Racionais: Das Ruas de São Paulo Pro Mundo
Le prime 200 righe.
La révolution viendra d'en bas, des racines, de la boue.
Un pour l'amour, deux pour l'argent Vie de dingue, Capão
Juré, je lutte
Un pour l'amour, deux pour l'argent Vie de dingue, Capão
Juré, je lutte
Le crime est ma maladie
Mais je ne gâcherai les projets de personne
Un pour l'amour, deux pour l'argent
Trois, l'Afrique quatre, les frères
Guerriers sans peur de l'échec
Parlez si vous voulez Dieu seul peut juger
Filme les voitures de police, frère.
On a regardé le concert de Dr. Dre.
Les mecs sont entrés sur scène à travers l'écran,
comme une image…
en 3-D.
Une image en 3D ! Venue de l'espace.
C'était futuriste.
On l'a vu et on s'en est inspiré.
Un truc de dingue.
On rappe, c'est ce qui nous unit.
Ça nous éveille.
Viens voir.
C'est notre scène.
Pour ceux qui ne sont pas devenus de la nourriture à requins.
Ceux venus de l'autre côté de la terre
par une funeste traite transatlantique.
Pour ces personnes naturellement fortes.
C'est pour vous.
Racionais, vous faites du social ?
Tiens, c'est notre travail social.
Notre musique change les mentalités des gens.
Un, deux, trois, quatre !
Un, deux, trois, quatre !
TUERIE À CAPÃO
C'est le week-end le plus violent de l'année.
UN DOCUMENTAIRE NETFLIX
À bas le racisme ! Maintenant !
Quand les policiers se sont approchés, ils ne lui ont rien demandé.
Ils lui ont tiré dessus.
Il a été tué juste à côté, dans son sommeil,
Wanderley avait 23 ans,
Mme Ivanda assure qu'il travaillait dur.
Je reviens plus fort.
São Paulo, Brésil.
On est les Racionais MC's !
Capão Redondo, São Paulo, Brésil.
En 1970, la zone sud était encore presque rurale.
Il y avait encore du bétail,
des chemins de terre, des clôtures, des terrains de foot, des cerfs-volants.
J'essayais juste de m'en sortir.
Je n'avançais pas.
Celui que j'étais à l'époque, n'aurait pas réussi.
J'avais l'esprit vide.
J'allais devenir voleur.
Je suis allé dans une école de blancs,
on se moquait de mes cheveux, de mes lèvres.
Même les comptines étaient racistes.
On m'insultait et je m'énervais.
J'étais violent, jusqu'au sang.
Mon cœur Barrabás Pour avoir trop aimé
Devra être jugé par contumace, par la loi
Si vous saviez ce que je sais, moi Vous détesteriez !
Faire des disques, être chanteur,
c'était inimaginable pour moi.
Mais, je savais qu'un jour, nous serions entendus.
Ça, je le savais.
C'était romantique et naïf,
que les noirs m'entendent.
Il fallait qu'ils m'écoutent.
Pour les toucher droit au cœur.
Je vivais en guerre.
Je vivais dans le quartier le plus dangereux de la zone sud.
La forêt était au bout de ma rue.
Chaque jour, il y avait un cadavre.
Il y avait un terrain de foot.
On a fini par s'habituer aux cadavres.
La personne était pendue ou abattue,
et elle restait là des jours.
C'était ça, les années 80.
C'est compliqué de convaincre les gens
de ce qui se passe vraiment.
Ma mère et la mère de Brown étaient amies,
elles allaient au Candomblé ensemble.
On est devenus une famille,
sans lien de sang, depuis tout petit.
On ne s'est jamais lâchés depuis.
Je me souviens qu'on vivait
dans le jardin des Santa Rita dans les années 1970.
Comme c'était un lieu de Candomblé,
la famille hébergeait des gens.
Après les services du dimanche, on passait à la samba.
Le dimanche, c'était samba et barbecue.
On a grandi avec la musique.
En 1980, il y avait de la violence dans la zone nord.
Dans les quartiers plus éloignés.
Là où je vivais, à Mazzei,
il y avait de la violence, mais pas autant.
C'était une époque où on dansait beaucoup à la maison.
C'était notre culture.
Il y avait toujours une fête.
On a cette fraternité,
héritée d'il y a 400 ou 500 ans.
On était ensemble dans une autre vie.
Ma famille a toujours fait la fête et c'est une grande famille.
J'habitais à Vila Mazzei. J'ai commencé à sortir, à 14 ans.
