Les 200 premières lignes.
Chut ! Chut !
Mon bébé.
S'il vous plaît ?
Bonsoir.
Madame ?
Madame ?
S'il vous plaît !
Que cherchez-vous ?
Rien. C'est...
C'est mon bébé qui a besoin de prendre l'air parce que...
Il est à qui, ce bébé ? C'est mon bébé.
*- Venez avec moi.
- Vous le faites pleurer. Ca le fait pleurer.
Attendez. Attendez. Voilà.
Voilà. Venez avec moi.
D'accord. Je viens. Venez. Venez avec moi.
Venez. Venez.
*Venez. La chambre est là.
Vous allez être avec votre bébé tranquillement. Venez avec moi.
Bonsoir. Bonsoir.
Moi, c'est Frédéric. Claire.
Bon. Bienvenue, Claire.
Salut, Claire. Ca va ? Oui.
T'as croisé Fred ? Oui.
Tu pourrais me donner le loyer ? Je vais encore être à découvert.
J'arrête pas de leur demander un chéquier.
Je sais pas ce qu'ils foutent. Dès que je peux, je te le fais.
T'as vu ?
Il est adorable, hein ? Il est prof de philo.
Enfin, prof de philo ou pas, demain, je rentre à l'heure que je veux.
Je passerai pas mes nuits dehors. Mais non. Là, c'est exceptionnel.
Merci.
Tu mets les mousses après. Ouais.
Bon. Voilà.
Il faudra refaire la taille.
Je peux pas tout faire à la fois.
Excusez-moi.
Je vous dérange ? Non, non. Allez-y.
C'est un peu bête, mais en fait, à la maison, j'ai un ficus,
et depuis un mois, il perd ses feuilles, il jaunit.
Ses feuilles sont toutes tombées...
Tout le monde doit venir vous embêter...
Non. Allez-y. Donc, en fait,
je l'ai changé de pièce et je sais pas si...
Vous l'avez mis où ?
Dans le couloir. Il a dû se sentir puni.
Ah bon ? Le ficus est assez susceptible.
Ah oui ! D'accord.
Non, commencez par lui mettre un bon terreau.
Terreau gras.
Salut. Je dérange ?
Non, non, pas du tout. On parlait hibiscus... ficus.
Tu l'as oublié hier soir. Salut.
Donc, terreau gras. Merci.
Machinalement,
elle récapitula les objets égarés au cours de son existence.
Sa chaîne de baptême,
si mystérieusement disparue,
la cage de ses canaris...
Je te dérange ?
Pas du tout.
Dis... Il y a ça à reprendre pour demain soir.
Si tu trouves le temps. Excuse-moi.
Oui ?
Patiente deux minutes, s'il te plaît.
Pour demain, pas de problème. D'accord.
Jeudi et vendredi, ce sera calme, donc tu peux rester chez toi.
D'accord ? OK.
Oui, Luis ?
Oui, oui.
Attends. Tu plaisantes, là ?
Si, je m'énerve.
Hier, tu as juré que c'était la dernière fois.
C'est pas mon problème que Frédéric habite en banlieue.
Je suis chez moi. Je rentre quand je veux.
Débrouille-toi.
Moi, je suis à la maison à 19 h 30.
- Ca fait 10 minutes que vous me laissez en ligne.
Oui. D'accord.
Claire !
Vous avez une voiture ?
Oui.
Elle marche bien ?
Elle est pas trop...
C'est une Super 5.
Ca vous embêterait de la déposer ?
Ca sert à quoi d'être abonné ?
Non. Pas du tout. Ca me rend service.
Allons-y. D'accord.
Je vais chercher mes clés ? Oui.
S'il vous plaît.
On va vous raccompagner. Très bien.
La personne arrive. Pour notre histoire,
ne vous faites aucun souci. Je connais bien Aline.
Elle s'est occupée des hors-séries.
Il n'y a jamais eu de problème. Les choses vont...
La personne qui me raccompagne...
C'est elle. C'est Claire Rocher.
Très bien.
Bonjour. Bonsoir.
Je suis en retard. On y va ? Oui.
Merci. Au revoir.
Il y a deux jours, j'ai vu votre dernier film.
Je vous ai trouvée très bien.
Merci. C'est gentil.
