Jungle Freaks (Macunaíma)

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Publié le: 2016-10-24
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Les 200 premières lignes.

Au début du dernier siècle, en 1900 et quelque...

vint au Brésil un scientiste cueillir des légendes indigènes.

Lorsque Mario de Andrade, un grand écrivain brésilien, les lus...

il devint, selon ses propres mots, fou d'une commotion lyrique.

Parce qu'il se rendit compte que la culture populaire brésilienne...

toujours irrévérencieuse, drôle...

et même subversive par rapport à la moralité hypocrite...

en vigueur aux différentes époques de notre histoire...

gardait le esprit, les histoires et mêmes les personnages...

créés par nos indiens depuis des siècles.

Là naquit l'idée du livre "Macunaïma"...

qu'il écrivit d'un seul jet, en une semaine.

Ce livre m'a inspiré le film que vous allez voir ensuite.

J'espère que les aventures très brésiliennes de Macunaïma...

le héros de nos gens, vous amusent et vous donnent à réfléchir.

"MACUNAÏMA"

Au fond de la forêt vierge...

le silence devint si lourd...

tandis qu'on entendait le murmure de l'Uraricoera...

Ça y est. Il est né.

C'est un garçon, mère.

Regarde sa tête, mère. Comme il est joli!

Mon Dieu! Qu'il est laid!

Faut dire que toi non plus t'es pas une beauté.

Pleure pas, frêrot! La laideur n'a pas d'importance.

Et il n'aura pas de nom?

Macunaïma.

Les noms qui commencent par MA portent malheur.

Macunaïma, héros de notre peuple!

C'est ainsi qu'au lieu-dit Pai da Tocandeira...

au Brésil, naquit Macunaïma...

héros de notre peuple.

Déjà enfant, il faisait des choses épouvantables.

- Embrasse ta belle-soeur. - Il va te cracher dessus.

Tu ne vas pas cracher.

"Mauvaise herbe est précoce et croît avant le temps."

Ce garçon est très intelligent.

À six ans, Macunaïma ne parlait pas encore.

Il trouvait plaisir à couper la tête des fourmis.

Toujours à l'écart, il regardait travailler ses frères:

Manaape, déjà âgé, et Jigué, dans la force de l'âge.

Ça te plaît, mon coeur?

Mais tu parles ou quoi?

Ah! Quelle flemme!

Macunaïma vivait couché...

ne se réveillant que quand il entendait parler d'argent...

ou quand la famille se baignait dans la rivière toute nue.

Sofara, un crabe t'a mordu?

On dit que la rivière en est pleine.

Je vais replonger pour voir si c'est vrai.

Un crabe m'a mordu!

C'est drôle! Ce crabe ne mord que toi!

Un crabe d'eau douce!

Ce qu'il y a surtout ici, c'est du dévergondage.

T'as fait pipi?

Oui, maman.

Bénis-moi, maman.

C'est à cette heure-ci qu'on se réveille?

Que fais-tu?

Un piège pour chasser les tapirs.

Où y en a-t-il?

J'ai vu des traces fraîches près de la termitière.

Donne-moi un bout de corde.

Moi aussi, je veux faire un piège.

Pas question! C'est pas un jouet pour les gosses.

- Tu pleures, joli coeur? - Non.

Tu veux pas me dire pourquoi?

Jigué ne veut pas me donner un bout de corde.

Il a raison. Tu pourrais te pendre avec.

Crétin!

Sofara!

Ôte-le d'ici, ou je deviens folle.

Fais-lui un piège, n'importe quoi, mais emmène-le!

Il va encore me tripoter.

Emmène-le!

Viens, mon coeur! Je vais te fabriquer un piège.

Sofara était un peu sorcière.

Après lui avoir fait un piège...

elle tira de son sexe une cigarette qu'elle lui offrit.

Fume!

Dès la première bouffée...

Macunaïma devint un beau prince.

Comme tu es beau!

Prends-moi dans tes bras. Tu es si beau.

Viens!

Pas ici. Il y a trop de fourmis.

Allons dans les fourrés!

Viens vite!

Tu n'es pas allée travailler aujourd'hui?

Je suis très fatiguée. Nous avons tellement joué...

Je vais t'apprendre à jouer au lieu de travailler pour moi!

Bénis-moi, mère.

Sofara m'a aidé, mais c'est moi qui ai eu l'idée.

Jigué, cet idiot, a posé son piège au début de la piste du tapir.

