Le prime 200 righe.
"Prêteur sur gages de Los Angeles Est"
Bonjour, M. Kranz.
- Je voudrais dégager mon... - Je sais ! Le trombone.
Je le laisse dans la vitrine...
pour que vous le voyiez à chaque fois que vous passez.
- Je ne le quitte pas des yeux. - Dites, M. Miller...
où avez-vous trouvé l'argent cette fois ?
- En travaillant comme pompiste. - Vous avez trouvé un nouvel orchestre ?
Oui. Je joue avec Minton au Sunset Hôtel. Chummy va passer me prendre.
Votre ami Chummy... pourquoi il ne met jamais rien en gage ?
- Il joue du piano. - Oh, je vois !
Il ne manquerait plus qu'on se mette a déplacer un piano !
M. Kranz, ce collier de perles... Il vaut combien, vous avez dit ?
Ce serait pour en faire cadeau à ma petite amie.
C'est merveilleux d'être jeune, hein ?
On vient de dégager son trombone et on veut acheter un collier de 100 $.
Cent dollars, hein ?
Je voudrais un beau cadeau. Je ne l'ai pas vue depuis 2 ans.
- Vous êtes fiancés ? - Non, pas exactement.
On sortait ensemble quand on étudiait à l'Université du Colorado.
Cent dollars ? C'est beaucoup d'argent.
Vous êtes un bon client. Je vous ferai un prix.
Ça doit être Chummy.
Cent dollars, hein ?
Bon, ben voilà pour le trombone.
- Merci, M. Kranz. Au revoir. - Au revoir, M. Miller.
Où t'a dégoté ça, Chummy ?
J'ai fait une affaire rapide avec ma Briscoe. Belle, hein ?
- 44 chevaux. Et que 4 ans. - 44 chevaux...
Ouais ! Allez, monte. Il faut qu'on y aille.
- Elle est belle, hein ? - Oui, mince !
- Tu as apporté mon arrangement ? - T'es assis dessus.
Mais écoute, c'est le Sunset Hôtel... Palmiers et escaliers de marbre.
- On joue mélodieux, comme les autres. - Je sais.
N'essaye pas de faire passer ton arrangement.
Ça pourrait être un bon boulot. Il ne faut pas le perdre.
Ne t'en fais pas. C'est un classique. Songe de vie dans un palais de marbre.
Quand Minton entendra mon arrangement, il nous engagera à vie.
Allez, roule.
"Salle des Palmiers Mark Minton et sa musique douce"
Si seulement tu pouvais gager l'arrangement au lieu du trombone.
- Vous savez où est Venise ? - En Italie.
Non ! Venise ici... À la plage où il y a la grand-roue.
- Oh, Oui. - Allez-y lundi prochain.
- Pollack va y tenir des auditions. - Ben... Ben Pollack ?
Oui, Ben Pollack. Il forme un nouvel orchestre.
- Ils partent pour une longue tournée. - Comment vous le savez ?
Quelqu'un qui est passé ce matin me l'a dit.
- Alors, vous y allez, hein ? - Bien sûr. Merci beaucoup.
Lundi prochain, hein ?
Ça te donne une semaine pour dégager ton trombone.
- Vous pourriez refaire le pompiste. - Non.
- Je vais travailler des arrangements. - Vous savez, moi...
j'aime bien faire affaire avec vous, mais pourquoi ne pas arrêter...
l'arrangement pour vous consacrer au trombone ?
C'est une bonne question. J'aimerais savoir la réponse.
Mais j'ai une idée dans ma tête.
Pour moi, la musique est plus qu'un seul instrument.
C'est tout un orchestre jouant ensemble. Vous voyez ?
Je ne peux m'exprimer que par un arrangement.
Vous voyez ? Merci pour le tuyau.
Allez, viens.
Excellent ! Excellent.
- Merci, Ben. - Vous êtes engagé.
- À qui le tour ? - À moi.
J'ai fait des arrangements. Vous voulez...
J'ai plein d'arrangements mais pas assez de musiciens.
J'y ai passé la semaine. Ils sont dans votre style.
J'apprécie. Posez-les sur le piano. Je les essaierai une autre fois.
- Mon nom est sur la couverture. - Génial.
Bon. À qui le tour ?
À moi. Mon nom est Schwartz. Wilbur Schwartz.
Clarinette, hein ? Asseyez-vous et jouez un peu.
- Je vous joue quel morceau ? - Vous lisez la musique, vite ?
- Essayez-moi. - Chummy, trouvez-lui une partition.
Un, deux.
Hé, Glenn, Glenn ! Reviens. M. Pollack veut te parler.
Il dit que ton arrangement est super ! Ton arrangement !
Je joue dans l'orchestre et je fais des arrangements.
Pollack m'a accordé une avance de 2 semaines.
On est devenu un vrai Rockefeller, hein ?
- Je vous remercie pour tout. - Il n'y a pas de quoi.
Je suis juste content que ça se soit si bien passé.
À propos du collier de perles pour ma petite amie.
Vous aviez dit que vous me feriez un prix.
Pour vous, 80 $. 40 maintenant, puis 5 par semaine.
- Ça marche. - Je l'envoie pour vous ?
Non, je l'emporte. Je ne suis pas sûr de l'adresse.
On joue à Denver. Elle n'habite pas loin, à Boulder.
10, 20, 30, 40. Voilà les 40 $.
- Et voilà pour le trombone. - Très bien.
- Merci beaucoup. - À vous aussi, et bonne chance.
J'espère que vous éviterez un temps les prêteurs.
- Moi aussi ! Au revoir. - Au revoir, M. Miller.
- Allez, Glenn ! - Une Pierce Arrow ?
