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Si Paris nous tait cont -sacha guitry louis de funs
Un commento di pukachou

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Pubblicato il: 2011-03-21
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Le prime 200 righe.

-"Or tout laisse à penser que Paris commença ainsi :

"..une île qui affectait un peu la forme d'un bateau,

"..et se trouvait au beau milieu d'un large fleuve,

"..que par la suite, on devait appeler la Seine.

"Les lieux étaient déserts, mais pas hostiles."

En somme, ils promettaient.

"On présume qu'un jour, un homme est venu,

"..s'est assis et s'est mis à pêcher."

A ce compte-là, il doit y être encore.

"Cela se passait environ 2 000 ans avant la naissance du Christ.

"On suppose qu'alors,

"..des sauvages ont découvert cette île..

"..et s'y sont installés.

"Etaient-ce des Ibères, ou des Ligures ?

"Les avis sont partagés encore." -Atchoum !

-A vos souhaits. -Merci.

-"Ils n'y firent qu'un séjour éphémère.

"Quelques centaines d'années après, d'innombrables envahisseurs,

"..venus de tous côtés, commencèrent à se disputer..

"..ce coin béni des dieux, qui deviendra Paris,

"..après avoir été Lutèce. D'abord ce furent les Gaulois,

"..menés par Vercingétorix.

"Puis ce furent les Romains, conduits par Jules César.

"Bientôt, ce furent les Huns, avec Attila,

"..terribles ravageurs venus d'Asie.

"Puis, vinrent les Francs, dont l'arme préférée,

"..se nommait la francisque."

Raclement. Chut, chut...

"C'était une arme à deux tranchants.

"Or quelque temps avant, une jeune fille était née..

"..à Nanterre, vers 423,

"..dont on suppose qu'elle mourut en l'an 514.

"Cette miraculée, qu'elle était sans doute..."

Sans doute signifie que la chose est douteuse.

"... passa aux yeux de tous pour avoir sauvé Paris,

"..lors de l'invasion des Huns, car d'un geste éloquent,

"..elle arrêta l'exode des Parisiens.

"Selon la légende, on peut même affirmer que, par la suite,

"..elle ne fut pas étrangère à la conversion de Clovis."

C'est bien, c'est même très bien.

Mais à la longue, ça peut devenir ennuyeux.

On nous apprend l'histoire ainsi.

Ce qui doit vous agacer, je l'ai vu en lisant ces 3 pages,

..ce sont les précautions que prend cet agrégé d'histoire,

..ce licencié ennemi des licences.

Toutes ses phrases commencent par "on suppose", "on prétend",

"..on présume"... Or il est difficile de s'intéresser..

..à des événements dont celui qui les raconte ne semble pas sûr.

-C'est précisément parce que nous sommes amoureux de Paris,

..que nous nous étions dit : "Ah, si Paris nous était conté..

"..plus librement !"

-Par quelqu'un qui négligerait, au besoin,

..cette chronologie implacable, adversaire de tout vagabondage !

-Quand un peu de fantaisie ne serait pas..

..pour vous déplaire. -AH, NON !

Racontez-nous Paris à votre idée.

-Vous me faites bien de l'honneur, mais vous me prenez au dépourvu.

Et c'est ça justement,

..qui va me donner l'audace de le faire.

-Ah ! -Oui.

Et ce sera Paris, le Paris d'autrefois,

..mais regardé avec des yeux d'aujourd'hui.

Et conté de mémoire.

Ah !

Mais ma mémoire est fantasque.

Elle a ses préférences et est voyageuse.

-TANT MIEUX ! -Alors, en route.

Commençons notre récit à dater de l'époque..

..où sans cesser d'être une cible, Paris devint..

..un point de mire. -L'an mil ?

A peu près.

Qu'est-ce que c'est que Paris, en l'an 1240 ?

Notre-Dame.

Et 700 ans plus tard, aujourd'hui ? C'est toujours..

..Notre-Dame. Avec tout le reste qui l'entoure.

Toutes les routes de France partent du parvis de Notre-Dame.

-Kilomètre zéro. -Oui. Et tout y aboutit.

Ce point de départ peut être un point de ralliement.

Et même encore, un point final.

Eh bien, dès lors, messieurs, songeons à notre ville,

..honorons la mémoire de ceux qui l'ont construite,

..l'ont aimée, puis l'ont embellie pour en faire cette merveille.

Rendons à César...

Ce que nous devons à César.

Il parle en latin.

En établissant son quartier général..

..sur la rive gauche de la Seine, César fondait le Quartier Latin.

Nous lui devons cette langue latine qui allait engendrer la nôtre.

Nous lui devons aussi ce sens de la grandeur,

..ce goût de la beauté qui lui venait de Grèce..

..et cette prédilection pour les parades militaires.

Ainsi, libre à nous de considérer que la bataille de Bouvines..

..date du jour où Philippe Auguste rentra triomphalement dans Paris.

