Le prime 200 righe.
- Bonjour, monsieur. - Bonjour, jeune homme.
Hé, vous vous foutez de la gueule de qui, là?
Dites au garçon de coincer le journal la prochaine fois.
Sinon, je vais en jeter un grand si ça arrive encore.
Inspire avec le nez, souffle par la bouche.
Ne respire pas, oui, respire maintenant. Et maintenant retiens to souffle, retiens!
Trompe ton corps, qu'il ne sache pas ce qui se passe! Rends-le fou, fou!
Retiens, retiens, retiens, retiens.
Ziya, Hayrettin, Kadir.
Tenez-vous comme ça, regardez. Sinon votre rate s'enflera.
Mon Dieu, regarde, l'instituteur Saffet mérite vraiment d'aller au paradis.
Tu vois, il a rassemblé les petits, les pauvres...
...et leur a acheté des habits neufs pour les fêtes. Que Dieu le bénisse.
Mais l'imbécile ne sait pas marcher dans la rue.
Hé, l'instituteur!
Frère Ismail.
Non mais, vous êtes comme du bétail dans la rue.
Il faut absolument qu'on vous aiguillonne sur le dos?
Tu sais comment on se comporte en ville, quand même.
Il n'y a qu'une seule ville de Sivas, il n'y en a pas d'autre.
Tu ce que tu dois apprendre, c'est ici.
- Où vas-tu, là? - Au village.
C'est aussi sur notre chemin. Allez, au revoir, à la prochaine.
Passe par ici, passe par ici.
La même chose à chaque fête, Fikret. Tu t'endors et on doit prier dehors.
Il fallait me teindre les cheveux, frère Ismail. Je me suis occupé de ça.
Alors, les fidèles, passez par là.
Mon frère, en ce matin sacré de fête, c'est honteux.
Je vous en prie, ne nous faites pas regretter notre religion.
Cette boîte de frigo, c'est du capital étranger. Je ne me prosterne pas sur ça!
Que Dieu me préserve, que Dieu me préserve!
Frère Çetin, épargnez-moi aujourd'hui. Tournez-le donc, le logo sera invisible.
Frère Fikret, il a dit le logo, t'as entendu?
Frère Ismail, avec ta permission, je vais sortir une saleté.
Il ne vous reste plus du tout de nattes, hein?
Çetin, Çetin!
- Que fais-tu là? - Grâce à Dieu, Imam, et toi?
Avant que tu ne m'interrompes, je faisais mon sermon, Çetin.
J'expliquais la façon de prier pour la fête et ses vertus.
Imam, ma parole, tu racontes toujours les mêmes chose.
Il voit que nous n'avons pas compris et il explique à nouveau. Où est le mal à ça?
Çetin, ça suffit, assieds-toi. A chaque fête tu trouves à redire. Combien de fois?
- Trois. - Et il s'en vante.
Tout à fait.
Imam, ne prenez pas ça mal mais vous avez ramassé plein de donations.
Allons, tant pis si c'est un péché. Où est donc passé tout cet argent?
Ils ont fait mettre la climatisation et même la moquette, la moquette!
Instituteur Saffet, tais-toi un peu, hein.
Tu t'y mêles pour arrêter la bagarre puis tu t'enfuis après tes deux coups de poing.
Et toi, tu parles avec l'Imam. Un peu de respect, je t'en prie.
Cher Imam, vous n'avez pas une seule natte de plus. Ça me saute vraiment aux yeux.
Les fidèles honorés se prosternent sur tout ce qu'ils trouvent our prier.
La fête passée, il y avait un signe A Vendre sous Frère Fikret.
Par hasard, c'était la page des annonces.
3 plus 1 à Şarkışla. Cuisine et salle de bains renouvelées. 80 livres de mensualités.
Et voilà.
N'allonge pas la sauce, Çetin. Allez, je commence.
Appel à la prière, Hüseyin, vite.
Peu ou beaucoup, mais jamais rien. N'importe ce que tu donnes te suivra.
Bonne fête, mon frère, je te mets de l'eau de cologne.
Allons, peu ou beaucoup, mais jamais rien.
Bonne fête, mon frère.
Mon frère.
Nous les cinq voulons faire une donation, si tu peux nous faire la monnaie.
Mais c'est déjà de la monnaie, ça.
Alors je le garde.
Peu ou beaucoup, donnez à notre mosquée.
Peu ou beacoup, mais jamais rien.
