200 baris pertama.
Mon réservoir est à sec, ça doit être pareil pour les autres.
Permission d'appeler le ravitaillement.
Tobrouk est à 120 miles.
On doit faire le plein.
Oui.
Je sais.
Bien. Alors vous devriez
donner l'ordre de faire venir les camions.
Par pitié, dites-moi
qu'on a prévu
des camions de ravitaillement dans le convoi.
Pour tout dire, non.
J'ai regardé ma jauge de carburant descendre inexorablement
et j'ai compris qu'en fait,
le convoi avait été ravitaillé avec juste assez d'essence
pour faire 500 kilomètres.
Je vois.
Mais du Caire à Tobrouk,
il y a 500 miles.
En effet.
Il y a des Français,
voyez-vous,
aux Transports.
Des Français, je vois.
C'est forcément ça.
On n'atteindra pas Tobrouk.
Le siège ne sera pas levé,
les bombes pleuvront, il y aura des centaines de morts.
Oui.
Peu importe qui était votre père, appelez-moi
monsieur.
Va te faire foutre.
Merde !
Le grand quartier général fera une autre connerie demain !
Un whisky.
J'ai gagné !
Aux courses, j'ai misé sur Smoky.
Pas de filles à cause de la pluie.
Tu pensais me décevoir, mais non.
Je t'aime bien.
Tu sais pourquoi ?
Si je te dis une blague, tu ris.
Pourquoi le poulet n'est pas allé au bout de la route ?
Parce que...
c'était un poulet qui servait dans les commandos britanniques.
Un jour, le GQG lui a ordonné de prendre cette route.
Cette saleté de route.
Le poulet a fait son paquetage, s'est branlé, a prié,
a pris son véhicule et s'est mis en route.
Et là, droit devant, tout droit,
à exactement 120 miles
de la ville de Tobrouk...
il a trouvé la chute de cette blague hilarante.
C'est quoi ?
Secret militaire britannique.
On a été forcés au repli,
encore une fois.
Le poulet reste donc au Caire, va aux courses...
Il pleut, les filles viennent pas, et en plus...
- Vous détestez, ici. - Je déteste
cette paix.
La guerre, vois-tu,
c'est là qu'on trouve la paix.
Une bouteille d'arak et deux verres.
Un rosbif.
Hé, le rosbif !
Quand est-ce que vous allez enfin lever le camp ?
Vous avez déjà vu un Italien, au moins ?
Des Australiens.
J'adore l'Australie.
Une faune et une flore
conçues par un dingue.
Je t'emmerde.
Dans la nation qui n'est pas, rien ne demeure du passé.
Les vengeances sont oubliées, la haine est abandonnée.
Ignorant le noeud du pendu, la cloche sonnera le matin.
Ca va, votre collègue ?
J'espère que je l'ai pas estropié.
Enfoiré d'Irlandais.
Enfoiré, c'est sûr.
Irlandais, ça a certainement joué.
Mais en d'autres temps,
je suis l'ami de ceux qui en ont pas.
Il a été désagréable
avec plus petit que lui, ça m'a tapé sur le système.
On va être désagréables avec toi.
Passer tes nerfs sur un officier,
c'est terminé. T'es pas normal.
Personne sera surpris de te retrouver pendu.
Au loin, la potence grinça.
Pour me faire gigoter dans les airs,
il faudra d'abord trouver mon cou.
J'ai l'habitude des combats inégaux.
Alors...
commencez à chercher.
Ulcères du désert, dysenterie,
sable dans le cul,
sable dans les yeux, sable dans les poumons,
sable dans les reins, sable dans le prépuce,
on oublie tout ça
quand on est galvanisé.
Tenez.
Maintenant,
une gorgée de rhum.
Buvez. Ne réfléchissez pas.
Ne soyez pas vous-mêmes ce soir.
N'oubliez pas.
Quand vous êtes parmi eux,
votre mère ne vous voit pas.
Allons-y.
Dans 10 secondes,
on se déchaîne.
Avec violence.
T'as été au combat ?
Toujours forcé au repli, hélas.
- On a combattu. - Je perçois du ressentiment.
Pauvre con !
Je comprends. Quand on a affronté le danger,
il faut du temps pour dissiper la rage animale.
Il cause comme un livre.
C'est la pluie qui fait ça. Laissez-le.
On a perdu deux hommes.
Vol.
Le vol n'est pas une chose que je peux tolérer, mais...
puisqu'on va se battre,
je me permets de vous avertir.
Je suis un soldat d'un genre particulier.
Un commando.
Certains de mes camarades
ne vivent que pour tuer l'ennemi.
D'autres se fichent de l'uniforme
et se battent contre n'importe qui.
Nous sommes peu nombreux, mais en temps de guerre,
on nous laisse libérer la bête qui est en nous.
On apprend à tuer en silence.
Ca devient instinctif, comme déglutir.
Quand on l'a appris, on ne peut plus l'oublier.
Vous comprenez ?
Quand on serre la main d'un homme,
on regarde sa gorge.
Chaque partie du corps
est une invite dont on se délecte comme un chien
se délecte d'un os.
Les yeux,
on y enfonce les pouces
jusqu'au cerveau.
La mâchoire, on l'arrache.
Le cou, c'est un cadeau.
La pire erreur de Dieu.
Cuillères, torchons,
tasses à thé, tout ce qu'on touche est une arme.
Et nous aussi,
on est une arme.
Si les généraux ont la sagesse de nous lâcher...
Vous imaginez ?
Les gens ordinaires...
quand ils croisent notre route,
répugnent à faire notre connaissance,
mais si vous insistez...
C'est pas mon heure.
C'est pas la fin.
Pas aujourd'hui.
On est là pour les filles.
Mes gains.
Payez-vous à boire et levez vos verres
à vos camarades disparus.
Au lieu de passer un an en Ecosse
à grimper, dormir par terre et étrangler des vaches,
j'aurais dû mémoriser ce laïus, il fait un tabac.
Sers-moi un whisky.
Au whisky.
Bonjour, monsieur.
Bonjour, monsieur.
Personne peut réparer cette saloperie ?
Ce grincement permanent
vous rend pas dingues ?
Réparez-moi cette merde.
Bonjour, monsieur.
Bonjour, monsieur.
Il y a une petite sauterie...
A boire,
des petits fours... ce soir.
A...
Où ça ?
A l'ambassade.
Une petite soirée d'adieu pour un camarade qui rentre.
L'occasion de...
D'élaborer le plan de notre prochaine offensive
sur Tobrouk.
Quoi ?
L'occasion
de dire adieu et bonne chance à ce type.
Vous serez là, Stirling.
Tobrouk est bombardé jour et nuit.
Une 2e tentative de libération est à l'étude.
Ce sera la troisième.
En effet.
Il n'y a pas d'air.
Saluer est au-dessus de mes forces.
La carte sur le mur est sans cesse modifiée
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