Fanfare militaire.

Et ça ne faisait que commencer.

1515, vainqueur à Marignan, François 1er défile dans Paris,

..auréolé de gloire et le sourire aux lèvres.

1675, ayant conquis l'Alsace, Turenne rentre à Paris,

..acclamé par la France.

Vainqueur à Friedland,

..l'Empereur fait à Paris sa rentrée triomphale.

Acclamations.

Et puis, enfin, ce fut un jour le défilé de la victoire.

-Là, vous y étiez ? -Oui.

De tout ce que j'ai vu, c'est la seule chose..

..qui m'ait semblé plus belle qu'une oeuvre d'art.

Mais tout au long de son histoire, notre cher Paris..

..n'a pas vu défiler que des soldats français.

Nous avons subi des occupations qui n'ont pas fait..

..notre conquête. Celle-ci, tenez, dura cent ans.

Une femme rit.

-Je vous le dis, ils vont s'en aller.

-S'en aller ? Qui ? -Les occupants.

J'en suis certain ! -Voilà 50 ans que j'entends ça.

Je vous parie qu'ils sont là pour 50 autres années !

Beurre, oeufs, fromage ?

-Oui, mais à quel prix ? -Ah, dame !

Un homme qui fait du marché noir court de gros risques, alors...

-Je peux vous faire des faux papiers.

Mes amis ! Une chose effarante !

L'un des nôtres, un Français s'est fiancé avec une Anglaise.

Oui, il y en a qui fréquentent les occupants !

-Ne vous affolez pas. Je connais le nom des fiancés.

C'est le fils du roi, le dauphin, fiancé avec Marguerite d'Écosse,

..la fille de Jacques 1er. -Là, c'est autre chose !

Oh, pardon.

Ce n'est rien.

Je les connais déjà par coeur.

Prince, aux dames Parisiennes..

..de bien parler donnez le prix.

Quoy qu'on die d'Italiennes,

..il n'est bon bec que de Paris.

Et c'est signé ?

François Villon.

Fanfare militaire.

Ah, ceux-là !

-Ne nous plaignons pas trop, ça pourrait être pire.

Et ce fut pire par la suite.

Vous n'obligerez..

..jamais Paris..

..à s'incliner..

..devant les passementeries..

..de l'étranger.

-Mais n'anticipons pas. -Pourquoi ?

Ah, si vous l'admettez...

Eh bien, oui !

Alors, c'est le rêve !

Cela nous reporte en 1430, quand chacun pensait :

"..Il faudrait, pour les chasser, un jeune homme ardent..

"..et brave." Or, ce fut une jeune fille ardente et brave,

..qui nous en délivra.

Vive Jeanne !

Acclamations.

-Puisqu'on en est débarrassés... Ecoutez-moi, vous qui passez.

Puisqu'on en est débarrassés, vite courons au plus pressé.

Le plus pressé, c'est de penser..

..qu'il y a des gens, de pauvres gens,

..qui sont privés de logement.

Qu'on ait construit de beaux palais,

..pour les rois de France,

..rien de plus juste, en apparence.

Il le fallait.

Et je leur fais ma révérence.

Mais alors maintenant, il s'agit..

..de s'occuper des sans-logis,

..de toute urgence.

Ohé ! Ohé !

Vous m'entendez, les rois de France ?

Or, le 22 avril 1370,

..Hugues Aubriot, prévôt des marchands,

..posa la première pierre d'une forteresse,

..qui deviendrait la Bastille. L'on disait alors..

..qu'elle défendrait Paris contre toute invasion,

..mais les armées ennemies ne prennent pas les routes..

..qu'on leur assigne. Or aussitôt construite,

..cette forteresse devint une prison.

Le premier gouverneur, M. de La Personne, fut accueilli..

..par M. Aubriot, qui lui fit visiter son oeuvre,

..lui en vantant les vertus.

-Tout cela est magnifique, M. le prévôt.

Je vous en fais mon compliment bien sincère.

-M. le gouverneur, j'y suis infiniment sensible.

J'aimerais voir une cellule.

Ouvrez-nous la plus belle. La 5.

Passez.

Ah, oui, oui !

-Il m'apparaît que celle-ci réunit toutes les qualités.

Salubrité, aération, épaisseur des murailles,

..solidité, à toute épreuve, des barreaux.

Et j'irai même jusqu'à dire confort.

-Alors, M. de la Personne, un peu penaud,

..transmit à son interlocuteur une lettre de cachet..

..qu'il venait de recevoir. C'était l'ordre d'incarcérer..

..Hugues Aubriot, soupçonné d'hérésie..

..et condamné à la prison. -Oh !

-Et j'en suis le premier navré. -Non.

Le second.

Si j'avais pu prévoir une chose pareille,

..sachez que j'eusse fait des barreaux moins solides.

Depuis 12 ans, sans me lasser,

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