Le prime 200 righe.
Quel âge as-tu ?
Mais qu'est-ce que tu viens faire dans ce désert ?
Je suis instituteur. On m'a nommé dans le village.
Le village, quel village ?
L'autocar passe bien par le village ?
Je te dis qu'il n'y a pas de village.
Ne t'inquiète pas.
Il n'est pas loin de la route. Je t'indiquerai le chemin.
Attention, ne l’écoute pas !
Le village n'existe pas.
Salut, mon oncle !
Tu plantes des palmiers ?
Je suis le nouveau maître, je cherche le village.
Oh, gens ! Oh, habitants du village !
Sois le bienvenu !
voilà le village... Du moins ce qu'il en reste.
On raconte que tout ce que tu vois là-bas
était vert...
Une oasis.
Il y avait des amandiers, des figuiers, des grenadiers,
des néfliers, des dattiers...
Allons-y !
Nous sommes à l’écart de tout dans ces lieux d'oubli.
- Sois le bienvenu. - C'est un maître d'école.
Mais il n'y a jamais eu d'école !
Que vas-tu faire, Si Abdesalem ?
Pourquoi m'ont-ils nommé ici s'il n'y a jamais eu d'école ?
Je verrai avec l’autorité.
Quelle autorité ?
- Il y a un cheik, au moins ? - Le cheik, c'est moi.
Si tu veux, prends l’ancien kouteb pour faire une école.
Mais il n'y a que les murs. Pour le reste, tu es mon hôte.
Et nous, alors ?
Nous sommes arrivés, Si Abdesalem.
Ma fille !
Tu habiteras provisoirement la chambre de mon fils Boubakr.
Le Bourak !
Maintenant, Boubakr est loin, très loin.
- Le Haj m'envoie te chercher. - Qui est le Haj ?
Le Haj, c'est... le Haj !
- Comment t'appelles-tu ? - Housin.
Bonjour, Haj.
Ne te dérange pas.
- Tu es le nouveau maître ? - Oui.
Tu es comme je t'ai imaginé.
Vois-tu, mon fils, ça fait un moment
que je tiens la mort par la main.
Mais il me reste encore
une chose à faire...
Je t'attendais.
Tu m'attendais, moi ?
Pas toi nécessairement.
Mais je suis heureux que ce soit toi.
Je ne comprends pas.
Comment t'expliquer ?
Un homme attend dans le désert.
Il attend quelqu'un.
Il suffit qu'un seul homme arrive,
et tous les hommes sont là.
Surtout, reviens quand tu voudras, je suis toujours là...
ET NE VOUS VAINCRE QUE DIEU
Bonjour, mon fils, je viens te souhaiter la bienvenue.
Ici, ils sont tous mes enfants. Comment t'appelles-tu ?
Abdesalem.
La paix soit dans ton cœur, Abdesalem.
Je suis contente
que tu viennes éduquer mes enfants.
J'ai un petit-fils.
C'est un diable, vif, intelligent.
Mais le pauvre est orphelin.
Son père, mon aîné, mon unique, est parti.
Où est-il parti ?
Dans le désert.
Là où les mène la malédiction.
Boubakr, le fils du cheik, est parti avec eux ?
Boubakr les a suivis.
Que Dieu te protège !
Fais que mon Housin ne les suive pas !
Je ne comprends pas.
Lis, mon fils, ce qu'a écrit Boubakr avant son départ.
''Ne me blâmez pas, le souci d'un blâme ne me touche guère.''
''Protégez-moi plutôt, Seigneur, car me voilà solitaire.''
''Que celui qui le veut
''Lisez-la et sachez que je suis un martyr.''
Et voilà ce qu'il nous reste d'eux, cette image de Bourak.
Celui qui part avec les baliseurs ne revient jamais.
Ah, si je savais écrire !
- Je peux écrire pour toi. - Pas maintenant.
Je reviendrai.
Il faut que j'aille voir le tapis de la jeune fille de la maison.
Ils passent !
La vie des baliseurs est une errance.
Ils ne verront que du sable,
ils n'engendreront que poussière.
Qui sont les baliseurs ?
À chaque jour suffit sa peine.
Je sais qu'ils sont vos enfants.
Plus tard, mon fils, quand viendra le temps.
- Vous cherchez quelqu'un ? - Oui, le maître pour écrire une lettre.
vas-tu relâcher ces pauvres bêtes ?
Ce ne sont pas des bêtes, ce sont des djinns pour garder notre jardin.
- Que veux-tu encore ? - Je veux voir ma queue de cheval !
Vaurien !
Tu es vieille, tu n'en as plus besoin !
