-vous nous expliquer le mécanisme
de l'illusion de M. Angier ?
Le "Vrai homme transporté" est une illusion des plus recherchées.
J'en possède les droits.
Si je la dévoile, elle ne vaut plus rien !
Qui nous dit que la cuve
n'a pas dysfonctionné ?
Je comprends votre dilemme,
mais Alfred Borden encourt la mort.
Si vous vouliez me confier les détails en privé,
je jugerais de leur pertinence.
Ce compromis vous paraît acceptable ?
Veuillez retourner vos poches.
Ordre du directeur qui l'a vu l'an passé à Manchester,
se volatiliser sur scène.
Il est persuadé qu'il va tenter de s'évader.
Moi, je dis que Borden pourra disparaître
que si je le livre à ses codétenus.
Vérifiez ses fers.
À deux fois.
Je m'appelle Owens.
Je suis avocat.
Je représente lord Caldlow, magicien amateur accompli et...
Combien ?
Pour mes tours ?
5 000 £.
Voyez Fallon, je lui lègue tout.
Je l'ai vu.
Il me vend tous vos tours
sauf le plus précieux, l'Homme transporté.
Je m'en voudrais de vendre mon meilleur tour.
Même pour votre fille ?
Si, comme dit la presse, l'on vous pend,
votre fille sera seule.
Fallon veillera sur elle.
Bernard Fallon ?
Son passé est aussi obscur que le vôtre. On va lui retirer la garde.
La petite sera orpheline.
Vous avez connu l'hospice.
Est-ce mieux qu'ici ?
Je vous offre de régler dignement vos affaires
et l'avenir de votre fille.
Avec lord Caldlow comme tuteur, elle ne manquera de rien.
Réfléchissez.
Lord Caldlow vous...
donne ceci, en gage de bonne foi.
Intéressé ?
Le journal de Robert Angier.
Sur sa quête de vos tours, au Colorado.
Quête vaine.
À son retour, il a présenté
son Homme transporté qui, selon la presse,
surpassait votre original.
Pour les secrets d'Angier,
allez le déterrer
et demandez-lui directement.
C'est votre secret que je veux, M. Borden.
Et votre fille ?
Un code.
Une énigme.
Une quête...
de réponses.
Même si le Colorado est le but de mon périple,
il me faudra bien plus de temps pour démêler
le reste des secrets de Borden.
Pour décoder son carnet, il suffit d'un mot-clé,
mais il faudra des mois,
pour déchiffrer ses notes et...
lire dans ses pensées.
Ma passion est à la hauteur de la tâche.
M. Angier ? Bienvenue à Colorado Springs.
Toute la ville a l'électricité ?
Quelle réception !
1er client de la saison oblige !
Le télégramme ne précisait pas le nombre de nuitées.
Autant qu'il faudra.
Il me faut un coche demain, pour passer le col.
Il est fermé.
Pour expérience scientifique.
Je sais.
D'où ma venue.
Vous allez devoir finir à pied.
Incroyable,
que vous autres journalistes sachiez pas lire mes écriteaux !
Quel accueil cordial !
Je vous connais.
Le Grand Danton.
Je vous ai vu à Londres, 7 fois.
Vous avez deviné
tout ce que le public avait en poche.
Alley.
Pardonnez la grille anti-gêneurs.
- Je viens voir Tesla. - Pourquoi ?
Il a déjà fait une machine pour un collègue à moi.
Vous me le présentez ?
Impossible, hélas.
Je paierai cher.
Navré, M. Angier.
Je ne peux vraiment rien pour vous.
Je suis à l'hôtel, pour une durée indéterminée.
J'ai quoi en main ?
Votre montre !
Le journal de Borden, à la date du 3 avril 1897,
décrit un spectacle à l'Orpheum.
On venait de se rencontrer.
Nous étions deux jeunes gens prometteurs.
Deux jeunes gens voués à l'illusion.
Deux jeunes gens incapables de nuire.
Qui aura la bonté
de ficeler cette beauté ?
Aux poignets.
Aux pieds.
Aux chevilles.
Seriez-vous matelots ?
Vous saurez bien serrer un nud.
Il est hautain,
répétitif et rasoir.
Milton a du succès, pour dire un grand mot, alors il a peur
de prendre le moindre risque.
Il va lasser le public
avec ses trucs nuls.
Ses vieux succès.
Faut innover. Il refuse d'essayer "l'Attrape-balle".
C'est du suicide
si un volontaire farceur met un bouton dans le canon.
Prenons un acolyte.
Pour chaque numéro ?
Où on met le vrai chaland ?
Oublions l'Attrape-balle.
Le tout est qu'un vrai magicien essaie de faire du neuf,
de quoi estomaquer ses confrères.
Pour le leur vendre une petite fortune ?
- Et vous avez un tel tour ? - De fait.
Me le vendrez-vous ?
Moi seul peux le faire.
- Tout tour est imitable. - Faux.
Si M. Borden tient son chef-d'uvre,
qui s'y frottera ?
Milton a du bagou, mais il se salit pas les mains.
Pour savoir ce qu'exige la vraie magie,
allez au Tenley, voir un Chinois qui a ce qu'il faut.
Chung Ling Soo.
Trop cher l'entrée.
Je connais le portier.
Allez voir ce spectacle
et celui de vous deux qui m'élucide le truc du bocal aura un prix.
Lequel ?
10 min sur scène avec mon vieil ami Ackerman.
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