पहली 200 पंक्तियाँ।
Capitaine, savez-vous si cette île est infestée par la maladie du sommeil ?
Ça dort, en cuisine ?
Mes condoléances, pour la mort de votre ami.
Il était croyant, non ?
Il avait un Christ en croix, ici.
Ce n'était qu'un tatouage, Harris.
Vous savez...
ça a une signification, de mourir à l'approche de sa destination.
Ces hommes...
eux, peuvent vous l'expliquer.
Qu'est-ce que ça veut dire, de mourir si près de l'arrivée ?
Ça signifie que la personne était déjà morte à l'embarquement.
Vous ne le saviez pas, docteur,
mais il s'avère que vous voyagiez seul.
Est-ce censé me remonter le moral,
ou m'inquiéter ?
Je ne sais pas.
Chacun en tirera sa propre conclusion.
Mais vous l'avouerez,
il est plutôt rassurant qu'il y ait une explication à tous ces faits...
inexplicables.
Docteur Afonso Paiva !
Je suis Ismael dos Santos, de l'exploitation Boa Esperança.
Je croyais que vous veniez accompagné.
Vous avez les renseignements, pour l'acte de décès ?
Non.
Cette île adore la bureaucratie.
Personne ne parlait son dialecte, je ne sais ni où ni quand il est né.
Mais tous l'appelaient Murata.
On peut y aller ?
Je n'ai que des pièces du Congo.
Donnez-leur ce que vous avez.
Ici, tout fait l'affaire.
Va dire au curé d'ouvrir la chapelle.
Cette créature a sa place ici ?
Je ne sais pas.
Mais c'est le seul endroit où on peut le laisser.
Nous sommes dans la maison de Dieu
et des hommes de Dieu.
Il ne restera qu'une nuit.
Demain, nous enverrons quelqu'un pour l'enterrer.
Vite ! Dégagez le chemin !
C'est un Murata ?
Oui.
C'est celui de votre ami ?
C'était.
Je n'en avais jamais vu.
Mon patron dit qu'avec cette arme, les Japonais vont mater les Chinois.
Et dans cent ans
on sera tous jaunes.
Plus de nègres ni de blancs, que des jaunes.
- Tu n'as pas d'arme à toi ? - Non.
Je n'ai jamais appris à tirer.
Le patron me trouvait plus doué pour les chiffres.
Hue !
Bonjour.
- Bienvenue à Boa Esperança. - Merci beaucoup.
Vite, on se dépêche !
Devant moi ! Plus vite que ça !
Viens ici !
Docteur ?
Vous gardez le fusil ou je l'emmène à l'armurerie ?
Vous pouvez le laisser, merci.
Bonjour, messieurs.
Bonjour.
Voici le docteur Afonso Paiva.
Il va travailler avec nous.
N'essayez pas de le tromper.
Il a travaillé longtemps au Congo
et sait parfaitement faire la différence entre un malade
et un affabulateur.
Qui sort, aujourd'hui ?
Qui sort, aujourd'hui ?
Numéro 582, lit 7.
Dites-moi son nom, bon sang !
Ernesto Capim.
- Tu parles portugais ? - Oui, docteur.
Alors quand tu sortiras d'ici, tu diras aux autres
que le nouveau docteur n'est pas naïf.
- Tu as compris ? - Oui, docteur.
Je vais vous donner une astuce.
Pour aérer la pièce, ouvrez de ce côté.
N'ouvrez jamais la fenêtre derrière vous,
le vent charrie l'odeur de la fermentation du cacao, c'est irrespirable.
Je vois qu'il y a une aire d'acclimatation pour les serviteurs sous contrat.
- Elle est toujours en service ? - Oui.
Nous avons un groupe difficile, là-bas.
C'est un endroit moins humide et moins chaud.
On ne leur attribue pas de tâches ardues.
Mais quand ils arrivent ici, ils se prennent la réalité de plein fouet.
Les cris des chauves-souris me rappellent les hirondelles de chez nous.
Écoutez.
Je suis sur cette île depuis plus de quinze ans.
Parfois, je me dis que je n'en partirai jamais.
On s'habitue à tout.
Vous me donnez quel âge ?
Soixante ans ?
Deux de plus, soixante-deux.
Je suis trop vieux pour me réhabituer à la métropole.
Mais vous, vous êtes encore jeune.
Je m'étonne que vous ayez choisi de venir vous enterrer ici.
Mais chaque homme a ses raisons.
J'ai trouvé cette carte dans une exploitation abandonnée.
Il paraît que c'est le propriétaire, un affranchi, qui l'a peinte.
