Le prime 200 righe.
DESCARTES
Il a dessiné les six étoiles du Taureau, les Pléiades.
Six, car la septième n'apparaît presque jamais.
Autour d'elles, 40 autres étoiles invisibles à l'œil nu,
éloignées d'environ un demi-degré à peine.
Grâce à sa lunette, dont je vous montre une copie,
obtenue par un système de lentilles hollandaises,
la Voie lactée, qui apparaissait comme une nébuleuse,
a été scrutée et étudiée tellement exactement
que les disputes innombrables des philosophes sont résolues.
La Galaxie apparaît clairement comme un ensemble d'étoiles.
La chose est évidente partout où un observateur dirige une lunette.
Galilée a ensuite déclaré qu'il existe dans le ciel
4 planètes qui n'avaient jamais été vues depuis l'origine du monde.
Il les a découvertes et étudiées pendant deux mois.
On dit qu'il a découvert le secret des taches solaires.
Quelles nouvelles en avez-vous ?
À Florence, j'ai su que Galilée a beaucoup étudié ce point.
Mais il n'a pas de réponse définitive quant aux taches,
si elles sont des vapeurs, des exhalations, des brumes
ou des fumées créées par le Soleil.
Il est incertain sur la nature de ces taches.
Elles pourraient être mille autres choses imperceptibles.
Mais sa conviction sur le Soleil, il l'affirme comme certaine.
En accordant ses études avec le Polonais Copernic,
il affirme la mobilité de la Terre et la stabilité du Soleil
autour duquel tournent les planètes selon des orbites fixes.
- Si vous me permettez... - Dites.
Si Galilée persiste dans son erreur...
C'est une hypothèse raisonnable.
Mais il nie la Bible. Josué dit au Soleil de s'arrêter.
À son ordre, le Soleil qui se déplaçait s'arrêta.
Il faut interpréter différemment la Bible et Galilée.
Je dis que s'il continue à persister dans son erreur,
je ne comprends pas pourquoi vous devriez divulguer sa théorie
dans ce noble collège de La Flèche.
Vous avez parlé de Galilée comme du nouvel Aristote.
Sa doctrine est une erreur commise par orgueil,
et qui confond la foi.
La Terre est le centre de l'univers.
Tous les témoignages des humbles et des savants,
dès le commencement des temps, le confirment.
Votre indignation est exagérée, M. de Bastion.
Notre intelligence ne doit jamais se plier à une crainte de l'erreur.
Elle doit l'affronter et la connaître pour la combattre.
Les hypothèses de Galilée ont soulevé de nombreuses critiques.
Des hommes de science et d'Église l'ont mis en garde.
Mais aucun jugement définitif n'a été prononcé sur sa doctrine.
Si ses calculs sont exacts, ils ne contrediront pas la vérité.
Il est important que vous étudiiez les informations de M. de Simone.
- Deo gratia. - Deo gratia.
Les autres.
Comparer Galilée à Aristote est absurde.
Aristote a construit sa doctrine sur un système de syllogismes.
Galilée crée sa science en observant l'univers.
Vous ne pouvez pas parler, M. Descartes.
Excusez-moi.
Épées en ligne, salut !
En garde.
Fente.
En garde, parade de seconde.
En garde, fente.
En garde, demi-cercle, fente.
En garde, moulinet.
Vous avez demandé la permission de lire le texte de Cornelio Agrippa
et celui de Giovanni Battista della Porta sur le même sujet.
Pour les comparer. J'aime les choses curieuses.
Dans la Magie naturelle, il y a des explications sur le magnétisme
et des réflexions sur la chambre noire.
Je vous en permets la lecture, mais je vous rappelle notre règle.
Dans les études, il faut inciter ceux qui en ont besoin.
Mais il faut freiner celui qui court trop vite.
Et vous courez beaucoup, mon cher Descartes.
Notre but est d'acquérir le savoir pour aider les âmes.
On doit donc suivre la doctrine la plus sûre et appropriée
et adopter les auteurs qui l'enseignent en suivant un ordre.
Après avoir étudié le latin, les arts humanistes et la logique,
la philosophie naturelle et morale, la métaphysique
peuvent faire l'objet d'étude.
J'obéis à cette règle, mais ces sciences ne m'enthousiasment pas.
Le livre sur la magie naturelle de Cornelio Agrippa
vous plaira plus qu'un texte de philosophie scolastique.
- Allez-y. - Merci, mon père.
Le jeune Descartes est curieux.
Je lui permets de lire deux livres.
Sa passion pour les nouvelles sciences est excessive.
Il est convaincu que si elles s'approchent de la vérité,
elles aident à découvrir et à aimer Dieu,
qui est la plus grande vérité.
Vous étudiez encore ?
J'ai l'autorisation de finir cette lecture d'optique.
Je sais, et demain, vous quittez le collège.
Encore della Porta. Vous aimez la physique.