Une donation pour notre mosquée. Peu ou beacoup, mais jamais rien.
Non mais, pour l'amour du ciel!
Même la boîte où vous ramassez l'argent, c'est du détergent à capital étranger, hein?
Dieu, donne-moi patience. Frère Çetin, ne donne rien, allez passe.
Chers fidèles, prenez des reçus.
Des reçus, prenez des reçus. Non mais personne ne prend de reçu!
Çetin, fais donc la paix avex l'imam de la mosquée de votre village.
Puisque cet endroit ne te plait pas, allez faire votre prière là-bas.
Et puis c'est plus confortable. Tu vois quelle foule il y a ici.
Mais je ne suis pas brouillé avec lui, c'est une question de principe.
Allons donc! Va dire à ton père de payer ses dettes pour les bonbonnes de 2004.
Et il fait des vœux de fête.
Bonne fête.
Tiens, mets ça dans ta poche.
Oncle Nazmi, tu ne m'as pas reconnu? Fikret - qui délivre les bonbonnes.
Dis, Çeto, il a bien vieilli.
- Qu'est-ce que vous immolez? - Des femmes et des filles.
Immoler? C'est la fête du Ramadan, pas la fête des sacrifices, Oncle Nazmi.
Il a vraiment beacoup vieilli.
Frère Fikret, laisse-le donc donner de l'argent. Oncle Nazmi, bonne fête.
Bonne fête.
- Tarık! - Papa.
Mon garçon.
Dis, Tarık, qu'est-ce que tu cherches ici? Regarde-moi.
- Il n'y rien qui cloche? - Non. Je voulais te faire la surprise.
Hé! Viens donc ici. Laisse-moi t'embrasser. Mon garçon, mon garçon.
Saffet, tu es venu t'asseoir là? C'est trop serré. Je suis sur les genoux de Tarık.
Frère Fikret, je peux passer là si tu veux. Je suis son parrain, rien ne m'arrivera.
Qu'est-ce que ça veut dire, ça?
- Je veux dire qu'il ne me toucherait pas. - Mais qu'est-ce que tu dis, là?
Oncle Nazmi, quand es-tu venu t'asseoir là? Où vas-tu, toi?
Vous passez par Yıldızeli?
Tu sais, Tarık, à l'époque, j'ai dépensé une fortune pour ressentir...
...la moitié de l'intoxication que ressent l'Oncle Nazmi en ce moment.
Pour cinq personnes, s'il-te-plaît.
Tiens, il paye pour nous aussi.
Que dis-tu là, Oncle Nazmi, on est très génés.
Pas le bon endroit et puis quel argent? Viens, on prend le petit déjeuner chez nous.
Je te dépose après.
C'est la première fois depuis des années que je viens ici.
Le fait que quelqu'un se réjouisse rien qu'à vous voir, c'est indescriptible.
Qu'y a-t-il, maman? Ce n'est que moi. Pourquoi se réjouir autant, hein, papa?
Je me sacrifierais pour toi, mon fils chéri.
Tu sais qu'il y a des gens qui t'aiment comme personne d'autre.
Ce n'est pas la terre qui te manque, c'est les gens qui la foulent.
Ça va, ne battez plus mon fils. Il est à moi.
Entrez donc, allez, vous devez avoir faim.
Les meilleurs plats sont cuisinés, on te reçoit aux meilleurs endroits.
Et tout ceci, simplement parce que tu es venu.
Cest la panique tout autour, une panique pour que tu te sentes à l'aise.
Tu es le fils de qui?
Hein?
D'Ahmet.
Ton père, tu sais, ton père...
...c'était un très sale type.
L'addition!
Le nom de la nostalgie que tu ressens pour ces gens devient le nom de la ville.
Je suis venu ici aujourd'hui pour faire une petite surprise aux gens que j'aime tant.
Ecoute, mon fils, je ne suis pas un esprit réactionnaire, d'accord?
Au contraire, j'ai l'esprit ouvert. Tu n'as qu'à me lire. Je voulais que tu les saches.
Si tu veux te marier, vas-y. Je ne me mêle jamais de ces choses. D'ailleurs pourquoi?
Seulement, c'est la fille de qui, d'où vient-elle, il faut le savoir. C'est qui?
Marika et moi travaillions pour la même compagnie en Lettonie. Et puis...
Ne raconte pas la suite.
