Le prime 200 righe.
Lila ! Lila !
Les ventes de votre livre Vont-elles chuter ?
Regrettez-vous votre geste ?
Je ne regrette rien.
Je regrette.
J'ai oublié ce que "regretter" voulait dire.
Je ne regrette rien.
Je vais finir ma vie en prison. Et alors ?
Ma vie n'a été qu'une prison.
Une prison de chair, de sang
et d'hormones en folie. Une prison appelée corps humain.
Je sais juste que je regrette...
D'avoir été enlevé.
Pour ma chère Lila...
qui croupit dans sa cellule.
Et pour Nathan...
qui pourrit dans sa tombe.
J'ai oublié ce que "regretter" voulait dire.
C'est étrange.
Quand j'étais vivant,je le savais.
Je ne savais peut-être que ça.
Mais ici...
"regretter" n'a plus aucun sens.
L'amour n'a plus aucun sens.
La jalousie n'a plus aucun sens.
Tout a commencé à l'âge de 12 ans.
Nom de Dieu !
Il m'est arrivé une chose terrible.
Ma mère m'a expliqué
qu'aucun homme ne voudrait de moi.
Je devais donc accepter l'idée
de consacrer ma vie au progrès de la science
ou à la religion.
C'est hormonal. La nature est une chose étrange et complexe.
Ca peut s'aggraver avec le temps.
A 20 ans,je ressemblais à un singe.
Dans le regarde cette souris,
peu importe que je sois couverte de poils.
J'étais comme j'étais.
Je me sentais si libre.
Vous m'écoutez ?!
Vous parlez d'une souris...
Je pense que plus personne n'ignore
que j'ai été élevé dans la jungle par un singe.
En fait, par un homme qui se prenait pour un singe.
Mais ça revient au même, n'est-ce pas ?
Interné des années
pour avoir voulu vivre avec les singes d'un zoo,
il s'est plié à vos règles.
Ila trouvé un emploi épousé une humaine et je suis né.
Une tragédie nationale a suffi à détruire des années de thérapie
etâ luirappelerla vraie nature dugenrehumain.
Les singes n'assassinent pas leur président, messieurs !
Ilm'a enlevé quandj'étais bébé
àma mère biologique
etm'a élevé dansl'amour,
Ia tendresse etlerespect.
Jusqu'â récemment, jepensais moi-même être
un singe.
Sans savoirde quelle espéce. Les singes ne raisonnent pas ainsi.
Ils n'ont sûrement même pas conscience d'être singe.
Cependant, avec le recul,
je dirais quej'étais...
un chimpanzé nain.
J'ai toujours détesté les singes.
Enfin bien sûr, plus maintenant.
J'ai oublié ce que "détester" voulait dire.
Mais vivant, je détestais les singes.
La faute à mes parents.
Enfin pas vraiment.
J'ai oublié ce que "faute" voulait dire.
Je crois qu'ils m'ontinfluencé
dans mahaine des singes.
Regarde, maman ! Singe, singe !
Nathan, les chimpanzés
sont des primates.
D'ailleurs, Harold, explique-lui.
Explique-lui, Harold.
Le primate est biologiquement notre plus proche cousin.
En particulier,
Ie chimpanzé nain.
Un seul chromosome nous sépare.
Mais sais-tu ce qui nous sépare vraiment ?
- Non, papa. Quoi ? - La civilisation.
Sans elle, on vivrait dans des cages àjoueravec nos excréments,
à nous masturberen public...
et à renifler les croupes
rouges et enflées desfemelles.
Avec ton père adoptif, nous t'avons sauvé d'une vie
marquée par la déchéance et l'alcoolisme.
En contrepartie,
tu devras toujours résister à l'appel dégradant de l'instinct,
comme le premier animal venu.
Un animalm'a sauvé la vie.
J'aidonc choisi de vivreavec eux dansla forêt.
Lesanimauxne vousjugentpas.
Voyez ces poils... partout.
Sur l'opossum,
Ia marmotte,
et le vieil ours si câlin.
Les poils m'ont d'abord gênée.
Inappropriés aux caresses.
Maintenant, je sais que c'est une bénédiction.
Je n'ai plus besoin de m'habiller.
