Calle Malaga

Calle Malaga (Calle Málaga)

French felirat letöltése

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French felirat előnézete

Az első 200 sor.

Tanger, dans le nord du Maroc, a longtemps été une terre d'immigration.

Sa proximité à l'Espagne et son statut de cité internationale,

puis de protectorat espagnol,

en ont fait un creuset de cultures.

Dans les années 30, fuyant Franco,

une grande communauté espagnole s'y installa.

Plus tard, une partie rentra.

D'autres restèrent, attachés à ce pays où ils se sentaient chez eux.

Je vais prendre un peu de cannelle.

Khadija, donne-moi un pain.

- Bien chaud. - Très bien.

Et voici.

Celui-ci est beau.

Très bien.

Comme ça ?

Au revoir !

Avec plaisir.

Bonjour.

Qu'ils sont beaux !

Ils sont doux, très bons.

Merci beaucoup, madame.

- Bonjour, Mohammed ! - Bonjour.

J'en ai eu trois avec double-jaune la semaine dernière.

C'est toi et ta chance.

- Et comment va ta famille ? - Bien, on fait aller. La vie...

- C'est combien ? - Dix dirhams.

Dix dirhams.

Un demi-kilo de mandarines.

- Bonjour, les garçons. - Bonjour, Maria Angeles.

Bonjour, ma fille.

- Je m'en occupe. - Non, laisse-moi faire.

Tu dois être épuisée du voyage.

Tu exagères, c'est pas comme si j'étais venue de Chine.

C'est toujours fatigant, les voyages.

Les aéroports, les queues, les gens, les valises...

Je t'avais dit de te débarrasser de tout ça, maman.

Je vais le faire. Je n'ai juste pas eu le temps.

Allez, rafraîchis-toi et viens à table.

Tu dois être affamée.

Oui ?

Non, je n'ai pas de programme de fidélité.

Non, parce que j'en ai pas besoin.

Allez, c'est ça.

Au revoir, mademoiselle.

Quelle plaie.

- Bonjour, Maria. - Bonjour.

Bonjour, Idder.

Bonjour, Maria Angeles !

- Bienvenue, Clara ! - Merci.

Ça fait longtemps.

Oui, j'ai été très prise. Tout va bien ?

Dieu merci !

Tiens, une calamité.

Que des ragots.

Bons pour l'emballage, alors.

Vous voulez des amandes chaudes ?

Avec plaisir.

Et tu me fais monter de l'eau quand on revient ?

Oui, bien sûr.

Hassan, tu n'oublies pas son eau. D'accord ?

OK.

Tu sais que les frustrations peuvent provoquer du diabète ?

Et à mon âge, vaut mieux éviter.

Ça me suffit d'avoir de l'hypertension.

Tu amènes quand les enfants ?

C'est pas le moment, maman.

On a encore plein de choses à régler avec Ignacio, et tu le sais.

C'est déjà bien qu'il garde Sonia et Victor chez lui ces jours-ci.

Oui, bien sûr.

En tout cas, je suis contente que tu sois là.

Un an sans toi à la maison, c'est beaucoup.

Tu sais que je n'ai pas eu le temps.

Je suis noyée sous le travail à l'hôpital.

Si tu étais infirmière, tu verrais.

Même mes enfants, je les vois à peine.

Toi aussi, tu aurais pu venir nous voir à Madrid.

Tu n'as pas d'obligations qui te retiennent ici.

- Hé, Maria Angeles ! - Bonjour, Larbi !

Comment tu vas ?

Bien et toi ?

- Très bien. - Bonjour, Larbi.

Heureux de revoir la petite Clara !

- Comment vas-tu ? - Bien.

Tu es tout beau.

Merci beaucoup.

Tu n'as pas pris de tocino de cielo ?

J'en veux pas, merci.

Hamid ! Un tocino ici.

Vite, s'il te plaît !

Quand tu étais petite, tu en avalais un après l'autre.

Je devais les cacher pour que tu ne les manges pas tous !

Oui.

Tu le manges, d'accord ?

- À plus tard ! - Au revoir !

Je te fais les ongles en rentrant ?

Non.

J'ai pas envie.

Mais merci.

Tu dois prendre soin de toi, Clara.