Et pourquoi n'en aurais-je plus besoin, animal ?
Tu es là, Si Hassan ?
Écoute, Si Hassan...
Le maître n'a pas encore d'école.
Pour faire le jardin, on casse tous les miroirs du village.
Je viens de casser celui de ma grand-mère.
Si tu pars, je pars toujours avec toi.
À qui parles-tu ?
Quitte ce puits, je t'ai déjà dit qu'il était hanté !
Une minute, Si Hassan.
Grand-mère, on te demande au fond du puits. Que dois-je répondre ?
Au nom de Dieu !
Quitte ces lieux ou il t'arrivera malheur.
Grand-mère, il attend... Alors ?
Éloigne-toi du puits !
C'est l’ange de la mort... Il peut venir, je suis prête.
Que faites-vous ici ?
On est venus, et alors...
Boucle-la !
- Pourquoi ? - Vous devez respecter le chef.
Qui est le chef ?
- Celui qui a attrapé 10 caméléons. - Pardon, mais c'est pas tout !
Il reste l’épreuve du mensonge le plus grand.
Et qui mentira mieux que moi ?
Le Medeb m'a cru pour l’histoire de la théière !
Tout le monde n'est pas comme le Medeb.
- Aujourd'hui, c'est vendredi. - On ne ment pas un vendredi.
- Il faut encore plein de miroirs ! - On fait un jardin de perles ?
On vendra ta grand-mère pour acheter les perles.
Et la tienne aussi !
Laisse tomber !
Une minute, je reviens.
- Que fait ton père ? - Je ne sais pas.
- Il n'a pas de travail ? - Si.
Alors, que fait-il ?
Je ne peux pas le dire, d'ailleurs il est loin.
- Quand reviendra-t-il ? - Il ne reviendra jamais.
- Que vas-tu nous apprendre ? - La grammaire, l’histoire...
- L'histoire du jardin ? - Du jardin ? Non, du pays !
- L'histoire de notre village ? - Non, du pays tout entier.
Écoute, Si Hassan,
depuis que le maître habite chez le cheik,
sa fille ne sort plus dans la skiffa !
Le maître ?
Non, il reste enfermé des journées entières,
et quand il sort, c'est pour poser des questions sur les baliseurs.
Tu crois que la malédiction le prendra aussi ?
Approche, mon fils.
N'aie pas peur !
Ferme les yeux.
Va, mon fils, va jouer. La malédiction ne t'atteindra pas.
Haj ! Haj ! Écoute-moi !
Toi qui connais
l’emplacement des anciens jardins,
dis-moi où est enterré le trésor !
Parle, Haj ! Parle !
Mon oncle, mon oncle !
Comment c'est, un jardin ?
Va-t'en, fils de rien !
Je parle sérieusement !
Alors, viens creuser avec moi !
Je n'ai pas besoin d'un trésor. Comment c'est, un jardin ?
Va-t'en, fils de chien !
Tu ne sais même pas ce qu'est un jardin, hein ?
Tu ne trouveras jamais ton trésor !
- Qu'est-ce qu'il fait ? - Il cherche un trésor !
Il ne le trouvera jamais, même s'il creuse toute sa vie.
Dis, le trésor,
il est comme cette pièce d'or ?
Le bruit court au village que tu l’as trouvé et que tu l’as caché !
Au revoir, mon oncle.
Il l’a trouvé ! Il l’a trouvé !
voilà ce qu'il m'a donné pour mon silence.
Va informer le cheik.
Il a trouvé le trésor !
Qu'est-ce que tu as encore ? Regarde où tu mets les pieds !
L'Assam a trouvé le trésor, je courais prévenir grand-mère.
- Où ça ? - À l’est, à Bir EI Fay.
- Toi aussi, tu cours après le trésor ? - Ils croient ça, Si Abdesalem.
C'est une pièce à ma grand-mère. Simple pari entre moi et les copains.
Quel démon ! Il a bouleversé tout le village !
Où sont-ils passés, nos amoureux ?
Dis, où sont-ils partis ?
Où est-il ?
Qu'a-t-il encore fait ?
L'Assam a failli tuer le fils de Hanifa à coups de pioche !
Il a bouleversé le village.
- Explique-moi. - Plus tard.
Tu vas voir ce que tu vas voir !
Où as-tu déniché la pièce d'or ?
Il va tuer mon fils !
Si quelqu'un le libère, je le mets à sa place !
Grand-mère, reprends ta pièce !
La cupidité les perdra tous !
Regarde ce qu'un enfant a fait d'eux !
Quel est ce trésor, Haj ?
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