C'était formateur. Je garde ça en moi depuis ce temps-là.
C'est ce qui m'a formé, m'a fait découvrir la musique.
J'ai connu la rue, j'ai découvert le monde, la vie,
j'ai rencontré KL Jay à Mazzei.
Des gens formaient un grand cercle, et Kleber dansait au milieu.
Il avait des cheveux comme Ray Parker, genre Michael Jackson.
Il était déjà une légende.
Avec le breakdance Le pacte s'est scellé
Un autre duo de São Paulo s'est aventuré
Au milieu de l'obscurité, Avec sérénité
On crée le remède La formule empoisonnée
Je regarde les gens quand ils quittent le spectacle.
C'est notre mission, que les gens se sentent bien, de les encourager.
C'est fort, c'est une mission.
On est là pour accomplir une mission.
Grâce à la musique.
On a déchiré .
Vous savez le clip qu'on voyait chez le blanc ?
Avec Edi Rock, on est de la zone Nord.
Brown et Blue, du sud.
- Du bon son. - Tu vois ?
Comment vous alliez au centre ? En bus ?
- Oui, il n'y avait pas de métro. - À Praça da Bandeira.
Bus, métro, bus.
Bus jusqu'à Praça da Bandeira, métro jusqu'à Santana...
On partait d'ici.
Capão.
On prenait le bus, il fallait 1h30 pour aller en ville.
C'était un vrai voyage, presque spirituel.
On quittait un endroit de pauvreté pour un autre plein de lumières.
On allait en ville quand on était fauchés,
on avait faim, on se nourrissait des lumières.
Des magasins.
Les vitrines, les vêtements.
On allait chez les disquaires voir les posters, les pochettes.
Ou les baskets à la mode.
Mec, Galeria c'était comme être à Harlem.
Les chansons, les coiffeurs,
les disquaires...
Tous les gestes et les rituels de la jeunesse noire.
On s'est identifiés à ça. C'était beau.
Aller en ville, c'était aller à New York.
On voyait des Noirs partout, des zones nord, ouest et est.
On a été à des fêtes.
On quittait la zone sud pour aller en soirées.
J'aimais être au milieu.
La musique était géniale, il y avait plein de Noirs, j'adorais.
On a créé notre propre groupe.
KL Jay et moi.
On jouait au quartier la musique des fêtes.
On amènerait la ville au quartier.
Les groupes avaient pour tradition d'inviter des groupes internationaux.
Avec les premiers que j'ai vu genre Kool Moe Dee,
j'ai vu que c'était possible de faire ça.
Chanter une rime, pendant qu'un DJ scratchait des disques.
Mon rap m'est apparu en 1988, 1987.
J'avais 17 ans.
Je bossais en entrepôt sur avenue Brigadeiro Luís Antônio.
On déchargeait,
les camions étaient en retard, j'en profitais pour écrire.
Je travaillais en bureau,
je descendais à São Bento pour aller à mon travail.
De grands noms viennent de là.
Thaíde, DJ Hum, MC Jack, Backspin, Os Gêmeos…
São Bento était le point de rencontre du rap au Brésil.
Ce lieu est puissant, mec.
Maintenant, sur votre radio,
deux heures du meilleur son de São Paulo, avec le label Zimbabwe.
Le son du peuple.
Un jour, on était à São Bento, un type est arrivé et a appelé
les gars de Capão qui disent savoir chanter.
J'ai dit, "Moi !"
Je n'ai jamais dit que j'étais bon.
Il a dit qu'il y avait un concours de rap et qu'on allait s'inscrire.
On s'est inscrits.
Il fallait trouver un nom.
On s'est inscrits sous le nom de B. B Boys.
On a rappé deux fois. On a gagné le concours.
Putain de merde, on vient de s'inscrire et on gagne !
"B" point "B" Boys, vous voyez ? B. B Boys.
Bad Black Boys. Tu croyais quoi ?
On avait 17 ans.
On est les B. B Boys C'est notre blaze
On danse On rape, c'est nos voix
On sort des enfers C'est quoi ?
L'Amérique, non, Brésil, la périphérie
Tout arrive C'est inévitable
On tue et on meurt Sans raison, ouais
Nous avons fini à Edifício Copan.
On est arrivés là, un groupe enregistrait, Edi Rock et KL Jay étaient là.
J'ai fait, "Ça va, DJ !" Je m'en souviens bien.
Il a flippé.
Kleber était discret.
"Je suis Edi..." Et : "Rock !"
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