Il ne faut pas que tu t'oublies.

Tu es jeune, il faut en profiter.

Très bien.

Je m'occuperai de moi quand j'aurai le temps, d'accord ?

Tu sais quoi ?

Je vais me laisser tenter.

C'est à tomber !

- On aurait pu venir un autre jour. - Elle sera ravie, tu verras !

- T'es venue quand ? - Ta mère est là ?

Maman !

Aujourd'hui.

C'est super !

Ma chérie !

Quelle surprise !

Que tu es belle.

Vous dînez avec nous.

Un autre jour.

Il y en a assez pour tout le monde, venez !

Un autre jour, d'accord ?

J'ai fait le tajine d'anchois que tu aimes, entre !

- Tu la connais. - Quand elle cuisine, il faut manger.

Fils de pute !

Je ne t'ai jamais dit ça, jamais !

Parce que ce sont aussi tes enfants !

Je t'ai toujours facilité les choses !

D'accord, très bien ! Très bien !

Ça va ?

J'ai besoin d'argent, maman.

Je vais vendre l'appartement.

Mais je pensais que tu louais.

Je parle de cette maison.

Tu parles de ma maison ?

Je ne m'en sors plus avec 1700 euros par mois.

Et depuis le divorce, tout va de mal en pire.

Tout est trop cher. La nourriture, les habits...

J'ai trouvé une bonne occasion dans la banlieue de Madrid.

Je vais demander à être mutée dans un hôpital plus près.

Et je vais acheter

au lieu de payer un loyer pour rien.

Je dois garder la tête hors de l'eau.

Et il me faut de l'argent pour l'avance du crédit.

Comment tu oses venir ici après tout ce temps

et me sortir une telle idiotie ?

Viens t'installer chez moi à Madrid.

Tu pourras voir Sonia et Victor, passer du temps avec eux,

profiter de tes petits-enfants.

C'est le bon moment.

Tu ne dis pas que tu ne les vois pas assez ?

Parce que tu ne daignes pas venir me voir avec eux.

Arrête avec ça, maman !

Tu sais combien ces dernières années ont été compliquées.

Tu le sais !

Voyager coûte beaucoup d'argent.

Et mon argent, je galère à le gagner !

C'est dur à comprendre, tu n'as jamais travaillé de ta vie.

Et arrête avec ton boulot d'il y a 50 ans au Cervantès.

Je parle d'un vrai boulot.

Si tu viens vivre à Madrid, ça va tout arranger.

Je ne quitterai pas Tanger.

Je suis née ici.

Et je vais mourir ici.

J'étais sûre que tu dirais ça. Je le savais.

- Et tu ne vendras pas ma maison. - Ta maison ?

Ce sont des murs, maman.

Des murs !

Papa a acheté cette maison pour presque rien.

Aujourd'hui, on peut en tirer un peu d'argent.

À quoi bon tout cet espace si tu es toujours dans ton petit coin ?

Tu n'as même pas l'argent pour l'entretenir !

Je suis désolée, maman, mais la maison est en mon nom.

Papa a fait ça pour faciliter les choses en cas de souci.

Ça a été une décision difficile,

mais elle est prise.

Bonjour, maman.

Tu ne prends pas le petit-déjeuner avec moi ?

C'est ridicule de ne pas m'adresser la parole.

Tu vas où de bon matin ?

Dis-moi au moins où tu vas.

Attends-moi, je viens avec toi.

Pour sœur Josefa. De la part de María Ángeles.

Je n'arrive pas à comprendre qu'elle puisse faire ça.

Quarante ans que je vis dans cette maison...

Tu te rends compte ?

Et venir me l'annoncer comme ça, sans plus.

Sans même m'en avoir parlé avant.

Cette visite de dernière minute

me paraissait tout de même étrange.

C'est vrai que José Manuel avait mis la maison à son nom.

Mais il n'aurait jamais imaginé

qu'elle puisse faire une telle chose.

Jamais !

Tu te souviens comment elle était, enfant ?

Douce...

Toujours gaie.

Souriante.

On dirait quelqu'un d'autre.

Une étrangère.

Une étrangère aigrie et rêche.

Elle me met devant le fait accompli.

Et maintenant je fais quoi ?

Non...

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