Elle indique les plantations, mais il y en a bien plus, aujourd'hui.
Ici, par exemple.
Il manque l'exploitation Infante et toutes les autres dans cette zone.
Mais là se trouve le plus curieux.
Ici, il existerait des communautés de descendants d'esclaves
échappés des plantations.
Dans la forêt. Ici...
Ici... ici et ici aussi.
On dit qu'ils vivent comme des sauvages.
Si isolés que certains n'auraient jamais vu d'homme blanc.
Mais vu la régularité avec laquelle nos vivres disparaissent,
des poules et des chèvres...
Je pense qu'eux nous voient,
mais nous ne les voyons pas.
Vous travailliez pour une entreprise belge, au Congo ?
Des Flamands, d'Anvers.
Une belle ville.
Des édifices majestueux, d'une richesse !
- Vous y êtes allé ? - Non.
- C'était dans le négoce du caoutchouc ? - Et de l'ivoire.
C'est judicieux, de ne pas être l'otage d'une seule matière première.
Contrairement à nous !
Du cacao, toujours du cacao.
Malheureusement, nous n'avons pas d'éléphants.
Je suis ravi que vous ayez accepté de venir.
C'est difficile de trouver des médecins expérimentés.
La situation était compliquée, là où j'étais.
Ici non plus, ça ne sera pas facile.
C'est incomparable !
Là-bas, il n'y a pas de lois.
Ils n'ont pas de plantation comme celle-ci,
avec des hôpitaux, des écoles, des rations équilibrées pour les serviteurs.
Vous avez raison, nous avons de meilleures conditions.
C'est en effet ce qu'on m'a dit.
Qu'ici on respectait certaines règles civilisationnelles.
Et quelles sont ces règles ?
- Éviter ce qui nuirait à autrui. - Ah, ça...
Mais notre pratique quotidienne
s'apparente plus à la vétérinaire qu'à la médecine.
- Les patients ne savent pas se plaindre. - Voyons...
Ne dites pas ça, docteur Figueira.
La tâche d'embellir les choses vous incombe, Dona Luísa...
En ce qui me concerne,
je ne dis que la vérité.
Est-ce vrai, ce qu'on rapporte du Congo ?
Ou s'agit-il de propagande anti-impérialiste ?
Si vous faites allusion aux violences à l'encontre des natifs,
croyez-moi, ça n'est pas de la propagande.
Est-ce vrai, qu'ils coupent...
Oui, c'est vrai.
Vous en avez vu, des gens à qui on avait coupé les mains ?
Oui.
Je ne vois rien de plus cruel que de mutiler des gens
sans d'autre excuse que l'appât du gain.
Et tu dis que nos nègres souffrent...
Peut-être souffrent-ils,
nous en savons si peu sur eux.
C'est le groupe de Maianço qui fait la ronde, ce soir.
On a échangé.
Le patron n'aime pas ça.
Il faut respecter le tableau de service.
Comment il le saurait, le patron ?
50 réaux ?
Pour toi ça sera 80, tu vas la revendre aux nègres.
Qu'est-ce que ça peut te faire ?
Je pourrais leur vendre, moi.
T'as trop peur d'entrer dans les quartiers des serviteurs.
J'ai pas peur. Mais heureusement, j'ai pas à y aller.
En pleine nuit,
dans le noir, marcher dans la boue...
dans la merde des porcs et des poules...
la pisse des nègres...
En plus, il paraît qu'il va pleuvoir.
Le voilà qui s'en va.
Chercher un peu de joie au milieu de toute cette maladie.
Tant qu'il n'attrape rien, lui aussi...
Il vous a parlé du groupe de serviteurs mozambicains en acclimatation ?
Deux jours après leur arrivée, un couple s'est pendu.
C'est comme si cet incident avait ouvert la porte au diable lui-même.
Quelques jours plus tard, quatre autres se sont pendus dans la plantation.
Ceux qui travaillaient en forêt se sont mis à manger de la terre.
On dit que les serviteurs originaires de cette région du Mozambique
seraient plus enclins aux maladies de l'esprit.
Allez, de ce côté !
Regroupez-vous, je ne veux pas de trous.
Rapprochez-vous !
Fichez-moi le camp !
Débarrasse-moi de cette saloperie de chiens !
Les chiens du teigneux.
Ils n'ont pas encore nettoyé.
Vous venez ?
Pourquoi les avoir installés ici ?
Cet endroit n'est pas adapté.
On attend un nouvel arrivage.
J'ai dû déménager le groupe ici.
Je crains le risque d'une pandémie, si je les laisse avec les autres.
No comments yet. Be the first to leave one.