Le prime 200 righe.
Salut, Attilio.
VERS UN AVENIR RADIEUX
Ne dis rien, s'il te plaît.
Ils t'ont bien dit ce soir ?
Oui, sûr et certain.
Chers camarades, chers amis,
aujourd'hui est une grande fête pour notre quartier.
Nous avons enfin la lumière !
Comme vous le savez,
le héros du film s'appelle Ennio.
Le rédacteur en chef de l'Unità,
le journal du Parti communiste italien.
Vera est couturière.
C'est une fervente et généreuse
militante communiste.
Il y avait des communistes en Italie ?
Les communistes ne vivaient pas qu'en Russie ?
Je pensais qu'en Italie,
c'était une expression.
"Communiste !"
Bien sûr qu'il y avait des communistes.
Les sections du PCI, en ces années-là,
étaient un point de repère dans chaque quartier.
Le PCI était une communauté
forte de deux millions d'adhérents.
Deux millions de Russes venus en Italie ?
Mais non !
Des mules !
Non !
Pourquoi ? Surtout pas des mules !
Giovanni, deux millions de Russes en Italie ?
Comment ça, des Russes ?
Deux millions d'Italiens !
Inscrits au Parti communiste italien.
Je continue ? C'est clair ?
C'est clair ?
On est en 56.
À Budapest vient d'éclater une révolte d'ouvriers
et d'étudiants
contre le régime stalinien hongrois.
Luttant pour la liberté,
les insurgés déboulonnent les statues du régime.
Et c'est lors d'une de ces journées de liberté retrouvée en Hongrie
qu'arrive à Rome le cirque hongrois Budavari.
Votre attention, s'il vous plaît !
Mesdames et messieurs,
le cirque Budavari est arrivé !
Chevaux,
tigres, lions,
trapézistes,
bêtes féroces.
Le cirque Budavari a été invité
par la section du Parti communiste italien
du quartier Quarticciolo.
Bienvenue. Bonjour.
Bienvenue. Je suis Ennio Mastrogiovanni.
Je suis le secrétaire
de la section du Parti communiste Antonio Gramsci.
Je vous présente la camarade Vera Novelli.
Bienvenue.
Merci !
Les enfants, les tout-petits
avaient hâte de vous voir !
Combien de temps avez-vous mis pour venir ?
Six jours.
C'est un peu long !
Quelle joie !
Les eaux minérales originales de 56.
Meo,
Orianna,
Fontepatri,
Madonna della Mercede,
Aurora...
Acqua Rosa ! - Ça n'existe pas.
On l'invente, avec le visage de Rosa Luxemburg.
À ce propos,
Staline, je n'en veux pas.
Les sections du PCI ont gardé longtemps le portrait de Staline.
Dans les sections du PCI.
Mais ceci est une section du PCI dans mon film.
Et Staline, qui était un dictateur, je ne veux pas le voir.
Scratch !
Des années que j'attends que Giovanni change, en vain.
C'est peut-être à moi de changer.
Que voudriez-vous changer ?
Je n'arrive jamais à réagir.
Ça me rend malade de me disputer, je n'aime pas.
Même quand je suis en colère contre lui,
je n'arrive pas à l'exprimer.
Son tournage débute,
je ne pourrai venir qu'une fois par semaine.
On allait affronter les problèmes de...
Désolée, je ne peux pas m'absenter du plateau.
Pas question que je mente à Giovanni pour venir ici.
Votre mari ne sait toujours pas que vous venez ici ?
C'est idiot, mais je n'arrive pas à le lui dire.
Je ne l'ai dit à personne.
Je ne sais pas pourquoi.
Ça ne regarde que moi, je préfère ne rien dire.
Parfait, la glace est dans le freezer,
la crème, dans le frigo.
Et si, pour une fois, on regardait La Poursuite impitoyable ?
La Poursuite impitoyable est un film magnifique.
La scène où Marlon Brando
est étendu sur son bureau,
bouffi, anéanti par les coups.
Puis il tombe par terre, comme un sac de pata...
Mais un rite est un rite !
Il faut que ce soit toujours pareil, sinon tout ira mal.
Aide-moi.
Nous, on regarde Lola , avec Anouk Aimée,
et on mange de la glace gingembre-cannelle,
meringue-noisette ronde et gentille
et pistache de Bronte.
Après tout, je fais un film une fois tous les cinq ans,
ça te coûte quoi de revoir Lola
une fois tous les cinq ans ?
D'ailleurs, ce n'est pas normal
que je fasse un film tous les cinq ans.
Il faut accélérer, il faut abréger.
Que se passe-t-il ?
Je crois qu'elle a un amoureux.
Et tu sais... ? - Je ne sais rien d'autre.
On commence ? Je ne verrai pas tout, j'ai un rendez-vous.
Comment ça ? Tu plaisantes.
Ce rite te concerne aussi.
Tu me fais bientôt écouter une démo ?
Tu veux écouter mes musiques avant de tourner ?
Et si elles ne me plaisent pas ?
Je n'aurais pas dû accepter.
Avec toi, ça finit toujours en dispute.
Moi qui suis si charmant.
C'est parti !
Que se passe-t-il ?
Des problèmes ?
Que lui as-tu dit ?
Voilà,
ta mère produit le film d'un autre réalisateur,
toi, tu veux partir,
mon actrice est arrivée avec des mules, que je déteste...
Ça ne va plus, tout est chamboulé.
La glace est en train de fondre !
Puisque tout est chamboulé, j'y vais.
Salut, papa.
Excuse-moi.
Ça suffit ! Mon film va aller dans le mur.
Et moi, je vais me coucher.
Avec la glace.
Mesdames et messieurs, bienvenue au cirque Budavari !
Préparez-vous à assister
à des numéros incroyables !
Je vous présente Éva et son cerceau aérien.
Anyeska et Veronika
sur nos magnifiques chevaux de la puszta.
Nos clowns si sympathiques et si drôles.
Zsolt,
le cracheur de feu.
Kristián,
l'homme le plus fort du monde !
Avant que le spectacle ne commence,
je veux saluer nos camarades
qui luttent en Hongrie.
Je remercie la section Antonio Gramsci
et tout le Parti communiste italien,
en particulier son secrétaire,
le camarade Togliatti, de nous avoir invités
en signe d'amitié fraternelle entre nos peuples.
À présent, silence.
Silence, s'il vous plaît.
Les anges volants se préparent pour leur numéro.
C'est le premier clap,
mais je vois déjà tout le film,
plan par plan.
Magnifique ! - Espérons.
Ça ira.
Ça ira ! - Non, Giovanni.
C'était comment ?
C'était bien ?
Togliatti veut un gros plan.
Non. - Comment ça ?
Je ne ferai pas de gros plan de Togliatti !
Ça alors !
Qui le sait ? - Toi, tu le sais.
On a fini ? On peut redescendre ?
Vous redescendrez dans un moment.
On va refaire encore vingt prises parfaites !
Hourra !
Bonsoir. - Qu'y a-t-il ?
Vous avez la télé ? - Non, les Mallìa, au-dessus.
Les chars d'assaut soviétiques
sont arrivés à Budapest.
Le spectacle de la ville,
après plus de cent heures de violents combats,
est impressionnant.
Certains quartiers, où des luttes acharnées ont été menées,
sont des amas de ruines.
Nous reviennent à l'esprit les images terrifiantes
des villes dévastées
par les bombardements aériens durant la guerre.
Et ces envahisseurs se disent communistes, comme nous ?
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