J'ai unjourcru Dieu Un créateurdiabolique
Ilavaitfaits'épanouir Tous mes follicules
Dela têtejusqu'auxorteils
Maintenant,je suislibre Etsans souci
J'aiaccepté Mesmillions depoils
Mes nouveauxamis A bouts fourchus
Loin des regards inquisiteurs
Les écureuilss'en moquent Les corbeauxs'en moquent
Qu'une fille soitpoilue Ourasée deprès
Les animauxl'aiment J'aitrouvé mon havre depaix
Etje n'enpartiraijamais
Carjesuis une des leurs, croyez-moi.
J'ai trouvé un moyen de rester dans les bois.
Jesuis devenue écrivain naturaliste.
"Hier soir, du sommet de ma montagne,
"j'ai senti le vent s'engouffrer dans mes cheveux.
"Quelle violence !
"J'ai failli en mourir.
"Tous mes soucis se sont envolés avec cette bourrasque.
"J'étais dans la nature.
"J'étais la nature !
"Une loutre, une cigogne, un chêne.
"Une femme !"
Une fois célèbre,je me suis dit: "J'emmerde l'humanité".
Jene voyais nimes lecteurs nimon éditeur
niaucun autre humain, etc'étaitmerveilleux.
Mais à 30ans, j'étais dévorée depulsions sexuelles.
Ilme fallaitun homme.
J'allais devenir ce qu'ilfallaitêtre
pourl'obtenir.
Mon succès mepermettrait...
de devenirun imberbe mensonge.
- On progresse ! -Vraiment ?
Tu deviens plus douce chaquejour,
aussi douce que des fesses de bébé.
Génial, Louise. Je deviens une vraie femme.
-Tu cherches toujours un vrai mec ? -Toujours.
Mon frére en connaît un. C'est peut-être ton rayon.
Dis vite. Faut l'approvisionner, mon rayon.
Je pige pas. C'est sexuel ?
Tais-toi et raconte.
Mignon, la trentaine, psychologue.
Il aime les animaux ? C'est primordial.
Les animaux ettoi.
Comment ça ?
Il a appris
qu'on était copines
et M. beau-psychologue-ami-des-bêtes a dit
qu'il serait ravi dete rencontrer.
Il s'apercevra de rien ?
Mon frère dit qu'à 35 ans, il est toujours vierge.
Il n'yconnaît sûrement rien aux femmes.
En plus, il voit mal. Il est presque aveugle. Ce qui peut aider.
Et il a un pénis minuscule qui le complexe à mort.
Ca se trouve, il sera si reconnaissant
qu'on s'intéresse à lui sans lejuger,
qu'il sera à toi pourtoujours.
Ton frère doit être très proche pour savoirtout ça.
Oh, oui. C'est son psy.
"J'emmerde l'humanité" m'a beaucoup plu.
Merci. C'est vrai,j'adore les animaux.
Moi, je travaille avec.
En ce moment...
j'apprends aux souris...
à se teniràtable... pour ne rien vous cacher.
Ca se passe bien ?
Ne me prenez pas pour un dingue.
C'est une étude sociologique essentielle. J'ai une bourse d'état.
Sur quoi porte cette étude ?
Ma thèse, c'est que...
courtoisie et savoir-vivre font gravement défaut à notre monde.
Tout n'est qu'impolitesse et vulgarité.
Apprendre le savoir-vivre aux souris,
c'est pouvoir l'apprendre aux humains.
Et sije peux l'apprendre aux humains, alors...
je pourrai peut-être...
rendre ce monde un peu plus... sûr.
Seigneur, nous vous rendons grâce pour notre pain quotidien.
Mon Dieu, Nathan, non !
C'est la mauvaisefourchette.
Harold, dis-lui.
-C'est la mauvaise. - Désolé.
J'avais oublié.
Dis-lui.
C'est troptard. Monte dans ta chambre.
Pensez-vous que...
cet endoctrinement puisse expliquer
votre intérêt pour les bonnes maniêres ?
C'est un peu facile, non ?
Alors, auriez-vous une idée...
sur l'origine de cette passion ?
C'est mon travail.
Vous ne pouvez pas le réduire à de l'endoctrinement parental.
Pourquoi Picasso peignait ? Pourquoi Mozart composait ?
Le père de Picasso était peintre. Le père de Mozart, musicien.
Vous devenez désagréable, Wendall.
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