La scène où vous essayez de voler l'enfant,
c'est incroyable, comme on y croit.
Je veux dire, je vous ai trouvée vraiment très émouvante.
Merci.
Oui. Laurent, c'est Elisabeth.
J'en sors à peine, justement.
Elle comprenait pas un mot de ce que je lui disais.
C'est une crétine finie, cette Aline Machin.
Pour New York ? Non, non. Je suis sûre.
Je vais pas faire n'importe quoi parce qu'il y a Tom Cruise.
Oui.
D'accord. Oui. A tout de suite. Oui.
Excusez-moi. Vous... Vous prenez par où, exactement ?
Je pensais continuer Saint-Germain jusqu'à la rue Saint-Jacques.
Non ?
Je pense que par le Panthéon, c'était plus rapide.
Ca roule jamais par ici.
Ca a l'air de rouler, plus loin.
J'essaie de prendre la prochaine à droite ?
Non. Elle est en sens interdit.
On va se farcir tout le boulevard.
Je vais continuer à pied. J'irai plus vite.
Ca vous embête pas ? Non. Pas du tout.
Excusez-moi.
Au revoir.
Au revoir.
Elisabeth Becker
dans ta Super 5 ? J'en reviens pas.
Enfin, bon... C'est pas non plus...
C'est toi qui arrêtes pas d'en parler.
Il y en a qui ont l'air insupportables, mais elle...
Je sais pas. Je trouve
qu'elle dégage quelque chose de très humain. Non ?
Oui, oui.
Si.
Enfin, là, elle était hyper en retard.
Attends, Luis. T'en as pas racheté ?
J'ai voulu en racheter, mais j'avais pas assez d'argent.
J'ai toujours mon problème de carte Bleue.
Oui. Mais bon, il y a toujours un truc avec toi.
Pardon.
Vous m'avez fait peur. Excusez-moi.
Cet ascenseur est un peu capricieux.
Excusez-moi, pour l'autre jour. Non.
En plus, je suis arrivée à l'heure. Enfin, ça allait.
Dès que ça se passe mal, ça me rend folle.
Passer par Saint-Germain, c'était...
Vous êtes en train de le lire ? Oui.
J'adore ce livre. Oui. Moi aussi.
Je l'ai découvert à 20 ans.
Je lis lentement, mais celui-là, je l'ai lu dans la nuit.
J'avais même appris des phrases par coeur.
Il y en a une à la fin...
"Les deux jeunes femmes...
"jugeaient la société d'autant plus souverainement qu'elles..."
"Les 2 jeunes femmes pensaient..."
"Les 2 jeunes femmes pensaient la société
"d'autant plus souverainement..."
C'est quoi, alors ?
"Qu'elles s'y trouvaient placées plus bas."
Voilà.
"Car les femmes méconnues se vengent de l'humilité de leur position
"par la hauteur de leur coup d'oeil."
J'ai fait un mémoire sur la représentation de la femme
chez les romancières anglaises du 19e, c'est pourquoi...
Vous êtes journaliste ici ?
Oui, oui. Enfin, un peu. Disons que je...
Je fais des piges. Enfin... Je retranscris les...
Pardon. Laissez-moi...
Vous voulez quoi ? C'est gentil.
Un café espresso.
Espresso ? Oui.
C'est moi qui retranscris les interrogatoires d'Aline.
Les interviews. On peut dire "interrogatoires".
- Tu m'as dit qu'elle arrivait. Elle est passée où, la Becker ?
Elle est juste derrière toi.
Je crois qu'on avait rendez-vous.
Bonjour.
Et vous vous appelez comment déjà ?
Claire. Claire Rocher.
A bientôt.
Au revoir.
- Mon père ? Il était ouvrier. Il travaillait dans une imprimerie.
Parfois, j'allais le voir, à la sortie de l'école.
C'était dans une zone industrielle, à côté d'un Mammouth.
Vous vous souvenez
des Mammouth ?
Ca a disparu.
Mammouth...
Drôle d'idée d'appeler un supermarché Mammouth.
C'est intéressant, hein ?
Votre taxi est là, mademoiselle. Merci.
Maintenant, je descends dans des palaces, et en fait...
j'ai pas l'impression d'y être à ma place.
J'ai dit des clichés pendant des heures.
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