Moi, je savais bien qu'il reviendrait.

J'ai posé le mien où elle finissait.

Fatalement, il devait passer d'abord par le mien.

Ça n'a pas loupé. Je l'ai pris. Jigué... il attend encore.

Toi d'abord, maman.

Et moi?

- C'est les boyaux! - C'est assez bon pour toi.

Il me donne les boyaux, à moi qui ai pris le tapir!

C'est bon pour toi. Mange et tais-toi!

Le pauvre...

Si vous voulez, je l'emmène se promener.

Prends ça, Macunaïma!

Arrête-toi, fils de pute!

Jigué était très sot.

Il renvoya Sofara et prit une autre compagne...

qui s'appelait Iriqui.

Une fille coquette...

mais timide et distraite.

Un jour... ce fut l'inondation.

La bananeraie pourrit. Le gibier disparut.

On ne trouvait même plus de tatous.

La faim s'abattit sur la famille.

Cherche bien. Il doit y avoir du poisson par là.

Manaape!

Cherche dans la grotte où on dit qu'il y a de l'argent caché.

Jigué!

Hier, j'ai vu plein de poissons par là.

Cherche! Cherche!

Ce sont des candirus!

Tiens-moi ça, Manaape!

Ces maudits candirus voulaient nous entrer dans le derrière.

C'est marrant. J'ai pourtant vu des poissons ici hier.

Les poissons, avant, étaient des gens comme nous.

En nous voyant, ils se sont taillés.

Maman...

ferme les yeux et demande:

"Qui m'emmène au sec, là où il y a beaucoup à manger?"

Vas-y, maman! Demande!

Qui m'emmène au sec, là où il y a beaucoup à manger?

Ouvre les yeux, maman!

Dis donc! Pourquoi tu en prends autant?

C'est pour tes frères et la belle Iriqui.

Ils ont faim.

Demande comme ça: "Qui me ramène au marais?"

Ferme les yeux et demande.

Et laisse tout ça là!

Qui me ramène au marais où il n'y a rien à manger?

Tu peux ouvrir les yeux.

Manaape!

Que t'es maigre frêrot!

Où m'emmènes-tu, maman?

Maintenant, je m'en vais.

Tu vas rester seul et tu ne grandiras plus.

Ça t'apprendra à être méchant!

Le héros sentit qu'il allait fondre en larmes.

Mais comme il était seul, il ne pleura point.

Il se donna du courage et prit la route.

Il erra ça et là pendant une semaine...

et un beau jour...

Grand-père, tu me donnes un morceau de viande?

Bien sûr, mon petit.

Que fais-tu dans cette forêt?

Rien. Je me promène.

- Vraiment? - Oui, c'est ça.

Tu connaîtrais pas le chemin de ma maison?

Tu passes par là, puis par là...

Après le tronc, tu prends à gauche...

tu tournes et tu reviens ici.

Ah! Quelle flemme!

Chair de ma jambe!

Chair de ma jambe!

- Qu'est-ce que c'est? - Chair de ma jambe!

Mon Dieu! Le "Curupira"!

L'ogre "Curupira" a voulu me manger, madame.

C'est la faute à ma mère: J'ai trouvé à manger.

Elle voulait partager avec mes frères. J'ai tout caché.

Tu as fait ça à ta mère?

Tu as fait ça à tes frères?

Alors tu n'es plus un enfant.

Je vais te donner des vêtements pour ton âge.

La petite vieille, qui s'appelait Cotia...

montra à notre héros le chemin de sa maison.

Maman, j'ai rêvé que j'avais perdu une dent.

C'est un deuil dans la famille.

Reste avec lui, Iriqui!

Console-le!

Les frères jeûnèrent le temps du deuil...

Macunaïma se plaignant héroïquement.

Cette épreuve passée...

ils prirent Iriqui par la main et partirent pour le vaste monde.

Je suis blanc! Je suis beau!

Manaape...

et si toi, qui es blanc, tu devenais noir?

Quelle guigne!

Je n'ai pu me blanchir que les paumes.

Pleure pas!

Mieux vaut être borgne qu'aveugle!

Dépêchons, dépêchons, on descend.

Tout le monde descend!

Si la police vous voit, elle vous renvoie aux champs.

Il y a déjà trop de clochards en ville.

Maintenant, c'est chacun pour soi et Dieu contre tous.

Iriqui adora la ville...

elle trouva vite une place dans une maison close...

et disparut du film.

Macunaïma était très préoccupé...

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