Mais en vérité, vous êtes diligent dans toutes les matières.
J'ai été élève de ce collège pendant neuf ans.
Dans aucun autre lieu on n'enseigne aussi bien la philosophie.
Mais vous avez raison, je préfère les nouvelles sciences.
Vous voudriez devenir mathématicien ou astronome.
Oui, mais mon père m'a ordonné
de faire une licence en droit à l'université de Poitiers.
Le droit ne me plaît pas.
Que ferez-vous, alors ?
Je ne sais pas encore, mais...
J'essaierai de le découvrir.
Donnez-moi de vos nouvelles.
Je voudrais suivre votre parcours.
L'important, c'est de ne pas se perdre dans le monde
et de tout faire pour la gloire de Dieu.
J'essaierai de ne pas me perdre.
- L'angélus. - Allons-y.
Je reprendrai ma lecture ensuite.
Au bûcher ! Sorcière !
Les gardes du roi ont tué son mari le grand maréchal.
C'était le régent du royaume. La faute est sienne.
C'était l'âme noire de son mari !
Les deux Italiens et la reine mère voulaient gouverner la France.
Le jeune Louis XIII a été très habile.
Il s'est débarrassé d'eux et le peuple est satisfait.
- Monsieur est là ? - Oui.
- René Descartes. - Qu'il entre.
Je vous attendais.
Comment va votre père ? Il m'a écrit...
Je ne le sais pas, monsieur.
Je viens de Touraine.
Je ne l'ai pas vu depuis deux mois.
Vous avez trouvé beaucoup de distractions à Paris.
Je ne connais pas les intrigues de cour.
Mais il est juste que le roi veuille gouverner lui-même
plutôt que laisser ça à quelque courtisan intrigant.
Vous avez raison.
Que pensez-vous faire à Paris ?
Quels projets avez-vous ? Je pourrais vous aider.
Je l'ai dit à mon père.
Je voudrais ne recevoir d'aide de personne.
J'ai décidé de n'entreprendre aucune carrière.
J'ai encore besoin d'attendre.
Si vous êtes indécis, vous aurez besoin d'aide.
Non, car je ne suis pas indécis.
Je veux seulement découvrir seul comment est fait le monde.
Paris, par exemple.
Depuis que je suis sorti du collège, je me suis rendu compte
que je n'ai rien appris
de ce qui peut m'être utile dans la vie.
"Mon Dieu, comme j'aime tes cheveux.
"Ce sont des vagues sur ton front
"qui caressent, légères, ta beauté
"et me rendent jaloux quand elles t'embrassent.
"Tu as une bouche d'ambre et de rose mais tes mots me blessent,
"si tu ne me dis pas en m'embrassant
"qu'aimer est chose sublime."
"Viens avec moi.
"Le vent hurle fort et il ne peut pas nous entendre.
"Et ce que nous ferons ici
"sera un tendre mystère."
Merveilleux Théophile de Viau.
Vous n'aimez pas le droit mais vous aimez la poésie.
Vous allez me dire qu'à Paris, vous avez découvert l'amour.
Je veux découvrir bien d'autres choses à Paris.
- Ne me croyez pas banal. - Vous ne l'êtes certainement pas.
Venez, je vous accompagne dans votre chambre.
Voilà. J'espère qu'elle vous plaira.
J'y serai fort bien.
Votre père m'écrit que vous êtes un peu sauvage.
Ici, vous serez comme chez vous.
Je vous remercie, monsieur.
Posez-la là.
Monsieur...
Qu'y a-t-il ?
Tu sais que je ne veux pas être dérangé.
Je le sais, mais il est midi.
Quelqu'un attend une réponse depuis deux heures.
C'est une invitation du père Mersenne au couvent.
Mersenne est un ancien élève du couvent de La Flèche.
Réponds-lui que j'irai.
Vas-y !
Que faut-il penser des fausses sciences
qui affirment sans jamais rien démontrer...
en invoquant les qualités occultes de la Lune et des constellations ?
Que faut-il penser de ceux qui ne prient plus Dieu et les saints
pour adresser des prières magiques aux astres ?
Que faut-il penser de ces astrologues
qui osent faire l'horoscope de notre Seigneur Jésus-Christ ?
Le savant n'est ni un devin ni un magicien.
C'est celui qui aime la vérité.
Et comme le dit Aristote,
la nature nous en montre le visage
dans l'étude des causes
et dans la succession des phénomènes.
Je n'approuve pas Aristote sur tous les points,
car deux mille ans se sont écoulés depuis sa mort,
et la science de l'homme a progressé.
Mais au sujet de la recherche de la vérité,
je répéterai encore
ce que j'ai déjà dit mille fois :
Aristote est un aigle,
les autres ne sont que des poussins.
Mais dans la recherche de la vérité,
Platon dit une chose,
Aristote une autre et Épicure une autre encore.
Augustin semble indiquer une voie différente de celle de d'Aquin.
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