Oui ! Je l'ai eue contre la vieille voiture plus 100 $.
Bien plus lourde. Elle tiendra mieux la route sur la distance.
Si l'orchestre est dissous, on la vendra à un croque-mort.
Non ! Monte derrière ! Je vais être ton chauffeur.
Vite, Glenn. On nous attend au Denver Palace dans dix minutes.
- Combien, monsieur ? - Oh, cinq dollars.
Boulder 6-1-7-0, s'il vous plaît.
Combien ?
J'y vais, maman.
Allô ?
Allô ? Helen ? Comment va ma chérie ?
Votre chérie ? Qui êtes-vous ?
Et vous ? Vous êtes Helen Burger ?
Oui, vous devez faire er...
- C'est Glenn ! - Glenn ? Qui ça, Glenn ?
C'est Glenn Miller !
Glenn Miller ?
Oh, Glenn Miller !
Franchement. Après deux ans et pas un mot.
Tu n'as pas reçu ma carte ?
Ta carte de Noël d'il y a un an ?
Je n'ai pas eu de nouvelles de toi non plus.
Comment aurais-je fait ? Je ne savais pas où tu étais.
Même là, je ne sais pas où tu es.
Je suis à Denver. Je veux te voir. C'est possible ce soir ?
Oh, je suis désolée. J'ai un rendez-vous.
Décommande-toi. Je suis avec Pollack et on repart demain.
Ben, franchement, je...
Hé, Glenn, allez, dépêche-toi.
Bien. À tout à l'heure, j'ai plein de choses à te dire.
- Attends un peu. - Je passerai après le travail. Salut.
Glenn ? Allô ?
Franchement.
- Coucou, papa. - Tu sors, Helen ?
Tiens, c'est nouveau, Ed te fait attendre ?
Non, ce soir, c'est quelqu'un que je n'ai pas vu depuis des années.
Pas Ed ? Que s'est-il passé ?
Ça doit être sérieux pour décommander avec Ed.
Oh, non, maman. Glenn n'est pas mon genre.
Je suis trop pratique ou pas assez romantique.
Je veux quelqu'un comme Ed qui a une usine ou un magasin...
ou quelque chose de solide.
Mais certainement pas un nomade comme Glenn Miller.
Il fait quoi dans la vie, ce Glenn Miller ?
Je l'ignore, sauf qu'il a dit qu'il passait une nuit à Denver...
et qu'il viendrait après le travail.
J'ignore son métier, mais il travaille dur. Il est presque 21 h.
Ah bon ?
C'est inexcusable !
Il aurait au moins pu téléphoner.
- Sauf s'il a eu un accident. - Appelle-le.
Comment ? Je ne sais pas où il est.
Si je veux aller chasser demain, il faut que je me couche.
Sam passe me prendre aux aurores.
On ne dirait plus qu'il va venir ce soir.
Non ! Et même s'il venait, je refuserais de le voir.
Alors on peut tous aller se coucher ?
Tant pis pour M. Glenn Miller.
Je ne le reverrai jamais !
- Oh, te voilà. - Glenn Miller, fiche le camp.
Mais non. Je suis venu te voir. On a rendez-vous.
Tu vas réveiller tout le quartier.
Comment je fais pour te parler ?
Tais-toi. Je descends.
Ça ne va pas, non, de venir à cette heure ?
J'ai dit : après le travail. Je joue dans un orchestre.
- J'ai fait aussi vite que possible. - Chut ! Tais-toi.
Tu n'as pas changé du tout, dis-moi, Helen ?
Aussi fougueuse qu'avant, et aussi jolie !
Je dois être belle en kimono et avec des bigoudis !
Ah, ce sont des bigoudis. Allez, assieds-toi.
- Il fait froid ! - Oh, allez. C'est une belle nuit.
Mince.
Là. Oh, je t'ai apporté un cadeau pour ton anniversaire.
Mon anniversaire ? Mais il est en novembre.
C'est pour celui d'avant.
Comme elles sont belles ! Mais je ne peux pas accepter.
Pourquoi ? Elles ne sont pas vraies. J'aimerais bien.
Je les ai achetées à Los Angeles à un prêt...
Je t'en offrirai des vraies un jour.
Franchement.
Deux ans sans un mot, puis un présent comme celui-là.
Avec certaines personnes, pas besoin d'écrire. On sait.
- Je savais que tu serais là. - Ah bon ?
Bien sûr. Je savais que tu serais la même.
Tu croyais que j'allais passer mon temps à t'attendre ?
"Comment va ma chérie ?" Eh bien, tu t'es trompé !
Je suis fiancée à Ed Healey depuis presque un an.
Tu n'as jamais pensé que ça pourrait m'être égal de ne jamais te revoir ?
Non, jamais.
Jamais. Jamais.
Pourquoi je n'arrive pas à rester en colère contre toi ?
Je ne sais pas, mais tu m'as fait peur.
Franchement ! Sais tu que...
si tu étais qui que ce soit d'autre, je ne te reparlerais jamais ?
Regarde-moi. Assise ici en kimono et mes cheveux tout...
- Ah ces bigoudis. - Affreux, n'est-ce pas ?
Écoute, Helen. J'ai une idée.
Accompagne-moi à Fort Morgan. Je vais te présenter à mes parents.
- Maintenant ? - Oui.
Tu sais que les gens dorment entre 3 et 6 h du matin ?
Ils vont t'adorer. Ils sont impatients de te rencontrer.
- Ils nous serviront le petit déjeuner. - Comment on y va ?
- Je vais trouver un taxi. - Un taxi à Fort Morgan ?
- Oui. - Tu es d'une extravagance inouïe.
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