Le prime 200 righe.
La guerre mondiale est perdue.
L'Autriche, jadis fière de sa puissance,
n'est plus qu'un petit État insignifiant.
L'Empereur abdique.
La république est proclamée.
Ceux qui reviennent de la guerre découvrent un monde
où plus rien n'est comme avant.
Certains rentrent des années après la fin de la guerre.
Tout ça pour rien.
Tout ça pour rien.
Tu t'es sacrifié pour notre patrie.
Pour notre empereur.
Ce ne sera jamais oublié.
La lettre...
La lettre...
Ma mère...
Tu as promis.
C'est toi qui lui donneras, Sesta.
On arrive bientôt.
Quand du sanglant combat
Rompus, nous rentrerons
Pour nous, partout, flottera
Le drapeau en triomphe
Pour annoncer...
Au revoir, Sesta.
Il a pas tenu le coup.
Déshabillez-le et jetez-le au fleuve.
J'ai promis de le ramener chez lui.
Vous voulez tous finir dans le fleuve ?
C'est pas ce qu'on avait dit !
On avait pas dit ça.
Sainte Marie, mère de Dieu, priez pour nous
à l'heure de notre mort.
Trop de questions, au port.
Pas de mort, pas de problème.
Pour une mère, c'est important de savoir où gît son fils.
Qui sait si elle est encore là, après tant d'années.
Là !
Vienne !
Le port de Freudenau !
"Cimetière des Anonymes" ?
Les échoués, les suicidés, les assassinés que personne ne regrette.
Heresmaty,
viens.
Dégagez le passage !
- Perg, officier de Sa Majesté. - Deux ans trop tard.
Dégagez.
Les sacs de charbon, au dépôt. Et les cordages !
C'est quoi, ça ?
Rouge-blanc-rouge. République d'Autriche.
Il n'y a plus d'empereur.
Les cordages avec les cordages, le charbon au dépôt !
En avant, marche.
Moi-même...
Le front sud.
Isonzo.
Cinq batailles.
Et puis Saint-Germain.
Si on veut parler de la guerre...
Les gens veulent oublier.
Mon colonel, avec votre permission...
Nous avons été prisonniers de guerre plus de deux ans.
Pour notre patrie ! Et personne...
Tout est changé. Plus rien comme avant.
Sombre époque.
Tenez.
La Maison rouge. Asile pour sans-abri.
En cas de besoin.
Pour dormir, pour manger.
Vous êtes libérés du service militaire.
Mon lieutenant...
qu'est-ce qu'on va devenir ?
On n'a plus que nous.
Si tu as besoin de quelque chose...
Messieurs !
C'est fini.
Heresmaty...
Bauer,
on va aller voir s'ils savent faire la goulasch, là-bas.
Kovacs.
Bauer, au revoir.
Mon colonel.
Bonne chance.
À vous aussi, mon lieutenant.
Opium de Chine ! Oubliez vos soucis.
De l'argent ?
D'origine aryenne.
Je garantis !
T'es israélite ?
Une pièce !
Une pièce, monsieur l'officier.
Une pièce. Isonzo !
À bas les armes, camarade ! Paix !
Des poulettes toutes jeunes. Sans tabous !
Plutôt des garçons ?
J'ai de beaux petits gars.
Qui est là ? Qui êtes-vous ?
J'appelle la police.
Viens là,
bon chien !
Jésus-Marie !
Monsieur !
Tu as vieilli.
Madame Anna...
Enfin, Madame votre épouse,
elle n'est plus là.
Nom de Dieu !
Des mendiants !
Voilà ce qu'ils ont fait de nous !
Je préfère dormir dans la rue que dans ce...
ce...
cet hospice ! Bon Dieu !
Il y a quelqu'un ?
- Viens ! - Attends.
Pas si vite.
J'ai emménagé pour surveiller.
Mon Dieu, Monsieur...
retirez votre manteau, vous amenez des puces dans le bel appartement.
Ça a été terrible, ici.
Vraiment terrible.
Personne n'avait plus d'argent.
Et après,
Monsieur votre beau-père a perdu toute sa fortune.
Les emprunts de guerre !
Les maudits.
Elle est partie travailler, à l'usine.
Elle est courageuse, Madame Anna.
Où est-elle, maintenant ?
Tous pensaient que vous ne reviendriez plus.
Elle a fini par aller chez sa sœur.
À la campagne, à Gumpoldskirchen.
Au moins, là-bas, il y avait un peu à manger.
Est-ce qu'Anna...
Enfin...
Est-ce qu'il y a...
Est-ce qu'elle a...
C'est une femme bien !
Elle travaille dur pour survivre avec l'enfant.
Tout le monde est devenu fou depuis qu'on n'a plus l'Empereur.
Chacun fait ce qu'il veut. C'est affreux.
Je redescends.
Je vais prévenir Madame.
Elle va être contente !
Non, je...
Je veux lui faire la surprise.
Monsieur le commissaire !
Bonjour.
Bonjour, docteur.
Ce n'est pas l'idée que je me fais d'un bon jour.
La vingtaine, mauvaise santé,
uniforme de l'infanterie impériale, officier.
Blessure par balle ancienne, cicatrices et contusions mal guéries.
Un soldat de retour de la guerre.
Comme la moitié des victimes d'assassinat, de nos jours.
Et deux tiers des assassins.
- C'est vous qui avez trouvé le corps ? - Oui.
Vous avez vu quelque chose ?
J'étais avec un client...
Un client ? Nom, adresse ?
Quoi ?
Ils me baisent, c'est tout. Je les connais pas.
Une bagarre d'ivrognes.
Severin, arrêtez quelques maquereaux, quelques Tsiganes, et cuisinez-les.
Parce que c'est un quartier pauvre ?
Grand Dieu, si vous voulez,
relevez les empreintes et enregistrez les témoignages.
Il a été brutalisé avant de perdre conscience,
dans le but d'infliger la plus grande douleur possible.
Il est vivant.
Flatulence post-mortem.
Le pet est une des rares choses qu'on peut réussir après la mort.
Intéressant.
Rejoignez la société sioniste. En Palestine !
Ces réfugiés juifs de l'Est, quelle sale engeance !
Ils veulent vivre ici à nos crochets.
C'est pour ça qu'on s'est battus ? Je ne crois pas.
Un billet pour Gumpoldskirchen.
70 groschens, s'il vous plaît.
Arrêtez-le !
Doucement, l'ami.
Mon portefeuille !
- Cet homme a... - Papiers !
- Tu viens de rentrer de la guerre ? - Tout est dans le portefeuille.
- Cet homme l'a volé ! - L'ami !
Vide tes poches, doucement.
- Commissaire... - Oui ?
Dans la poche de la victime, j'ai trouvé cette note.
Alors ?
Peter Perg Melchiorgasse 5
Il est de retour.
- Peter Perg ? - C'est quoi, ce vacarme ?
Que vont penser les voisins ?
Et puis vous abîmez la porte.
Vous ne pouvez pas entrer comme ça. Je vais vous annoncer.
- Que se passe-t-il ? - Peter Perg ?
- Je lui ai dit ! - Suivez-moi.
- Pourquoi ? - Ces policiers...
Les questions, c'est nous.
Monsieur a fait une bêtise ?
- Où étiez-vous hier soir ? - Les menottes sont indispensables ?
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