Le prime 200 righe.
Il était une fois.
Il était une fois.
Il était une fois, avant que les garçons ne soient tués.
Nous avions un cheval.
Un vrai. Un cheval de course.
Un pur-sang.
En pension près de Newbury. Jamais rien gagné, mais c'était notre...
petit plaisir.
Notre espoir de gloire sur les hippodromes du sud de l'Angleterre.
Fandango.
Souvent juste un nom, invisible,
logé et entraîné à grands frais.
Sauf en cette folle matinée de juin.
Maman et Papa possédaient la tête et le corps,
et Dick, Freddy et moi, chacun une jambe.
Et la quatrième jambe ?
Ah, la quatrième jambe.
C'était l'éternelle question, Jane.
Magnifique journée pour l'occasion, Jane.
Oui, monsieur.
Vraiment magnifique.
N'est-ce pas, ma chère ?
Si on nous avait dit qu'il ferait un temps pareil,
nous aurions apporté un panier garni,
comme avant,
au bord du fleuve.
Un pique-nique.
N'est-ce pas, ma chère ?
Nous sommes en mars, Godfrey.
En effet, bien sûr.
Nous irons déjeuner à Henley en automobile
et vous, Jane, et Milly, aurez la journée pour...
faire comme bon vous semble.
Merci, monsieur.
Imaginez un peu, faire comme bon vous semble.
Et les Hobday, les Sheringham et nous, les Niven
nous retrouverons
au bord de l'eau.
Charmante idée, monsieur.
Et vous, Jane ? Qu'allez-vous faire ?
Beechwood House, j'écoute.
Jane ?
C'est toi ?
Oui, madame.
Qui était-ce, Jane ?
Mauvais numéro.
Ah oui ? Un dimanche ?
Ça arrive.
Jane,
avant que vous ne partiez...
C'est très gentil.
- Excellente journée. - Merci.
Milly prendra la Première bicyclette jusqu'à la gare.
Oui, pour aller chez sa mère.
C'est cela, oui.
Et vous ?
Avec votre permission, j'irai prendre l'air.
Sur la Deuxième bicyclette. C'est une belle...
Une belle journée, en effet.
C'est ce que j'imaginais. Bien sûr.
J'en ferais autant, si je pouvais agir à mon gré.
gré
Prenez un livre, si vous voulez.
C'est très gentil.
C'est votre journée, Jane.
Imaginez un peu, tout le comté à votre disposition.
Merci, monsieur.
La journée idéale pour ça. Idéale.
ça
Tu es libre de partir.
Chez ma mère ? "Libre" n'est pas le mot.
- Il fait un temps splendide. - Je déteste quand tu es gaie.
Je peux agir à mon gré, aujourd'hui.
À ton gré ?
Je ferai une partie du chemin avec toi.
Pourquoi ? Tu vas où ?
- Allez, Milly ! - Je fais ce que je peux !
Ton train part dans 20 minutes.
Une journée entière avec un livre.
Ah, être orpheline pour la Fête des mères !
Elle a fait un délicieux rôti de bœuf, ses fameuses pommes de terre...
Du rôti de bœuf par cette chaleur ?
Elle va te bichonner.
- Mais non ! - Mais si !
Ce sera un moulin à paroles : l'absence de mari,
un million d'histoires, un minot qui épouse une minotte...
Un million ?
Alors que la guerre a tué mon seul espoir.
C'est une raison spectaculaire d'être sans mari !
C'est à elle qu'il faut le dire.
Et si par malheur j'y fais allusion, si par malheur,
je parle de lui,
si je prononce le nom de mon gars...
On peut s'arrêter une seconde ?
C'est joli, non ?
Tu crois qu'ils se disent la vérité quand ils sont ensemble ?
Quoi ? Qui ? La vérité à qui ?
Je pensais à leur déjeuner de rigueur aujourd'hui,
les Niven, les Sheringham, les Hobday.
De quoi peuvent-ils bien parler, maintenant ?
Du mariage, sans doute.
Sans doute.
- Combien de jours reste-t-il ? - 11.
Je crois.
C'est bien, ce mariage.
- Oui. - Enfin un moment de joie.
Les moments de joie n'ont pas de prix.
Ta mère sera contente que quelqu'un se marie.
Ça va la mettre en joie. Tu la connais, ma mère ?
J'ai parfois l'impression que oui, Milly.
Tu en trouveras peut-être un dans le train, de mari.
On ne sait jamais, un flâneur.
Grand, brun, ténébreux.
Aux bras puissants.
T'y connais quoi, aux bras puissants ? C'est si bien que ça ?
Attends-moi. On parle de mon mari, là...
Attends, bon Dieu, Jane !
Dépêche-toi !
Moins vite !
11 heures.
Pas l'entrée de service, Jay. La porte de devant.
Derrière la porte. Il attendait.
On ne s'est jamais vus comme ça.
Non, madame.
Beechwood House, j'écoute.
Jay ? C'est toi ?
Oui, madame.
La Compagnie a un pique-nique.
Je serai seul. 11 heures.
Pas l'entrée de service, Jay. La porte de devant.
Je suis navrée, madame, vous faites erreur.
Alors, tu approuves ?
Pauvre Compagnie...
la Compagnie
- Qui a lancé ça, déjà ? - Quoi ?
Appeler tes parents "la Compagnie" ?
Je ne sais plus. Dick ou Freddy l'a inventé, c'est resté.
Pourquoi t'appelles-tu Jane Fairchild ?
C'est un bon nom.
Ça c'est vrai.
Beaucoup de Jane, à l'orphelinat. Personne ne dépose de...
Scarlett ou de Lætitia sur les marches.
Beaucoup de Jane, de Fairchild, Goodchild, Goodbody.
Ils ont voulu nous donner quelque chose de tangible et de...
bon.
Jane Fairchild, ça te va très bien.
Merci.
Les précieuses orchidées de ma mère.
Même elle reconnaît l'importance
d'apporter un peu de lumière dans cet endroit lugubre.
On n'est pas là pour contempler des fleurs.
C'est pas le moment.
Par ici.
- Pardon. - Allez-y.
C'est toi la nouvelle, à Beechwood ?
Je suis à Upleigh, chez les Sheringham.
Jane.
Ethel.
- M. Sheringham. - Bonjour.
Vous me présentez ?
C'est Jane, la nouvelle bonne de Beechwood.
Bonjour.
Vous vous occupez des Niven ?
Oui, monsieur.
Ce sont des amis très chers.
Nous nous verrons souvent.
Oui, monsieur.
Enchanté.
Bonne journée.
Vous aussi, monsieur.
Lui, c'est un gentil.
Il est toujours comme ça.
Comment ?
Agréable.
J'en n'en doute pas.
Au revoir.
Enchantée.
Voilà.
Bien.
Oui.
- Qu'est-ce que tu fais ? - Reste là.
Ne bouge pas.
Qu'est-ce que tu fais ?
Je révise.
C'est mon alibi pour justifier mon retard.
"Je vous rejoins."
"Je suis débordé, je dois travailler."
Je "bûche" mon droit, Jay.
- Et je t'aide à réviser ? - Non.
C'est toi que je révise, aujourd'hui.
Je suis un livre de droit ?
Tu es bien plus intéressante.
Si seulement j'apportais autant de soin à tout,
j'aurais une brillante carrière.
Et toi, qu'es-tu censée faire ?
Qu'as-tu dit à ces chers Niven que tu ferais de ta journée ?
Un tour à bicyclette.
Pertinent.
Je tâcherai de fournir d'exceptionnels points de vue
et d'excellentes surfaces.
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