Il y a eu une épidémie parmi les filles à Sivas pour qu'il veuille une bru étrangère?
Mais c'est sa vie à lui. Pas à nous de nous en mêler.
Je n'arrive même pas à prononcer son nom. Comment ça, on n'a pas à s'en mêler?
Ce n'est pas une étrangère, c'est notre bru. Non mais, quand même!
Laissez-moi réfléchir. La Lettonie, c'est dans quelle ville?
C'est à trois heures de vol d'Istanbul.
La capitale, c'est Riga, le climat maritime est humide, les hivers sont plutôt durs.
Frère Ismail, elle est musulmane?
Qu'est-ce que ça te regarde, Fikret, qu'elle soit musulmane ou non, hein?
Puisqu'elle fait des dépenses pour Frère Fikret, elle n'est pas musulmane.
Des panses?
Qu'elle soit musulmane ou non, c'est ton affaire? Ils s'aiment, c'est tout, non?
- Frère Ismail. - Quoi?
Tu dis "Ça ne te regarde pas" et "Ça ne nous regarde pas". Alors?
Le chantier de notre compagnie en Lettonie, c'est fini.
Ils menvoient Marika en Italie et moi au Turkmenistan.
Le seul moyen pour être dans le même pays, c'est qu'on se marie.
- Topo cible? - Hein?
- Topo cible? - Non, aussi tôt que possible.
Nous sommes foutus.
Nous sommes foutus, Çeto.
Nous sommes pris au dépourvu.
Si on avait su à l'avance, on aurait récolté nos dettes...
...et payé les frais du mariage.
Nous nous sommes fait avoir.
Et maintenant, en pleine fête, à qui demander de l'argent?
Grâce à Dieu, nous avons goûté à la chair de tous les oiseaux, Ismail.
Ne secoue quand même pas l'encolure. Ne verse pas tout par terre.
Merde alors.
-Tu te fais du mauvais sang pour ça, Ismail? -Quoi?
Le garçon travaille à l'étranger depuis des années. Il a sûrement des économies.
- Laisse-le payer pour ses propres noces. - Regarde-moi!
Ecoute, mon garçon. Chez nous, c'est le père qui paye pour la circoncision du fils...
...ses études, son service militaire, puis ses noces. C'est ainsi chez nous.
Je ne permettrai à personne de dire Ismail n'a pas payé des noces à son fils.
Puisque nous avons dix jours, moi, je ferai ces noces.
Ecoute, papa, nous pensons à un mariage plus simple.
Qu'est-ce que tu as à y penser? C'est tes noces?
Maintenant ce sont mes noces. C'est mon affaire.
Toi parle-moi plutôt de la Lettonie. Le climat et tout, raconte comment c'est.
D'accord, papa, puisque tu le veux.
Chers amis, moi, je dis que nous pouvons faire ces noces dans dix jours.
Voilà! Je me disais justement que, d'une façon ou d'une autre...
...ça finirait par nous toucher, nous!
Quand tu as dit qu'on ferait les noces dans dix jours, j'ai cru que tu savais que faire.
Il sait sûrement de quoi il parle. Quelle espèce d'amis êtes-vous donc?
Le type a fait des panses en comptant sur nous.
C'est quoi, faire des panses, Çeto? Tu m'as habitué à dire ça.
Frère Fikret est le type le plus facile à exciter pour un rien.
Mon père affirme qu'il marche au gaz. Il l'appelle donc 'Fikret à Bonbonne'.
Fikret tonne même sans pluie. Ses décisions sont soudaines. Son magazin est à Esenyurt.
Allô.
Oui.
Non.
Peut-être.
Allons donc!
Il est un peu sans-souci aussi. Ses deux premières femmes sont mortes du cancer.
Après la perte de ses deux premières femmes, il avait décidé de ne pas se remarier...
...mais par la suite il avait soudain changé d'avis et s'était remarié.
Il arrive à garder son sang-froid face à n'importe quelle situation.
Frère Fikret n'est jamais pris de panique.
Mon garçon, écoute voir. Viens par ici. Viens. Viens ici viens.
Viens ici, viens.
C'est quoi l'état de ce magazin, hein?
Tu ne vois pas que la bonbonne fuit? Il y a du gaz partout, du gaz partout!
J'ai une cigarette à la bouche. Il y aura un accident, c'est quoi, ça?
Balaie-moi cet endroit. Vas-y.
Tsk, tsk, tsk.
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